Statut de la femme : les Frères Musulmans s’opposent aux conclusions des Nations-Unies

La Commission des Nations-Unies sur le Statut de la femme (Commission on Status of Women, CSW) a tenu sa 57e session du 4 au 15 mars 2013 et a publié ses conclusions en vue de leur approbation par les États membres.

Ces conclusions, il fallait s’y attendre, n’ont pas été du goût des États islamiques et en premier lieu de l’Égypte où la Confrérie des Frères Musulmans est au pouvoir. Cette dernière vient d’émettre « une déclaration dénonçant le rapport de la Commission sur le Statut de la Femme qui viole les fondements de la charia musulmane et de la société musulmane ».

CSW57-bannerLes Frères Musulmans attaquent le titre même du rapport de la Commission : Élimination et prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles. Ce titre est considéré par les Frères Musulmans comme « mensonger » car il « devance des articles qui s’opposent aux principes de l’islam et de ses fondements établis par le Coran, la Sunna et le consensus. Ces conclusions, si elles sont ratifiées, détruiront la morale musulmane. Car elles visent à détruire  l’institution de la famille que la Constitution égyptienne considère comme la pierre angulaire de la société. Par conséquent, elles démantèleront cette société, complétant ainsi toutes les étapes d’une razzia de la pensée, de la civilisation et de la culture des pays musulmans,  Elles ruineront les spécificités qui protègent les constituants de nos sociétés islamiques et leur cohésion ».

LOGO FRERES MUSULMANS 13-03-2013

Logo des Frères Musulmans

Le Coran, deux glaives et le premier mot du verset coranique (Le butin, al-Anfal 8-60) :

« Et préparez, [pour lutter] contre eux, tout ce que vous pouvez comme force »

Le vert est la couleur de l’islam

L’islam réactionnaire et rétrograde veut maintenir le statut de la femme tel qu’il a prévalu au 7e siècle et s’oppose donc aux dix points des conclusions en déclarant :

1. NON ET NON à l’octroi à la femme et à la fille d’une liberté sexuelle totale, à la liberté des femmes de changer de sexe, de choisir une sexualité hétérosexuelle ou homosexuelle, NON à l’élévation de l’âge minimum du mariage.

2. NON ET NON à la mise à disposition des contraceptifs pour les adolescentes et à la formation des jeunes filles à leur utilisation, NON à la légalisation de l’avortement pour juguler les grossesses non désirées au nom des droits sexuels et de la reproduction.

3. NON ET NON à la garantie d’égalité entre une femme adultérine et une femme légitime, entre enfants illégitimes résultant de relations adultérines et enfants légitimes qui pour qu’ils jouissent des mêmes droits.

4. NON ET NON à la garantie des droits égaux pour les homosexuels (« les déviants » شواذ) et à la protection des prostituées.

5. NON ET NON  au droit des  épouses de porter plainte contre leur époux pour viol ou harcèlement sexuel, ce qui oblige les autorités compétentes à appliquer aux époux les mêmes peines que celles prescrites aux étrangers (à la famille) en cas de viol ou harcèlement sexuel.

6. NON ET NON à l’égalité homme / femme lors d’un héritage

7. NON ET NON au remplacement de l’autorité paternelle par celle de l’autorité conjointe et au partage de pleine égalité des rôles dans la famille concernant les dépenses, l’éducation des enfants et les charges domestiques.

8. NON ET NON à l’égalité complète dans les lois du mariage prônant par exemple  l’abolition de la polygamie, de la dot, de la suprématie masculine dans la responsabilité familiale, NON à l’autorisation du mariage d’une musulmane avec un non-musulman.

9. NON ET NON à la suppression de la répudiation de l’épouse par son mari, NON au renvoi du divorce devant l’autorité judiciaire civile.

10. NON ET NON à la suppression de l’autorisation de l’époux pour le voyage de l’épouse, son travail, ses sorties et l’utilisation des moyens contraceptifs.

Les Frères Musulmans considèrent ces méthodes comme destructrices de l’institution de la famille musulmane, ruineuse pour l’entité de la société parce qu’elles appellent  au retour au « temps de l’ignorance » (période préislamique, NDT), ce qui est impensable pour un musulman.

Les Frères Musulmans exhortent les gouvernants des pays islamiques, leurs  ministres des Affaires étrangères, leurs représentants aux Nations-Unies à refuser les conclusions de la Commission des Nations-Unies sur le Statut de la femme et à les condamner. Ils appellent cette organisation internationale à prendre de la hauteur, à progresser au niveau de la pureté et de la propreté des relations familiales prônées par l’islam.

De même, la déclaration des Frères Musulmans exhorte aussi l’honorable al-Azhar (Université islamique sunnite du Caire, NDT) à tenir son rôle de phare, à dénoncer ce document  et à exposer la position de l’islam dans tous ses détails. Al-Azhar est en effet  la référence scientifique des musulmans.

Ensuite, les Frères Musulmans font appel à tous les groupes, à toutes les sociétés islamiques pour qu’ils prennent une position ferme sur le document de l’ONU et sur tout document similaire.

Les Frères Musulmans n’oublient pas non plus les femmes ( ! ). Ils s’adressent aux organisations féminines attachées à la religion, à la moralité des sociétés et aux fondements de la vie sociale. Ils les mettent en garde contre les appels trompeurs au modernisme et aux programmes déroutants et destructeurs.

La déclaration des Frères Musulmans se termine par «  Et Allah, le Tout-puissant, dit la vérité : « Et Allah veut accueillir votre repentir. Mais ceux qui suivent les passions veulent que vous incliniez grandement (Le Coran 4 : 27) ».

Voilà une réponse flagrante à ceux qui attribuent aux Frères Musulmans une étiquette de modérés et n’ont rien pour prouver cette modération. La déclaration des Frères Musulmans qui au sujet de la CSW est la preuve irréfutable qu’ils ne sont rien moins que des modérés.

Pour les Frères Musulmans, la femme doit s’incliner devant son mari et tout musulman (en arabe مُسلم muslim signifie : soumis) est, par définition, soumis à Allah. Et il n’y a point de salut ailleurs que dans l’islam.

Bernard Dick

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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