Strasbourg, la folie d’un homme ?

Publié le 27 décembre 2018 - par - 21 commentaires - 1 977 vues
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Ai-je l’esprit mal tourné, comme l’on dit ? J’ai assisté sur Arte, le soir du 25 décembre, au concert de Noël transmis depuis Vienne, la capitale autrichienne. Avant le début de ce concert, une présentatrice expliqua brièvement que le concert, donc, était donné à Vienne dans une belle salle bien connue des amis de la musique et, curieusement, fit tout à coup allusion à Strasbourg, « endeuillée récemment par la folie d’un homme ». Vous avez bien lu : ce sont les termes exacts employés par la présentatrice : « la folie d’un homme ». Un homme seul était coupable de cet acte inqualifiable.

Pour ceux qui commencent à se dire que je suis en train de découvrir l’eau chaude, je précise qu’évidemment, il y a longtemps que j’ai compris, comme tout un chacun, que les multiples assassinats perpétrés en France depuis quelques années sont le fait de fous, de loups solitaires, de malheureux que les injustices de la vie ont conduits à ces regrettables extrémités, ce qui sous-entend bien entendu que tout lien supposé avec quelque organisation que ce soit serait purement fortuit. Je sais tout cela : on me le répète quotidiennement à longueur d’articles et d’émissions en tout genre. Le but de ce petit article n’est donc pas d’informer les gens d’une réalité que tout le monde connaît parfaitement.

Ce sont les circonstances particulières de la déclaration qui, cette fois, retiennent mon attention. En plein milieu de la présentation d’un concert de Noël à Vienne, dévier tout à coup sur Strasbourg était déjà surprenant. Mais profiter de ce soudain hors-sujet pour nous rappeler, nous marteler devrais-je dire, que ce genre d’actes ne peut être accompli que par des fous, il fallait le faire. Décidément, toutes les occasions sont bonnes pour effectuer le bourrage de crânes de la bien-pensance, du politiquement correct, du pas d’amalgame et de l’antiracisme. Un concert de Noël à Vienne et l’on nous fourgue le fou (forcément isolé puisque fou) de Strasbourg.

Alors, chère Madame, « la folie d’un homme », soit. Je veux bien admettre que cet individu ait été mentalement dérangé. Mais réduire les causes du deuil des Strasbourgeois à la démence d’une seule personne, cela me paraît relever de l’indécence. C’est oublier un peu vite les nombreux autres fous qui se sont manifestés ces derniers temps. Et chose curieuse, tous ces fous crient la même chose au moment de passer à l’acte. Comme si leur folie était contagieuse.

Yves Pialot

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