Strasbourg : M. Valls, dites-moi ce que vous éprouvez à livrer la France laïque aux mahométans ?

Il avait quand même dû y avoir promesse, de la part du binôme occupant le sommet de l’État, de participer physiquement à l’inauguration du Grand Cheval de Troie strasbourgeois. La déception des tauliers fut à la mesure du pas de clerc du Président et de son Premier Ministre.

Par Lucifer-Le-Grand-Arbitre, c’est que la fête organisée à portée de vue de la flèche chrétienne (mise désormais en perspective d’un dôme étincelant) avait de l’allure! Comme aux Vœux d’un corps d’État, l’étranger s’y bousculait mais pas du menu fretin genre consuls mongols ou attachés commerciaux guatemaltèques. Du lourd, venu tout spécialement de deux pays où souffle, comme chacun sait, le grand sirocco de la multi-culture démocratique : Maroc et Arabie Saoudite.

Les financiers pour partie étaient là, le contribuable alsacien ayant cassé son petit cochon de porcelaine pour payer l’essentiel de la note convié quant à lui à suivre la cérémonie à la télévision. Un pareil cadeau à des gens pour qui la saucisse de Strasbourg étalée en vitrine est une permanente offense, voilà qui aura peut-être fait réfléchir ceux que le Concordat accule aujourd’hui à une hasadeuse co-existence.

Donc, pas de sommet de l’État aux agapes halal. Menhirs élyséens à livrer en Corse du Sud ou panne de gruyère rapé à Matignon ? On en saura bientôt davantage sur les agendas soudain saturés de notre régalien duo. Embarras de courte durée. « Bon Dieu, mais c’est bien sûr, on a un Ministre des Cultes ! Manu, c’est toi qui t’y colles. D’accord, tu fatigues un peu, Evry, Montauban, la côte d’agneau au Seven-Up pour rompre le jeûne, on te comprend, c’est pas de la tarte mais bon, ça devrait se calmer après Strasbourg, enfin, peut-être, ça construit dans tous les coins, en fait, la vérité si on ment, on ne maîtrise plus rien ».

Et Monsieur Valls a fait la job (mot féminin au Québec). Ce garçon possède, outre le record mondial de vitesse au déchaussage sur tapis wahabbite (encore qu’un Delanoë, sans échauffement…), une capacité d’adaptation à l’évidence confinant en vérité à son acceptation consciente. Et il va lui en falloir en effet, de la réserve acceptante, le plan de développement de l’Islam en France étant ce qu’il est, et l’opiniâtre besogne de ses stratèges, l’aiguillon bien enfoncé dans les chairs de la République. Apparemment, il y en a qui recherchent ces douleurs-là. Grand bien leur fasse.

J’aimerais ce jour demander à Monsieur Valls quelle impression laisse la poignée de main d’un saoudien au doux pays duquel on ampute les voleurs. Ca fait quoi exactement, l’inclinaison de tête réglementaire d’un diplomate (ou religieux ?) qui, de sa fenêtre, peut sans doute voir comment on décapite publiquement, d’un coup de sabre, sur le trottoir d’une avenue de Ryiad, la femme adultère toute voilée de blanc ?

J’apprécierais qu’il me dise comment il a ressenti les fraternels, quoique mécaniques quelque peu, sourires des prélâts marocains pour qui la construction d’un église en terre chérifienne est un pêché mortel (Dieu merci conjuré par le Roi lui-même), tout comme l’est le mariage d’un Vrai Croyant avec une pauvre râclure de koufar ? Sans parler de sa découverte, via un prêche, de l’imam Mustafa Ceric, l’homme qui proposa il y a peu d’inclure la charia dans la Constitution de la Bosnie, déclarant en passant que la Serbie était terre d’Islam? Quel joli baptême et quelle superbe sélection de parrains pour la Grande Mosquée de Strasbourg! Rosemary’s baby, ça vous dit quelque chose?

Je saurais gré à Monsieur Valls de me narrer son émotion à voisiner, sous le dôme monumental sanctifiant une seconde fois la capitale de l’Europe, avec des invités comptant une brochette de gardiens du dogme préconisant la conquête pure et simple de l’Occident au besoin par la violence. Ceux-là mêmes, ou leurs clones, que Monsieur Guéant se résolut à laisser à la porte du pays un peu avant les dernières élections. Une question au passage : Monsieur Valls lit-il les notes que des gens risquant leur peau pour infiltrer ces réseaux para-terroristes déposent sur son bureau ? Et s’il ne les lit pas, a-t-il aperçu au moins la une de l’Express de cette semaine?

Enfin, et c’est bien sûr là le plus cruellement important, je voudrais qu’il m’avoue ce que l’on éprouve lorsque l’on s’apprête à mettre en pièces une Loi séculaire à laquelle la France doit d’avoir établi, certes au prix de quelques souffrances, ce qui faisait il y a peu encore sa force civile, civique et sprituelle, en fait son essentielle unité. Monsieur le Ministre de l’Intérieur et des Cultes, de quoi le cœur et l’âme sont-ils pleins au moment où l’on va jeter sa patrie dans le gouffre aux chimères ?

Évoquer ce projet dans l’antre même de ceux qui ne pensent, ne disent, ne vivent, ne veulent que sa réalisation la plus prompte et la plus complète possible, est une grande faute à laquelle je sens, moi, une réaction des Français cette fois profonde. Une angoisse vraie, mâtinée de colère, remplaçe l’inquiétude plus ou moins vague, plus ou moins tolérante, qui prévalait jusqu’ici dans l’opinion. Il se pourrait que cette prise de conscience soit un événement à venir majeur.

Je ne décevrai personne en affirmant la souhaiter. En toute lucidité, de tout cœur et de toute âme.

Alain Dubos

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