Sud-Education 93 et Indigènes : Respublica fait presque du Riposte Laïque !

Publié le 1 décembre 2017 - par - 2 commentaires
En 2011, sur le plateau de “La Ligne Jaune”, deux lignes s’étaient violemment affrontées : celle de Riposte Laïque, avec Anne Zelensky et Pierre Cassen, et celle de Respublica-Ufal, avec Bernard Teper et la sociologue Nadia Geerts, surnommée la Caroline Fourest belge. Ce débat n’a pas pris une ride !
Les initiés savent que Pierre Cassen, notre fondateur, a animé, quatre années durant, de 2003 à 2007, le site Respublica, satellite de l’Union des Familles Laïques (Ufal) qui se positionne dans la gauche républicaine. Puis, exaspéré par l’affaire Fanny Truchelut, et la couardise de l’association à dénoncer la réalité de l’islam, il a choisi d’en partir, avec Brigitte Bré Bayle et plusieurs autres rédacteurs du journal, et de fonder Riposte Laïque.

Bien évidemment, dans les meilleures traditions staliniennes, Respublica a immédiatement classé Riposte Laïque à l’extrême droite, accusations reprises par leur idéologue Bernard Teper, lors d’un débat qui, en 2011, l’opposait alors à Pierre Cassen.

Ce débat, en dehors de la haine pathologique que semble vouer Teper à Pierre Cassen, est toujours d’actualité, six ans plus tard. Disons que les faits ont, hélas, donné raison à la ligne de Riposte Laïque, face au relativisme classique des francs-maçons et des laïques de salon, qui renvoient dos-à-dos l’ensemble des monothéismes, banalisant ainsi la réalité de l’islam. J’avais alors résumé ce débat dans cet article.
Il n’empêche, malgré ces limites, que Respublica produit, cette semaine, un excellent édito d’Evariste sur le scandale du stage syndical de Sud Education 93, et de ce qu’ils appellent judicieusement la stratégie “indigéniste”. Certes, le courage ne les étouffant pas, ils se sentent obligés de taper sur Blanquer et sur “l’extrême droite”, pour rassurer leur lectorat gauchiste, et lui confirmer qu’ils demeurent dans le camp du bien.
Certes, la conclusion est un peu grotesque : “que peut faire le mouvement social laïque et antiraciste” ? Grotesque parce que, bien évidemment, pour ces idéologues, le combat porte d’abord contre ce qu’ils appellent l’extrême droite (nous incluant dedans), et le seul racisme qu’ils prétendent combattre est celui, supposé, de cette mouvance, alors que le vrai problème raciste, c’est l’islam et le Coran, comme le prouvait ce jour magistralement Zohra Nedaa-Amal dans ce texte sans appel.
Certes, ils sont incapables d’approfondir ce débat, et d’en tirer la conclusion qui s’impose : la stratégie “indigéniste” n’est permise que par l’islamisation de la France, et le rapport de forces qu’elle implique, et cette islamisation n’est possible qu’à cause d’une immigration que “Respublica” n’a pas le courage de combattre, en période de montée du communautarisme et de chômage de masse.
Mais s’ils osaient écrire ces évidences, ils seraient classés à l’extrême droite par leurs copains “Insoumis”…
Malgré tout, Riposte Laïque, en dehors de tout sectarisme, fait parfois connaître à ses lecteurs des textes utiles à la cause. Même si nous savons que cette diffusion ne plaira probablement pas aux animateurs de Respublica, nous encourageons nos lecteurs à lire cet excellent édito, que nous pourrions reprendre totalement à notre compte, du moins pour la première partie…
Martine Chapouton

SUD-Éducation 93 : l’aboutissement logique et programmé d’une stratégie « indigéniste »

jeudi 30 novembre 2017
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De l’antiracisme à la racialisation

Le stage organisé par SUD-Education 93 les 18 et 19 décembre indigne et choque, par le détournement opéré des mots et pratiques syndicales, bien éloignés de l’antiracisme qu’il prétend défendre. Le mieux, est de parler de choses factuelles, et de regarder à la fois le programme, la sémantique politique choisie, et les intervenants.

On y apprend ainsi que le programme commence par « qu’est-ce qu’un-e élève racisé-e ?» avec l’intervention de Nacira Guénif et Marwan Mohammed. La première est bien connue pour être l’une des vitrines « scientifiques » des Indigènes de la république et certains vont même jusqu’à raconter qu’elle est l’auteure des discours et écrits d’une grande partie de l’organisation raciste. Une erreur de casting isolée ? pas du tout ! Peut-être une volonté de faire vivre un espace de débats avec des contradicteurs ? encore raté ! La seconde plénière de la journée, autour de « l’islamophobie dans l’éducation nationale, enjeux et débats » est animée par Marwan Muhammad , ancien directeur du CCIF (le sulfureux collectif de lutte contre l’islamophobie, qui distille davantage l’islamisme politique que la défense contre le racisme anti-musulmans). Cet ami de Ramadan, l’est aussi des mouvements associatifs très contestés : sa présence sur « Al-Kanz », site internet controversé ou encore ses liens avec Barakacity – qui derrière des actions dites humanitaires prône un islam rigoriste, ne laisse que peu de place au doute. Le responsable de cette ONG, Idriss Sihamedi, avait fait scandale lors de son passage à la télévision début 2016, quand après des demandes répétées de ses contradicteurs pour savoir s’il condamnait Daech ou le soutenait, il finissait par lâcher les propos suivants : «  S’ils tuent des gens, s’ils brûlent des gens dans des cages. Je vais pas vous dire oui. S’ils tirent sur des femmes enceintes. Je vais pas vous dire ‘non je condamne pas’. Donc je pense que oui. Mais je suis gêné de la question.»  Décidément tout ce petit monde se connaît bien, et ce n’est pas la présence d’un-e membre « du cercle des enseignant-e-s laïques » qui changerait la donne. Et pour cause, ce cercle, qui est un collectif  de professeurs de « différentes disciplines est composé d’Anaïs Flores (histoire-géographie), Paul Guillibert, (philosophie), Caroline Izambert (histoire-géographie), Florine Leplâtre, (lettres) et Jérôme Martin (lettres) ». Tout ce petit monde a publié avec Jean Baubérot un « Petit manuel pour une laïcité apaisée » aux éditions La Découverte. La boucle est bouclée, avec la volonté de toujours tenir un double discours.

Les autres intervenants sont tous du même acabit : Fatima Ouassak du « Front des Mères », a un style et une pensée aussi bien à elle : « Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires, êtes-vous sereins quand vous confiez vos enfants à l’école le matin » écrivait-elle dans un texte publié cet été, sur le site « contre-attaques »1 dont nous laissons nos lecteurs se faire une opinion par eux-mêmes. Cet article a été repris sur une série de sites dont l’objectif politique n’est plus à démontrer. Il faut dire que son premier texte, signé avec Diariatou Kebe évacuait le combat antiraciste sur la question raciale, où le monde serait séparé entre blancs et non-blancs. Exit les classes sociales, et quoi de mieux que pour lutter contre le racisme, que de faire l’amalgame entre origine réelle ou supposée, ethnie d’appartenance réelle ou supposée et religion. Cette essentialisation poussée à son comble conduit aujourd’hui à des discours racialistes qui font froid dans le dos. La présence, au passage, de Pierre Tévanian qui en 2011, lui aussi proche des Indigènes et l’un des initiateurs d’un appel en 2011 contre Charlie Hebdo après une attaque au cocktail molotov, et d’Omar Slaouti, membre du NPA, va permettre à tout ce petit monde de se retrouver sous le prétexte d’une formation syndicale.

Gouvernement et extrême-droite soufflent sur les braises

Cette offensive « indigéniste », qui va du simple relativisme culturel au racisme et à l’antisémitisme caractérisés, profite sans doute aux luttes de pouvoir au sein des organisations, où les adhérents se voient être pris au piège. Mais si l’incendie a été allumé par le choix du bureau de SUD-Education 93 qui en porte la responsabilité, il n’est pas le fruit du hasard et on doit aussi dénoncer ceux qui soufflent sur le feu pour le propager dans le mouvement social, telle la Fondation Copernic dans son communiqué du 22 novembre en défense de SUD-Education 93 sous couvert de défense des libertés syndicales.
Il faudrait être bien naïfs ou aveugles pour s’étonner par ailleurs des tentatives d’instrumentalisation de la situation par le gouvernement d’un côté, et de l’autre l’extrême-droite traditionnelle, l’occasion était trop belle ! Le premier, qui s’en prend davantage aux libertés syndicales qu’à l’idéologie sous-jacente et en même temps clairement affichée lors de ce stage, n’aidera pas les militants laïques et de classe. L’antiracisme radical ne peut pas non plus refuser de questionner et de combattre le racisme d’État. La seconde, qui défend un programme et des idées basées également sur la discrimination et le racisme. Il faut alors, dans cette période, à la fois s’opposer au gouvernement pour la liberté des défenses syndicales et notamment du droit à la formation syndicale, et s’opposer radicalement à l’extrême-droite traditionnelle qui n’attend que ça pour diviser le peuple.

Une fracture qui peut devenir une rupture dans Solidaires, et ailleurs !

Dans Solidaires, l’incendie reste pour le moment invisible en dehors, car aucune organisation n’a communiqué publiquement son désaccord même si quelques communiqués de fédérations (SUD-PTT ou SUD-Santé) ont été discrètement diffusés provoquant au sein même des différents secrétariats une exacerbation des tensions. La volonté d’imposer une ligne dans Solidaires sur la question de l’islamophobie, d’un anti-racisme détourné, ou de fréquentations avec le PIR, ne date pas d’hier : plusieurs responsables syndicaux, minoritaires et ayant abandonné depuis un petit moment le syndicalisme d’entreprise ou d’administrations, s’amusent à faire de la politique en profitant du temps syndical pour relayer ces positions en interne… et  aller jusqu’à désormais les imposer, en prenant le risque d’une implosion de Solidaires.

Ce qui se déroule n’est pas limité à SUD-Education 93. On pourrait montrer que depuis des années les idées du différentialisme et du communautarisme progressent chez les personnels de l’enseignement et de la recherche, depuis le lynchage dont a fait l’objet le directeur de l’IUT de Saint-Denis, Samuel Mayol, jusqu’à l’invitation de Houria Bouteldja pour un « séminaire d’études décoloniales » à l’université de Limoges qui n’a été annulé qu’au nom de l’ordre public et non du caractère inacceptable des idées de l’invitée2.

Plus généralement, comme l’a souligné Thomas Guénolé dans une tribune parue dans Libération (« La France insoumise n’a pas de temps à perdre avec Valls et Bouteldja »)3, l’espace médiatique offert à des groupuscules ou des pratiques groupusculaires du PIR pose un véritable problème :

« Les grands médias doivent d’ailleurs s’interroger. Quand un groupuscule aux thèses racistes ne pèse rien dans la population réelle, ne sont-ils pas irresponsables de lui donner une si vaste publicité ? Quand Manuel Valls est réduit à une place objectivement marginale dans le paysage politique, n’est-il pas anormal de lui donner une exposition médiatique aussi massive ? ».

Si cette exposition est certes anormale, il il ne faut cependant pas la sous-estimer tout en la combattant. On assiste donc, en spectateurs désabusés, à une ligne de relativisme culturelle et de non-mixité raciale, incarnée par le mouvement indigéniste, et de l’autre, un ancien premier ministre représentant du libéralisme. Faudrait-il se contenter de ce non-choix, avec d’un côté un mouvement social de transformation sociale et de combat forcement accolé aux fréquentations sulfureuses et ayant comme lubie la lutte contre l’universalisme, et de l’autre un partisan de l’universalisme dans les mots et pourtant destructeur des conquis sociaux et ennemi du monde du travail ? Ce détournement de la laïcité ne peut être accepté et représente un véritable danger.

Ce cirque n’a que trop duré, dont les militants de classe antiracistes et laïques se sentent davantage prisonniers de jour en jour. Il est donc temps de réagir.

Que peut faire le mouvement social antiraciste et laïque ?

Nous pensons que cette question est centrale, et ceci à plusieurs niveaux. Un prochain texte sera publié plus spécifiquement sur « nos responsabilités dans les organisations ». Dans un premier temps, il convient aux laïques et antiracistes, de s’organiser dans leurs organisations et syndicats, mais aussi de réfléchir de manière transversale à être plus forts. Il faut multiplier les initiatives d’éducation populaire, il faut multiplier les rencontres, passerelles entre nous, et se préparer à mener un combat d’ampleur pour lier combat laïque et social, sur des bases réellement antiracistes et donc universalistes.

  1. http://contre-attaques.org/magazine/article/l-ecole-381 []
  2. Voir http://www.ufal.org/laicite/propagandes-communautaristes-a-luniversite-un-danger-pour-la-republique/ []
  3. http://www.liberation.fr/debats/2017/11/24/la-france-insoumise-n-a-pas-de-temps-a-perdre-avec-valls-et-bouteldja_1612285 []
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Notifiez de
dufaitrez

J’aurai fini de lire demain ! A + !!

Crixus

Le FN d’extrême droite ….socialiste !
Une escroquerie de De Gaulle qui dure depuis 1956 …

Rappel en deux images de texte :
https://img15.hostingpics.net/pics/489808Lepenre.jpg

https://img4.hostingpics.net/pics/426774JeanMarieLePen40ansdescroquerie.jpg

https://youtu.be/7BKNWvagc7k

Croire au FN c’est comme croire aux Young Leaders comme Dupont Aignant, autant croire à la Young Leader Belkacem, c’est pareil …

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