Suisse : Famille kangourou ou famille pour tous ?

Publié le 2 avril 2015 - par - 987 vues
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La Conseillère fédérale socialiste  Simonetta Sommaruga : sainte nitouche ou ministre idéologue qui veut changer l’homme, nos valeurs et notre civilisation ?

On pouvait penser le socialisme suisse en bon père de famille social-démocrate, en opposition à l’exaltation et à la surenchère idéologique socialiste permanente du socialisme français actuel, par exemple.  Eh non ! On semble avoir de la peine à réaliser que le socialisme suisse prend en réalité le même chemin. A défaut d’être majoritaire politiquement, il cherche dans la bonne logique gramscienne à miner les autres institutions et niveaux de la société et tout particulièrement les piliers fondateurs de la société, le niveau sociétal comme on dit maintenant, à côté du social, des problèmes sociaux traditionnels que la gauche avait pour but d’améliorer pour les couches défavorisées.

Parmi ces problèmes sociétaux on trouve la famille, l’éducation, l’école, tout ce qui touche aux mœurs et à nos valeurs les plus fondamentales et fondatrices.

Mine de rien, les médias nous annoncent que la ministre de la Justice, S. Sommaruga, vient d’ouvrir « un vaste chantier pour adapter la législation aux nouvelles réalités de la famille » et cela avec un titre humoristique « Familles et kangourous », certainement pour dédramatiser et donner à rire de ces sujets, afin de faire passer plus facilement un changement profond, total et grave A la dédramatisation et au rire s’ajoute la tentative de ridiculiser ceux qui oseraient s’opposer à ces changements, évidents, inévitables, présentés comme de simples « adaptations », à la limite presque purement techniques ; bref, comme devant aller de soi. Adaptations auxquelles seuls des attardés du bonnet pourraient s’opposer puisque ce sont des « avancées », un autre terme qui vise à faire accepter l’inévitabilité et l’aspect éminemment positif de ces propositions.

KangourouFamilleUnSeul

Oui, il faut être très attentif à la forme, au vocabulaire et au ton de ce discours qui veut nous faire accepter des changements révolutionnaires comme des évidences tout en voulant simultanément culpabiliser, ridiculiser, moquer ceux qui oseraient s’y opposer. 

Il faut décortiquer davantage ce type de discours « irrésistible » car je suis persuadé qu’il risque d’amener même les opposants à finir par céder, par peur de passer pour passéistes, réacs, etc.

D’où l’image qui doit fait rire : « Familles et kangourous », et le journaliste de filer sa métaphore : « Comme disait le bébé kangourou en regagnant la poche marsupiale, «où est-on mieux qu’au sein de sa famille?». « Mais si pour le rejeton kangourou le cercle familial tient dans la poche, pour le genre humain c’est un peu plus compliqué, entre familles nucléaire, monoparentale, clanique, recomposée, éclatée ou sans modèle de référence connu. »

Comme si toutes les formes de « familles » étaient égales en nombre, en nature. semblables, sans distinction aucune, équivalentes, égales ; et si elles ne sont pas égales elles devraient au plus vite être mises sur un pied d’égalité, au nom justement de la lutte contre les inégalités, la discrimination, et bien sûr la stigmatisation. Des « modèles » tout à fait minoritaires ; certains ne permettant même plus d’assurer la continuité de l’espèce humaine, n’ayant plus rien à voir avec le terme de famille au sens propre. Ces «modèles» devraient néanmoins être mis sur un pied d’égalité, progressivement certes, pour que le changement n’apparaisse pas trop brutal et inacceptable. La fameuse tactique du salami. Pour arriver sans doute finalement au stade voulu par le milliardaire homosexuel Pierre Bergé qui a déclaré :

 « Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l’adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant ». 

Soyons très attentifs au style, au langage, au vocabulaire : on nous dit que S. Sommaruga veut simplement adapter la législation… aux nouvelles réalités de la famille. Avec ou sans chariot de grand magasin?

Elle «… énumère les pistes envisageables pour prendre en considération toutes les formes de communautés de vie existantes, mariage pour tous, pacte civil de solidarité (pacs), droits nouveaux des concubins, adoption des enfants du partenaire du même sexe, etc. En prenant bien garde de ne pas fixer elle-même les limites de l’ouverture ».

Vous avez bien lu : sans limites à l’ « ouverture » !

Petite concession quand même aux « conservateurs » :

« … l’émancipation sociale et politique des femmes et des hommes permet désormais à chacun de définir la forme d’union ou de communauté de vie qu’il désire, le modèle traditionnel du couple plus ou moins fusionnel reste prédominant. Sinon comment comprendre la demande généralisée (ndr : demande en réalité nullement généralisée) pour la reconnaissance de leur droit au mariage de la part des couples homosexuels? Ceux-ci sont partagés entre la volonté de s’émanciper d’un statut de minoritaire et l’aspiration au cadre sécuritaire qu’offrirait une union enfin reconnue égale pour tous ».

Notons la confusion volontaire et le passage indifférent du terme de mariage à celui d’union et réciproquement !

Suite de ma « déconstruction » langagière : «… malgré le corset du mariage bourgeois du XIXe siècle, l’individualisation croissante met à mal la famille en tant que cellule de base de la société ».

La cellule de base de la famille est subitement mise à mal mais tous doivent y avoir droit !

Le journaliste fait même appel à la citation d’autorité : «Balzac avait eu ce sursaut de révolte bien connu: «En coupant la tête à Louis XVI, la Révolution a coupé la tête à tous les pères de famille. Il n’y a plus de famille aujour­d’hui, il n’y a plus que des individus.»

Mais est-ce bien la même réalité ? Tout est bon pour tenter d’imposer sa vision idéologique, avec toutefois le risque d’être démasqué et de faire contre-effet.

Si on veut faire passer une « avancée » pour évidente, il faut bien insister un peu, non ? Après l’avoir présentée comme une évidence elle devient une suite logique de la Révolution :

« Le mouvement inauguré avec la Révolution, qui concrétisa la prééminence de l’individu sur le groupe, s’est accéléré: toujours plus de droits de la personne, émancipation des catégories d’appartenance comme la Nation, la classe sociale, l’état civil ou la préférence sexuelle. La société est un peu à l’image de l’économie numérique, libre, fluide, nomade ».

Et hop, plus aucune catégorie d’appartenance n’a de l’importance ! Voyons c’est ça la révolution. Et la société devient libre, fluide, nomade. N’est-ce pas beau et évident ? Mais dans quel cercle social, je n’ose pas dire familial, navigue donc ce journaliste ? Quel autre type de fluidité et de nomadisme va-t-il nous présenter comme inéluctable prochainement ?

Evidemment cela va générer « une certaine déstabilisation chez les pères » (pourquoi seulement des pères ?)  mais tout ira bien car la socialiste Simonetta va tenir compte de cette anxiété. Ah ! J’étais inquiet, inutilement évidemment. Son souci m’a déjà tranquillisé. Surtout que le journaliste, nous rassure lui aussi en rappelant que les pères de la haute antiquité avaient déjà vécu une telle situation. Là je suis définitivement rassuré. Avec pareille réassurance, le doute n’est plus permis. Tout ira bien, puisque et les journalistes de gauche dans la droite ligne de la Révolution et la conseillère fédérale socialiste nous le disent de conserve.

Sauf que la Révolution me rappelle de trop mauvais souvenirs, et que je ne veux en aucun cas d’un socialisme des « avancées », surtout que nous avons sous les yeux l’expérimentation en acte de la France socialiste qui est exactement de ce type-là, et que nous pouvons déjà voir concrètement à quoi mène cette « Révolution des avancées ». Et ce n’est pas terminé.

Aujourd’hui on sait pourtant à quoi mène l’expérimentation sur l’homme, anxieux ou non. Il n’y pas que l’homme qui a lieu d’être anxieux quand on voit l’horreur des mères porteuses, les nouvelles exploitées des pays les plus  pauvres, exploitées du ventre cette fois, à côté de bien d’autres.

Finalement, désolé, mais pour moi il y a une différence, de valeurs et même de civilisation, entre louer ses bras pour travailler et louer son ventre pour faire un enfant. Ne pas distinguer les deux est pour moi non seulement choquant, mais scandaleux, dégradant, décadent.

Je ne veux pas d’un retour de l’expérimentation sur l’homme, et sur la femme, ni d’un changement des valeurs les plus fondamentales de notre civilisation. Expérimentation qui a toujours fait partie intégrante des projets révolutionnaires de changer l’homme et qui ont irrémédiablement tourné au cauchemar, si ce n’est en totalitarisme meurtrier

L’aveuglement, la tromperie et même le rire ne sont plus de mise.

Uli Windisch

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