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Suivons les consignes données par Eric Zemmour : votons Marine

Comme tous ceux qui espéraient voir arriver Eric Zemmour au deuxième tour, j’ai été très déçu le 10 avril au soir.
Mais Eric nous a rappelé qu’il avait dans un très bref délai construit un très grand parti, La Reconquête, et que rien ne sera plus comme avant. Et puis, et surtout, il nous a invité à voter au deuxième tour pour Marine Le Pen.
C’est ce qui me semble fondamental. Je dirais même que par cette décision, il a effacé toutes les fautes qu’il aurait pu commettre – encore que pour ma part je ne vois pas ce que l’on pourrait lui reprocher. En tous cas, son attitude tranche nettement avec celle de Valérie Pécresse qui, ayant obtenu moins de 5% de voix, nous invite à voter Emmanuel Macron au second tour.

Je dirais que Zemmour a le courage de se situer contre cette fameuse correction politique qui n’est qu’un autre terme pour désigner le conformisme et le complet manque d’originalité.
Qu’est-ce qui se cache au juste derrière ce fameux « antifascisme », par lequel se désignent tous ces conformistes ? Ceux qui connaissent un peu l’histoire savent que le fascisme est apparu en Italie, suite à la première guerre mondiale, dans laquelle les Italiens se sont laissé entraîner par les socialistes français. Ces derniers, futurs fondateurs du Parti communiste français, ont versé d’importantes sommes d’argent à Benito Mussolini, l’un des dirigeants des socialistes italiens, pour qu’il prône l’entrée de l’Italie en guerre, aux côtés de la France. Mussolini commençait alors à dire que l’Italie toute entière était una grande proletaria (une grande prolétaire) et qu’elle devait s’engager dans la guerre contre l’empire des Habsbourgs.

Par la suite, Mussolini et ses fasci di combatimento (faisceaux de combat) se sont engagés dans des actions violentes contre leurs anciens camarades socialistes. Le vocable fasciste désignait ensuite toute forme d’action contre-révolutionnaire violente.

Les Français devraient savoir que la révolution et la contre-révolution ont commencé justement ici, dans notre « douce France ». Déjà très jeune garçon, dans ma Tchécoslovaquie natale, j’apprenais que les journées de juin 1848 virent se dérouler, Faubourg Saint-Antoine à Paris, la première grande bataille du prolétariat contre la bourgeoisie. La Commune de Paris, en 1871, c’était la première dictature du prolétariat de l’histoire.
Les politiciens actuels comme Jean-Luc Mélanchon, Fabien Roussel, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et beaucoup d’autres sont des héritiers directs de ces héros de la lutte de classes qui a fait tant de victimes innocentes à travers l’histoire de ce pays.

Encore en 1968, les gauchistes français scandaient : »Elections, piège à cons ! » Ils n’avaient que du mépris pour la démocratie, pour la volonté du peuple. En 1939-1940 les communistes français disaient : »Pétain est le représentant des capitalistes allemands. De Gaulle est le représentant des capitalistes britanniques. Nous, les travailleurs français, nous n’avons rien de commun avec leur querelle. Et nous devons accueillir chaleureusement nos camarades allemands, même revêtus des uniformes de la Wehrmacht. » En matière de l’antifascisme, ils n’étaient pas tout à fait à point. Ce n’était que lorsque l’U.R.S.S. était attaquée par l’Allemagne qu’ils se sont découvert une vocation antifasciste. Celle-ci est ensuite devenue leur fond de commerce permanent.

Tout en soutenant des pires dictateurs comme ceux qui sévissent encore à Cuba ou en Corée du Nord, ils veulent qualifier de fascistes tous ceux qui ne leur plaisent pas.
Fabien Roussel, le premier secrétaire du parti communiste français, qui a recueilli 2,3% de suffrages, eut l’insolence de déclarer  à l’issue du premier tour: »Je ne permettrais jamais que Madame Le Pen prenne le pouvoir. » Que le chef du parti qui soutenait pendant de longues décennies la pire dictature de Staline et de ses successeurs qui ont exterminé des millions de vies humaines pousse l’indécence si loin est vraiment choquant.

Et, aujourd’hui on veut qualifier de fascistes plus particulièrement tous ceux, pour qui le mot « patrie » n’est pas encore tout-à-fait indécent. Jean-Luc Mélenchon insiste que l’on ne doit surtout pas voter pour Marine Le Pen. L’on peut voter pour Emmanuel Macron, le représentant du grand capital multinational, essentiellement anglo-saxon. Mais surtout pas pour Marine Le Pen. Elle se soucie beaucoup plus que Macron du sort des travailleurs français. Mais cela ne la rend pas plus sympathique à Mélanchon, à qui les travailleurs français importent peu. Ce qui lui importe, c’est d’arriver un jour au pouvoir, sur le dos des immigrés, notamment musulmans.

Philippe Poutou qui se présentait comme un candidat « anticapitaliste », et qui a recueilli moins de 1% de voix, déclara que pas une voix ne devait aller à l’extrême droite. Il a précisé : »Ce n’est pas un front républicain conduit par Macron, dont nous avons le besoin, mais de construire une large mobilisation contre Le Pen, Zemmour et tous leurs alliés. » L’on a le sentiment que tous ces nostalgiques des dictatures faillies se sentent en quelque sorte mieux s’ils peuvent se mobiliser contre le fascisme ou contre l’extrême droite que s’ils doivent faire face à des candidats, auxquels ils ne peuvent pas coller si facilement une telle étiquette.

Mais ce ne sont pas seulement mes expériences de l’oppression marxiste dans mon pays natal, ni le mépris dans lequel j’ai été tenu par des gens de gauche ici qui me poussent à voter pour Marine, fille de Jean-Marie Le Pen.
Mes lecteurs habituels savent que je suis en partie d’origine juive et que je m’en réclame. Il existe un proverbe rabbinique Kol Israel arevim zé ba zé (que l’on peut traduire librement : « Tous les Juifs sont responsables les uns des autres. »). Tous les Juifs n’étaient pas marxistes, loin de là. Mais le fondateur du marxisme était Juif et beaucoup de dirigeants marxistes l’étaient – ou le sont encore. Cela a provoqué une hostilité compréhensible et justifiable. Et par la suite, les gens de gauche avaient la tendance à exploiter la répulsion que les atrocités nazies provoquaient chez toutes les personnes sensibles, en se réclamant de l’antifascisme.

J’ai été bien décidé de voter Marine Le Pen au deuxième tour avant même que je n’ai entendu dire Eric Zemmour qu’il votera pour elle. Je voterais pour elle même s’il ne s’était pas désisté en sa faveur. Mais en tous cas, j’ai éprouvé une très grande joie quand il a annoncé son désistement. Et je ne pense pas qu’il ait agi ainsi seulement à cause de l’islamo-gauchisme actuel. Je pense qu’il aime sincèrement la France et qu’il ne supporte pas de voir son peuple rabaissé, comme il l’est actuellement.

J’ai eu aussi une grande joie d’apprendre que son parti La Reconquête ait, aujourd’hui plus de membres que Le Rassemblement national. Le nom de son parti est bien sûr inspiré par la reconquête de la péninsule ibérique par la chrétienté. Et là, je me permets de rappeler que si j’ai des racines juives, j’ai aussi des racines chrétiennes. Et que je pense que la chrétienté ne pourra se défendre face à l’islam que si elle se réconcilie avec ceux que Jean-Paul II appelait « nos frères ainés ».

Martin Janecek