Sur la religion, de Rémi Brague : et l’islam ?

Rémi Brague est un spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, et de la philosophie grecque. Il enseigne en université et il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages.
Son dernier livre, « Sur la religion », est paru il y a tout juste un an, en janvier 2018.
Il aborde un thème majeur, celui de la légitimité du terme « religion » qui est mis à toutes les sauces aujourd’hui et qui peut servir à toutes sortes de manipulations idéologiques, politiques et même juridiques.
Il est grand temps de préciser ce terme de « religion » car il pose problème à notre laïcité depuis l’augmentation significative et sans précédent de la population musulmane dans nos pays.

Tout d’abord, l’auteur rappelle l’origine du mot : le terme « religion » vient du mot latin « religere » qui signifie « relire avec un soin scrupuleux », et non de « religare » : « relier », comme on l’entend trop souvent.
Le mot au pluriel – les religions – a été utilisé pour la première fois au XVIe siècle par Jean Calvin (un des pères de la Réforme), puis par Blaise Pascal (au XVIIe siècle). Et c’est au XIXe siècle que des philosophes ont émis l’idée que toutes les religions étaient respectables. Ce fut le début d’un relativisme qui ne fera que s’amplifier jusqu’à nos jours. Mettre toutes les supposées religions dans le même sac, c’est très pratique pour les athées et tous ceux qui veulent jouir des plaisirs de la vie sans retenu ni contrainte.

Dans ce livre, j’ai particulièrement aimé le chapitre sur la violence dans les textes sacrés, et le rappel des génocides du XXe siècle qui ont pris source dans des idéologies athées.

Pour nous, hommes et femmes de culture chrétienne, une religion est un ensemble de dogmes et un culte rendu à la divinité.
Mais cela n’est pas applicable à l’islam, même si on y trouve des pratiques de culte. En effet, pour le musulman, toutes les dimensions de la vie humaine doivent être réglées par les lois divines.
Les chrétiens ont aussi des lois. Elles sont résumées dans le « Décalogue », mais il s’agit ici de principes de la morale rationnelle, évidents pour tout homme, comme « ne pas tuer » ou « ne pas voler ».

Par exemple, pour le port du hijab (le voile islamique), chez la femme musulmane, les Occidentaux ont tendance à y voir une tradition culturelle ; mais pour le musulman, il s’agit de l’obéissance à un commandement divin. C’est tout à fait différent.
La charia islamique concerne à la fois le droit pénal et le droit civil.
L’islam est un système juridique qui régit tous les aspects de la vie quotidienne et organise la discrimination des minorités non musulmanes. Dans toute société musulmane, le non-musulman, qu’il soit chrétien, juif, bouddhiste ou athée, est placé sous le statut du « dhimmi », c’est-à-dire un citoyen de seconde zone qui n’a pas accès à tous les droits, ni même les droits de l’homme les plus basiques.

Ce livre arrive donc à point nommé et il reste aux responsables politiques à s’en emparer au plus vite.
Pour ma part, je qualifierais l’islam et le judaïsme de « messianisme politique », tout comme le sont aussi le marxisme et toutes les utopies qui nous promettent le bonheur sur terre.

Nous pourrions aussi utiliser le terme de « gnosticisme » pour certaines religions naturelles asiatiques, pour la franc-maçonnerie et les mouvements ésotériques qui cherchent à mettre l’homme à la place de Dieu.
À mon sens, le mot « religion » devrait être précisé ou retiré des textes de lois sur la laïcité ou des droits de l’homme et du citoyen.

Louis Davignon

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25 Commentaires

  1. « ne pas tuer » ou « ne pas voler ». => morale rationnelle ? C ‘ est le réflexe de notre civilisation chrétienne . Toutes les autres religions , ou civilisations , n ‘ ont pas nécessairement les mêmes bases , que ce soit dans le passé ou aujourd ‘ hui . Même les Droits de l ‘ Homme sont basé sur le christianisme , cette Charte a été adoptée par l ‘ immense majorité des pays , excepté par l ‘ Islam qui y impose la prééminence de la charia !

  2. Très mauvais article par son manque de limpidité au style décousu et énonçant plein de contresens.

  3. Religions par ci, croyances et superstitions par la, ce XXIeme siècle n’augurre rien de bon pour l’humanite. Qu’est ce qu’on a régressé!

    • On a régressé, et on continue de régresser, essentiellement pour deux raisons :
      – parce que la « Gauche » s’est convertie à l’économisme
      – parce que, pour masquer ce ralliement lamentable, elle soutient activement ce qu’il y a de pire dans les religions : le totalitarisme islamique.
      Macron est le parfait héritier de cette double trahison.

  4. Les Religions ? On peut disserter à longueur de vie… Cela fait vivre certains…
    Des Totems aux Monothéismes, en passant par l’Opium du Peuple…
    « Dieu est Mort »… s’il a jamais existé !
    Débattez !

  5. En avril 2016 j’ai publié DÉSACRALISER LA VIOLENCE RELIGIEUSE aux éditions du Panthéon
    En mars 2015 j’ai publié, sur Riposte Laïque, MES CAMARADES DE GAUCHE VONT-ILS ENFIN S’INDIGNER POUR CETTE BONNE RAISON ?

  6. messianisme politique ! pourquoi pas ?
    j’avais lu totalitarisme politique également
    j’avais lu aussi que le port du voile n’était pas prescrit de manière obligatoire dans le coran

  7. « À mon sens, le mot « religion » devrait être précisé ou retiré des textes de lois sur la laïcité ou des droits de l’homme et du citoyen. »

    C’est déjà fait : en France, c’est le mot « culte » qui est employé dans les lois.

    Je crois qu’on ne trouve le mot « religion » dans aucun texte juridique français, et c’est heureux.

    • Si, voir articles 2 et 18 des droits de l’homme.
      C’est vrai, le loi de 1905 utilise le mot « culte » en France (hors Alsace-Moselle). Faudrait vérifier dans les autres pays européens et américains.
      Reste que cette loi a été conçue pour (et contre) le christianisme essentiellement.

  8. C’est vrai ça, pourquoi devoir respecter toutes les religions? Surtout celle qui dit que mon témoignage vaut la moitié de celui d’un homme,que je suis incapable d’une argumentation claire et convaincante et que je finirai de toutes façons en enfer.Allo Marlène !!!! Mais c’est justement le traitement de la femme en islam qui est son talon d’Achille à notre époque et qui entrainera sa chute inéluctable.Nous assistons aux soubresauts de son agonie (qui font bien des dégâts pour l’instant).

  9. L’islam n’est pas seulement une religion c’est aussi un système politique
    Le judaïsme n’est pas seulement une religion c’est aussi un ethnie.

    Seul le Christianisme est une religion au sens strct du terme.

    • OK pour l’islam ! Au final c’est presque plus un système politique que politico-religieux.

  10. Nous les athées nous ne sommes pas fans des « padalmagam » religieux. A chacun son truc 😉 Une religion c’est très simple à définir : un démiurge, un clergé et même un système de pouvoir, des fidèles et donc des infidèles. Quelle différence avec un secte me direz-vous ? Eh bien peut être pas grand chose en définitive.
    Et nous avons bien compris que vous ne faites pas mieux que les musulmans en vouant aux gémonies un certain type d’infidèles, à savoir les athées, responsables des plus grands génocides du XXe siècle. Sauf qu’en Europe, les athées n’ont jamais déclenché de génocides au nom de leur absence de foi, comme les chrétiens ou les musulmans ont massacré une masse d’infidèles au nom de leur dieu. La voilà notre différence avec vous qui cherchez toujours à nous diaboliser.

    • à Denys
      Personnellement je ne cherche jamais à diaboliser LES athées. Je trouve même très respectable leur croyance prioritaire dans la raison. Mais je trouve lâches et odieux CEUX DES athées qui, avec Macron, MILITENT pour consolider et développer en France l’épouvantable religion islamique, laquelle CONTINUE d’ajouter ici, sous nos yeux, de nombreux morts aux dizaines de millions qu’elle a déjà réalisés depuis son existence DANS LA MISE EN APPLICATION DE SA CONCEPTION DE DIEU.

      • Pierre vous semblez plus éclairé que vos coreligionnaires. Pour moi, ça n’a pas de sens qu’un athée puisse promouvoir une religion quelle qu’elle soit. Vous parlez sans doute de la laïcité qui permet à chacun de croire et de ne pas croire. Et c’est vrai que quand on est athée, on doit défendre la laïcité, au risque de se tirer une balle dans le pied. En ce qui me concerne cependant, la laïcité, ce n’est pas « favoriser » les musulmans pour qu’ils puissent pratiquer leur religion. C’est encore moins adapter la société à la pratique de l’islam. Ainsi, je m’oppose au port du voile, à la création de lieux de culte au travail ou à l’école, au halal dans les cantines publiques, à la séparation des hommes et des femmes dans les lieux publics (hôpital, piscine, …), …

    • Cher Denys, je comprends et j’ai failli retirer ma phrase sur l’athéisme.
      Mais ça répond à ce que j’entends souvent : « C’est la faute des religions  » et le catholicisme est réduit à la courte période de l’inquisition.
      Je crois que s’en prendre à nos propres traditions européennes, religieuses ou non, est contre-productif face à l’islamisation montante.
      Je défends évidemment la liberté de conscience et d’expression, et la place des athées partout dans le monde.

      • Louis il suffirait de défendre la laïcité. On n’aurait même pas à parler de la position des athées et de celle des croyants, catholiques ou musulmans.

  11. Curieux alors que l’Islam soit considéré comme une religion dans tous les pays du monde

    • Quitter ses chaussures et se prosterner ne veut rien dire quand on sème la mort de partout dans le monde et que l’on veut abaisser les autres humains. Prôner ce qu’il y a de plus laid dans l’homme est indigne : le meurtre, la guerre, le mépris des autres. De plus Dieu nous a laissé libre.

        • Votre citation ne sort pas de la Bible à la différence des semblables que l’on rencontre fréquemment dans le coran, et qui sont paroles divines !

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