Sur le ramadan, les musulmans modérés comme Fadela Amara ou Mohamed Sifaoui sont consternants

Publié le 31 août 2009 - par - 1 452 vues

J’ai écrit, la semaine dernière, un texte faisant état de ma consternation devant la progression du ramadan, et sa visibilité de plus en plus grande, en France. J’ai qualifié cette pratique de moyen-âgeuse, de contraire à l’intégration, et j’ai déploré qu’une religion occupe une si grande place dans l’espace public, en 2009, dans un pays où la raison a pris le pas sur la foi, grâce à la lutte de nos ancêtre libre-penseurs.

Bien évidemment, je n’ai pu qu’être déçue, mais pas surprise, en entendant la ministre Fadela Amara se vanter de pratiquer le ramadan, comme si elle voulait montrer que, bien que critiquant la burqa, elle demeurait une bonne élève de l’islam. La même s’était déjà vantée de faire ses cinq prières par jour, en plein 21e siècle, en France ! Deux solutions possibles : soit cela est vrai, et c’est pathétique, soit c’est faux, et pourquoi mentir ? Même Christine Boutin ne dit plus de telles énormités sur sa foi !

Malgré tout, je ne m’attendais pas à ce que mon texte me vaille une agression très vive de Mohamed Sifaoui, sur ma page de facebook, où je l’avais reproduit.

J’ai naturellement répondu, entre ces invectives injurieuses, le plus courtoisement possible à Mohamed Sifaoui, sans rien lâcher sur l’essentiel. Je ne rendrai pas publiques les injures sexistes grossières dont j’ai été l’objet, préférant les attribuer à un moment d’égarement. Mais cette violence m’a mise très mal à l’aise : si un homme progressiste, qui a payé cher son engagement contre les islamistes, comme ce journaliste algérien, est incapable d’entendre la moindre critiques d’une pratique obscurantiste liée à sa religion, incapable d’argumenter sans tenter de salir notre site, et ma personne, que doit-il en être de l’état d’esprit de bien d’autres musulmans, qui n’ont ni sa culture, ni ses références à la République ? Je ne pouvais m’empêcher de penser aux réactions de foules fanatisées, lors de l’affaire des caricatures.

Le sport, professionnel ou amateur, n’échappe pas, bien sûr, aux réalités du ramadan. Il y a quelques années, Alain Perrin, alors entraîneur de Troyes, avait été confronté à l’attitude de deux joueurs musulmans, qui demandaient des aménagements d’horaires pour s’entraîner. Il avait réglé le problème en demandant à un imam (contre rétribution ?) d’expliquer aux joueurs que le Coran les autorisait à s’entraîner avec leurs camarades pendant le ramadan.

A un niveau supérier, l’entraîneur de l’Inter de Milan, José Mourinho, est victime de la vindicte des islamistes italiens. Son crime ? Avoir sorti, au bout d’une demi-heure, son milieu de terrain ghanéen Sulley Muntari. Le coach a expliqué sans détour que son joueur faisait le ramadan, et ne mettait pas un pied devant l’autre. Il a osé ajouter que cette pratique ne lui paraissait pas compatible avec le sport de compétition.

Ce dimanche matin, je me suis alignée au départ d’une course à pied, en région parisienne. Habituellement, dans cette épreuve, à laquelle je participe depuis dix ans, il y a, dans les courses masculines, une forte présence, et une domination de coureurs d’origine maghrébine chez les hommes. Par contre, chez les femmes, il y a très majoritairement des Françaises d’origine au départ, et sur les podiums. Ce premier contraste m’a toujours frappé. Mais cette année, en plein ramadan, un fait nouveau était marquant, par rapport aux années précédentes. Je n’ai vu, sur le podium, qu’un seul athlète d’origine maghrébine, et très peu étaient au départ. Il fallait vraiment être aveugle pour ne pas le constater, et ne pas en tirer les conséquences : à cause du ramadan, la majorité des athlètes maghrébins n’avait pas participé à une course où leur présence, tous les ans, relevait le niveau.

Je persiste et je signe, je trouve ces exemples, autour du sport, révélateurs de la pression qu’exerce le ramadan sur l’ensembl de la société. Ces trois exemples ne font que renforcer tout ce que j’ai écrit, la semaine dernière. J’en veux d’autant plus à des musulmans modérés, tels Fadela Amara ou Mohamed Sifaoui, capables de lutter contre la burqa ou l’extrême droite islamiste, d’être aussi peu courageux, vis-à-vis du ramadan. La véritable audace, ce serait de dire clairement que c’est une pratique qui n’a pas sa place dans la France du 21e siècle, qui est contraire à l’intégration, à la santé, et qui favorise un repli communautariste et une offensive religieuse contre la laïcité.

De tout temps, les modèles totalitaires ont su trouver des esprits libres, qui n’ont pas hésité à braver la colère des fanatiques, pour critiquer les aspects les plus réactionnaires d’une doctrine, religieuse ou autre. Nous aimerions entendre beaucoup d’autres Pascal Hilout en France, ou Hishâm Mohammad en Arabie saoudite, dire, sans détour, la vérité sur cette gigantesque hypocrisie qu’est le ramadan. Combien de musulmans boivent et mangent en cachette, pendant ce mois ? Combien en ont marre de cette pression sociale insupportable, qui les empêche de vivre normalement, comme tous les citoyens de ce pays ?

Plutôt que des injures, et des discours enfermant des populations entières dans des archaïsmes moyen-âgeux, ce sont des propos émancipateurs et laïques que nous aimerions entendre de la part des musulmans modérés.

Lucette Jeanpierre

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(1) https://www.ripostelaique.com/70-des-musulmans-vivant-en-France.html

(2) http://www.yabiladi.com/forum/fadela-amara-suis-musulmane-pratiquante-66-2442867.html

(3) Texte de Pascal Hilout : M. Sifaoui, un ami qui a tort de nous vouloir du mal !

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