Syrie : allons-nous vers de nouvelles Journées Portes Ouvertes 2015 ?


La province syrienne d’Idlib est une chaudière dont la soupape de sécurité est proche de quitter son axe et avec ou sans l’Ange Merkeille, un remake 2015 est plausible.
Le nouvel exode des réfugiés syriens sera propulsé non seulement par la guerre mais aussi par le désastre économique. Et dans ce cas de figure, le Groupe de Višegrad n’accueillera qu’une poignée de Syriens chrétiens.
Idlib
Cette petite province de 6 000 km² (soit l’équivalent du Var) compte 3 millions d’habitants et d’habitants sous tente, les réfugiés intra-syriens. Étant donné la poussée des forces gouvernementales, ils seraient près de 600 000 à avoir rejoint récemment l’enclave dans l’espoir d’un avenir à court terme turc voire européen.
Dans les zones à camps, ils sont 3 500 à 4 000 par km². Ils n’ont pas réellement le choix : les forces syriennes progressent vers le nord en nettoyant village par village, parfois au moyen de ces abjectes bombes thermobariques.
Parmi ces 3 millions, ils sont 100 à 150 000 combattants islamistes qui ont collaboré avec Al-Qaïda voire des groupements encore plus extrémistes. Qui en garantira la future traçabilité ?

Les trois bouées de secours potentielles, du meilleur vers le pire
Se rendre en Turquie qui compte déjà son lot de 3,5 millions de Syriens. Ils seraient près de mille à s’y rendre chaque jour. Pour certains réfugiés, la Turquie représente l’UE27 dans le périscope.
Se diriger vers l’est de la Syrie, vers les territoires sous contrôle de la Turquie. C’est la solution la plus logique du point de vue occidental mais peut-être pas celle de ceux qui fuient la guerre.
S’en retourner vers le sud de la Syrie, ce qui paraît difficilement imaginable pour ceux qui sont fichés par les gestapistes de Bashar al-Assad. Après le cessez-le-feu du 12 janvier 2020, trois points de passage ont été aménagés sur la ligne de front mais quelques centaines de personnes à peine ont pris la route du sud, celle de la remigration intérieure. Bien sûr, personne ne veut plonger à nouveau dans la gueule de Bashar al-Assassin, ce qui est humain.
Syrie : l’incroyable dépeuplement
22 millions d’habitants en 2011 desquels il faut soustraire 500 000 civils ayant perdu la vie lors des combats et bombardements et 6 à 7 millions hébergés actuellement en Turquie, Jordanie, au Liban et en Europe.
14 à 15 millions d’âmes peuplent la Syrie 2020 dont les deux tiers « sous domination gouvernementale ». Et bon nombre nécessitent une aide humanitaire urgente.
Sur les images de guerre civile syrienne apparaissent régulièrement des débris de missiles comportant des numéros de série russes et il est parfois difficile de déterminer s’il s’agit d’un cadeau aérien de Poutine ou d’anciens ananas balistiques CCCP utilisés par Bachar.
Les convois de réfugiés syriens sont souvent la cible des dictateurs, rappelant ici l’Exode 1940 et les ignobles piqués de Stukas. Le 24 décembre 2019, l’aviation mitraille les convois de réfugiés sur l’autoroute M5 Hama-Aleppo, faisant de nombreuses victimes civiles.

Autoroute M5 Hama-Aleppo
Les Turcs sont plus malins que nous
Dans les années 50, Ankara a bien signé une convention internationale sur la prise en charge des réfugiés mais en se réservant le droit d’exclure les fuyards en provenance… du Proche-Orient ! Une décision visionnaire ?
L’UE verse annuellement 3 milliards d’euros à la Turquie à titre de soutien aux réfugiés. L’UE27 dégrossie de Londres comptant 446 millions d’habitants, cela donne 6,72 €/an par tête de pipe, un bon 15 €/an par le prisme de la population active. Ce n’est pas rien ! En 2015, le gouvernement allemand avait déjà débloqué 23 milliards de dollars affectés uniquement aux réfugiés sur son propre territoire.
La Turquie lance également ses propres soldats à Idlib afin de tenter de freiner le flux de réfugiés, d’où le risque de confrontation avec l’armée syrienne, elle-même soutenue par les Russes. Et si Yvan bombarde un membre de l’Otan, on se demandera une fois de plus ce qu’y fait Istanbul !

Frontière turco-bulgare : la petite porte vers l’UE27 ?
La surveillance de cette ligne Turquie-UE est mixte : bulgare et européenne, plus précisément allemande. Mais Bulgarie n’est pas Hongrie et le taux de corruption des douaniers bulgares ainsi que la tradition locale des trafiquants passeurs laissent craindre le pire pour les partisans du No More Refugees.
Un ordre de grandeur : il faut quinze heures environ pour se rendre du sud de la Turquie à la frontière turco-bulgare, longue de 240 kilomètres.

Frontière turco-bulgare, une imperméabilité à confirmer
Syrie : le chaos économique
Selon un expert polonais, la Syrie est dans un état bien plus désolant que celui laissé par les nazis en Pologne. Depuis 2011, la chute du PNB est de 75 % et 40 % des bâtiments sont inhabitables. Une remise sur les rails de la Syrie prendrait 2 à 5 décennies et absorberait 700 milliards de dollars.
En 2011, un dollar américain s’échangeait à 45 livres syriennes, aujourd’hui à 1 150. Ce qui explique que même les fonctionnaires dociles ont des difficultés à boucler les fins de mois.

2 000 livres syriennes. 2011 : 44 dollars, 2020 : 1,75 dollar
La faute aux méchants colonisateurs français ?
Niet ! Une vue de l’esprit : à considérer une occupation française prolongée jusqu’en 2000, le constat syrien ne serait assurément pas aussi dramatique pour ces peuples ne demandant qu’à vivre.
La Syrie acquiert son indépendance de la France le 17 avril 1946, une France laissant une province d’Idlib aux terres fertiles : céréales, olives, figues, raisin, tomates, production de coton et non un champ de la mort où les malheureux sont coincés entre la frontière turque et les tirs « gouvernementaux », échos d’une dictature totalitaire comme seul l’islam sait en produire.
Richard Mil

Ils auraient pu naître et être citoyens du monde. Le bloc arabo-musulman en décida autrement

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6 Commentaires

    • ben non, sinon on est bons pour une nouvelle vague demandée par l’UE.
      il faut armer ceux qui restent et cela partout. Chaque village du sahel devrait être formé et équipé hommes et femmes confondus.
      chaque conquête du moindre village coûterait plus cher aux assaillants islamistes souvent peu nombreux que le survol de la zone et la présence envahissante de nos soldats, devenus occupants. Des liaisons radios efficaces et ils seraient secourus très vite.
      il faut les aider peu et discrètement militairement, mais beaucoup en confort de vie et en maitrise de la fécondité.

  1. La turquie soutient les terroristes avec la complicité des americains et de l’europe.C’est incroyable de lire autant de bêtises.

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