Syrie : assez d’hypocrisie, BHL !

Tâchons de ne pas nous laisser leurrer par les images exclusivement à charge contre Bachar el-Assad qui nous sont imposées par les médias officiels, les meilleurs porte-voix du droit-de-l’hommisme. Si la cruauté du régime de Damas est effective, sa chute enflammera le Proche-Orient, et la Syrie grossira les rangs des républiques islamiques, foyers de terroristes qui ne manqueront pas d’offrir à l’Occident des « feux d’artifice » dont ils ont le secret ! Ajoutons à cela, tout de même à la défense du Président syrien, que les femmes auront beaucoup plus de temps libre car elles ne pourront espérer, sous un régime islamique radicalisé, étudier et travailler !

Nous savons désormais ce que valent les paroles de paix des régimes « printaniers » arabes : cet été, après avoir tué 16 policiers égyptiens, un commando islamiste venu d’Egypte a tenté de forcer un poste-frontière israélien à l’aide de véhicules militaires volés, sans doute pas pour faire du tourisme ! A présent tous les pays frontaliers d’Israël constituent un danger pour l’Etat hébreu (la Jordanie exceptée, mais pour combien de temps ?). Plus courageux et lucides que nous, les Israéliens, qui ont neutralisé ledit commando, n’hésiteront pas un instant à se défendre, embrasant inévitablement la région, au moins pour une raison : les musulmans estiment que c’est un honneur d’être massacrés par eux, mais pas l’inverse ! Le Liban, excité par les islamistes du Hezbollah (quoique favorable au régime actuel de Damas), s’engouffrera dans la brèche et les chrétiens le paieront une fois de plus de leur sang, comme ceux de Syrie, pour qui le martyre a commencé.

Regardons la Lybie, libérée par nos soins : elle adopte un islamisme sur-vitaminé, notamment grâce à un arsenal militaire d’envergure emmagasiné sous le règne de Kadhafi, distribué désormais çà et là aux groupes terroristes de l’Afrique du Nord et subsaharienne. Regardons la Tunisie où les touristes occidentaux se font allègrement agresser par des fanatiques religieux et ce, en toute impunité. Regardons, enfin, l’Egypte : une population incontrôlable, excitée par les Frères musulmans à haïr l’Occident, et qui s’en prendra bientôt aux joyaux antiques que recèle ce pays, considérés comme des idoles blasphématoires !

Que pouvons-nous attendre de tels individus mus par une rage djihadiste hystérique ? Aidons-les et leur reconnaissance s’exprimera comme suit : quatre personnes de l’ambassade américaine en Libye, dont l’ambassadeur Christopher Stevens, un partisan actif de la libération de la Libye et un arabophone convaincu, ont été assassinées par des intégristes à Benghazi le mardi 11 septembre[1] pour, disent-ils,  protester contre un film blasphématoire à l’encontre de leur prophète. Question : en quoi ce pauvre ambassadeur et ses collaborateurs étaient-ils responsables de la réalisation de ce film ?

On parle de « l’œuvre » d’Al Qaeda, confortable métaphore de tous les crimes du monde musulman afin de dédouaner les gouvernements arabes et autres avec lesquels nous pratiquons à présent une politique servile qui les autorise à toutes les arrogances, dont celle sans doute de favoriser des manifestations islamistes « spontanées », que le ministre actuel de l’Intérieur français ne sanctionnera pas vraiment, n’étant pas assez fou pour frapper sur l’électorat de gauche ! Dans cette manifestation islamiste de ce week-end, devant l’ambassade américaine, des drapeaux du djihad (la guerre sainte contre nous, les infidèles !) étaient pourtant brandis !

« Hélas » pour ces intégristes sans limite, les Américains vivent dans une démocratie, concept très flou pour les hordes islamistes qui n’y ont jamais souscrit. Rappelons tout de même le 1er Amendement de la Constitution des Etats-Unis : « Le Congrès ne fera aucune loi pour conférer un statut institutionnel à une religion, qui interdise le libre exercice d’une religion, qui restreigne la liberté d’expression, ni la liberté de la presse […] » Un amendement sûrement haram (interdit) !

Parler démocratie avec les islamistes c’est essayer de parler astronomie avec quelqu’un qui croit encore que la Terre est plate et qu’elle est le centre de l’univers ! Voyez d’ailleurs comme il est « aisé » de leur enseigner la théorie de l’évolution de Darwin. Alors, la liberté d’expression, imaginez un peu ! Ces fous de Dieu ne comprennent que le langage de la force brute et irréfléchie.

Les islamiste ont, dans leur ignorance et leur fervent mépris de l’autre, au moins retenu la leçon des Croisades. En effet, si les croisés ont pu se maintenir si longtemps en place pendant près de deux siècles, c’est grâce aux divisions internes parmi les chefs arabes (ce qu’Amin Maalouf, quoique du côté de l’islam, explique remarquablement dans son essai Les Croisades vues par les Arabes). Aujourd’hui, ils s’unifient. Et quoi de mieux pour cimenter les diverses factions islamistes que de désigner un ennemi commun ?

Observons cette flambée de violences contre les Etats-Unis pour un film dans lequel, pourtant, le gouvernement américain ne se reconnaît absolument pas : le plus petit écueil est prétexte la vengeance. Au passage, je m’adresse aux anti-américains primaires qui se leurrent s’ils croient être à l’abri de l’orage  parce qu’ils choient l’islam chez eux : ils en prendront aussi pour leur grade. Je rappelle que les Britanniques ont longtemps manifesté une grande mansuétude à l’égard des islamistes : cela n’a pas freiné l’ire meurtrière de l’islam contre eux (voir les attentats à Londres en juillet 2005). Nous sommes tous dans le même bain !

Le mot d’ordre serait donc de ne pas intervenir et d’attaquer quand on nous attaque, à la manière des Etats-Unis contre le régime Taliban en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001. L’erreur aura été de s’y établir comme d’envahir l’Irak. Frappons nos ennemis sans nous installer chez eux. Idem pour Israël, qui devrait se débarrasser définitivement des territoires palestiniens et ne plus laisser aucun prétexte « humanitaire » au terrorisme islamiste sur son sol, qu’il pourrait alors combattre sans retenue.

Quant à libérer le « peuple syrien opprimé par la tyrannie », arrêtons l’hypocrisie : irions-nous libérer le Tibet ? Non, évidemment, parce que la Chine a une armée trop puissante ! En libérant la Libye, et en nous proposant de faire de même avec la Syrie, nous armons nos ennemis de demain, comme jadis la C.I.A. armait des Moudjahidines en Afghanistan qui, quelques années plus tard, exprimèrent leur gratitude par des attentats qui allèrent crescendo jusqu’au 11 septembre 2001.

Bravo donc,  Bernard-Henri Levy ! Sauf que toi tu auras les moyens de fuir quand ça sentira le roussi, ce qui ne sera pas le cas de la plupart d’entre nous. Mais tu pourras toujours, comme ton camarade Jean-Paul Sartre, raconter partout ce que tu aurais fait, une fois que la tempête sera passée, si jamais elle passe. On ne compte pas non plus sur toi pour défendre arme au poing l’Etat d’Israël : tu es beaucoup trop gentleman pour prendre la place d’une israélienne de vingt ans qui ira se faire tuer par des islamistes surarmés par les pays arabes libérés, à cause de tes conneries entre autres ! Alors, tu es gentil : continue à écrire tes inepties, mais arrête de nous entraîner dans un gouffre dont nous seuls verrons le fond et certainement pas toi, à l’abri sur ton île des Caraïbes ou du Pacifique !

Charles Demassieux



[1] La date pour cet attentat n’est pas anodine et elle me fait dire que les Américains, il y a onze ans, ont été nettement plus dignes dans leur colère. Il est vrai que les terroristes musulmans n’avaient pas blasphémé : ils avaient juste tué trois mille innocents !

image_pdf
0
0