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Syrie : Clinton, Macron, BHL, Kouchner osent faire la leçon à Trump !

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La décision de Donald Trump de retirer les 2 000 soldats des forces spéciales américaines en Syrie en exaspère plus d’un et chacun y va de son couplet larmoyant ou de son coup de griffe.

Pour Hillary Clinton, l’isolationnisme est une faiblesse et “faire le jeu de la Russie et de l’Iran est un choix stupide” qui met les USA en danger.

Pour Kouchner, le champion du devoir d’ingérence à géométrie variable, c’est une trahison envers les Kurdes, nos alliés qui ont supporté l’essentiel des combats au sol face à Daech.

“Le Moyen-Orient, à feu et à sang, va se compliquer encore davantage.”

Pour BHL, le fougueux va-t-en-guerre en chemise blanche, la décision de Trump est également une trahison envers les Kurdes.

Enfin, pour Emmanuel Macron, c’est l’occasion de taper une fois de plus sur Donald Trump, son ennemi préféré depuis que celui-ci a balayé d’un revers de main la COP21 et l’accord sur le nucléaire iranien.

Regrettant “profondément la décision prise” par les États-Unis, Macron ajoute :

« Un allié se doit d’être fiable » et « être alliés, c’est combattre épaule contre épaule, c’est la chose la plus importante pour un chef d’État et chef des armées ».

Alors, résumons.

Tout ce joli monde se plaît à faire la leçon au président américain.

Mais on remarquera en passant que ceux qui dénoncent depuis 40 ans l’insupportable impérialisme américain et l’arrogance du “gendarme du monde” sont les mêmes qui pleurnichent aujourd’hui parce que l’oncle Sam leur dit qu’il rentre à la la maison après avoir fait 95 % du job.

Trump avait annoncé la couleur pendant sa campagne, jugeant que l’interventionnisme américain, de plus en plus coûteux, était en totale contradiction avec son objectif “America first”.

Eh oui, il se trouve que Trump applique son programme de campagne. Pour Macron, qui mène sa politique personnelle dans le dos du peuple, ça dérange.

Rappelons tout d’abord à Hillary Clinton le bilan de 18 ans de guerre en Irak et en Afghanistan.

L’intervention en Irak, à laquelle Chirac a eu le bon sens de ne pas participer, a détruit un pays laïque stable en renversant Saddam Hussein.

Le résultat de cette expédition coloniale, décidée suite à un énorme mensonge d’État sur les armes de destruction massive en Irak, a été l’émergence de Daech, avec des centaines de milliers de morts, l’asservissement des femmes et la persécution des chrétiens d’Orient, pratiquement disparus de leur berceau ancestral.

En guise de démocratie universelle, on a eu droit à la désintégration du Moyen-Orient et à la déferlante islamiste !

Quant à l’intervention en Afghanistan, elle s’est soldée par un enlisement de la coalition qui, malgré ses 140 000 hommes et son écrasante supériorité technologique, a lamentablement échoué. En 2018, les talibans contrôlent les 3/4 du pays, la culture du pavot, qui finance la guerre, est encore plus florissante qu’avant 2001.

Bien des généraux occidentaux avaient déclaré que cette guerre était ingagnable. Qui les a écoutés ?

Plus de 6 700 soldats américains sont morts pour rien en Irak et en Afghanistan.

Et plus de 2 000 milliards de dollars ont été engloutis en pure perte, sauf pour le puissant lobby de l’armement ! Beau bilan !

https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/07/13/etats-unis-des-guerres-a-2000-milliards-de-dollars-depuis-2001_5160073_3222.html

Rappelons aussi à Bernard Kouchner que les odieux bombardements sur la Serbie, notre alliée de toujours, ainsi que le dépeçage de ce pays ami, au mépris du droit international, a donné naissance au sein de l’Europe à un État mafieux sans foi ni loi qui s’appelle le Kosovo, et où la minorité serbe chrétienne est persécutée. Beau bilan du devoir d’ingérence !

https://lanef.net/2018/03/31/kosovo-le-calvaire-oublie-des-chretiens/

Rappelons à BHL que l’intervention en Libye a détruit le pays en le livrant aux milices islamistes qui ont raflé la mise. Le résultat est visible chaque jour avec le tsunami migratoire que plus personne ne contrôle. Et 7 ans après la mort de Kadhafi, c’est toujours le chaos.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/09/02/en-libye-tripoli-bascule-a-nouveau-dans-les-combats-de-milices_5349268_3212.html

Enfin rappelons à Emmanuel  Macron, qui se croit autorisé à donner des leçons de morale à ses alliés, que François Hollande ne s’est pas embarrassé de considérations superflues quand il a décidé de quitter l’Afghanistan dès son élection. La France a été le premier pays à quitter la coalition sans demander l’avis de qui que ce soit.

D’autre part, quand on refuse de porter le budget défense à 2 % du PIB comme l’exige l’OTAN, on est mal placé pour déplorer l’affaiblissement de la coalition en Syrie suite au départ du grand frère américain.

Défendre l’armée européenne en consacrant 34 milliards à notre armée au lieu de 46 milliards (2% du PIB), c’est irresponsable.

Chaque Français dépense 2 000 euros par an pour l’immigration mais seulement 500 euros pour la défense ! C’est le choix de Macron.

Si l’Europe avait une armée digne de ce nom, au lieu de se reposer sur les États-Unis, nous n’en serions pas là.

Pour jouer dans la cour des grands, il faut s’en donner les moyens.

Avec un budget de 716 milliards de dollars (627 milliards d’euros), l’effort de défense américain est 18 fois supérieur à celui de la France.

Alors que le PIB US n’est que 7 fois plus important. 20 200 milliards de dollars contre 2 766 milliards de dollars pour la France.

https://www.journaldunet.fr/patrimoine/guide-des-finances-personnelles/1209268-classement-pib/

Par conséquent, Trump est parfaitement cohérent en décidant de se retirer.

Cela laisse le champ libre à Poutine et Erdogan ? Et alors ?

Dès le départ, les Occidentaux ont misé sur le mauvais cheval en exigeant le départ d’Assad et en armant les soi-disant milices modérées. Celles-ci sont passées avec armes et bagages dans le camp islamiste. Beau travail !

Poutine a raflé la mise, ce qui est logique. Il a une excellente armée et une aviation puissante. Il s’en sert pour sauver un allié. Où est le problème ?

Fallait-il renverser Assad comme Kadhafi, Saddam Hussein, Moubarak, Ben Ali et se retrouver avec des islamiste au pouvoir à Damas ? Soyons sérieux !

Reste le problème des Kurdes et des Forces démocratiques syriennes soutenues jusque-là par Washington.

Ce n’est pas nouveau. Erdogan veut se débarrasser des unités kurdes de l’YPG qu’il juge proches du PKK. Donc, assez d’hypocrisie.

L’Europe est impuissante sur la question kurde.

Quand Erdogan a lancé ses bombardements sur l’enclave kurde d’Afrin, les Occidentaux ont laissé faire. On ne sait jamais… le teigneux sultan pourrait bien ouvrir ses frontières et nous envoyer ses milliers de réfugiés syriens.

Entre les Kurdes et Erdogan, l’Europe a choisi celui qui nous tient en otages avec la menace migratoire.

Pour terminer, j’ajoute que l’aviation américaine reste en place au Qatar pour assurer les raids aériens sur la Syrie et 5 200 soldats américains sont stationnés en Irak. La renaissance de Daech n’est pas pour demain !

Et que les pleureuses commencent par balayer devant leur porte.

Jacques Guillemain