Syrie : Hollande, soutenu par Bartolone, a peur de ses députés

Le président de l’Assemblée nationale reconnaît que les députés ne servent à rien. Hollande risque d’engager la France dans un conflit, contre l’avis de 64 % de la population.


Claude Bartolone contre un vote des députés sur… par rtl-fr

Rappelons qu’en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, le Parlement vote. En France, tous les partis, sauf le PS, réclament un vote. On attendrait donc du président de l’Assemblée nationale qu’il défende au moins les prérogatives de l’Assemblée qu’il préside, pour montrer que les élus du peuple ont leur mot à dire quand la France se prépare à aller guerroyer en Syrie. Mais Bartolone est socialiste avant d’être président du Parlement.

Les arguments du président de l’Assemblée sont grotesques. Il ose dire qu’il en va de l’image de la France dans le monde. Ah bon ? Comme si avec Hollande et Ayrault, nous n’étions pas déjà la risée du monde. Il nous explique que cela reste dans le domaine du président de la République et de ses pouvoirs régaliens. Rappelons que ce sont les mêmes socialistes qui expliquaient, sous Sarkozy, qu’ils étaient hostiles à la présidentialisation du régime.

Il nous explique que voter ce serait affaiblir la France aux yeux de Bachar. Quel aveu ! Apathie explique de manière grotesque le vote du congrès anglais par les mensonges sur la guerre d’Irak. Cela ne justifie en rien le fait que les deux pays consultent leur Parlement, et pas la France qui, paraît-il, serait le pays des Droits de l’Homme.

HollandealecoleEn cas de vote, il y aurait sans doute une petite majorité en faveur de la guerre en Syrie (car il faut bien appeler les choses par leur nom). La direction du PS (où Jean-Philippe Désir a encore fait des exploits, qualifiant de munichois les adversaires de l’engagement français) essaieraient sans doute de faire le coup de la discipline de parti, mais on voit mal un pantin comme Désir avoir la moindre autorité sur des députés qui pensent pour certains à leur prochaine élection. On aurait l’opposition et le Front de gauche qui voterait largement contre, de même que les écolos. Donc Hollande partirait très affaibli, loin du consensus national. Il faut voir aussi que nombre de députés PS se présenteront aux municipales ou aux primaires pour les municipales, et à l’instar de Mennucci à Marseille (qui réclame un vote), il s’agit de ne pas se mettre l’opinion publique à dos.

Le pouvoir n’a pas seulement peur de l’opinion public, mais maintenant il a même peur du Parlement où pourtant il est majoritaire. Il ne répond surtout pas à la question qu’Apathie aurait pu poser : comment peut-on faire la guerre en Syrie quand on arrive pas à faire régner l’ordre à Marseille ?

Lucette Jeanpierre

 

 

 

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