Syrie : Quid des enfants sans filiation des combattants étrangers ?

Publié le 20 janvier 2018 - par - 18 commentaires - 1 135 vues
Share

Ph. Umit Bektas (Reuters)

Sous le titre « Les enfants des combattants étrangers … une nouvelle crise en marge de la guerre syrienne », l’article ci-après a été publié le 16 janvier 2018 par la chaine TV libanaise Aljadeed (Le Nouveau). Il dresse le tableau d’une situation nouvelle qui, à ce jour, n’a pas été prise en compte par les politiques des pays occidentaux, à savoir le sort des enfants issus de mariages contractés avec des Syriennes par les djihadistes originaires de ces pays qui ont abandonné femmes et enfants sans laisser de traçabilité sur leur disparition.

Nos politiques se sont intéressés aux sorts des mères françaises (converties ou musulmanes issues de la « diversité ») et de leurs enfants à leur retour de Syrie et d’Irak. Mais personne n’a soulevé le problème des jeunes mères syriennes ayant épousé, de gré ou de force, des djihadistes français et sont devenues, d’un jour à l’autre, divorcées, abandonnées ou veuves, avec des enfants à charge et dont les pères peuvent difficilement être retrouvés. Elles, parce qu’elles sont syriennes n’émigreront pas en France, en Occident ou ailleurs. Leurs enfants porteront-ils la nationalité de leur géniteur ? Leur malheur ne doit pas être ignoré des pouvoirs publics des pays concernés qui ont fermé les yeux sur le départ de leurs citoyens djihadistes vers l’Irak et la Syrie. Ils ne se sont pas posé de questions alors sur les ravages et les drames sociaux que ces djihadistes allaient occasionner dans ces pays en guerre.

La responsabilité de ces drames n’incombe-t-elle pas en partie aux pays d’origine de ces djihadistes ? C’est un dossier très difficile qui s’ajoute au dossier, lui aussi difficile, du retour des femmes et enfants de djihadistes dans leur pays d’origine. En tout cas, un enfant de père français est tout autant français qu’un enfant né de mère française. Au regard de la loi française, il est français. Au regard de la loi syrienne, il n’est rien (NDT).

Des statistiques, publiées par une campagne lancée par des activistes syriens afin de mettre en garde [les femmes et leurs tuteurs] contre un mariage avec des combattants étrangers, ont montré des chiffres choquants portant sur le nombre d’enfants issus de ce genre de mariage « non légal » dans les secteurs sous domination d’al-Nousra [al-Qaeda].

Sur son compte officiel facebook, la campagne, qui porte le slogan de « Qui est ton mari ? », a précisé que, dans les régions de l’ « Organisme de Libération du Châm » sous la houlette d’al-Nousra, ont été enregistrés 1.735 mariages dont sont issus 1.828 enfants sans filiation (*). Cet organisme occupe plusieurs régions au nord de la Syrie et principalement dans le gouvernorat d’Idlib qui n’est plus sous contrôle gouvernemental depuis 3 ans.

Les statistiques publiées comportent aussi l’existence de plus de 165 cas de maris qui ont quitté leurs épouses sans qu’elles aient une quelconque information sur leur identité [réelle] ou sur le lieu vers lequel ils ont fui. A cela s’ajoute 200 femmes qui sont devenues veuves ou divorcées.

Cette campagne s’est focalisée sur la région nord de la Syrie qui a constaté la présence d’un grand nombre de combattants étrangers.

Ces enfants, issus de ce type de mariage, représentent un « grand danger », d’abord pour eux-mêmes et ensuite pour la société. Ces enfants grandissent sans droits civiques, une grande proportion d’entre eux devient « un combustible » pour les groupes extrémistes car ils seront entraînés dans des camps spéciaux puis équipés plus tard pour exécuter des opérations et des « attaques-suicides ».

Le mariage avec une personne dont l’identité est inconnue, est considéré comme « invalide » sur le plan légal selon les fatwas émises par des hommes de religion [musulmans], aussi bien de l’opposition que parmi les soutiens au gouvernement. Mais l’emprise des groupes armés sur les secteurs poussent certains Syriens à accepter le mariage de leurs filles avec ces hommes armés pour plusieurs raisons, par peur ou par intérêt personnel.

Ce phénomène du mariage avec des personnes dont l’identité est inconnue s’est répandu d’une façon importante dans les secteurs hors du contrôle du gouvernement syrien et cela, depuis l’entrée en Syrie d’hommes en armes qui portent de faux noms comme « Abou Qatâda » (**) ou d’autres et qui cachent leur patronyme, comme le font d’ailleurs les combattants syriens dans les rangs des organisations « djihadistes », ce qui fait grimper le nombre de personnes à l’identité inconnue et par conséquent le nombre de ce type de mariages « illégaux » qui engendrent des enfants de filiation inconnue.

Le problème posé par ces enfants à la filiation inconnue a accaparé l’opinion publique syrienne et arabe après la reconquête de la ville d’Alep par l’armée syrienne début 2017. Sont apparus des dizaines de cas d’enfants nés suite à ce genre de mariage, ce qui a poussé [le gouvernement] à lancer un projet de loi spécifique à ces enfants de filiation inconnue, projet qui sera soumis au Conseil du peuple [parlement].

La campagne « Qui est ton mari ? » lancée par les activistes a commencé à agir aussi sur le terrain par la distribution de tracts et le placardage, sur les murs, d’affiches mettant en garde contre ce genre de mariage.

Les responsables de cette campagne ont analysé les déclarations relatives à ce phénomène et à ses causes. Ils ont révélé que « les causes principales qui ont encouragé la propagation du mariage de Syriennes avec des migrants sont l’ignorance, qui est la cause première et fondamentale, associée à des circonstances sociales, comme l’influence par la pensée extrémiste, ou économiques, ou associée à une personne faiblement consciente, et même à une influence médiatique à travers la promotion [des migrants djihadistes] et le maquillage de l’image de ces migrants par des moyens directs ou indirects ».

Traduit de l’arabe

par Bernard Dick

(*) Dans la société arabo-musulmane, même dans les pays arabes dont la laïcité est de façade, la filiation se fait par le père. L’absence de père ne permet pas l’enregistrement de l’enfant par les services de l’état civil. Cette question s’était déjà posée lorsque les riches Arabes du Golfe « épousaient », moyennant finances, de jeunes Syriennes, pour une courte durée et avec la complicité de religieux véreux. La disparition de ces « maris » temporaires laissaient les enfants nés de ces « épousailles » sans filiation au regard de la loi. 

(**) Dans les pays arabo-islamiques, l’ainé, de sexe masculin (bien sûr), porte le prénom du grand-père paternel. Or, anticipant sur cette tradition, tout jeune garçon, même non marié, reçoit l’attribut d’« abou (père) » d’un futur garçon qui portera le prénom du grand-père. Ici « abou Qatâda » est le père ou le futur père de « Qatâda ». D’ou les noms de guerre du style : « abou Omar al-Farançi », « abou Hassan al-Inglisi » etc … car tout djihadiste doit recevoir un prénom à la connotation islamique tiré de l’histoire des conquêtes glorieuses de l’islam.

 19/01/2018 : nombre d’attaques terroristes islamiques mortelles :

Print Friendly, PDF & Email
Share
Notifiez de
crap2sp

ouf..heureusement le gros Herman,djihadistes germanique n’aura pas de descendants,sinon le Merkel,avait a affreter un airbus 380..ca me rassure,qq part.
les autres,males ou femelles,peuvent rester la bas,une brouette une pelle un rateau,cultivar ses tomates au soleil de l’islam,comme les zadistes quoi..!!

Mickdan

Info, Irak !! une djihadiste allemande d’origine marocaine vient d’êtres condamner a mort par pendaison,voila pourquoi ces cinglés veulent revenir en France,c’est pas pareil la bas les irakiens on la bonne solution !!

dufaitrez

Seriez-vous le Fils du Pape ? Horreur !
Ces « bons » djihadistes Français ont semé leur M.. et leur semence en Syrie !
Aucun « droit du sol » en France !
Ils devraient être orphelins de Père ! Si… ! Point !

Bernard Dick

Lisez ma réponse à Nemesis

Belenos

@ Bernard Dick Cessons de voir des problèmes où il n’y en a pas. Le problème n’est pas d’accueillir 1.828 enfants mais de nous débarrasser de 20 millions d’étrangers dans les meilleurs délais. La Remigration, vite !

Joël(1)

Mariées pour le meilleur ou pour le pire!!! Qu’elles se démerdent Dieu retrouvera les siens…. De toutes façons les pépites en question « maris » étaient arabes ou assimilés!!!

Nemesis

Je ne comprends pas Bernard Dick …
Un djihadiste français (homme ou femme) parti en Syrie ou ailleurs n’a rien à faire en France, pas plus que les femmes et les enfants qui y sont nés. Ce sont des traitres à notre pays qui a envoyé des soldats pour combattre l’EI. Ils ont appris à tuer, violer, égorger, martyriser et sont de ce fait des dangers pour les habitants de notre pays. Ils ne sont plus français qu’ils haïssent. Les djihadistes ainsi que les femmes et enfants nés là-bas relèvent de la justice des pays qui les ont fait prisonniers.

Bernard Dick

L’objet de cet article est de démontrer l’erreur que commet l’Etat français en s’abstenant de retirer la nationalité à tous ceux et celles qui sont partis en Syrie et en Irak faire le jihad. Ces jihadistes (hommes ou femmes) ont distribué leurs gamètes et essaimé partout. Or déclarer ces traitres qu’ils ne sont plus Français dégage la France de tout questionnement sur le nationalité des rejetons nés en Syrie ou en Irak. Ainsi, ni le droit du sol ni le droit du sang ne pourra être revendiqué par quiconque issu de ce genre de « mariage ». A l’Etat français d’agir …

Nemesis

Merci de m’avoir éclairée.

Belenos

@ Bernard Dick Le respect du droit ? Pourquoi faire ? C’est au droit de s’adapter au politique et non l’inverse. Il faut sortir la France des conventions droit-de-l’hommiste de l’ONU, UE et consort. A ce moment nous pourrons de nouveaux décapiter les criminels et expulser les délinquants.

Stratediplo

Attention, il ne faut pas prendre les anges du faux-prophète pour des canards sauvages. Al-Nosra a beau faire « du bon boulot », le seul registre d’état-civil légalement existant et reconnu par la France et par ses services consulaires est l’état-civil syrien. Quelle que soit la finalité des certificats de concubinage ou de mariage « d’agrément » temporaire gribouillés par Al-Nosra ou les autres branches supplétives de l’alliance anti-syrienne, ils n’ont aucune validité. La question ne se poserait pour l’administration française que si des intéressés faisaient d’abord reconnnaître et inscrire leurs frasques al-niqah par l’administration syrienne. Voir http://stratediplo.blogspot.com/2017/11/ces-moudjahidines-du-nikah-francaises.html.

Anonymous

Et le droit du sol ? Tout juste bon pour nos pays ? Que ces choses et leurs rejetons restent là bas !

gillic

On s’ en fout, qu’ elles restent là bas avec leurs bâtards !!!

wolfred

on est tellement con qu’ on va les prendre chez nous

didile

En quoi est-ce notre problème ?

Brouillon

Ces femmes musulmanes sont bien malheureuses, et n’ont pas la même responsabilité que les femmes françaises allées voguer volontairement dans cette galère. PR1 devrait en marier une et adopter ses enfants.

patphil

ils et elles sont partis, ont brulé leurs passeports! qu’ils y restent
quant aux rejetons, ils sont nés en syrie, donc syriens!
le consulat de France à Gaziantep (Turquie) leur donne des papiers, sur ordre de qui, croyez vous?

schmitt

quel bourbier !!!!!!!!!!!!!!!