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Chevènement prêt à trahir la laïcité pour mieux se soumettre à l’islam

On cherchait où placer Jean-Pierre Chevènement pour qu’il se fasse oublier.

De temps en temps, il réapparaissait sur les chaînes de télé pour, justement, qu’on ne l’oublie pas.

Alors, en haut lieu, on s’est dit : « Pourquoi ne pas le caser à la présidence de la Fondation de l’islam en France ? »

Cette structure, mort-née une première fois en 2005, et moribonde depuis sa renaissance, est donc confiée à l’ex-ministre de l’Intérieur. Cependant, et c’est l’avis des trois sénateurs chargés d’une mission sur l’organisation de l’islam, elle n’a pas joué le rôle qu’on attendait d’elle.

Il est vrai que l’on n’a pas entendu souvent son président depuis son intronisation mais voilà qu’il se rappelle à nous en affirmant que la FIF est présente malgré l’opposition souterraine des fédérations musulmanes et des mosquées.

Jean-Pierre Chevènement dresse un bilan positif, malgré l’objet laïc qui l’empêche de répondre aux défis de la lutte contre la radicalisation !

Dès l’instant qu’il le dit pourquoi ne pas le croire.

La FIF dispose d’une enveloppe de 900.000 euros sur 3 ans (2017 à 2019) pour financer des projets et, selon lui, elle aurait déjà mobilisé environ 70% de cette subvention. Pour réaliser quoi ou dans quel objectif ?

Toujours selon lui : « Combattre par la culture et par la connaissance l’idéologie salafiste primaire, frustre, brutale, qui nourrit la violence djihadiste et faire émerger un islam cultivé. »

Magnifique programme dont on attend toujours les résultats.

Soyez patients, nous dit Chevènement, nous soutenons la formation profane de futurs imams et aumôniers. Nous avons financé une centaine de bourses, sur les 450 demandes d’étudiants inscrits dans les 18 diplômes universitaires de fonction civile et civique qui existent désormais.

Nous avons signé une convention avec le CNRS, subventionnée à hauteur de plus de 200.000 euros, afin de soutenir la recherche en islamologie fondamentale, plus une cinquantaine de bourses octroyées à de futurs imams afin qu’ils améliorent leur pratique de la langue française.

(Puisque ces imams, venant de l’étranger, ne parlent pas (très bien) notre langue !).

Dans le but, mais vous l’aviez sans doute compris, « que les prêches du vendredi soient faits en français, même si la prière, c’est normal n’est-ce pas, doit être faite en arabe, la langue du Coran »

Sans doute serait-il nécessaire également que Jean-Pierre Chevènement apprenne l’arabe de façon à pouvoir contrôler ce qui se dira en arabe et qui ne se dira pas en français !

D’ailleurs cela soulève déjà des oppositions du côté des islamistes qui n’acceptent pas que l’on associe la langue arabe à la radicalisation. Ils estiment que cela est totalement faux et inadmissible (Un tweet de Mohamed Bajrafil, imam réformateur).

Et moi qui croyais, naïvement, que les « radicalisations » se fabriquaient en arabe auprès des musulmans !

Après tout ce préambule nous constatons, sans être le moins du monde étonné, que la FIF n’a pas encore réalisé grand-chose…mais elle a de nombreux projets :

*Développer un « campus numérique », composé de vidéos, afin de faire connaître l’histoire et la pensée islamiques, mais aussi la laïcité et les valeurs de la République.

*Promouvoir un contre-discours théologique face « au succès » de plusieurs prédicateurs salafistes (Tiens donc, il y aurait encore en France, malgré les interdictions et les fermetures de mosquées, des prédicateurs salafistes ? En dehors des prisons bien sûr ?)

Avant même que ces projets voient le jour (on peut toujours espérer), les oppositions sont déjà présentes :

Hakim El Karaoui, essayiste, consultant et pourtant partisan d’un « islam de France » s’interroge sur l’impact de vos projets et doute fortement de votre réussite ?

Abdallah Zekri, délégué général du CCFM n’hésite pas à déclarer « On ne peut pas laisser M. Chevènement s’occuper des problèmes religieux, ce n’est pas son rôle »

Et tous refusent le projet qui vous tient le plus à cœur, M. le président de la FIF : « Créer une faculté de théologie musulmane à l’université publique de Strasbourg, dans cette ville qui n’est pas soumise à la loi de 1905 sur la séparation des cultes et de l’Etat »

L’idée paraissait pourtant originale mais soyons un peu sérieux, M. l’ex-ministre de l’Intérieur, pouvez-vous garantir que cette faculté enseignera un islam de paix et d’amour et ne sera pas un nouveau foyer de radicalisation et de formation de futurs terroristes ? Comment contrôlerez-vous les imams qui professeront en langue arabe ?

Vous avez 78 ans, M. Chevènement, souvenez-vous le 5 juillet 1962, vous aviez 23 ans.

En février 2002 vous avez témoigné, sur le magazine « Le point » : « A l’époque sous-lieutenant en Algérie, j’ai vécu un drame affreux en mars 1962. Plusieurs de mes moghaznis (supplétifs musulmans) ainsi que le chef du village de Saint-Denis-du-Sig, ont été tués dans des conditions atroces par un commando du FLN. J’ai retrouvé Miloud, mon aide de camp, égorgé.

            J’ai appris que près de 20.000 personnes ont été torturées et égorgées dans le village Nègre (Quartier d’Otan).

            Par la suite vous avez rectifié à environ 3000 morts et 800 disparus.

Vous êtes mieux placé que quiconque, puisque vous y avez assisté personnellement, pour témoigner de la sauvagerie, de la barbarie, de la cruauté, de ces djihadistes musulmans, que vous espérez réformer aujourd’hui.

Je suis persuadé que vous-même n’y croyez pas !

Manuel Gomez




Marianne : le contestable panache de Chevènement et de Gaulle…

L’édition du 21 décembre 2017 (au 4 janvier 2018) du magazine MARIANNE émet une sorte de cocorico patriotique en hommage à des personnages décrétés illustres de l’Histoire de France qui se seraient distingués du fait de leur « panache ».

Si je souscris à bon nombre de choix opérés, tels ceux du général DUMAS, du gouverneur général Félix EBOUE, voire celui de l’humoriste Pierre DESPROGES, j’espère que l’on me permettra d’être plus réservé en ce qui concerne, entre autres, ceux de Léo FERRE, anarchiste d’opérette, de François BAYROU et Jean-Luc MELENCHON, plus doués pour des effets de tribune que lors d’exercice du pouvoir.

Je me déclare également très mal à l’aise lorsqu’est incluse (je cite) dans « La grande histoire du PANACHE français », la démarche des promotrices de l’avortement, intronisées, je cite, 343 salopes héroïnes.

Là où je suis carrément révolté, c’est bien lorsque figurent, dans un bien curieux palmarès, Jean-Pierre CHEVENEMENT, ancien officier S.A.S. durant la guerre d’Algérie et Charles DE GAULLE, premier président de la Cinquième République.
Il m’apparaît indécent d’évoquer le « panache » de ces deux personnes au regard de la tragédie « harkie » dans laquelle ils sont tous les deux impliqués même si, bien sûr, ce n’est pas au même niveau de responsabilité.

Commençons par Jean-Pierre CHEVENEMENT, ancien officier S.A.S. durant la guerre d’Algérie.

Lors de l’émission de Marie DRUCKER « droits d’inventaire » du mercredi 3 décembre 2008, à 22 h sur FR3, il a confirmé avoir été le témoin du massacre de ses propres moghaznis, près d‘Oran, le soir de la prétendue paix d’Evian. Pourquoi Jean-Pierre CHEVENEMENT n’a-t-il pas porté secours à ses moghaznis désarmés et abandonnés ? Pourquoi n’a-t-il pas alerté la presse et l’opinion publique des crimes dont il a été le témoin direct ? Pourquoi n’a-t-il pas ouvert les archives sur ce crime d’Etat ? Au nom de quels principes, au nom de quelle morale a-t-il préféré se taire durant plus de vingt ans, jusqu’à son premier témoignage lors de l’émission de François GASPARD « 500 000 harkis à la recherche de leur histoire » en 1989 ?

Difficile de dire « Quel homme ! » et encore moins « Quel panache ! ».

Et c’est cet homme (devenu un sorte de spécialiste de ce qui concerne les musulmans) qui préside aux destinées de l’association France-Algérie et qui est censé œuvrer à l’émergence d‘un islam que d’aucuns « baptisent » français !

Nous voilà plutôt mal barrés !

Quant aux responsabilités écrasantes du maître d’œuvre incontestable de la politique algérienne de la Cinquième dans l’extermination des harkis par dizaines de milliers – familles comprises – (le chiffre de cent mille est avancé par l’historien chevronné Marc FERRO) qui oserait le nier ?

A cause de Charles DE GAULLE qui a précipité la conclusion d‘un « accord » on ne peut plus bâclé, les malheureux compagnons de lutte de Jean-Pierre CHEVENEMENT entre autres, ont été livrés à l’ennemi avec comme seule garantie une vague promesse de non représailles sans aucun effet réel !

Faut-il rappeler que[1] « Ce n’est qu’un mois après avoir été informé des premiers massacres de harkis que le gouvernement commence enfin à évoquer un plan de sauvetage ». Une directive du 11 avril 1962 met en place un processus qui permettra à quelques milliers de supplétifs pourchassés de trouver refuge en France.

Des filières clandestines s’organisent vers la France. Chose stupéfiante, le gouvernement va partir en guerre, non contre les assassins des harkis, mais contre l’armée française, ses officiers indisciplinés qui osent sauver des harkis au mépris du règlement.

Outre les sinistres Louis JOXE, ministre des Affaires algériennes, et Pierre MESSMER, un certain Georges BUIS, à l’époque chef du cabinet militaire du haut commissaire Christian FOUCHET, s’active pour limiter, voire empêcher la venue en France métropolitaine des familles de harkis, pourtant françaises.

Le 12 mai 1962, soit quatre jours avant les télégrammes de JOXE et MESSMER, il, ordonna à l’inspecteur général des SAS de faire en sorte que ses officiers « s’abstiennent de toute initiative isolée destinée à provoquer l’installation des Français musulmans en métropole ».

Lorsque cette vérité historique est périodiquement rappelée très souvent par des cercles restreints de convaincus, elle est rapidement circonscrite.

Et lorsqu’un auteur comme Georges-Marc BENHAMOU parvient à briser la loi du silence au nom d’un politiquement correct qui ne dit pas son nom, il est vivement rabroué, en particulier par le magazine MARIANNE qui a tout fait pour assassiner « un massacre français ».

Jean-Michel WEISSGERBER

[1] J’emprunte en partie les lignes qui suivent à l’écriture de Georges-Marc BENHAMOU qui ne m’en voudra pas !




Droit de vote des étrangers : l'incompréhensible abstention de Chevènement

Chevènement a annoncé qu’il ne prendrait pas part au vote du 8 décembre sur le droit de vote des étrangers.
Il paraît à tout le moins étonnant qu’un sénateur, républicain, ne saisisse pas au passage l’occasion de peser sur un vote aux conséquences énormes et préfère, tel Ponce Pilate, sinon s’en laver les mains, du moins se mettre aux abonnés absents.
En effet, en bon républicain, le Candidat à l’Elysée pour le Mouvement Républicain et Citoyen  explique que la solution, pour favoriser l’intégration des étrangers, n’est pas de leur donner un droit de vote sans contrepartie mais de favoriser la naturalisation. Qui dit naturalisation implique en effet, selon la loi en cours, maîtrise du français, connaissance de notre culture, de notre histoire, de nos lois, de nos droits et devoirs  etc.   Bref tous ces éléments qui devraient, en toute logique, parler d’assimilation, si le mot ne devenait pas un gros mot pour une bonne partie de nos politiques et de la bien pensance.
Jean-Pierre Chevènement a des réflexes de bon sens, qui devraient le conduire à voter « non », tout simplement, à la proposition de ce qu’il appelle lui-même un « saucissonnage de la citoyenneté ». Or, il va s’abstenir…
On l’a connu plus courageux, le Che.
Nostalgie, nostalgie, quand tu nous tiens…
Où est le courageux ministre de la Recherche et de la Technologie qui démissionne en 1983 pour marquer son opposition à la parenthèse libérale en prononçant cette phrase historique « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l’ouvrir, ça démissionne » ?
Où est le courageux ministre de la Défense qui a démissionné en 1991 pour protester pour l’indigne guerre en Irak ?
Où est le courageux ministre de l’Intérieur qui a démissionné en 2000 contre les « accords de Matignon » ?
Nous le cherchons, désespérément. Nous le regrettons, désespérément.
Nous avons peur de trouver les raisons de cette lâcheté, nouvelle, pour ce  républicain authentique.
Craint-il les critiques de ses alliés de gauche au Sénat, craint-il de se sentir mis au ban de l’auguste Assemblée avec sa majorité de gauche ?
Espère-t-il négocier avec Hollande un ou deux postes de députés en échange de son ralliement ?
Accepterait-il de servir de caution républicaine à une gauche pourrie qui ne cesse de cracher sur lui, ses principes et la France, depuis près de trente ans ?
Il est difficile d’imaginer d’autres raisons à son absence de courage. Si celles que nous avons évoquées étaient les bonnes, alors on devrait parler de lâcheté et de reniement de soi…
Triste fin de carrière pour le Sénateur du Territoire de Belfort…
Christine Tasin
Résistance républicaine




Non, M. Chevènement, vous n'avez pas le monopole de la République !

Jean-Pierre Chevènement vient de faire une tribune sur Marianne 2 intitulée « Contre Marine le Pen, la République, la vraie !  » qui laisse pantois. Il ne s’agit pas ici de faire le panégyrique d’une Marine le Pen dont on ignore encore ce qu’elle fera du FN (et que l’on peut critiquer par ailleurs) mais de demander à l’ancien ministre de l’Intérieur d’être objectif.
Il a eu le courage de démissionner quand il n’était pas d’accord, pourquoi n’aurait-il pas celui de reconnaître que sur certains points Marine le Pen est bien plus républicaine que tous les autres candidats et qu’il n’y a personne, absolument personne, actuellement, dans l’arc qu’il indique, allant de Mélenchon à Villepin pour relever le gant républicain ? Même pas lui, hélas, triplement hélas ! Et par refus de s’attaquer aux vrais problèmes.
On ne dira pourtant jamais assez à quel point Le Che a porté nos aspirations, nos espoirs, en 2002, et à quel point sa défaite du premier tour nous a désespérés, dans la conscience de repartir, condamnés, avec le tandem UMPS qui sévissait -et a sévi depuis- avec tant de conséquences néfastes pour la France…  Certes la culture, la lucidité et la capacité d’analyse de l’ancien ministre de l’Intérieur sont énormes, mais il est de plus en plus porteur d’oeillères.
D’abord, relevons cette remarque anecdotique : il prétend ne pas connaître les chevènementistes qui graviteraient autour de Marine le Pen et être même prêt à les désavouer… Jean-Pierre Chevènement peut-il empêcher des gens qui ont apprécié ses idées et voté pour lui d’être passés au Front ? Connaît-il tous ceux qui ont voté pour lui ? Connaît-il même tous les anciens adhérents du MRC ?  
Ensuite, au nom de quoi parle-t-il d’extrême-droite pour Marine le Pen ? Qu’est-ce qui, dans ses discours, ses interviews, ou son programme relèverait de l’extrême-droite ? On aurait aimé qu’il ne se contente pas d’affirmation mais qu’il le démontre, pour apporter de l’eau à son moulin. Je n’ai pas tout lu, pas tout entendu, je ne suis pas d’accord avec ses positions sur le mariage homosexuel, le déremboursement de l’IVG et l’idée du referendum sur la peine de mort  mais je n’ai nulle part lu ou entendu qu’elle voudrait interdire la démocratie, remettre en oeuvre la censure, reconnaître à quelques élus aidés par la religion le pouvoir de tout régir, prôner la haine de l’autre etc.
Mais, surtout, ce qui m’a fait bondir, c’est ce passage : « elle est incapable de mettre en œuvre une politique de réindustrialisation et d’intégration des immigrés parce que l’idée même du citoyen lui reste étrangère. Quoi qu’il fasse, le Front national restera le parti de l’ethnicité et ne deviendra jamais celui de la citoyenneté. Il suffit de voir Marine Le Pen brandir la menace d’un « nouveau califat » sur le pays : elle nous ramène aux croisades, alors qu’il s’agit seulement de faire appliquer la loi républicaine, la même pour tous. » 
Une fois de plus, dès qu’il est question d’islam, Jean-Pierre Chevènement perd sa lucidité et son objectivité : il est malhonnête d’affirmer que MLP est étrangère à l’idée de citoyenneté parce qu’elle est la seule responsable à pointer du doigt les dangers de l’immigration et des menaces que fait peser, justement, l’islam, sur la République et ses lois.  Ce ne sont pas des vues de l’esprit et il n’est pas besoin de manoeuvres électorales pour constater ce que tous les Français voient tous les jours et ce que des spécialistes de l’immigration comme Michèle Tribalat ou Jean-Paul Gourevitch  ont démontré avec maestria dans leurs livres.
Ensuite, prétendre que si le Front National remportait en 2014, à défaut des présidentielles de 2012, les élections locales,   » il s’approcherait alors du pouvoir de l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée ! » est quelque peu culotté, car il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte que la France est, actuellement, déjà, défigurée,  et que rien, je crois, ne pourrait être pire que de retrouver aux manettes ceux qui l’ont abîmée, délibérément et consciencieusement depuis 30 ans ; or c’est ce que nous propose le Che avec son appel à un improbable candidat qui serait présent dans les partis qui vont de Mélenchon à Villepin, de ceux  qui fleurent la trahison, qui fleurent les compromissions avec l’islam, qui fleurent la régularisation des sans-papiers et l’appel à toujours plus d’immigration, de ceux qui ne valent pas mieux que les Strauss-Kahn/Aubry-Sarkozy/Fillon… Jean-Pierre Chevènement sait aussi bien que nous qu’il n’y a personne, pour le moment, dans cet espace, même un Dupont-Aignan a montré, comme Jean-PIerre Chevènement,  son incapacité à être courageux en ayant un discours fort sur l’islamisation de nos pays, qui sera un thème majeur de la campagne de 2012. Ces deux républicains authentiques ont laissé passer leur chance, et ils voudraient crier au feu avant même de savoir ce que le FN deviendra sous la houlette de Marine le Pen. Ni nous ni eux ne pouvons le deviner ni le savoir, mais le minimum serait de ne pas faire de procès d’intention et de prendre à bras le corps les vrais problèmes  pour secouer les rares républicains qui existent encore, peut-être, à gauche et à droite… 
Christine Tasin
http://christinetasin.over-blog.fr/article-non-monsieur-chevenement-vous-n-avez-pas-le-monopole-de-la-republique-70279587.html




Non, M. Chevènement, vous n’avez pas le monopole de la République !

Jean-Pierre Chevènement vient de faire une tribune sur Marianne 2 intitulée « Contre Marine le Pen, la République, la vraie !  » qui laisse pantois. Il ne s’agit pas ici de faire le panégyrique d’une Marine le Pen dont on ignore encore ce qu’elle fera du FN (et que l’on peut critiquer par ailleurs) mais de demander à l’ancien ministre de l’Intérieur d’être objectif.

Il a eu le courage de démissionner quand il n’était pas d’accord, pourquoi n’aurait-il pas celui de reconnaître que sur certains points Marine le Pen est bien plus républicaine que tous les autres candidats et qu’il n’y a personne, absolument personne, actuellement, dans l’arc qu’il indique, allant de Mélenchon à Villepin pour relever le gant républicain ? Même pas lui, hélas, triplement hélas ! Et par refus de s’attaquer aux vrais problèmes.

On ne dira pourtant jamais assez à quel point Le Che a porté nos aspirations, nos espoirs, en 2002, et à quel point sa défaite du premier tour nous a désespérés, dans la conscience de repartir, condamnés, avec le tandem UMPS qui sévissait -et a sévi depuis- avec tant de conséquences néfastes pour la France…  Certes la culture, la lucidité et la capacité d’analyse de l’ancien ministre de l’Intérieur sont énormes, mais il est de plus en plus porteur d’oeillères.

D’abord, relevons cette remarque anecdotique : il prétend ne pas connaître les chevènementistes qui graviteraient autour de Marine le Pen et être même prêt à les désavouer… Jean-Pierre Chevènement peut-il empêcher des gens qui ont apprécié ses idées et voté pour lui d’être passés au Front ? Connaît-il tous ceux qui ont voté pour lui ? Connaît-il même tous les anciens adhérents du MRC ?  

Ensuite, au nom de quoi parle-t-il d’extrême-droite pour Marine le Pen ? Qu’est-ce qui, dans ses discours, ses interviews, ou son programme relèverait de l’extrême-droite ? On aurait aimé qu’il ne se contente pas d’affirmation mais qu’il le démontre, pour apporter de l’eau à son moulin. Je n’ai pas tout lu, pas tout entendu, je ne suis pas d’accord avec ses positions sur le mariage homosexuel, le déremboursement de l’IVG et l’idée du referendum sur la peine de mort  mais je n’ai nulle part lu ou entendu qu’elle voudrait interdire la démocratie, remettre en oeuvre la censure, reconnaître à quelques élus aidés par la religion le pouvoir de tout régir, prôner la haine de l’autre etc.

Mais, surtout, ce qui m’a fait bondir, c’est ce passage : « elle est incapable de mettre en œuvre une politique de réindustrialisation et d’intégration des immigrés parce que l’idée même du citoyen lui reste étrangère. Quoi qu’il fasse, le Front national restera le parti de l’ethnicité et ne deviendra jamais celui de la citoyenneté. Il suffit de voir Marine Le Pen brandir la menace d’un « nouveau califat » sur le pays : elle nous ramène aux croisades, alors qu’il s’agit seulement de faire appliquer la loi républicaine, la même pour tous. » 

Une fois de plus, dès qu’il est question d’islam, Jean-Pierre Chevènement perd sa lucidité et son objectivité : il est malhonnête d’affirmer que MLP est étrangère à l’idée de citoyenneté parce qu’elle est la seule responsable à pointer du doigt les dangers de l’immigration et des menaces que fait peser, justement, l’islam, sur la République et ses lois.  Ce ne sont pas des vues de l’esprit et il n’est pas besoin de manoeuvres électorales pour constater ce que tous les Français voient tous les jours et ce que des spécialistes de l’immigration comme Michèle Tribalat ou Jean-Paul Gourevitch  ont démontré avec maestria dans leurs livres.

Ensuite, prétendre que si le Front National remportait en 2014, à défaut des présidentielles de 2012, les élections locales,   » il s’approcherait alors du pouvoir de l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée ! » est quelque peu culotté, car il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte que la France est, actuellement, déjà, défigurée,  et que rien, je crois, ne pourrait être pire que de retrouver aux manettes ceux qui l’ont abîmée, délibérément et consciencieusement depuis 30 ans ; or c’est ce que nous propose le Che avec son appel à un improbable candidat qui serait présent dans les partis qui vont de Mélenchon à Villepin, de ceux  qui fleurent la trahison, qui fleurent les compromissions avec l’islam, qui fleurent la régularisation des sans-papiers et l’appel à toujours plus d’immigration, de ceux qui ne valent pas mieux que les Strauss-Kahn/Aubry-Sarkozy/Fillon… Jean-Pierre Chevènement sait aussi bien que nous qu’il n’y a personne, pour le moment, dans cet espace, même un Dupont-Aignan a montré, comme Jean-PIerre Chevènement,  son incapacité à être courageux en ayant un discours fort sur l’islamisation de nos pays, qui sera un thème majeur de la campagne de 2012. Ces deux républicains authentiques ont laissé passer leur chance, et ils voudraient crier au feu avant même de savoir ce que le FN deviendra sous la houlette de Marine le Pen. Ni nous ni eux ne pouvons le deviner ni le savoir, mais le minimum serait de ne pas faire de procès d’intention et de prendre à bras le corps les vrais problèmes  pour secouer les rares républicains qui existent encore, peut-être, à gauche et à droite… 

Christine Tasin

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