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Un ex-légionnaire français prend le pouvoir en Guinée Conakry

Une sorte de « Bigeard africain », baroudeur et héros dans la légion étrangère française en Afghanistan, le Colonel Mamady Doumbouya est le chef de la junte militaire de la République de Guinée. Il a viré du palais présidentiel tous les politiques corrompus. Bien des militaires français devraient suivre son exemple !
Eclairage. Le général Christian Piquemal, ancien patron des troupes de légion, peut être fier. Les types passés par le moule de la légion étrangère française ne restent pas « simple troufion » lorsqu’ils rentrent dans leur pays. Le Colonel Mamady Doumbouya (1), chef de la junte militaire de la République de Guinée, de facto chef d’État de Guinée depuis le 5 septembre 2021, constitue le meilleur exemple de ce creuset d’élite que constitue la légion étrangère française.
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Titulaire d’un Master 2 (bac + 5) défense et dynamiques industrielles obtenu à l’Université panthéon Assas Paris ll, expert de la défense en management, commandement et stratégie, le Colonel Mamady Doumbouya était, voici quelques années, instructeur commando à la légion étrangère en France. Il a aussi effectué un séjour en Afghanistan avec ses hommes.
QUI EST LE COLONEL MAMADY DOUMBOUYA ?
En quelques heures, le Colonel Mamady Doumbouya, spécialiste de l’antiterrorisme, est devenu le nouvel « Homme Fort » de la #Guinée Conakry.
Il est de facto chef d’État de Guinée depuis le 5 septembre 2021. Dimanche, à la radio nationale, il a justifié le coup d’état en ces termes : « la situation socio-politique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens m’obligent à il proclamer la mise en place d’un Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) et j’invite les militaires à rester dans les casernes. ».
Pur produit des universités françaises et de la légion étrangère où il était Instructeur commando, le Colonel Mamady Doumbouya (promu à ce grade en 2020) est logiquement devenu commandant du Groupement des Forces Spéciales (GFS) de l’armée de la Guinée, après son retour au pays. Il avait les compétences professionnelles pour ce poste.
Tout le monde parle de lui depuis dimanche matin le 5 septembre 2021, jour où il a pris la tête du coup d’état contre le régime du Président Alpha Condé, 83 ans.
Révélé au peuple guinéen depuis le défilé remarqué et remarquable de ses hommes au stade du 28 septembre lors de la célébration de la fête d’indépendance de 2018, le Colonel Mamady Doumbouya, patron du Groupement des Forces spéciales de l’armée guinéenne, a la réputation d’un officier intègre dans un pays où beaucoup de politiques sont corrompus.
C’est un officier breveté de l’Ecole de guerre de Paris, possédant plus de dix-huit années d’expérience militaire, notamment lors de missions opérationnelles (Afghanistan, Côte-d’Ivoire, Djibouti, République Centrafricaine) et de protection rapprochée (Israël, Chypre, Royaume-Uni, Guinée).
Le Lieutenant-Colonel Mamady Doumbouya a brillamment accompli la formation de spécialiste en protection opérationnelle à l’Académie de Sécurité Internationale (Israël), le cours de formation des commandants d’unité à l’Ecole d’application de l’infanterie (E.A.I. – Sénégal), la formation d’officier d’Etat-major (E.E.M.L. – Libreville) et l’Ecole de guerre de Paris.
Les généraux guinéens disent de lui : « Capable d’identifier et de désamorcer des situations à risque en restant calme face à un environnement hostile et une pression extrême »… « il s’adapte et improvise face à toute situation qui demande une maîtrise de soi, une évaluation du risque et une prise de décision rapide ». Fin mai 2021, des rumeurs persistantes faisaient état de son interpellation par ses supérieurs. Rumeurs vite démenties. Car, déjà à l’époque, ce « Bigeard Africain » dérangeait le pouvoir en place par son intégrité, ses admonestations à l’égard des politiques corrompus.
Le Colonel Mamady Doumbouya a réussi a arrêter les politiques et le président sans tirer un coup de feu. Sa formation à l’Université panthéon Assas Paris ll, au sein de la légion étrangère française et à l’école de guerre de Paris laisse présager de bons rapports avec la France.
Francis GRUZELLE
Journaliste et écrivain
Carte de Presse 55411

(1) Né le 4 mars 1980, Mamady Doumbouya est originaire de la région de Kankan. Stagiaire guinéen de l’école de guerre en France, il est titulaire d’un brevet français d’études supérieures militaires. Il est diplômé de Saumur dans le cadre de la coopération entre la France et les États africains partenaires pour la formation de gradés.

Il suit des formations et participe à des missions et opérations à l’École de guerre en France, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, à Djibouti, en République centrafricaine, en Israël, à Chypre et au Royaume-Uni.

Légionnaire de l’armée française, il est rappelé en 2012 en Guinée pour finalement commander à partir de 2018 le Groupement des forces spéciales (GPS ou GFS), une unité d’élite de l’armée spécialisée dans l’antiterrorisme. Il défile en tête de cette unité lors de la fête nationale des 60 ans de l’indépendance de Guinée .

En 2019, il est promu lieutenant-colonel, puis nommé colonel en 2020.

Au cours de l’année 2021, il tente de rendre le Groupement des forces spéciales moins dépendant du ministère de la Défense nationale, ce qui suscite la méfiance du pouvoir guinéen. En mai, des rumeurs font même état de son arrestation.




Tribune des généraux : l’assaut du para Richard Kalka contre Lecointre

Richard Kalka, l’officier aumônier des parachutistes le plus gradé, fustige le comportement du général Lecointre en ces termes “Tu devras un jour en répondre devant Dieu”

“Tu devras un jour en répondre devant Dieu” écrit Richard Kalka, l’officier aumônier des parachutistes le plus capé, au général Lecointre. C’est la première fois que cet aumônier des parachutistes de 1985 à 2015, figure emblématique des troupes aéroportées, sort de sa réserve pour admonester le chef d’état-major des armées.

Depuis la publication de la « tribune des généraux », cosignée par des milliers d’officiers, la hiérarchie catholique est restée sur sa réserve et a même fait preuve d’un silence qui interrogeait. La situation vient de changer ce 8 mai 2021 puisque le plus emblématique représentant de l’Église au sein des armées sort du silence et signe une tribune ouverte dans l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles ». Et quelle tribune ! Puisque l’officier aumônier « dézingue » le général Lecointre, chef d’état-major des armées.

Du côté d’Emmanuel Macron ou de Florence Parly, personne ne s’attendait à ce « baptême du feu » du plus prestigieux aumônier de l’armée française. Commandeur de l’ordre national du Mérite, le père Richard Kalka, aumônier du 1er régiment de chasseurs parachutistes, est polonais d’origine. Il a été marqué dans son adolescence par le joug soviétique. À l’âge de 16 ans, saisi par la foi, il trouvera son chemin. Après son bac, ce sera le séminaire et l’ordination en 1975. En 1978, il arrive en France pour continuer ses études. Ne parlant que quelques mots de français, Richard Kalka travaille la langue de Molière pour, par la suite, intégrer la Sorbonne et ressortir quelques années plus tard avec un doctorat en philosophie.

Il devient aumônier militaire en 1985 et est amené à accompagner et soutenir par sa présence pendant près de trente ans les soldats, plus particulièrement les parachutistes et les légionnaires, aux quatre coins du monde : au Tchad, au Cambodge, dans le Golfe, au Rwanda, à Sarajevo, au Kosovo, en République centrafricaine, au Burundi, au Gabon ou encore en Afghanistan.

Son engagement lui a valu d’être titulaire de nombreuses décorations parmi lesquelles le grade de chevalier de la Légion d’honneur, la Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec une citation, la Croix de la valeur militaire avec une citation. Ce père hors normes qui aime dire « je ne crois pas en Dieu, je vis avec » a également publié deux livres : « Dieu désarmé, journal d’un curé de campagne » et « Père Jego, un prêtre, un para, une légende ».

http://laplumeetlepee.hautetfort.com/archive/2013/03/26/dieu-desarme-pere-richard-kalka-aumonier-militaire-ed-littl.html

Voici l’intégralité du message adressé par Richard Kalka au général Lecointre :

« Au chef d’état-major des armées,

Mon Général, nous nous sommes croisés la dernière fois en juin 2019, au colloque consacré au 25ème anniversaire de l’opération Turquoise. Je ne suis pas très connu dans l’armée française, mais l’armée de terre me connaît, surtout les parachutistes. La plupart des soldats savent qui je suis : celui qui, depuis 1985, les a accompagnés sur tous les théâtres d’opération. Je dis bien « tous », jusqu’à l’Afghanistan, la dernière mission de mon parcours. J’ai toujours répondu « présent » pour être en tant que prêtre, ami et frère d’armes dans n’importe quelles conditions à côté de ceux qui avaient besoin de moi. Dans « la boue, la sueur et la bagarre », comme ils disaient. Et ils étaient nombreux, très nombreux. Il suffit de leur poser la question ; encore faut-il pouvoir le faire, car pour les questionner il faut être près d’eux, à leur côté. Ce qui n’est plus ton cas depuis fort longtemps, même si tu peux t’encenser d’un fait d’armes à Sarajevo, grâce au courage des soldats-marsouins de ta section.

Comme tu sais, mais tu préfères l’ignorer, nous étions deux ou trois fois sur les mêmes théâtres d’opération. Aujourd’hui, nous sommes aussi ensemble au combat, mais ce combat est d’une autre nature. Tout chef, lorsqu’il doit prendre des décisions importantes, est seul. J’ai connu, à plusieurs reprises, cette solitude des chefs. Dans certains cas, ils m’ont demandé de prier pour eux. Comme aujourd’hui, je prie pour toi. Mais il y a deux catégories de chef et deux sortes de solitude. Le premier est pendu au câble du téléphone et attend les directives venant d’en haut. Quelles que soient ces directives, il les accepte sans broncher, car il ne pense qu’à son avancement. Le second se met devant Dieu et sa conscience, et décide. Oui, je sais, ce n’est pas évident de prendre ce genre de décision, c’est même très dur d’assumer ainsi cette volonté qui pourrait être, et en général, elle est celle du Ciel. Elle vient toujours du Ciel, d’ailleurs, dès qu’il est question de vérité, de courage et d’honneur.

En voulant aujourd’hui punir et sanctionner les soldats – je les appelle « soldats », quel que soit leur grade parce qu’ils ont eu le courage d’aller au feu – tu revêts l’uniforme du premier, celui qui ne pense qu’à lui et son avancement. Es-tu fier ? Quel avancement, puisque tu es au sommet de la carrière militaire ! Je te plains sincèrement. Tu devras un jour en répondre devant Dieu, si tu es croyant. En attendant, tu pourras t’enorgueillir d’avoir cassé tes anciens qui n’avaient pour bouclier, face au pouvoir politique indigne, que leur honneur mué en un cri d’alarme. Et surtout tu pourras te complimenter d’avoir puni sous les feux de la rampe des soldats plus jeunes parce qu’ils avaient osé s’associer à ce cri de désespoir, à la vérité qu’il traduit. Tu pourras te vanter d’avoir en même temps jeté l’opprobre sur les Anciens et sanctionné des Jeunes, à cause de leur courage. ».

Tout est dit dans cette lettre ouverte, écrite au nom de Dieu, et qui fait entrer l’Église catholique dans le débat, malgré la frilosité et le silence coupable des évêques.

Francis GRUZELLE
Carte de Presse 55411




Anniversaire : 23 mai 1957, la première grande victoire de Bigeard en Algérie

 

 

Le général Marcel Bigeard avait tiré tous les enseignements de la guerre d’Algérie, et dès les années 2000, il affichait une position extrêmement claire et ferme sur le voile islamique. Le général était un visionnaire !

Toujours à la tête de ses hommes et de son régiment, le général Marcel Bigeard avait été sérieusement blessé en Algérie. Lui était prêt à donner sa vie pour la France

Dès 1958, le général Marcel Bigeard avait écrit différents livres, dont un décrivant les tactiques anti-guérilla à employer sur le terrain. Le général américain Mac Kristal, qui avait obtenu de relatifs succès en Afghanistan, avait indiqué à la presse s’être inspiré des livres de Marcel Bigeard pour apporter une riposte (laïque ?) à la guérilla islamiste en Afghanistan.

Le 23 mai 1957, en Algérie, le 3e RCP (régiment colonial de parachutistes), commandé par le lieutenant-colonel Marcel Bigeard, un officier supérieur sorti du rang, affronte du 23 au 26 mai dans le massif d’Agounnenda, les 600 rebelles FLN du commandant Azeddine renforcé par le commando d’Ali Khodja. Les combats sont très durs entre les « Bigeard’s boys » et les Djounouds qui veulent à tout prix rompre leur encerclement. L’affrontement entre ces deux troupes d’élite supérieurement entraînées et équipées est acharné. Lorsqu’il cesse, les nôtres trouvent les cadavres de 95 fellaghas et récupèrent 45 armes.

C’est le début d’une légende, la « légende Bigeard » immortalisée sur le terrain, mais aussi dans la Revue de la Défense nationale, pour le centenaire de la naissance de Marcel Bigeard à Toul :

http://www.fnapara.fr/wp-content/uploads/2016/07/La-legende-Bigeard-une-rage-de-vaincre-rare-aujourdhui.pdf

« Pendant 25 ans, le « para » Marcel Bigeard, officier supérieur sorti du rang, né il y a un siècle à Toul, dans l’Est de la France, et son célèbre bataillon ont été le joker des chefs militaires français. » souligne la Revue de la Défense nationale. « Comme Achille dans l’Antiquité grecque fit tomber Hector devant les murailles imprenables de Troie, dès qu’une bataille semblait perdue ou qu’une ville sombrait sous le terrorisme, le bataillon Bigeard et ses 900 paras étaient largués dans l’urgence. Le succès était au rendez-vous : la victoire changeait de camp en quelques heures.

« En Indochine, puis en Algérie, le gamin de Toul, que les guerres du XXe siècle ont conduit à être l’officier le plus décoré de France, est devenu plus célèbre que ses chefs, les Castries, Navarre, Gilles, Massu ou Salan. Il avait tout fait pour cela : guerrier d’exception en Indochine et en Algérie, immortalisé avec sa célèbre pipe, se révélant un audacieux stratège, il devint rapidement le théoricien de la contre-guérilla. Il fut le premier à utiliser l’hélicoptère pour déposer ses « p’tits gars » au plus près de l’objectif. »

Avec Marcel Bigeard, alias « Bruno », Roger Trinquier, Antoine Argoud, Château-Jobert dit « Conan », Hélie Denoix de Saint-Marc, Pierre Sergent,et leurs parachutistes, la rébellion algérienne fut totalement éradiquée sur l’ensemble du territoire de l’Algérie. Une victoire militaire totale sur le terrain. Malheureusement, on connaît la suite, l’abandon politique, l’abandon des harkis, des populations qui étaient fidèles à la France et qui furent massacrées.

Francis GRUZELLE
Carte de Presse 55411