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Soutien à Macron : restituons à l’Afrique toutes ses richesses conservées en France

Restitution du patrimoine africain

On ne peut que se réjouir de l’acte héroïque accompli par le président Macron qui a restitué au Bénin des œuvres d’art conservées en France depuis 130 ans.

C’est un acte qui répond aux aspirations du peuple français et qui ne peut qu’être salué par les forces patriotiques françaises qui ne cessent de réclamer, depuis très longtemps, la restitution aux pays africains de toutes leurs richesses retenues en France.

« C’est un moment symbolique, émouvant et historique, qui était tant attendu et inespéré », s’est félicité le président Macron lors de la cérémonie de restitution. Un moment attendu, espéré et réclamé surtout par les patriotes français dont certains ont même fait l’objet de poursuites judiciaires.

Macron qui s’était engagé en 2017, six mois après son investiture, à rendre possible dans un délai de cinq ans les « restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique », a démontré qu’il est un homme de parole. Un homme de parole qui veut aller loin dans ce processus de restitution.

« Le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens », soulignait-il dans son discours en novembre 2017 à Ouagadougou.

Effectivement, le patrimoine africain n’est pas constitué que des seules œuvres d’art. Certes les œuvres d’art peuvent avoir des valeurs, mais la seule valeur sûre et la richesse humaine. Et de telles richesses se sont accumulées et circulent librement en France en masse. Elles se retrouvent dans la rue, dans le métro, dans les écoles, à la CGT, dans les commissariats de police… Elles sont visibles dans les villes comme dans les villages. Dans les banlieues surtout.

La remise au Bénin de 26 œuvres d’art n’est qu’un début. « Nous démarrons quelque chose qui ne peut plus s’arrêter », a déclaré le ministre béninois de la Culture, Jean-Michel Abimbola.

On ose tous l’espérer.

L’Afrique est en droit exiger la restitution de ses richesses. Il faut rendre à l’Afrique ce qui lui appartient. L’Afrique aux Africains et les Africains à l’Afrique ! Tel est le slogan qui doit prévaloir en France et dans tous les pays qui jouissent des richesses africaines.

Beaucoup de pays ont déjà demandé la restitution de leurs richesses. Ce sont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Tchad, le Mali et Madagascar. Mais il y a aussi les richesses somaliennes, soudanaises, tunisiennes, marocaines, mais surtout les immenses richesses algériennes qu’il faudra bien se résoudre à restituer à leur pays d’origine qui en a grandement besoin pour son développement.

Sans oublier qu’il y a également les richesses du Moyen-Orient, dont les turques, les syriennes, les irakiennes et les DAESHiennes notamment, et celles d’Asie, comme les afghanes et les pakistanaises.

On a pillé l’Afrique pendant la colonisation et on a continué à la piller après l’indépendance, en laissant ses richesses se déverser en grandes quantités en France. Elles continuent à s’y déverser quotidiennement de façon illicite et illégale au su et au vu de tous, mais sans que personne ne réagisse. Souvent même avec l’encouragement de la classe politique et des médias.

On va même repêcher ces richesses en mer. Des bateaux flambant neuf ont été mis récemment à l’eau pour attirer ces richesses.

Mais, ces richesses mal acquises ne sont point tolérées par les Français. Elles ne profitent qu’à ceux qui ne pensent qu’à leur intérêt personnel au détriment de celui de la France. On constate d’ailleurs que plus les richesses africaines s’accumulent en France, plus ce pays se fait rabaisser et humilier.

La France doit se résoudre à se séparer de ces richesses et à vivre de ses propres ressources.

Les Français doivent apprendre ou réapprendre à ne compter que sur eux-mêmes et ne plus compter sur les richesses venues d’ailleurs.

Ce sera particulièrement douloureux pour nos enfants qui sont livrés à un matraquage systématique leur faisant croire que ces « richesses pour la France » sont éternelles.

La France ne connaîtra la quiétude et la tranquillité de l’esprit que lorsqu’elle se décidera à restituer à l’Afrique ses œuvres d’art et à lui renvoyer ses richesses humaines.

Elle ne sera riche et épanouie qu’en restituant à l’Afrique ses richesses.

Il faut non seulement restituer ces richesses, mais veiller à ce qu’elles ne quittent plus leurs pays d’origine, par un strict contrôle aux frontières.

Malgré toute sa bonne volonté, découlant de la nécessité d’une bonne campagne électorale, Macron n’aura certainement pas la possibilité de réaliser cette restitution des richesses africaines à leurs pays d’origine. Son mandat arrive à expiration et il est peu probable qu’il soit réélu.

Mais quelqu’un d’autre pourrait réaliser cet objectif avec une réussite garantie.

Éric Zemmour, par exemple.

Il suffit que le peuple français lui en confie la tâche.

Les 26 œuvres d’art restituées ont été accueillies avec une immense joie au Bénin. On ose imaginer la joie de ce pays et de toute l’Afrique lorsque ce seront des milliers de richesses qui leur seront retournées.

On ose aussi imaginer la joie, la délivrance et l’ivresse des Français.

Messin’Issa




La laïcité ne consiste pas à passer au kärcher tout un patrimoine immatériel populaire

Un certain Khalid Hamdani, ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, vient de faire paraître, dans Respect Mag, un article intitulé Islam, laïcité, un débat destructeur. Il y demande la suppression du débat sur la laïcité et, pour faire bon poids, il voudrait voir disparaître tout un pan de la culture populaire française qu’il estime, à tort ou à raison selon les sujets, avoir des liens plus ou moins étroits avec les « racines chrétiennes » de la France :
« En effet, comment un citoyen athée, ou ayant une confession autre que catholique, s’il habite dans un centre ville à proximité d’une cathédrale, peut-il continuer à accepter sans réagir que les cloches sonnent tous les dimanches sans que rien ne soit fait pour faire cesser cette intrusion sonore et ostentatoire de la religion dans l’espace public? Comment accepter les processions qui se déroulent sous les yeux des badauds, les manifestations à caractère religieux sur la voie publique à Lourdes, les débordements du mardi gras, les messes funèbres retransmises par haut parleurs à l’extérieur des églises en présence des autorités etc…
Attention, cette fois-ci, les musulmans de France et tous les républicains laïques et cohérents pourraient constituer une sorte de front commun. Ils pourraient exiger l’application rigoureuse de la laïcité à tous et sur l’ensemble des territoires de la République. Ils pourraient exiger que toutes les religions soient traitées de la même façon sans arrangements ni dérogations. Peu importe alors que les racines de la France soient chrétiennes ou païennes, grecques ou romaines, ce qui compte c’est que la République laïque ne pratique plus le deux poids et deux mesures. »
Nous assistons là, non pas à une défense de la laïcité (nous savons fort bien que l’objectif de l’auteur est de promouvoir l’installation de signes islamiques dans l’espace public) mais à une tentative d’instrumentalisation de la laïcité pour faire ce que l’islam a toujours fait chaque fois qu’il s’est installé dans un pays : faire disparaître haineusement toute trace de la culture qui l’avait précédé.
En France, il se trouve que cette culture est, partiellement, chrétienne. Si l’islam veut la faire disparaître, qu’il prenne ses responsabilités, qu’il le demande en son nom, mais qu’il ne fasse pas appel à l’idée de laïcité. Cette dernière n’a jamais eu pour projet de passer au kärcher tout patrimoine qui a le tort d’être chrétien. A l’école laïque, on apprend les auteurs chrétiens quand ils ont laissé des oeuvres littéraires. Personne ne souhaite éliminer les cathédrales du centre des villes sous prétexte que ce sont des signes religieux.
Le patrimoine immatériel est plus fragile, mais il a droit au même respect, et il est reconnu en tant que tel par l’Unesco. Les cloches, les processions, Noël, Mardi-Gras, les grottes de Lourdes : tout ceci fait partie de notre patrimoine immatériel, et il n’est pas question d’y toucher sous prétexte de laïcité. Ces éléments sont d’ailleurs christianisés plutôt que chrétiens. Les cloches, évolution du tambour, sont un des instruments les plus anciens de l’humanité, bien antérieur au christianisme. Les grottes de Lourdes sont probablement peu différentes dans leur fonctionnement des grottes de divinités miraculeuses telles qu’elles existaient dès l’antiquité. Des fêtes telles que Noël et Mardi-Gras sont fort peu chrétiennes et sont surtout caractéristiques d’un rythme annuel européen très marqué par la succession des bonnes et des mauvaises saisons. Quant aux processions, elles existaient déjà dans la Grèce antique, et le christianisme, là encore, reprend une pratique antérieure à lui et nous met en contact avec nos racines les plus anciennes, ce dont je lui suis reconnaissant.
La loi de 1905 a prévu en son article 27 le cas des cérémonies, cloches et processions ; ce n’est pas une nouveauté et il n’y a pas à y revenir. Monsieur Hamdani, quand ça l’arrange, voudrait passer pour plus laïc que la loi de 1905, mais celle-ci nous convient parfaitement, y compris sur les cloches et processions.
Il est vrai que cette loi n’a pas prévu les « les messes funèbres retransmises par haut parleurs à l’extérieur des églises en présence des autorités », dont se choque aussi Monsieur Hamdani.
Diantre ! quand une famille dit adieu à un des siens et déborde un peu sur la voie publique à cette occasion, Monsieur Hamdani y trouve à redire. Belle mentalité ! Il faudrait peut-être demander à la famille endeuillée de quelle loi elle tient l’autorisation d’occuper, exceptionnellement, l’espace public.
Hé bien, Monsieur Hamdani, c’est une chose que vous devriez savoir depuis que vous fréquentez les Français : nous avons assez de coeur, chrétiens et laïcs confondus, pour laisser les gens procéder à leurs enterrements sans les harceler. Et vous feriez bien d’adopter d’urgence ce trait de caractère, car notre patience n’est pas sans limites avec les malotrus.
Le patrimoine immatériel de la France et de l’Europe mérite autant qu’un autre d’être défendu, et on ne va pas lui reprocher d’être chrétien, christianisé ou repris par le christianisme.
Ce patrimoine est chez lui ici, sur sa terre ancestrale, et il a le droit d’y être respecté.
Les populations que la France a accueillies sur son sol lui doivent reconnaissance et respect. Il ne leur appartient pas de réclamer la destruction rageuse du patrimoine français, même immatériel. Il ne leur appartient pas non plus de le prendre en otage  :« Si vous n’accordez pas une visibilité égale à mes voiles et à mes appels à la prière, je demanderai la destruction de votre patrimoine. »
Un tel chantage doit être repoussé énergiquement ; en tous cas, il n’a rien à voir avec la laïcité.
Chantage que l’auteur poursuit sur d’autres thèmes :
« Enfin, si l’UMP ne veut rien entendre, il faudra tirer la sonnette d’alarme du côté de nos grandes entreprises qui ont tout à perdre avec la publicité négative d’un tel débat. En effet nul besoin d’être grand clerc pour voir que les nouvelles classes dirigeantes issues des révolutions arabes auront à cœur de défendre les intérêts de leurs pays, de leurs peuples et non pas les intérêts privés de leurs dirigeants qui ne seront plus jamais des «amis de la France» mais de simples partenaires. »
Le mépris qu’a l’auteur de la France éclate encore dans ce passage :
« Il est temps de regarder la réalité en face. La France est désormais un banal pays européen, membre de l’Otan, tributaire des décisions économiques et monétaires allemandes, inquiet sur son identité, divisé sur les réformes, dirigé par des élites déconnectées du peuple, coupé de ses anciennes colonies et zones d’influence, ayant du mal à trouver sa place dans la mondialisation; bref, la France est en passe de ne plus être une «puissance moyenne».
Questions :
1 qui a autorisé ce monsieur, qui nous hait à ce point, à demeurer sur notre sol ?
2 dans l’hypothèse où ce monsieur serait chez nous grâce à des droits automatiques  (français par droit du sol ?), qu’est-ce que les pouvoirs publics comptent faire pour que la nationalité française soit moins bradée à des gens qui, de toute évidence, ne sont pas des Français de coeur ?
3 qui a nommé ce monsieur, qui ne nous veut aucun bien, dans un organisme officiel comme le Haut Conseil à l’Intégration ?
Léonidas
REFERENCES :
Islam, laïcité, un débat destructeur
Paru dans Respect Mag ; Via Fdesouche.com
La loi de 1905
L’Unesco et le patrimoine immatériel
 
 




Site archéologique de Carthage : un journal tunisien reconnaît l'apport de la période coloniale

Décidément, les lignes bougent, et il y a aussi de bonnes nouvelles. Nous ne cacherons pas notre plaisir à la lecture, dans La Presse de Tunisie de cet article, très amical pour la France, du journaliste Houcine Tlili, intitulé « Qu’est devenue Carthage ?  » :
http://www.lapresse.tn/27012011/21400/quest-devenue-carthage.html
L’auteur y dresse un historique complet des travaux archéologiques, historiques, muséographiques et de conservation autour du site archéologique de Carthage. A cet égard, l’article mérite une lecture complète pour ses apports sur le plan culturel, et le lecteur s’y référera sans peine en suivant le lien donné.
Nous nous bornerons ici à le commenter sous l’angle politique, qui tranche complètement avec les discours habituels de culpabilisation post-coloniale de la présence française. L’apport des chercheurs français qui s’y sont succédé, en particulier durant le protectorat, y est reconnu, de même que leur désintéressement et celui de la France, qui a laissé toutes les oeuvres sur place. A l’indépendance, des chercheurs tunisiens prennent la suite, mais la situation se dégrade sévèrement au début des années 2000. L’activité prédatrice du clan Trabelsi se déploie aussi dans l’appropriation de trésors archéologiques.
Sur les chercheurs français, on peut lire par exemple :
« Le protectorat français considérait le patrimoine, au début, comme des ruines de l’Antiquité, objets de prospection et de recherche archéologique centrées sur la mise en valeur du passé chrétien ou latin de la Tunisie. Cela pouvait justifier la présence coloniale… mais cela n’était pas le but de chercheurs illustres français qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour découvrir et mettre en valeur notre patrimoine dans toutes ses manifestations et apports.’
Ou encore :
« Nous voulons ici rendre un vibrant hommage à tous ces chercheurs français, à ces hommes qui ont tant donné et notre patrimoine sans qu’ils soient remerciés pour cela. Notre devons à Coudray de la Blancheur, à G. Gauckler, à L. Poinssot ou à G. Picard, une grande gratitude pour avoir donné à notre patrimoine son allure presque définitive d’aujourd’hui sans l’avoir détérioré ou porté atteinte à son intégrité. »
On sent même, dans l’article, la volonté de reconnaître la complexité des racines de la Tunisie, qui ne sont pas exclusivement musulmanes :
« En 1881, Lavigerie voulait que Carthage devienne la capitale de la Tunisie et peut-être de l’Afrique du Nord ,en insistant sur son passé chrétien. Les recherches du père Delatre (1875-1932) illustrent cette dimension pro-chrétienne et latine de notre histoire. D’autres chercheurs ont privilégié les dimensions romaines et latinistes de notre patrimoine dont Saumaque Gaukler, Poinssat et d’autres encore qui, en fouillant le Centre et le Nord-Ouest, vont participer très fortement à mettre en valeur notre patrimoine.
D’autres chercheurs français vont démontrer que le passé tunisien n’est pas uniquement latin, mais qu’il est aussi phénicien, punique ou numide. Pierre Cintas, en 1940, a illustré cette tendance. Dr Carton, en découvrant le tophet de Carthage et de Tunissup et de Henchir Faouar, va enrichir la connaissance de notre patrimoine dans ses aspects phéniciens et puniques.
La recherche archéologique ou historique de G. Marcais, de L. Goloir, de Alexandre Lesine, ou plus proche de nous, de Jacanes Renault, vont compléter le tableau et vont ajouter à la connaissance de notre patrimoine sa dimension musulmane ou contemporaine. »
L’indépendance voit la prise en main des questions archéologiques et culturelles par les différents gouvernements tunisiens.
Le site archéologique de Carthage-Sidi Bou Saïd a été classé patrimoine mondial en 1979
Une détérioration marquante se situe vers les années 2000, quand le clan Trabelsi fait opérer des déclassifications à tour de bras pour permettre à la « famille régnante » de s’approprier des hectares entiers du site archéologique :
 » La politique menée consistera à appuyer des demandes de déclassement de certains sites archéologiques de Carthage au profit de certains membres de la famille régnante. …
Malgré cette double protection internationale et nationale, un bénéficiaire anonyme a obtenu cinq décrets de déclassement. Qui est ce bénéficiaire si ce n’est la haute autorité de l’Etat ou sa famille?
Le premier décret concerne huit hectares du site archéologique de Carthage.
Ce premier décret de déclassement est daté du 4 septembre 2006. Il concerne le titre foncier 67.678. Qui en est le bénéficiaire?
Le deuxième décret de déclassement concerne quatre ha du site archéologique de Carthage. C’est le décret 68 du 17 avril 2007. Il couvre le titre foncier 67-679 et le titre 66-093. Qui a bénéficié de ce décret de déclassement si ce n’est son propre signataire? D’autres décrets de déclassement ont été promulgués toujours concernant le site de Carthage »
Catherine Ségurane




Site archéologique de Carthage : un journal tunisien reconnaît l’apport de la période coloniale

Décidément, les lignes bougent, et il y a aussi de bonnes nouvelles. Nous ne cacherons pas notre plaisir à la lecture, dans La Presse de Tunisie de cet article, très amical pour la France, du journaliste Houcine Tlili, intitulé « Qu’est devenue Carthage ?  » :

http://www.lapresse.tn/27012011/21400/quest-devenue-carthage.html

L’auteur y dresse un historique complet des travaux archéologiques, historiques, muséographiques et de conservation autour du site archéologique de Carthage. A cet égard, l’article mérite une lecture complète pour ses apports sur le plan culturel, et le lecteur s’y référera sans peine en suivant le lien donné.

Nous nous bornerons ici à le commenter sous l’angle politique, qui tranche complètement avec les discours habituels de culpabilisation post-coloniale de la présence française. L’apport des chercheurs français qui s’y sont succédé, en particulier durant le protectorat, y est reconnu, de même que leur désintéressement et celui de la France, qui a laissé toutes les oeuvres sur place. A l’indépendance, des chercheurs tunisiens prennent la suite, mais la situation se dégrade sévèrement au début des années 2000. L’activité prédatrice du clan Trabelsi se déploie aussi dans l’appropriation de trésors archéologiques.

Sur les chercheurs français, on peut lire par exemple :

« Le protectorat français considérait le patrimoine, au début, comme des ruines de l’Antiquité, objets de prospection et de recherche archéologique centrées sur la mise en valeur du passé chrétien ou latin de la Tunisie. Cela pouvait justifier la présence coloniale… mais cela n’était pas le but de chercheurs illustres français qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour découvrir et mettre en valeur notre patrimoine dans toutes ses manifestations et apports.’

Ou encore :

« Nous voulons ici rendre un vibrant hommage à tous ces chercheurs français, à ces hommes qui ont tant donné et notre patrimoine sans qu’ils soient remerciés pour cela. Notre devons à Coudray de la Blancheur, à G. Gauckler, à L. Poinssot ou à G. Picard, une grande gratitude pour avoir donné à notre patrimoine son allure presque définitive d’aujourd’hui sans l’avoir détérioré ou porté atteinte à son intégrité. »

On sent même, dans l’article, la volonté de reconnaître la complexité des racines de la Tunisie, qui ne sont pas exclusivement musulmanes :

« En 1881, Lavigerie voulait que Carthage devienne la capitale de la Tunisie et peut-être de l’Afrique du Nord ,en insistant sur son passé chrétien. Les recherches du père Delatre (1875-1932) illustrent cette dimension pro-chrétienne et latine de notre histoire. D’autres chercheurs ont privilégié les dimensions romaines et latinistes de notre patrimoine dont Saumaque Gaukler, Poinssat et d’autres encore qui, en fouillant le Centre et le Nord-Ouest, vont participer très fortement à mettre en valeur notre patrimoine.

D’autres chercheurs français vont démontrer que le passé tunisien n’est pas uniquement latin, mais qu’il est aussi phénicien, punique ou numide. Pierre Cintas, en 1940, a illustré cette tendance. Dr Carton, en découvrant le tophet de Carthage et de Tunissup et de Henchir Faouar, va enrichir la connaissance de notre patrimoine dans ses aspects phéniciens et puniques.
La recherche archéologique ou historique de G. Marcais, de L. Goloir, de Alexandre Lesine, ou plus proche de nous, de Jacanes Renault, vont compléter le tableau et vont ajouter à la connaissance de notre patrimoine sa dimension musulmane ou contemporaine. »

L’indépendance voit la prise en main des questions archéologiques et culturelles par les différents gouvernements tunisiens.

Le site archéologique de Carthage-Sidi Bou Saïd a été classé patrimoine mondial en 1979

Une détérioration marquante se situe vers les années 2000, quand le clan Trabelsi fait opérer des déclassifications à tour de bras pour permettre à la « famille régnante » de s’approprier des hectares entiers du site archéologique :

 » La politique menée consistera à appuyer des demandes de déclassement de certains sites archéologiques de Carthage au profit de certains membres de la famille régnante. …

Malgré cette double protection internationale et nationale, un bénéficiaire anonyme a obtenu cinq décrets de déclassement. Qui est ce bénéficiaire si ce n’est la haute autorité de l’Etat ou sa famille?

Le premier décret concerne huit hectares du site archéologique de Carthage.

Ce premier décret de déclassement est daté du 4 septembre 2006. Il concerne le titre foncier 67.678. Qui en est le bénéficiaire?

Le deuxième décret de déclassement concerne quatre ha du site archéologique de Carthage. C’est le décret 68 du 17 avril 2007. Il couvre le titre foncier 67-679 et le titre 66-093. Qui a bénéficié de ce décret de déclassement si ce n’est son propre signataire? D’autres décrets de déclassement ont été promulgués toujours concernant le site de Carthage »

Catherine Ségurane