1

Waleed Al-Husseini, fondateur des ex-musulmans de France : le problème c’est l’islam

Voici l’interview que nous a accordée Waleed Al-Husseini, exilé palestinien et blogueur qui fut arrêté, torturé, emprisonné pendant dix mois et accusé, entre autres, d’offense au sentiment religieux. Il est le fondateur du Conseil des Ex-Musulmans de France (CEMF) dont le lancement officiel aura lieu le 6 juillet 2013 au 3-5 rue d’Aligre, Paris 12e, de 14h à 17h.

Waleed Al-Husseini

Riposte Laïque : pouvez-vous, s’il vous plait, raconter votre expérience avec le blasphème, la prison et puis votre libération ?

Waleed Al-Husseini : c’est au lycée que la phase de questionnement avait commencé chez moi. Bien des sujets me tourmentaient et je me suis fait un devoir de chercher des réponses. J’ai posé ces questions à mes professeurs qui ne m’ont pas donné de réponses acceptables par ma raison. Une de ces questions était la fameuse liberté de choix des êtres humains et pourquoi Allah les punirait-il s’il les avait choisis tels qu’ils sont et peut être même déterminé ce qu’ils sont. C’est là que s’est constitué le doute en mon for intérieur.
Et lorsque les réponses des professeurs et des anciens (autorités religieuses) ne m’ont plus satisfait, j’ai décidé de chercher par moi-même; dans les livres qui étaient disponibles et puis sur la toile, sur internet. A chaque fois que j’approfondissais la question, à chaque fois je découvrais un peu plus de contradictions et que le cœur-même de l’islam était incompatible avec mes principes humanistes, qui n’ont pas recours à la discrimination entre les êtres, n’ont pas l’équivalent de l’appel à tuer celui qui n’est pas musulman. Cette abjection est à même de rebuter toute personne ayant quelque sentiment de tolérance et d’amour. Puis il y a sa façon [celle de l’islam] de traiter la femme. J’ai une mère, une sœur, un amour, une fille et je refuse de les traiter suivant la logique tordue de l’islam.

Partant de là, j’ai écrit quelques articles sur mon blog personnel et j’ai continué cette activité sur Facebook pendant quatre ans, jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne m’emprisonne. Mon activité fut surveillée quatre mois durant. On m’a accusé de trois choses : offense au sentiment religieux, atteinte aux Dieux des religions (des Lois : charâi’) et puis excitation et incitation à l’animosité entre religions, écoles et communautés.

J’ai passé dix mois en prison durant lesquels je suis passé plusieurs fois devant le tribunal. La période d’enquête était très dure car j’ai été torturé de diverses façons, aussi bien physiquement que moralement. J’étais interdit de visites et il m’était interdit de parler à qui que ce soit.

Les autorités françaises ont fait pression sur les autorités palestiniennes pour que je sois libéré. L’Autorité palestinienne prétendait, à ce moment là, qu’elle me protégeait, me mettait à l’abri ! Elle me protégeait en me torturant et en me présentant devant des tribunaux!

Dis mois après, on m’a laissé « libre » en attendant d’autres comparutions. Mais j’ai eu d’autres ennuis avec la sécurité. A chaque fois qu’il y avait une publication qui ressemblait à ma façon d’écrire, j’étais convoqué pour interrogatoire et j’étais à chaque fois détenu environ trois jours pour être finalement libéré. Des choses que je n’ai pas pu supporter. Je suis parti en Jordanie et me suis adressé à l’ambassade de France, que je tiens à remercier. Elle m’a délivré un visa et c’est ainsi que j’ai pu venir ici [à Paris] et obtenir le droit d’asile.

Riposte Laïque : vous êtes le fondateur du Conseil des Ex-Musulmans de France (CEMF). Pouvez-vous nous expliquer la raison d’être de cette organisation et quels sont ses objectifs, ici en France et en Europe et puis pour le monde musulman ?

Waleed Al-Husseini : au départ, nous sommes un groupe d’ex-musulmans qui avions apostasié. Nous sommes devenus athées et nous avons été pourchassés de la pire des manières, dans nos pays respectifs. Persécutés par nos propres peuples, nous n’avions plus la possibilité d’exercer nos libertés de conscience et d’opinion sans être confrontés à la prison ou à la peine capitale, en un mot nous subissions l’intrusion de l’islam dans nos vies, l’islam étant une manière de vivre (1) et non pas simplement une foi ou une religion. L’islam délimite les relations entre les êtres.

Le choix de cette dénomination vise à faire savoir aux sociétés européennes qu’il y a des personnes qui portent des noms arabes, il se peut qu’ils soient nés de pères musulmans, mais qui ont quitté l’islam.

Nous visons beaucoup d’objectifs dont les plus importants sont les suivants :

  • Faire admettre l’universalité des droits humains et de l’égalité pleine et entière entre tous les êtres. Nous nous opposons à toute tolérance des croyances inhumaines et de ce que nous récoltons, à cause d’elles, comme mauvais traitements au nom du respect dû à la religion ou à la culture.
  • Défendre la liberté de critiquer les religions, sans conditions ni limitations et éliminer les entraves instituées au nom de « la diffamation des religions et de la dérision à l’égard du sacré ».
  • Séparation entre la religion et l’Etat et non-intrusion de la religion dans l’enseignement, dans la législation et dans les différents aspects de la vie.
  • Interdire toute coutume, tradition, pratique ou fête religieuse qui ne respecte pas les droits et les libertés humaines.
  • Combattre tous les aspects répressifs des traditions religieuses attentatoires à l’intégrité physique et morale qui se dressent comme handicap à l’émancipation des femmes et à l’égalité des sexes.
  • Interdire toute intrusion de quelque autorité que ce soit, officielle, familiale ou filiale dans la vie privée de l’homme et de la femme, qu’il s’agisse d’aspect sentimentaux, sexuels ou relationnels.
  • Protéger les enfants de l’endoctrinement à l’aide d’affabulations religieuses et des maltraitances que leur font subir les institutions religieuses.
  • Prohiber tout soutien matériel ou moral de la part de l’Etat au profit des activités ou institutions à caractère religieux.

Ceci constitue un ensemble d’objectifs généraux. En ce qui concerne la France, nous exigeons la dénonciation du terrorisme islamique : il n’est plus permis de fermer l’œil sur les versets coraniques qui incitent les musulmans à tuer. Nous devons mettre au ban cette violence et en appelons à nommer les choses par leurs noms, car je crois qu’il n’y pas un musulman civilisé (modéré) et un musulman extrémiste : les deux se réfèrent à la même constitution, à la même règle directrice (2) qui leur est propre, le Coran. Sans détours, le Coran leur intime l’ordre « Tuez-les [les mécréants] partout où vous les attrapez ! » (3). La seule différence entre le musulman civilisé (modéré) et le musulman extrémiste est que ce dernier énonce clairement et sincèrement cette vérité.

Riposte Laïque : Depuis des années, si ce n’est des décennies, l’O.C.I., l’Organisation de la Coopération Islamique, tente de convaincre les Nations-Unies pour qu’elles empêchent, mettent fin et punissent ce qu’elle désigne comme « diffamation des religions« , c’est à dire « diffamation de l’islam« . Comment votre organisation compte agir pour contrer ces efforts diplomatiques, adossés à des pétrodollars, afin que le blasphème ne devienne pas un délit inscrit aussi dans les lois du monde libre ?

Waleed Al-Husseini : Comme je l’ai indiqué ci-dessus (second point), un de nos principaux objectifs et de dénoncer une telle entrave à la liberté d’expression qui vise uniquement ceux qui critiquent l’islam et non pas toutes les religions. Ceci ne veut pas dire que nous l’accepterions si elle venait à englober toutes les religions. Nous nous opposerons à un tel projet qui revient à mettre en accusation des personnes qui usent d’un droit et n’ont absolument rien à se reprocher. Nous attirerons l’attention sur le fait que cela devient un moyen commode pour se débarrasser de tout opposant, y compris politique. Nous savons que l’islam politique est aujourd’hui dominant dans les pays qui ont connu ce qu’on appelle le printemps arabe et que des états useront de l’argent pour faire passer une telle loi d’interdiction, mais je reste confiant : c’est tellement attentatoire aux libertés que les peuples ne l’accepteront pas.

Les pays d’Europe doivent prendre conscience du danger d’une telle entrave qui les cerne et les menace. C’est ce à quoi nous allons travailler.

Riposte Laïque : l’islam ne se réduit pas à un livre soi-disant sacré, le Coran, et un soi-disant prophète, Mahomet, mais c’est aussi des pratiques sociales quotidiennes qui permettent à l’islam de se révéler si résistant et réticent au respect des principes fondamentaux et à tant de lois promulguées en France et dans pas mal de pays du monde libre. Comment pourriez-vous agir efficacement contre ces pratiques sociales qui se cachent derrière le voile de « la liberté de pratiquer sa religion » ?

Waleed Al-Husseini : Je suis d’accord avec vous pour dire que l’islam est devenu une manière de vivre et non pas simplement une relation individuelle avec une divinité, c’est pour cela que je critique l’islam et que je le cible tout particulièrement car je le considère comme une altération de l’état de santé. Je suis contre le voile car je le considère comme humiliation de la femme. Humilier n’est pas l’exercice d’une liberté. Le voile est aussi une des pratiques répressives dirigées conte les femmes. C’est mon avis personnel. Il entre aussi dans la catégorie de l’inégalité ente les deux sexes. Un de nos objectifs est de combattre ce phénomène.

Comment allons-nous y travailler ? Ce sera à travers l’information pour une réelle prise de conscience à travers des articles, des conférences-débats qui s’adresseront à cette catégorie de femmes afin de les amener à se débarrasser de l’idée qu’on a réussi à leur inculquer. Cette vision qui considère tout leur corps comme partie honteuse (4). Il faut qu’elles prennent conscience qu’elles ne sont ni des poupées sexuelles ni des couveuses. Voilà pour la première étape. Nous savons que bien des personnes ont fait ce genre de travail mais n’ont pas atteint leur cible à cause de l’enfermement des musulmans sur eux-mêmes. Aux concernées, pas grand-chose n’arrivait de ces conférences qu’on accuse d’ailleurs d’être organisées et soutenues par des des agents, par des vendus et des ennemis des musulmans et qu’elles font partie d’un complot mondial contre les musulmans.

La deuxième étape consistera à demander au législateur d’agir contre cette ségrégation, contre ce marquage des êtres qui étiquette la musulmane et la met à part des autres citoyennes. De plus, cet habit est un symbole qui influe sur l’aspect civilisationnel des êtres. L’Europe verra ainsi une partie de ses territoires se transformer en quartiers qui rivalisent avec bien des pays arriérés du monde musulman. Ceci défigurera la forme que prendra la civilisation européenne.

Je suis pour la pratique des religions qui ne portent pas atteinte à la liberté des autres, je la soutiens tant que qu’elle ne touche pas à ce qui constitue une civilisation et la façonne. Je suis pour la liberté religieuse tant qu’elle est intime conviction sans qu’elle ne soit source d’effets nocifs.

Riposte Laïque : Geert Wilders assimile l’islam au totalitarisme et considère le Coran comme l’équivalent de « Mein Kampf« . Pensez-vous qu’un livre si vénéré est aussi dangereux que cela et êtes-vous prêt à demander l’interdiction de son usage dans l’endoctrinement des nouvelles générations ?

Waleed Al-Husseini : Le Coran est un livre qui contient du ressentiment et de la haine à l’égard de toute personne qui n’est pas musulmane. Il ordonne de tuer tous ceux qui ne sont pas musulmans à telle enseigne que le premier nettoyage religieux (ethnique) fut pratiqué par Mahomet, de son vivant, lorsqu’il a expulsé les juifs de Médine et lors d’une attaque contre les Béni Quraydhah. Sur son lit de mort son testament fut qu’il ne reste plus un juif dans la péninsule arabique. C’est le premier nettoyage religieux (ethnique) de l’Histoire.

Dans l’ensemble, les sourates médinoises du Coran [dernière phase de la vie de Mahomet] en appellent clairement à cela, contrairement aux sourates de la Mecque qui en appelaient au dialogue et au débat. La sourate de l’épée (5), parmi les toutes dernières du Coran, a finalement abrogé les sourates conciliantes de la Mecque et en appelle à tuer les non-musulmans [NdT : et à humilier les juifs et chrétiens, accusés de ne pas professer la Vérité].

Nous ne devrions pas oublier que les sourates de la Mecque étaient empreintes de tolérance parce que,  à ce moment là, les musulmans étaient encore faibles.

Je demande à ce qu’on n’enseigne plus de tels versets et, à mon avis, il faudra penser à porter plainte conte la vente et l’usage de tous les Corans qui contiendraient de telles passages. De tels propos doivent être retirés afin que ce livre puisse un jour prétendre s’élever à la hauteur de l’humanisme. Et pas uniquement les versets qui prêchent la haine et appellent au meurtre et à la guerre, mais aussi tous les versets humiliant les femmes et les non-musulmans.

Quant aux générations futures, je suis contre l’enseignement de toute religion. Il faut que le rayon religions soit réservé aux plus de 18 ans. Exigeons qu’on n’encombre plus les cerveaux des enfants avec des carabistouilles. L’islam constitue un cas particulier. En plus de ses balivernes, il emplit ces petits êtres de ressentiments et de haine à l’égard de tout ce qui n’est pas musulman. De plus les musulmans se considèrent comme « la meilleure nation (oumma) suscitée au monde« , c’est ce qui est inscrit dans leur livre, le Coran !

Nourrir les enfants de ses textes ne peut produire qu’une progéniture repue de meurtres, de haine, de ressentiments contre tous ceux qui ne sont pas musulmans, en somme c’est presque une génération terroriste.

Il est vrai que tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans. Le problème est dans l’islam, dans les fondements-mêmes de l’islam. Le problème est dans le contenu du Coran et c’est absolument limpide. Celui qui soutient le contraire est aveugle. Mais un tamis ne pourra éclipser le soleil !

Propos recueillis et traduits de l’arabe par Pascal Hilout
________
Notes du traducteur :

(1) L’islam est un mode de vie, dit l’interviewé … et un mode de broyer des êtres devrait-on préciser.
(2) En arabe, le mot doustour ne signifie pas uniquement « constitution », mais aussi une règle aux graduations très précises.
(3) Le Coran prescrit le qitâl (du verbe qatala = tuer) à ses adeptes (Sourate 2, verset 216). C’est sabre en main que Mahomet a conquis presque toute l’Arabie.
(4) ‘awrah, dont le sens premier est : anus وعَوْرةُ الرجل والمرأَة: سوْأَتُهما، والجمع عَوْرات
(5) Sourate 9, verset 29 :  » Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre [juifs et chrétiens], jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés « .

________ Voici le texte original de l’interview en arabe________

الرد العلماني : هلا شرحت لنا من فضلك، خروجك عن الإسلام وتجربتك مع الحبس ثم إطلاق صراحك ؟

وليد الحسيني : إن بداية مرحلة التساءل عندي كانت في فترة الدراسة الاعدادية حيث انه جالت في رأسي بعض من المسائل التي ارقتني فكان لا بد لي من البحث عن اجابات لها فسألت اساتذتي اللذين لم يقوموا باجابتي اجابه يتقبلها عقلي وكانت احد ابرز تلك القضايا هي مسأله ان كان الانسان مسيرا او مخيرا وكيف هذا الاله يقوم بمحاسبه خلقه على شئ هو قد اختاره لهم فكانت هذه المسأله هي بدايه مرحله الشك عندي

وبعدما لم ترضيني اجابه الشيوخ والاستاذه عندي قررت البحث بنفسي من خلال الكتب المتوفره ومن خلال شبكه الانترنت وكلما تعمقت اكثر في تلك المسائل اكتشفت تناقضات اكثر واكثر واكتشفت كيف ان صلب الدين الاسلامي لا يتفق مع مبادئي الانسانيه من حيث التميز بين البشر ومن حيث الحض على قتل من هو ليس مسلم وهذا شئ ينفر اي شخص يحمل مبادئ التسامح والحب وحتى معاملته للمرأه حيث ان لي اما واختا وحبيبه وابنه وارفض ان اعاملهن بمنطق الاسلام الاعوج
من ثم قمت بكتابه بعض المقالات من خلال مدونه خاصة على شبكه الانترنت واستريت في الكتابه والنشاط على الفيس بوك مدة اربع سنوات الى ان تم اعتقالي من طرف السلطه الفلسطينيه بعد مراقبه تمت حوالي اربع شهور لمعرفه نشاطي على الشبكه حيث تم توجيه ثلاث تهم الي
اولا اهانه الشعور الديني وثانيا التعدي على ارباب الشرائع والثالثه اثاره النعرات الدينيه والمذهبيه والطائفيه
قضيت في السجن عشره شهور كامله وكانت تجرى لي محاكمات وفتره التحقيق كانت فتره صعبه جدا حيث تعرضت للتعذيب النفسي والجسدي بشتى انواعه وكان ممنوعا علي الزيارات وكذا الحديث الى أي كان ومورس ضغط على السلطه الفلسطينيه من قبل الحكومه الفرنسيه لاطلاق سراحي ولكن كانت حجه السلطه وقتها انهم يمارسون حمايه علي !!! كيف يضمنون حمايتي وانا اعذب وكيف يمارسون حمايتي وانا اعرض على المحاكم !؟
وبعد عشر شهور افرج عني باخلاء سبيلي في انتظار المحاكمات القادمه لكني تعرضت لمضايقات أخرى من طرف الاجهزه الامنيه فاصبح كلما كتب احدهم شي باسلوبي يستدعوني للتحقيق وابقى عندهم حوالي ثلاثه ايام ويطلقون سراحي، الامر الذي لم اطقه فخرجت الى الاردن وتوجهت للسفاره الفرنسيه هناك التي قدمت لي مشكورة فيزا لكي آتي الى هنا واحصل على اللجوءوقد حصلت عليه

الرد العلماني : أنت صاحب المبادرة والمؤسس لجمعية المرتدين عن الإسلام بفرنسا
CEFM (Conseil des Ex-Musulmans de France)
هل يمكنك أن تشرح للقراء لماذا هاته المنظمة وما هي أهدافها بفرنسا، بأوربا وكذا بالعالم الإسلامي ؟

وليد الحسيني : في البدايه نحن مجموعه من المسلمين السابقين الذين تركنا الاسلام واصبحنا ملحدين وقد تعرضنا للكثير من الاضطهاد في بلداننا ومن قبل شعوبنا فلم يعد يحق لنا ممارسه حرياتنا كحريه الرأي والاعتقاد والا تعرضنا للسجن او للقتل اي باختصار لقد اذانا كثيرا تدخل الاسلام في حياتنا لان الاسلام هو اسلوب حياه وليس دينا فقط، فهويحدد علاقه الناس بالناس !!!
قد اخترنا هذا الاسم لكي نقوم ايضا بالتعريف للمجتمع الاوروبي بوجود اناس يحملون اسماء عربيه وايضا من الممكن ان ولدوا لاباء مسلمين لكنهم تركوا الاسلام
نسعى للكثير من الاهداف ومن اهمها
ندعو الى عالميه الحقوق والمساواة الكامله ونعارض التسامح مع المعتقدات اللاانسانيه وما تجنيه علينا من سوء معامله تحت اسم احترام الدين والثقافه
حرية انتقاد الاديان دون قيد او شرط ورفع القيود المفروضة عليه باسم ازدراء الاديان واهانة المقدسات
فصل الدين عن الدولة وعن النظام التعليمي والنظام القانوني وكل مناحي الحياة
منع العادات الدينيه والانشطة والاحتفالات التي تتعارض وتنتهك حقوق الانسان وتسلبهم حرياتهم
الغاء جميع العادات الدينيه القمعيه التي تعرقل استقلاليه المرأة والمساواة بين الجنسين
حظر التدخل من جانب اي سلطة كانت. رسميه او عائليه او من قبل الوالدين في الحياة الخاصة للرجل والمرأة عاطفيه كانت او جنسيه او علاقات شخصية
حماية الاطفال من التلاعب بعقولهم وتغذيتها بخرافات الدين وحمايتهم من سوء المعاملة من قبل المؤسسات الدينيه
حظر جميع اشكال الدعم المالي والدعم المعنوي من قبل الدولة ومؤسساتها الى الانشظة الدينيه ومؤسساتها
وهي مجموعه من الاهداف العامه اما الاهداف الخاصه بفرنسا اكثر
يجب علينا الاعتراف بالارهاب الاسلامي الممارس حيث اننا لا يجب ان نغض الطرف عن ايات القتل الموجوده في القران يجب ان ننبذ هذا العنف وان نطالب بتسميه الاسماء بمسمياتها حيث وباعتقادي بانه لا يوجد هناك مسلم متحضر او مسلم متطرف لانهم يرجعون الى نفس الدستور وهو القران الخاص بهم الذي يدعيها صراحه في اياته اقتلوهم اينما ثقفتموهم الا ان الفرق بين المسلم المتطرف والمتحضر ان المتطرف يعترف فيها صراحه ويقولها

الرد العلماني : منذ سنوات، بل عقود، ومنظمة التعاون الإسلامي تحاول إقناع الأمم المتحدة كي تجرم وتضع حدا بل وتعاقب ما تسميه « إهانة الأديان » يعني « إهانة دين الإسلام ». ما الذي تعتزم منظمتكم القيام به ضد هاته الجهود المدعومة بما لا يعد من البترو دولارات بحيث لا يدخل هذا التجريم في عداد القوانين المعمول بها بدول العالم الحر ؟

وليد الحسيني : ان مثل هذا المسعى هو احد اهم اهدفنا كما ذكرت سابقا في البند الثاني من اهداف المنظمه فمثل هذا القانون يمارس فقط في من هم يقومون بنقد الاسلام وليس كل الاديان وهذا لا يعني اننا سنوافق غليه ان مورس مع كل الاديان ان مخططتانا في التصدي لمثل هذا الاعلان والسعي للخصول عليه تتمثل في التعريف بالخطر المحدق بمثل اقرار تهمه كهذه حيث ستصبح تهمه من لا تهمه له وستصبح اسهل طريقه للتخلص من المعارضين حتى السياسيين منهم ونحن نعلم ان الاسلام السياسي الان هو المسيطر على البلاد التي حدثت فيها ما يسمى بالربيع العربي وبالرغم من ان تلك الدو ستسخدم العنصر المالي لكننا على ثقه تامه بانها لن توافق على مثل هذا القرار الذي فيه اعتداء صارخ على الحريات والى حد كبير

ان امر مثل هذا يجب على الدول الاوروبيه ان تعي خطره المحدق وهذا ما سنعمل عليه

الرد العلماني : الإسلام ليس مجرد مصحف يعتبر مقدسا هو القرآن وسنة إنسان يسمى نبيا هو محمد، بل الإسلام كما نعلم سلوك إجتماعي على مدار السنة ، سلوك بشري يجعل الإسلام مترسنا للتعنث ولمناهضة مبادئ وقوانين منصوص عليها هنا في فرنسا وفي كل الدول الحرة حول العالم. فكيف سيمكن لمنظمتكم أن تقاوم بشكل ناجع هذا السلوك الإجتماعي غير المحترم للمعروفمن المبادئ هنا مع تواريه وراء ذريعة ما يسمى الحرية الدينية ؟

وليد الحسيني : اتفق معك تماما ان الاسلام اصبح اسلوب حياه ليس علاقه خاصة فقد وهذا هو الامر الذي من اجله انتقد الاسلام واركز عليه لانني اعتبره مرض!!
انا ضد الحجاب لانني اعتبره اهانه للمرأه والاهانه ليست حريه وايضا الحجاب هو احد الممارسات القمعيه التي تمارس ضد المرأه هذا من وجهه نظري الشخصيه وهي احد اهداف المنطمه الجديده وهي ايضا تدخل في باب عدم المساواه بين الجنسين لكل هذه الاسباب انا ضده
اما عن كيفيه العمل سيكون بالتوعيه الحقيقيه من خلال المقالات والندوات التي توجه الى هذه النوعيه من النساء ومحاوله ازاله ما كانوا قد اقنوعها به بانها عورة وبانها مجرد دميه جنسيه وبانها اله تفريخ ليس اكثر هكذا هي المرحله الاولى من هذا ونعرف ان الكثيرين قد قاموا به لكن بسبب انغلاق المسلمين على انفسهم فلم يصل اليهم الكثير من هذه الندوات التي ايضا تشبع بالاتهامات بانها عميله وانها ضدكم وانها وانها من باب نظريه الموامره الكونيه التي تحاك ضد الاسلام!!
اما في المرحله الثانيه فسوف يكون هناك توجه الى القضاء والدفع باتجاه سن قوانين لهذا فهذا اللباس فيه ايضا تفرقه عنصريه وعلامه ظاهره بان هذه مسلمه وغير التفرقه العنصريه ان مثل هذا اللباس في ايضا تاثيرا على المظهر الحضاري للانسان وكذلك للدول الاوروبيه التي ستتحول الى بعض مناطقها الى اجزاء تشبه في كل شئ الاحياء الاسلاميه في الدول الاكثر تخلفا وفي هذا تأثير على الشكل الخضاري للمدينه الاوروبيه
انني مع الممارسه الحرة في الاديان التي لا توثر على حريه الاخريين انني معها مالم توثر على معالم المدينه والشكل الحضاري لها انني مع حريه الاديان ما دامت علاقه شخصيه بين الشخص ودينه لا ان تكون هكذا ذو تاثير واضح

الرد العلماني : كيرت فيلدرز (السياسي الهولندي) يصف الإسلام بأنه كلياني ويقارن القرآن بكتاب كفاحي لهيتلر. أتعتقدون أن المصحف المقدس كل القداسة هو بالخطير إلى هذا الحد، وهل انتم مستعدون للمطالبة بمنع استعماله في تربية الأجيال القادمة هنا في فرنسا ؟

وليد الحسيني : ان القران كتاب يحمل الحقد والكراهيه لكل من هو غير مسلم ويومر بقتل كل من هو غير مسلم حتى ان اول تطهير عرقي مارسه محمد في حياته عندما اخرج اليهود من المدينه في معركه بني قريظه وانه على فراش الموت كانت وصيته بان لا يبقى اي يهودي في جزيره العرب هذا كان اول تطهير عرقي شهده التاريخ !!!
ان القران في مجمل اياته المدنيه يدعوا الى هذا دعوة صريحه بخلاف الايات المكيه التي كانت تدعوا الى الحوار حيث ان ايه السيف وهي من اواخر من نزل من القران التي نسخت جميع ايات المكيه المتسامحه تدعوا الى قتل كل من هو غير مسلم !! ولا يجب ان نغفل ان الايات المكيه كانت متسامحه بسبب ضعف المسلمين في تلك الفتره ليس اكثر من هاذا
حتى انني اطالب بعدم تدريس متل هذه الايات في المدارس وحتى حظر بيع وتداول نسخ القران التي تحمل هذه الايات هذا من وجهة نظري حتى انني كنت افكر بان اقوم برفع دعوى قضائيه في هذا الشأن لكي نقوم بمنع تداول مثل هذه النصوص
ان مثل هذه النصوص يجب ان تزال من هذا الكتاب كي يصبح كتاب يرقي الى الانسانيه ليس فقط نصوص الكره والقتل انما ايضا نصوص اهانه وتحقير المرأه وغيرالمسلمين
اما بالنسبه للاجيال الجديده فانا ضد تدريسهم اي دين بشكل عام يجب وضع الاديان في خانه الاعمار التي اكبر من 18 سنه فنحن نطالب بعدم حشو عقول الاطفال بهذه الخرافات اما الاسلام فيشكل حاله خاصه فهو بالاضافه الى الخرافات فانك تغذي عقل الطفل بالكراهيه والحقد على كل ما هو ليس مسلم وحيث يعتبرون انفسهم خير امه اخرجت للناس وهذا ما جاء ايضا في كتابهم القران !!! ان تغذيه الاطفال بهذه النصوص يخرج جيلا مشبعا بالقتل والكراهيه ضد كل ما هو غير مسلم ويخرج تقريبا جيلا ارهابيا
نعم ليس كل المسلمين ارهابيين لكن كل الارهابيين مسلمين …..اذن المشكله في الاسلام المشكله في اساس الاسلام …. المشكله فيما يحتويه القران وهذا واضح جدا!!ـ
!!وكل من يقول عكس ذلك فهو اعمى!! ان الشمس لا تغطى بغربال




Mathieu Guidère : Il faut relativiser l’impact d’un minuscule pays comme le Qatar sur la France

_____________________________________________________________

Mathieu Guidère est agrégé d’arabe et professeur des universités. Il a été tour à tour professeur résident à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, puis professeur à l’université de Genève, avant d’être nommé professeur d’islamologie à l’université de Toulouse. Il a publié plusieurs ouvrages aux Editions Autrement dont : Le Choc des révolutions arabes (2011) et l’Atlas des pays arabes (2012). Il vient d’y publier Les Cocus de la révolution, voyage au cœur du Printemps arabe

_____________________________________________________________

Riposte Laïque : Dans votre dernier livre,  Les Cocus de la révolution, vous racontez un périple très instructif qui vous a conduit du Maroc jusqu’au Qatar. Avez-vous jamais essayé de passer par la Mecque et Médine, cœur et origine de votre métier d’islamologue ? L’Arabie Saoudite a joué un rôle crucial dans le sujet que vous traitez : Ben Ali y est à l’abri, le sort du Yémen ne lui est pas indifférent et, surtout, vous ne mentionnez pas du tout les cocus que furent les révoltés du Bahreïn ? L’Arabie, serait-elle dans l’angle mort des Américains et des islamologues ? Ne nous ferait-elle pas pousser des cornes si énormes que nous avons honte de les mentionner ?

Mathieu Guidère : Effectivement, l’Arabie saoudite est incontournable en islamologie et centrale dans le monde arabe et musulman, mais elle occupe une position particulière (pays qui renferme les deux lieux saints de l’Islam) et présente un régime politique très fermé qui rend d’une part extrêmement difficile l’accès au Royaume (visa très rare, impossibilité de se rendre à Médine et à La Mecque pour un non-musulman) et d’autre part, complique la tâche d’étude et d’analyse pour les spécialistes (contrôle très strict des étrangers en particulier occidentaux). Ce n’est un secret pour personne que le pays est très conservateur et que le régime est autocratique et dominé par les religieux, ce qui signifie que je n’ai pas pu m’y rendre et que je n’ai pas personnellement des informations de première main ni une connaissance de terrain sur ce pays pour en parler comme j’ai pu le faire pour les autres pays arabes que je connais intimement et que j’ai pu visiter à plusieurs reprises. Tout ce que j’en sais relève de l’information générale et des connaissances non validées sur le terrain pour lesquels je ne me sens pas autorisé à parler en expert. Et je crois que c’est le cas de la quasi-totalité des spécialistes français. Je ne crois pas qu’il y ait une quelconque « honte » à en parler mais tout simplement une impossibilité de travailler actuellement sur ce pays comme j’ai pu le faire sur d’autres.

Riposte Laïque : Vous reprenez à votre compte le diagnostic d’un politicien américain qui constatait que nos soi-disant amis qui auraient combattu l’islamisme n’ont fait que préparer son lit. Avez-vous pensé à lui rappeler ce qui s’était passé en Iran ou pensez-vous que les leçons du passé récent sont faites pour être oubliées ?

Mathieu Guidère : Je ne crois pas au retour cyclique des événements ni à la répétition de l’Histoire, car comparaison n’est pas raison et chaque situation est spécifique malgré les analogies que nous pouvons y percevoir à tort ou à raison. Pour ma part, la seule leçon que je tire de l’expérience iranienne est que l’islamisme politique d’inspiration chiite a lamentablement échoué au cours des trente dernières années à assurer la prospérité qu’il promettait au peuple iranien en 1979, que l’ayatollah Khomeiny a menti aux Iraniens sur le « régime des clercs » (Velayet-e faqih) et que le régime actuel continue de se dépêtrer dans les mêmes problèmes et contradictions de ses origines. La seconde leçon que je tire est qu’une « théocratie parlementaire » – car c’est bien de cela qu’il s’agit dans le cas de l’Iran – présente des principes et des valeurs incompatibles avec ceux des démocraties occidentales, même lorsqu’elle adopte le fonctionnement formel de la démocratie. Et au final, je pense qu’il revient au peuple iranien de désavouer ce régime s’il le juge contraire à ses aspirations, comme il l’a déjà fait en 1979 contre le Shah et comme l’ont fait certains peuples arabes en 2011…

Riposte Laïque : Devant une Commission du Sénat vous avez attiré l’attention sur le fait que les deux rives de la Méditerranée communiquaient quotidiennement et massivement, entraînant une extension du phénomène islamiste et de l’idéologie jihadiste en France et en Europe. Vous attirez aussi l’attention sur la communautarisation bien avancée d’un certain nombre de territoires de la République. Pouvez-vous développer ce point pour nos lecteurs ?

Mathieu Guidère : Depuis le Printemps arabe, je fais effectivement le constat qu’il existe une extension de l’islamisme sur les deux rives de la Méditerranée qui communiquent désormais davantage et plus librement que sous les dictatures de Ben Ali, de Kadhafi et de Moubarak. Cela concerne des thématiques sociales particulières (non-mixité, homophobie, antisémitisme, port du voile, etc.), mais aussi des modes de vie spécifiques (religiosité exacerbé, prosélytisme assumé, visibilité des signes identitaires…). Et cela aboutit à des paradoxes comme le fait de voir le port de la burqa interdit ici mais autorisé à deux heures de Paris sur la rive sud de la Méditerranée, faisant apparaître la France comme « liberticide » aux yeux des extrémistes religieux alors qu’elle était jusqu’en 2011 une terre de refuge et d’asile pour un certain nombre d’entre ceux qui fuyaient la répression et la dictature des anciens régimes. Le mérite du Printemps arabe est qu’il a permis une clarification des positionnements idéologiques des uns et des autres, et qu’il est désormais possible d’avoir un positionnement cohérent avec ses idées et ses principes des deux côtés de la Méditerranée.

Riposte Laïque : Le ‘choc des civilisations’ et la dénonciation concomitante des ‘néo-conservateurs’ américains sont devenus une sorte de tarte à la crème à laquelle vous goûtez aussi. Vous qui connaissez si bien l’Histoire de l’islam et de sa relation avec la rive Nord de la Méditerranée, sans oublier la dénommée «Terre Sainte», ne pensez-vous pas que cela était déjà programmé dans la fameuse déclaration de Mahomet, il y a quatorze siècles : « J’ai ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils [elles] témoignent qu’il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah et que Mahomet est son prophète », tradition et ordre rappelés d’ailleurs par Averroès au XIIe siècle alors que ses maîtres almohades étaient en confrontation permanente avec les rois catholiques de l’époque. Avions-nous déjà affaire à des néo-conservateurs ?

Mathieu Guidère : Je ne voudrais critiquer personne ni vilipender qui que ce soit, mais je suis opposé à toute utilisation – a fortiori à toute instrumentalisation – des textes ou des personnages historiques, surtout s’ils (les textes ou les personnages) sont considérés comme « saints » ou « sacrés » par quelque communauté que ce soit, en bien ou en mal. Pour une raison toute simple : c’est qu’on peut faire dire à peu près n’importe quoi aux textes et aux personnages du passé, puisqu’il s’agit de notre interprétation et de notre regard de contemporains, que c’est totalement anachronique et qu’il ne sert à rien de vivre dans le passé. Je préfère me concentrer sur les textes et sur les personnages actuels, car il y a déjà beaucoup à faire, et que disserter sur le passé est une perte de temps, de surcroît contre-productive, pour quiconque veut avancer et construire l’avenir.

Riposte Laïque : Puisque vous connaissez bien le monde musulman et évoquez dans votre livre tant de régimes différents, ne constatez-vous pas que ceux qui ont su s’attribuer le pouvoir exorbitant de la religion au détriment des muftis, des imams et des apprentis théologiens sont ceux qui encaissent mieux le coup des secousses du printemps et autres saisons ? Ne pensez-vous pas qu’un Commandeur des Croyants qui ne renie pas sa part de « Berbérité » à la tête d’un Etat musulman multiethnique comme le Maroc est plus apte à refléter la structure des pouvoirs au sein de la famille, des tribus et de la société musulmane ? Ne pensez-vous pas que le régime algérien avait justement tort de laisser ce pouvoir à la dérive, entre les mains de charlatans ?

Mathieu Guidère : Chaque pays arabe présente une situation politique et sociale spécifique, même s’il possède quelques référents culturels et historiques communs. Pour moi qui connais bien les pays du Maghreb, je peux vous dire que les différences sont criantes entre le Maroc et l’Algérie, comme entre la Tunisie et la Libye, que les rapprochements sont souvent trompeurs et qu’il faut s’en méfier, éviter d’être partiel pour ne pas être partial. La seule chose qui me paraît évidente aujourd’hui, c’est que chacun de ces pays est confronté à des problèmes de développement majeurs et à des questions de gestion de la modernité pour lesquels le Roi essaie de trouver des solutions locales au Maroc et les militaires, des solutions radicales en Algérie. Pour l’instant, aucun des pays du Maghreb ne peut être cité en modèle ni en matière de liberté ni en matière de développement ou de progrès. La question de fond reste l’évolution des mentalités et la révolution culturelle tant attendue dans tous ces pays.

Riposte Laïque : Vous décrivez très bien le pouvoir diplomatique et médiatique que représente la chaîne al-Jazeera, financée par le Qatar. Les paraboles qui défigurent nos quartiers français sont aussi orientées vers cet Orient-là où le télé-prédicateur antisémite al-Qaradawi a carte blanche et n’y est jamais contredit. Cette chaîne décrit, par exemple, l’intervention française au Mali comme une sorte de néo-colonialisme. Que savez-vous de l’aide matérielle fournie par le Qatar aux Moudjahidines au Nord Mali ?

Mathieu Guidère : Le Qatar est un tout petit pays qui n’a pas les moyens militaires de ses ambitions politiques et diplomatiques. Il a pu briller à la faveur du Printemps arabe grâce au soutien de l’Occident et à ses ressources financières considérables. Partout, il est en compétition avec son concurrent et voisin saoudien qui promeut un Islam salafiste, et donc au Mali, comme ailleurs, chacun essaie d’avancer ses pions parmi les forces islamistes qui s’adressent à lui pour s’assurer la diffusion de sa doctrine et la protection de ses intérêts idéologiques. C’est une tendance générale qui n’est pas nouvelle mais qui a connu davantage de publicité à partir du moment où le Qatar s’est intéressé à l’investissement en France. Je crois qu’il faut savoir remettre tout cela dans son contexte et relativiser l’impact qu’un pays aussi minuscule peut avoir sur un grand pays comme la France.

Riposte Laïque : Vous considérez la France comme un peu cocue par l’arrivée du printemps arabe. Il aurait fait oublier ou du moins dénaturer le projet d’une académie militaire (Saint-Cyr – Qatar). Comme vous avez travaillé à Saint-Cyr, pourriez-vous nous dire où en est ce projet ? Les Anglos-saxons en ont-ils profité pour nous doubler sur ce terrain ?

Mathieu Guidère : Le projet Saint-Cyr Qatar était un projet unique en son genre et très ambitieux dans son esprit ; il est aujourd’hui au point mort malheureusement pour des raisons qu’il serait long de développer ici. Je note seulement que nos amis américains et britanniques n’ont jamais formé autant d’officiers et de militaires issus des pays du Golfe que depuis l’annonce de ce projet : il y a eu des facilités d’intégration dans les Académies de Sandhurst (GB) et de West-Point (USA), un renforcement considérable des accords d’échanges et de coopération à tous les niveaux, des programmes et des bourses pour attirer l’élite dirigeante de toute la région. La leçon à tirer de ce dossier est que les décideurs anglo-saxons savent, comme toujours, être pragmatiques pour faire passer leurs intérêts avant toute considération idéologique pendant que nous autres Français, pouvons disserter pendant des années sur la nécessaire maîtrise de langue française par les futurs officiers du Golfe…

Propos recueillis par Pascal Hilout, né Mohamed

 




Pour Tariq Ramadan, quand les Égyptiens votent islam, c'est la faute à l'Occident !

Sous le titre  « Égypte : Tariq Ramadan : « Derrière les salafistes, l’Arabie saoudite » », le Point a publié une interview du plus tortueux et plus éloquent musulman qu’il nous est donné d’observer, ces derniers temps, sur la scène  médiatique.

Mais en suivant les méandres de son raisonnement, on se rend compte que l’Arabie saoudite ne sert finalement à Tariq Ramadan que pour mouiller les Américains qui seraient derrière l’Arabie et, en même temps, derrière les militaires égyptiens. Et, comble du raffinement intellectuel, la France y est aussi éclaboussée puisqu’elle ne s’est jamais fâchée avec l’Arabie ! Ergo, c’est la faute à l’Occident si les Égyptiens ontcommencé l’ère démocratique en votant pour une majorité islamique composée de frérots et de voilées, y compris intégralement, très attachés à Mahomet et à ses décrets d’application de la charia.

Tariq Ramadan : "Derrière les salafistes, il y a l'Arabie saoudite"

Les urnes mettent à nu les illusions que Tariq Ramadan et tous les idiots utiles à l’islam, dont BHL et le quai d’Orsay, aimeraient continuer à nous servir sur la prétendue aspiration à l’émancipation des musulmans, alors que leur majorité aspire à une renaissance de l’islam, intrinsèquement contraire à la liberté individuelle, contraire à la liberté de critiquer les dogmes, contraire à l’émancipation des corps, des âmes et des esprits, contraire à l’égalité entre croyants et non-croyants, contraire à l’égalité entre hommes et femmes, contraire à l’égalité entre musulmans et croyants non-musulmans.

Les musulmans veulent tout simplement restaurer la grandeur de l’islam

Les Nord-Africains, du Maroc jusqu’en Égypte, maintenant qu’ils sont consultés, nous démontrent qu’ils aspirent à retrouver la grandeur d’antan. Tout le monde sait qu’ils la devaient à l’islam, à l’initiative de Mahomet et à son épopée, sabre en main. Ils rêvent confusément de retrouver cette grandeur et cette gloire en revenant à la source, en s’inspirant des pieux et bons ancêtres (as-salaf as-sâlih) dont le prototype est bien Mahomet, d’où le mot salafistes. Mais, comme nous le savons, aussi bien Tariq Ramadan que Mohamed Sifaou et bien d’autres ténors de l’islam en Europe, s’arrêtent toujours en si bon chemin pour ne pas vous expliquer que toutes les voies tortueuses et toutes les lectures tarabiscotées ramènent au Coran et à la pratique historique de Mahomet. Nous devons prendre les rêves et les aspirations des peuples musulmans très au sérieux. Il faut savoir décoder ces rêves et ne pas oublier qu’ils nous disent bien des choses sur les possibles futurs. Les musulmans aimeraient tant prendre leur revanche sur l’Histoire. Il faut dire que depuis la Reconquista puis la colonisation, la chute du califat Ottoman et le regroupement des cousins, plus ou moins juifs, en terre d’Orient, les musulmans ne conduisent plus les affaires du monde comme ils le faisaient auparavant. C’est ce retour en force qui est l’enjeu stratégique majeur des décennies à venir.

Comme Abraham, les musulmans sont prêts au sacrifice de l’humain pour ne pas s’opposer aux prescriptions d’Allah

Si notre intellectuel suisse (comme bien d’autres musulmans français, soi-disant progressistes et des potentats orientaux soi-disant laïques ou modérés) est prêt à sacrifier les salafistes et d’autres « istes » en cas de besoin, c’est pour mieux mettre à l’abri le cœur du réacteur qu’il chérit tout autant que n’importe quel musulman : il s’agit du cœur de l’islam, des vénérés Coran et Mahomet. Tariq Ramadan sait très bien, et l’Histoire le confirme, que même si l’on déclare contaminé tout un édifice de la maison islamique, le buisson ardent en sortira indemne et il continuera d’alimenter en énergie tous les musulmans, sans distinction, d’ici et d’ailleurs, y compris les schismatiques. Peu importe qu’ils se nomment chiites, sunnites, modérés, islamistes, salafistes, chafi’ites, wahhabites…ou je ne sais encore quel adjectif disqualificatif inventé à loisir pour nous égarer, nous embrouiller, nous enfumer et finalement pour nous duper.

Dans cette interview, notre pleutre intellectuel(1), Tariq Ramadan, nous livre aussi un scoop : « Il faut savoir que les Frères musulmans avaient volontairement décidé de se limiter à un plafond de 40 % des voix ». En voilà donc des démocrates bien particuliers qui, même en l’absence de l’ancien potentat, Housni Moubarak, décident d’avance du pourcentage que le peuple leur attribuera !

Comme les Égyptiens sont en train de nous démontrer, le plus démocratiquement du monde, qu’ils sont bel et bien musulmans, bel et bien acquis à l’islam et à la charia, Tariq Ramadan nous fait son éculé coup, où les éternels responsables et boucs émissaires, manipulateurs de marionnettes, sont toujours des Occidentaux, même si la grosse ficelle doit passer par l’Arabie pour manipuler de prétendues marionnettes égyptiennes qui se découvriraient intégristes malgré elles, rien que pour jouer le jeu de l’Arabie, de Barak Hussein et de Nicolas !

Décidément Tariq Ramadan prend les Égyptiens et les Occidentaux pour des ….

Et il n’a pas tout à fait tort : bon nombre de nos concitoyens occidentaux sont prompts à battre leur coulpe et à se sentir flattés, par la même occasion, d’être désignés comme les maîtres du monde. C’est là qu’on voit que Tariq Ramadan est fin connaisseur de l’âme occidentale, profondément judéo-chrétienne, prête à racheter toutes les misères du monde, en commençant par celles qui échouent sur les plages de nos banlieues.

Vous voyez où Tariq Ramadan veut toujours en revenir ? Vous êtes responsables des misères subies par les musulmans ! Ils sont vos victimes dans cette « terre de témoignage », terme utilisé par Tariq Ramadan pour désigner l’Occident ! Et comme témoignage veut aussi dire martyre, vous pouvez imaginez que la terre et le Ciel sont promis à ces martyrs, à ces témoins de Dieu ( شاهد ، شهداء ، الشهادة), qui finiront, tôt ou tard, par avoir la peau de la Rome-sur-Seine dépravée, immorale, qui s’est détournée de Dieu après avoir été la fille aînée de l’ Église.

Pascal Hilout

 ______________________________________________________

(1) Tariq Ramadan, comme tous les pseudo-intellectuels musulmans, n’a jamais osé dénoncer la pédophilie avérée de Mahomet ni ses razzias. Mais il s’est permis de qualifier Charlie Hebdo de pratiquer un « humour de lâches » lorsque ses rédacteurs ont osé nommer Mahomet rédacteur en chef du numéro rebaptisé « Charia Hebdo » et subi, à cette occasion, un incendie criminel de leurs locaux non encore élucidé.




Télévision : Mots Croisés, Printemps arabe, automne islamiste ?

Je vous recommande de regarder cette émission et de noter que ce sont deux courageuses militantes tunisiennes, Souhayr Belhassen et  Nadia El Fani, qui rappellent à tout le monde, y compris à  Hubert Védrine et à Gérard Longuet, qu’elles se battent pour des valeurs humaines qu’elles considèrent comme  universelles.

Leurs contradicteurs, comme tous les musulmans, tentent de nous expliquer les spécificités et les particularités historiques des uns et des autres et ne manquent pas de nous rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, nous étions aussi comme eux. Autre façon de dire que les musulmans ont un peu de retard, mais que le temps arrangera tout cela. C’est comme si la polygamie,  la répudiation ou le voile intégral avaient jamais fait partie des lois sociales courantes en Europe. Mais leur recours au relativisme n’arrive pas à cacher l’exigence de soumission au diktat du Coran,  de Mahomet, des Ayatollahs et des Cheikhs qui font de la politique au nom de l’islam (c’est à dire de la soumission).

Et c’est toujours à la Liberté et aux femmes que ces porte-paroles d’Allah s’attaquent en premier. L’intervenant en duplex de Tunisie, M Abou Yaareb Marzouki, représentant du parti islamique arrivé en tête des élections, l’a bien confirmé. Il constate qu’il y a deux absolus qui s’affrontent : d’un côté la Liberté et la Laïcité, revendiquées par les deux Tunisiennes présentes sur plateau et, de l’autre, l’absolu de l’obéissance aux préceptes coraniques.

Laïcité Inch'Allah !!

Cette émission montre bien que le combat de Riposte Laïque est bien celui des démocrates et de ces deux femmes Tunisiennes que je tiens à féliciter pour leur courage et pour la clarté de leur engagement.

Bravo Mesdames ! C’est comme ça qu’on voudrait voir toutes les femmes dans le monde arabe et musulman ! Ce sont des femmes comme vous qui donneront enfin naissance à une génération libre, démocrate et respectueuse, non seulement des femmes, de la moitié de l’humanité, mais aussi de l’humanité tout entière, de ses valeurs universelles que le Coran et Mahomet ont toujours bafouées.

Tant qu’il y aura des femmes comme vous, il y aura donc de l’espoir.

Nos deux ministres, invités à cette émission ont été promptes à défendre la très coûteuse intervention de la France en Libye, mais ils ont été incapables d’admettre que la nouvelle situation échappait à tout contrôle et que des risques majeurs se dessinaient dans la région. Ils nous ont prouvé que, finalement, rien n’a changé. En politique arabe, il n’y a absolument aucune divergence entre l’UMP et le PS. Aussi bien Gérard Longuet que Hubert Védrine ont sollicité la patience et la confiance de l’auditoire tout en laissant penser que le temps arrangera bien les choses et que les douches froides n’annoncent nullement un hiver islamique. En attendant, ils sont plutôt disposés à cautionner les régimes islamistes qui sont en train de s’installer en Tunisie, en Libye et en Egypte. Autrement dit, que des autocrates au nom du Ciel s’installent à la place des Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, cela ne changera rien à la politique française. Comme Yves Calvi l’a malicieusement rappelé, Marine Le Pen a bien résumé la situation :  « On a dépensé 300 millions pour établir la charia ». Mais Gérard Longuet ne voulaient pas admettre que le printemps arabe tournait déjà en eau de boudin. Sa réplique se voulait aussi cinglante à l’égard de la présidente du FN : « C’est une provocation stupide, ce qui n’est pas étonnant de sa part ! », preuve qu’il ne lui restait que l’insulte personnelle comme munition.

Quant à Mathieu Guidère qui se présente comme expert, totalement neutre, il a bien décrit la situation actuelle au Nord de l’Afrique. Il a bien résumé le drame de ces peuples, majoritairement musulmans. Il constate, comme je l’ai écrit après un voyage en Tunisie, que « Aujourd’hui, il y a une tendance forte, dans tous ces pays-là, à une revendication identitaire, très forte, pour se revendiquer comme « musulmans », ça s’appelle une identité musulmane. Le fond de la question c’est que tous ces gens-là mettent la loi divine au-dessus de tout autre loi. … Le fond du problème, il est là ! En France, nous mettons la Constitution au-dessus de tout. Dans ces pays-là, une bonne partie de la population, je ne dis pas tout le monde, met le Coran au-dessus de tout.« 

Et là je ne peux que donner raison à Mathieu Guidère, même si je l’ai affublé d’un bonnet d’âne lorsqu’il a osé s’aventurer sur le terrain de la manipulation idéologique pour nous expliquer que Mahomet avait imaginé la polygamie afin de sauver les veuves et les orphelins de la misère !

Mais il n’y a pas mieux que de regarder cette émission, riche de mille autres détails.

Cliquez sur ce lien pour regarder la vidéo de l’émission

MotsCroisés31-10-2011

Pascal Hilout




Le leurre du référendum égyptien

Le référendum du 19 mars 2011 en Égypte a sonné le glas de la révolution du 25 janvier 2011 qui a réussi à écarter un dictateur installé depuis 30 ans.
Ceux qui ont suivi de près le déroulement de ce référendum ont qualifié la journée du 25 janvier comme une journée de festivités de noces qui s’est transformée le 19 mars en convoi de deuil avec l’enterrement de la démocratie, tuant ainsi les espoirs de l’Égypte. Certains ont dit : Ce sont les intelligents qui planifient la révolution, les courageux qui la font et les opportunistes recueillent tous les fruits (1).
 A cause du texte de la Constitution remodelée présenté au référendum, en raison d’un très fort taux d’abstention et enfin en raison des modalités des votes, ce référendum est un leurre. 
Où va l’Égypte après le succès du oui au référendum sur les modifications constitutionnelles : 77% pour le oui et 23% pour le non ? L’enjeu réel et immédiat était celui de l’article 2 de la Constitution qui n’a pas été modifié donnant ainsi un gage aux Frères Musulmans pour les futures consultations. Il stipule : « L’islam est la religion de l’État. La langue arabe est sa langue officielle. La charia musulmane est la source principale des lois. ».
Il faut noter ensuite que 25,7 millions d’électeurs n’ont pas participé au vote. Ce qui représente 58% du corps électoral qui seront l’objet de tous les égards de la part  des forces politiques pour les étapes suivantes. Les 42% de votants ne sauraient représenter le peuple égyptien. D’autant plus que les Frères Musulmans ont vite compris l’enjeu de ce référendum et se sont empressés d’embrigader leurs hommes et de lancer des slogans religieux allant jusqu’à rendre apostats ceux qui voteraient non en les accusant aussi d’être des suppôts d’un plan venant de l’étranger. Ils ont lancé des rumeurs parmi les gens simples : il s’agit d’une guerre pour protéger l’article 2, d’une guerre sainte pour empêcher les coptes d’arriver au pouvoir et même que le président américain est au Caire, depuis trois jours, pour donner le pouvoir aux chrétiens …
Enfin le vote est entaché d’irrégularités. Un témoin oculaire (1) du déroulement du vote a fait plusieurs remarques :
–          « J’étais à peine arrivé dans le bureau que le contrôleur, chargé de relever le numéro national, m’a accueilli en ces termes : « Vous paraissez un honorable citoyen venu voter pour le oui ». Puis il s’est rétracté aussitôt devant mon expression et ma rebuffade ».
–          « Nous avons appris que certains bulletins de vote ne portaient pas le tampon requis … ».
–          « En sortant, nous avons plongé un doigt (n’importe lequel) dans l’encre phosphorescente prévue pour rester sur le doigt pendant plusieurs heures. Or, un simple lavage, dans l’heure qui a suivi, a fait disparaître toute trace de cette encre. Ce qui a sûrement permis à certains de voter dans plusieurs bureaux  … ».
–          « Lors de la déclaration des résultats, le juge responsable a commencé par annoncer la date du jour en citant la datation de l’hégire qui correspond au 19 mars 2011. Est-ce déjà l’état islamique … ? ».
La réponse pourrait être un oui puisqu’on on entend le cheikh salafite égyptien Mohammad Hussein Ya’coub  lancer un appel à la « razzia des urnes » et suggérer aux Coptes (qui sont en fait les égyptiens authentiques) : « Si devenir des zimmis dans votre pays ne vous plait pas émigrez en Amérique ou au Canada … (3)
La révolution du 25 janvier 2011 n’est pas terminée.
 Bernard Dick
(1)  Sâmi al-Masri : http://www.ssrcaw.org/ar/show.art.asp?t=2&aid=251698
(2)  Hishâm Hataté : http://www.ssrcaw.org/ar/shw.art.asp?t=2&aid=251672
(3)  Georges al-Masri : http://www.ssrcaw.org/ar/show.art.asp?t=2&aid=252353




La vipère islamique aux nombreuses têtes

Dans la mythologie grecque ancienne, l’hydre de Lerne abîmait et tuait ceux qui lui barrent la route. Les dieux avaient chargé le héros Hercule de tuer l’hydre. Hercule réussit cette mission. Certainement, les anciens égyptiens ont eu connaissance de ce mythe qui leur a été emprunté par les Hébreux puis par Mahomet qui la lia à l’histoire de Moïse. Moïse avait jeté son bâton qui se transforma en une vipère qui avala toutes les autres vipères des charmeurs de serpents. Malheureusement la vipère de Moïse n’est pas morte avec la mort de son maître : elle a  vécu dans les sables du désert jusqu’en 1928 (1) où elle a resurgi après la chute du califat ottoman (2). Et, en peu de temps, la vipère de Moïse est  devenue un serpent à plusieurs têtes comme l’hydre de Lerne. Elle a fait pousser ses têtes, au début, dans plusieurs pays arabes puis a traversé les continents comme une fusée nucléaire à têtes multiples.
Cette hydre s’est distinguée par le mensonge car l’islam permet le mensonge aux musulmans si c’est dans leur intérêt et dans l’intérêt de l’islam. Il est devenu impossible de saisir cette vipère et tout ce qu’il en émerge de lois et de fatwas car son discours est lisse comme sa peau. Elle peut renier ce qu’elle dit et fait avec la même facilité qu’elle se débarrasse de sa peau. Cette hydre s’est propagée dans 70 pays dans le monde, elle a généré de petites hydres portant des noms différents comme le mouvement Al-Nahda en Tunisie, le Parti de la Justice et de la Bienfaisance au Maroc, le Front Islamique du Salut (FIS) en Algérie, le Hamas à Gaza, le Mouvement Rafah en Turquie et beaucoup d’autres.
La philosophie de cette hydre compte sur deux fondements : coucher dans le même lit que le sultan et traiter avec le diable pour arriver au pouvoir. Naturellement, les mouvements islamiques et leurs cheikhs ont appris cette philosophie et y ont excellé. Si l’on regarde autour de nous, en Orient et en Occident, on trouve que coucher dans le lit du sultan a engendré des prédicateurs de sultans dont le rôle dans la vie, hormis l’accumulation d’argent et l’édification de palais, est d’anesthésier les peuples par des fatwas qui incitent à obéir au sultan et leur déconseillent de se soulever. Dans les quelques semaines qui ont précédé les révoltes de jeunes dans les pays arabes et après la propagation de ces révoltes, les prêcheurs des sultans  rivalisaient dans la publication de fatwas rendant illicite (harâm) la participation à des grèves et à des troubles. Le cheikh Youssef al-Badri, l’un des plus célèbres savants en religion en Égypte a émis une fatwa prononçant comme illicite la participation aux grèves, confirmant que tout participant est dans le péché selon la loi islamique. Et surtout, il a même demandé au président Moubarak de ne pas répondre à toute injonction à la démission provenant de la populace et des personnes sans jugeote (al-Badri a ainsi appelé les incitateurs à la grève). De même, il a conseillé à Moubarak de suivre l’exemple du calife bien guidé Othmane ibn ‘Affâne qui a refusé de quitter le trône quand un groupe d’égyptiens le lui avait demandé. (Al-Shark al-Awsat, 4/05/2008).
Le cheikh  ‘Abd el- ‘Aziz Âl Cheikh, mufti général de l’Arabie Saoudite, président du Comité des grands savants en religion et de la Commission permanente de la Recherche et de l’Ifta’ (3), a qualifié les médias qui « embrigadent » les peuples contre leurs gouvernants d’« ennemis de Dieu » et  d’« hypocrites » qui cherchent à généraliser le désordre entre les gens. Le cheikh ‘Abd el-‘Aziz Âl Cheikh, en répondant à une question de l’auditoire, n’a pas soutenu la participation à des manifestations pacifiques. Il a déclaré : « Je ne vois pas d’utilité à sortir dans des manifestations pacifiques car ce n’est qu’une exaltation temporaire, sans intérêt. Les manifestations ne peuvent engendrer que des hurlements et des cris et elles pourraient conduire à l’indiscipline ». (Al-Shark al-Awsat, 14/01/2009).
La Commission des grands savants en religion et son mufti ont approuvé et ont publié une déclaration rendant illicite les manifestations. Ce manifeste stipulait que l’Arabie Saoudite est fondée sur « le Livre, la Sunna, l’allégeance [au monarque], l’engagement de la communauté et l’obéissance ». La réforme et le conseil ne se font pas par les manifestations, par les moyens et méthodes qui suscitent la sédition et divisent la communauté. C’est ce qui a été décidé par les savants religieux de ce pays, autrefois et récemment, qui ont déclaré illicites toutes manifestations et prononcé des mises en garde.
Ont agi de la même façon les cheiks du Yémen qui se sont donné le nom de « savants du Yémen ». Ils ont émis un mémorandum condamnant comme illicites toutes manifestations et soulèvements contre le gouvernant. Le président Ali Abdallah Saleh les a chargés d’être les intermédiaires entre lui-même et les protestataires. Ils se sont appliqués à cela mais sans succès.
La philosophie des hydres est de déclarer une chose et d’agir en sens contraire. Le cheikh Mohammad al-Saleh al-Hadri, tunisien, ancien membre du mouvement islamique terroriste Al-Nahda, dont il s’est séparé après la révolution du Jasmin pour former un autre parti islamique, a déclaré : « J’ai remarqué pendant plusieurs décades qu’il y a un écart clair entre le dire et le faire. J’avoue qu’il y a des éléments rigoristes dans le mouvement d’Al-Nahda. J’étais parmi ceux qui ont condamné en son temps les opérations d’explosions et les brûlures à l’acide exécutées par le mouvement dans les années 80 et début 90, malgré les dénégations des dirigeants actuels qui ont attribué ces actes à la base qui ne s’est pas conformée à leurs décisions. Cela me paraît impossible car il est bien connu que tous les membres du mouvement Al-Nahda sont disciplinés et n’entreprennent pas de telles opérations sans se référer aux dirigeants ». (Al-Shark al-Awsat, 10/03/2011). Ce Tunisien est un témoin du sérail qui dit que le mouvement a effectué des explosions et a jeté de l’acide sur le visage des femmes non voilées à une période où le cheikh al-Ghannouchi, chef du mouvement Al-Nahda, déclarait que son mouvement était démocratique, qu’il rejetait la terreur et croyait au multipartisme. Et comme cette hydre a plusieurs têtes, une de ses têtes, en Afghanistan, a appliqué les mêmes méthodes que le mouvement Al-Nahda pratiquait en Tunisie et a jeté de l’acide sur le visage des étudiantes dans les écoles.  
Quant à l’Iran, le chef de la police a déclaré que les participants aux marches illégales seront traités durement, qu’ils auront à affronter une justice d’une plus grande fermeté. (Al-Shark al-Awsat, 31/12/2009). Tout récemment, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a lancé une forte attaque contre ceux qu’il qualifie de despotes qui tuent leur peuple avec des armes américaines. Puis il a mentionné les évènements qui se déroulent au Moyen-Orient en insistant sur ces chefs despotes de la région qui tuent les fils de leur patrie avec des armes américaines. (Al-Shark al-Awsat, 01/03/2011). Alors que les manifestants contre le régime iranien sont les ennemis d’Allah  et qu’il est permis de les tuer avec des armes iraniennes, les manifestants des pays arabes sont des héros et il n’est pas permis de les tuer avec des armes américaines. Les têtes de l’hydre prononcent des avis différents.
L’Arabie Saoudite a voté avec la Ligue Arabe la zone d’exclusion aérienne en Libye car le colonel Kadhafi tue son peuple, alors que les soldats saoudiens à Qatif tuent les manifestants qui ont eu le courage de sortir manifester et elle envoie des milliers de soldats, des véhicules blindés à Bahreïn pour aider le roi à mater les manifestants et à les tuer. Les savants du droit islamique nous disent ainsi : « Suivez ce que disent les savants mais ne suivez pas ce qu’ils font ».
L’autre fondement de la philosophie de l’hydre est de traiter avec le diable pour arriver au pouvoir. Le cheikh Hasan el-Banna a lancé son mouvement à la mosquée d’Ismaïlyya construite pour lui par la compagnie anglaise qui gérait le Canal de Suez ; puis le M16, l’organisme des renseignements britannique,  a réussi à avoir un contact avec lui et à l’utiliser, conjointement avec la CIA, pour se débarrasser de Gamal Abdel Nasser et venir à bout du socialisme  et du parti communiste égyptien (The Devil’s Game, Robert Dreyfus, p 47). Ensuite, le roi Fouad puis le roi  Farouk ont demandé son aide contre les mouvements nationalistes qui réclamaient le départ des Anglais. En 1936, lors des manifestations contre les Anglais, les Frères Musulmans lançaient : « Dieu est avec le roi et le peuple avec Zaghloul » (4). Naturellement, la main de Dieu est la plus haute et celui qui est avec Dieu triomphera. En 1937, lors du couronnement du roi Farouk, ce sont les voyous des Frères Musulmans qui assuraient le service d’ordre. Le roi Farouk était généreux financièrement envers Hassan el-Banna qui lui fournissait des informations sur les partis de gauche. El-Banna avait de nombreuses relations avec l’ambassade des États-Unis et l’ambassade de Grande-Bretagne. Les Frères Musulmans ont formé des syndicats ouvriers dont le but primordial était de faire échec aux grèves des syndicats ouvriers de gauche. Dans les années 30 du siècle dernier, les Frères Musulmans ont collaboré avec le parti nazi en Allemagne et ont envoyé le cheikh Amine el-Husseini rencontrer Hitler. Des documents gouvernementaux suisses ont confirmé que Saïd Ramadan (5), le gendre de Hassan el-Banna était un agent des Anglais et des Américains (même référence ci-dessus, p 79). Les Frères Musulmans ont rencontré Norman Darbsheir (6), chef du M16 à Genève, pour organiser une tentative d’assassinat de Nasser. En Iran, la CIA, avec la participation du renseignement britannique a acheté l’allégeance  des mollahs iraniens pour se débarrasser de Mossadegh, le premier ministre du Shah, car il avait des penchants communistes. Il avait nationalisé l’Anglo-Iranian Oil Company. L’homme de la CIA en Iran était l’ayatollah Abou al-Kacem Kachani, le maître de Khomeiny et représentant des Frères Musulmans en Iran. La CIA lui a versé des sommes colossales pour louer des manifestants stipendiés qui sortiraient manifester réclamant que Mossadegh soit  écarté du pouvoir et que revienne le Shah qui avait fui à l’époque (même référence ci-dessus, p 110). Kachani a loué des gens et leur a donné l’ordre de caillasser les mosquées et a prétendu ensuite qu’ils étaient du parti communiste Tudeh afin de déformer l’image des communistes. Quant le Shah a repris son trône, il a acheté l’allégeance des mollahs en les payant généreusement comme le dit Fridoune Oveida, ancien ambassadeur d’Iran aux Nations-Unies.
Les Frères Musulmans d’Égypte, de Gaza et de la Rive Ouest [du Jourdain] ont collaboré avec Menahem Bégin et Ariel Sharon pour combattre le Mouvement de la Libération de la Palestine de tendance gauche. Par la suite, cette collaboration entre les Frères Musulmans et le Mossad a donné naissance au mouvement Hamas sous la direction du cheikh Ahmad Yassine en 1986. Le Hamas, encouragé par le Mossad, a persisté à attaquer les membres de l’organisation Fatah là où ils se trouvaient. Quand l’Intifada palestinienne a commencé en 1987, le Hamas n’y a pas participé. Cela a conduit Yasser Arafat à déclarer que « le Hamas a été créé par Israël qui lui a fourni généreusement de l’argent, lui a ouvert 400 institutions, des écoles, des mosquées et même des universités ». Le 4 juin 1983, les partisans des Frères Musulmans à Gaza ont tué, parce qu’ils étaient partisans du Fatah, au moins 200 étudiants de l’Université Islamique de Gaza.  .
En Afghanistan, la CIA a mis dans son giron un enseignant islamique Ghoulâm Mohammad Niâzi, professeur de théologie à l’Université de Kabul. Elle l’a généreusement payé  pour former un mouvement de la Jeunesse Musulmane, (Muslim Youth). En 1972, Abd al-Rasoul Sayyaf et Hikmatayar Warbani adhérèrent au mouvement, toujours sous l’égide de la CIA. Et enfin, la CIA, par Arabie Saoudite et Pakistan interposés, a créé le Mouvement Taliban, financé par l’Arabie Saoudite.
Alors qu’Israël était et reste toujours l’ennemi numéro 1 de l’Iran, selon la propagande iranienne, Israël était le fournisseur principal en armes de l’Iran de Khomeiny de 1980 à 1987. Israël avait fourni au gouvernement de Khomeiny les noms des membres de la gauche iranienne (même référence ci-dessus, p 274). En 1980, Ahmad Kachani, fils de l’ayatollah Abou al-Kacem Kachani, a visité Israël pour faciliter l’exportation des armes d’Israël vers l’Iran.
Cette hydre à peau lisse, à plusieurs têtes, a déclaré très souvent dans le passé que la démocratie est une hérésie car l’islam possède la Shûra (Conseil des Sages). Un certain nombre de ses têtes considère que les élections sont illicites, tente actuellement de s’enrouler autour des victoires des révolutions des jeunes en Tunisie et en Egypte. En Tunisie, le cheikh Rashed al-Ghannoushi est rentré après plus de 20 ans passés à Londres et a déclaré que le mouvement Al-Nahda croit en la démocratie, qu’il participera aux élections mais qu’il ne présentera personne à la présidentielle. Naturellement, c’est un plan de première étape permettant au mouvement de construire ses bases après les multiples scissions et après la perte de son dirigeant quand Ghannoushi s’enfuit à Londres.
La tête égyptienne a comploté avec le gouvernement des officiers pour restaurer l’ancienne Constitution de façon que les Frères conservent l’article 2 (7). Leur grand chef a déclaré qu’ils soutiennent un gouvernement civil avec une référence islamique. Cela veut dire clairement en arabe que les Frères Musulmans veulent constituer un Conseil Islamique analogue au Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime en Iran, qui impose son avis au Parlement et par conséquent ce Conseil sera le gouverneur réel et le Parlement deviendra une pièce d’une démocratie de façade. S’ils gagnent les élections, leur Parlement pourrait voter une décision de céder au Président de la République ses prérogatives dans la surveillance des institutions de l’état . Pour la première fois dans l’histoire des parlements de l’Iran, depuis la constitution du Majlis al-Shûra National après la révolution du début du siècle dernier, le parlement iranien Majlis al-Shûra Islamique a abandonné l’une de ses obligations légales et ses prérogatives constitutionnelles en faveur de la Guidance du Juriste, en contradiction, selon un député réformateur opposé à cette décision du Parlement, avec « la délégation octroyée par l’électeur aux députés ». Selon la liste 198, remarque 7 du Règlement Intérieur du Parlement, les députés se sont fait voler la responsabilité de surveiller les institutions et les administrations qui  dépendent de la Guidance du Juriste, le chef du pays, l’ayatollah Ali Khamenei. [ … ] (Al-Shark al-Awsat, 12/12/2008). C’est la démocratie à laquelle aspire l’hydre islamique, l’hydre lisse de peau.
Dans une tentative sans espoir pour rassurer les révoltés en Égypte, les Frères Musulmans ont vanté le régime démocratique de Turquie. Ils savaient pertinemment que la Turquie après Atatürk était un état absolument laïque sous l’égide de l’armée et avec une justice libre qui veillaient à sa laïcité jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Erdogan qui a écarté l’institution militaire en l’accusant de comploter contre le système de gouvernement. Puis Erdogan s’est tourné vers la Justice  et a tenté de modifier la Constitution pour empêcher la Justice de regarder les lois édictées par le Parlement. Bientôt la Turquie, dès qu’elle désespèrera d’intégrer la Communauté Européenne, se transformera en un état islamique analogue à l’Iran.
La démocratie et l’hydre de Lerne islamique ne peuvent cohabiter, peu importe les circonstances. Après l’alliance de l’Armée égyptienne avec l’hydre, allons-nous avoir  l’ambition qu’un Hercule apparaisse pour tuer cette hydre à peau lisse et à plusieurs têtes ?
par Kâmel el-Najjar (*)
Traduit de l’arabe par Bernard Dick
L’hydre de Lerne islamique décrite par l’auteur de l’article ci-dessus a appris à voler et à prendre la mer depuis sa sortie du désert en 1928. Ses têtes de pont ont atterri en Occident et tout particulièrement en Europe. En France, l’hydre islamique a trouvé refuge dans la banlieue parisienne et dans  les 750 territoires de non-droit  pris à la République. On la trouve à la Mosquée de Paris où elle a enroulé ses longues  excroissances sur la Mosquée de la capitale de la France. On trouve d’autres têtes portant des noms différents, à l’UOIF, dans les deux-tiers des 2300 mosquées où elle crache son venin sur les jeunes et les moins jeunes qui sont souvent médusés par son discours. On la trouve aussi dans les grandes entreprises, l’administration, les mairies etc… Il lui arrive aussi  de sortir de ses cachettes pour cracher le même venin dès que l’on lui pince la queue lors des réunions sur l’identité nationale, le halal, la polygamie, la laïcité, les prières dans les rues, les débats sur l’islam etc… Reste à la France de trouver son Hercule. Il tarde à sortir du rang pour terrasser l’hydre islamique. S’il tarde trop, on verra l’hydre islamique avaler la République [NDT]
 
Notes du traducteur :
(*)  Kâmel al-Najjar est un penseur, écrivain et chirurgien égyptien. Article publié le 13/03/2011 par le site www.ssrcaw.org (Site des laïques arabes).
(1) 1928 :  fondation des Frères Musulmans en Égypte par Hasan el-Banna
(2) Le califat a été supprimé par Mustafa Kemal Atatürk en 1924
(3) Dar al-Ifta’ : Organisme chargé d’émettre des avis juridiques
(4) Saad Zaghloul (1859-1827) : premier ministre de l’Égypte en 1924
(5) Saïd Ramadan (1926-1995) est le père de Tarek Ramadan
(6) Norman Darbsheir : orthographe transcrite de l’arabe, non vérifiable
(7) Article 2 de la Constitution égyptienne : « L’islam est la religion de l’État. La langue arabe est sa langue officielle. La charia musulmane est la source principale des lois. »

.




L’Italie, l’état d’urgence humanitaire, et les bisounours enragés

Suite à l' »exode biblique » qui a amené sur ses côtes plusieurs milliers de clandestins maghrébins, l’Italie a proclamé l’état d’urgence humanitaire (1).

Ce qu’il faut entendre exactement par ces mots, on ne le sait pas très exactement encore. L’avenir apportera sans doute des précisions. L’expression combine en effet des notions que l’on voit rarement ensemble. La notion d’urgence humanitaire est connue : elle est pratique plus que juridique et se réfère à la nécessité de mettre vite les moyens qu’il faut en face d’une situation dramatique. La notion d’état d’urgence (2) est également connue, mais il s’agit de tout autre chose : il s’agit d’une mesure juridique prise par un gouvernement en cas de péril imminent. Elle autorise des mesures exceptionnelles et même la suspension de certaines libertés fondamentales, sans toutefois bien sur permettre de déroger à certains droits particulièrement importants, comme le droit à la vie ou l’interdiction de la torture.

En associant les deux mots, l’Italie fait bien comprendre que l’arrivée massive d’immigrés soit être traitée sous les deux aspects : en tant qu’urgence humanitaire certes, mais aussi en tant que situation de nature à gravement déstabiliser le pays d’accueil, qui se sent en droit de défendre ses propres équilibres.

D’après le communiqué du gouvernement italien :  » “ cette décision permettra l’adoption immédiate de la part de la Protection civile des mesures nécessaires pour contrôler ce phénomène et prêter assistance aux citoyens en fuite des pays d’Afrique du Nord”.

Les autorités italiennes ont mis en place un pont aérien et utilisé également des ferries pour tenter de désengorger la petite île de Lampedusa, submergée par les clandestins. Les candidats à l’immigration ont ainsi été transportés vers des centres d’identification et d’expulsion en Sicile ou dans le sud de la péninsule.

On comprend par là que l’Italie procède à des expulsions rapides, sans permettre à chaque clandestin de faire jouer les habituelles procédures dilatoires.

Le parti des bisounours enragés l’a bien compris. Le site Youphil a recensé leurs premiers couinements (3) :

Claire Rodier, du réseau Migreurop et du Gisti (5) : «  »L’état d’urgence humanitaire n’existe pas. C’est un terme inventé par l’Italie. Cela ne correspond à rien en droit international, et ce n’est pas non plus une notion juridique en Italie » ; elle soupçonne l’Italie de vouloir « justifier des prises de décisions exceptionnelles, comme l’enfermement des migrants ».

Philippe Lagrange, ancien chercheur : « Décréter un état d’urgence dans un pays permet d’adopter des mesures dérogatoires de droit commun, comme la restriction des libertés. Mais le fonder sur des statuts humanitaires est surprenant! »

François Gemenne, chargé d’études climat et migrations : »L’état d’urgence humanitaire est un mécanisme qui n’existe pas et relève d’une logique de l’informel ».

Slate.fr fait chorus (4).

Nos immigrationnistes déchaînés aimeraient tant que les événements du Maghreb permettent la création d’une pompe aspirante de plus, et l’installation définitive de milliers de migrants en Europe ! Ils cherchent à culpabiliser ceux qui sont sur le pont et qui font face au mieux au déchaînement de la mer et des hommes !

Ah ! les vilains qui ne respectent pas le droit, du moins tel que ces messieurs-dames l’entendent.

En réalité, les situations permettant de déclarer l’état d’urgence ne font l’objet d’aucune liste fermée, et rien n’interdit que l’événement déclencheur soit une crise humanitaire.

En décrétant l’état d’urgence pour motif humanitaire, le gouvernement italien fait preuve de bon sens. Il se donne les moyens d’accueillir ceux qui ont besoin d’un abri temporaire contre les combats, ou qui ont pris imprudemment la mer. Mais il ne s’oblige pas pour autant à tolérer la mise en place d’une nouvelle filière migratoire, qui serait d’autant plus incompréhensible à l’heure où ces pays, nous dit-on, se démocratisent et font rendre gorge à leurs dirigeants prédateurs.

Catherine Ségurane

(1) L’Italie proclame l’état d’urgence humanitaire :

http://www.france-info.com/monde-europe-2011-02-13-l-etat-d-urgence-humanitaire-proclame-en-italie-apres-l-arrivee-de-515404-14-15.html

(2) Wikipedia : l’état d’urgence :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_d’urgence

(3) Youphil : l’état d’urgence humanitaire n’existe pas
http://www.youphil.com/fr/article/03533-l-etat-d-urgence-humanitaire-n-existe-pas-tunisie-italie-lampedusa?ypcli=ano

(4) Slate.fr : l’état d’urgence humanitaire sert à contourner le droit :
http://www.slate.fr/lien/34327/etat-urgence-lampedusa-italie

(5) Le Gisti :
http://www.gisti.org/index.php




L'Italie, l'état d'urgence humanitaire, et les bisounours enragés

Suite à l' »exode biblique » qui a amené sur ses côtes plusieurs milliers de clandestins maghrébins, l’Italie a proclamé l’état d’urgence humanitaire (1).
Ce qu’il faut entendre exactement par ces mots, on ne le sait pas très exactement encore. L’avenir apportera sans doute des précisions. L’expression combine en effet des notions que l’on voit rarement ensemble. La notion d’urgence humanitaire est connue : elle est pratique plus que juridique et se réfère à la nécessité de mettre vite les moyens qu’il faut en face d’une situation dramatique. La notion d’état d’urgence (2) est également connue, mais il s’agit de tout autre chose : il s’agit d’une mesure juridique prise par un gouvernement en cas de péril imminent. Elle autorise des mesures exceptionnelles et même la suspension de certaines libertés fondamentales, sans toutefois bien sur permettre de déroger à certains droits particulièrement importants, comme le droit à la vie ou l’interdiction de la torture.
En associant les deux mots, l’Italie fait bien comprendre que l’arrivée massive d’immigrés soit être traitée sous les deux aspects : en tant qu’urgence humanitaire certes, mais aussi en tant que situation de nature à gravement déstabiliser le pays d’accueil, qui se sent en droit de défendre ses propres équilibres.
D’après le communiqué du gouvernement italien :  » “ cette décision permettra l’adoption immédiate de la part de la Protection civile des mesures nécessaires pour contrôler ce phénomène et prêter assistance aux citoyens en fuite des pays d’Afrique du Nord”.
Les autorités italiennes ont mis en place un pont aérien et utilisé également des ferries pour tenter de désengorger la petite île de Lampedusa, submergée par les clandestins. Les candidats à l’immigration ont ainsi été transportés vers des centres d’identification et d’expulsion en Sicile ou dans le sud de la péninsule.
On comprend par là que l’Italie procède à des expulsions rapides, sans permettre à chaque clandestin de faire jouer les habituelles procédures dilatoires.
Le parti des bisounours enragés l’a bien compris. Le site Youphil a recensé leurs premiers couinements (3) :
Claire Rodier, du réseau Migreurop et du Gisti (5) : «  »L’état d’urgence humanitaire n’existe pas. C’est un terme inventé par l’Italie. Cela ne correspond à rien en droit international, et ce n’est pas non plus une notion juridique en Italie » ; elle soupçonne l’Italie de vouloir « justifier des prises de décisions exceptionnelles, comme l’enfermement des migrants ».
Philippe Lagrange, ancien chercheur : « Décréter un état d’urgence dans un pays permet d’adopter des mesures dérogatoires de droit commun, comme la restriction des libertés. Mais le fonder sur des statuts humanitaires est surprenant! »
François Gemenne, chargé d’études climat et migrations : »L’état d’urgence humanitaire est un mécanisme qui n’existe pas et relève d’une logique de l’informel ».
Slate.fr fait chorus (4).
Nos immigrationnistes déchaînés aimeraient tant que les événements du Maghreb permettent la création d’une pompe aspirante de plus, et l’installation définitive de milliers de migrants en Europe ! Ils cherchent à culpabiliser ceux qui sont sur le pont et qui font face au mieux au déchaînement de la mer et des hommes !
Ah ! les vilains qui ne respectent pas le droit, du moins tel que ces messieurs-dames l’entendent.
En réalité, les situations permettant de déclarer l’état d’urgence ne font l’objet d’aucune liste fermée, et rien n’interdit que l’événement déclencheur soit une crise humanitaire.
En décrétant l’état d’urgence pour motif humanitaire, le gouvernement italien fait preuve de bon sens. Il se donne les moyens d’accueillir ceux qui ont besoin d’un abri temporaire contre les combats, ou qui ont pris imprudemment la mer. Mais il ne s’oblige pas pour autant à tolérer la mise en place d’une nouvelle filière migratoire, qui serait d’autant plus incompréhensible à l’heure où ces pays, nous dit-on, se démocratisent et font rendre gorge à leurs dirigeants prédateurs.
Catherine Ségurane
(1) L’Italie proclame l’état d’urgence humanitaire :
http://www.france-info.com/monde-europe-2011-02-13-l-etat-d-urgence-humanitaire-proclame-en-italie-apres-l-arrivee-de-515404-14-15.html
(2) Wikipedia : l’état d’urgence :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_d’urgence
(3) Youphil : l’état d’urgence humanitaire n’existe pas
http://www.youphil.com/fr/article/03533-l-etat-d-urgence-humanitaire-n-existe-pas-tunisie-italie-lampedusa?ypcli=ano
(4) Slate.fr : l’état d’urgence humanitaire sert à contourner le droit :
http://www.slate.fr/lien/34327/etat-urgence-lampedusa-italie
(5) Le Gisti :
http://www.gisti.org/index.php




L’armée égyptienne lâche Moubarak, pour le meilleur, ou pour le pire ?

Les militaires viennent de destituer Hosni Moubarak  pour reprendre le contrôle d’une  situation qui devenait dangereuse  pour  la sécurité intérieure et la stabilité du pays, après  les manifestations  historiques  de tout un peuple révolté, après 30 ans d’un pouvoir sans partage, ce, avec l’appui des pays occidentaux  , qui ont toujours considéré  cette région  du Monde, comme étant stratégique pour leurs intérêts vitaux.

La presse occidentale et les réactions des grandes puissances, après la démission de Moubarak, accompagnent la révolution des masses égyptiennes avec  espoir et inquiétude, sans savoir ce qu’il va se passer dans cette période de transition incertaine et des  plus périlleuse.

Nous avons vu manifester  côte à côte, des laïcs, des chrétiens, des musulmans, et la jeunesse de la bourgeoisie cairote, dont les aspirations  sont de facto antagonistes et  pourraient conduire dans les mois qui viennent à des réveils douloureux  pour le peuple égyptien.

Ces forces opposées se sont unies  pour renverser un régime corrompu incarné  par un despote Hosni Moubarak, qui s’est enrichi  au détriment de ses citoyens.  La fortune de Moubarak s’élèverait  à 70 milliards de dollars US, selon des experts du Moyen Orient.

La misère, l’effondrement du pouvoir d’achat,  la paupérisation de la classe moyenne, la confiscation des libertés, la torture,  l’emprisonnement des opposants ont été les raisons essentielles de la révolte de ce peuple.

Néanmoins, Il ne faudrait pas oublier que la religion principale en Egypte est l’islam.

L’aspiration des égyptiens à l’instauration d’une véritable démocratie ne se fera pas sans problème car pour moi l’islam n’est pas compatible avec la démocratie et nous voyons lors des manifestations l’emprise des religieux. Regardez les images des manifestants à genoux lors des prières pour vous en persuader.

Pour s’en convaincre, il suffit de s’en remettre aux réactions des mouvements extrémistes de cette région explosive :

Les Frères musulmans de Jordanie: « Le départ de Moubarak est intervenu grâce à la volonté du grand peuple égyptien et est le résultat de l’injustice et de la corruption ». « Ce départ doit être une leçon pour beaucoup de régimes arabes qui suivent les mêmes méthodes contre leurs peuples » (Déclaration à l’AFP du porte-parole de la confrérie, Jamil Abou Bakr).

Le Hezbollah libanais: « Le Hezbollah félicite le grand peuple d’Egypte pour cette victoire historique et honorable, résultat direct de leur révolution pionnière ». « C’est l’unité du peuple pendant cette révolution, femmes et hommes, enfants et adultes, qui a marqué le triomphe du sang sur l’épée ». « Le Hezbollah est empli de fierté devant les réalisations de la révolution égyptienne ». Le mouvement a annoncé qu’il organisait « des célébrations populaires massives pour marquer la victoire du peuple égyptien » et appelé les Libanais à se rassembler sur une rue principale de la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah. (Communiqué)
Le Qatar a déclaré « respecter la volonté et le choix du peuple égyptien ». « Le transfert du pouvoir au conseil suprême des forces armées est un pas positif important sur la voie de la réalisation des aspirations du peuple égyptien ».  « Le Qatar exprime son respect pour la volonté du peuple égyptien et ses choix ». (Communiqué du palais de l’émir)

L’Iran : « Ce que la grande nation égyptienne a obtenu, par sa volonté, malgré la résistance (…) des responsables qui dépendaient des grandes puissances, est une grande victoire ». « Nous espérons qu’en continuant sur ce chemin, toutes les demandes historiques des Egyptiens seront réalisées », (déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, à la chaîne de télévision iranienne arabophone Al-Alam).

Contrairement aux réactions des Occidentaux  qui demandent une transition pacifique et l’organisation d’élections libres et transparentes , il est à craindre que  ces élections  soient l’occasion pour les frères musulmans, principale force d’opposition au régime actuel, de s’installer durablement dans le paysage politique et d’instaurer un régime islamique, comme en Iran.

Les frères musulmans n’ont jamais abandonné leur dessein d’imposer dans leur pays un islam rigoriste, bien qu’ils aient changé depuis quelques temps leur image pour ne pas effrayer les égyptiens et prendre le pouvoir sans trop de violence.

En novembre 2007, les frères musulmans avaient décrété  tout de même que les coptes et les femmes n’étaient pas assez qualifiés pour être Président de la République.

Le mouvement des frères musulmans est une organisation panislamique, qui a des ramifications dans la plupart des pays à majorité musulmane, ainsi que dans de nombreux pays à minorité musulmane (l’UOIF en France par exemple). Ils sont présents  en Algérie, en Arabie Saoudite, en  Irak,  en  Jordanie, en Palestine, en Syrie.

La crédulité des occidentaux est déconcertante et nous prouve, qu’ils n’ont pas conscience des événements  qui se produisent dans le Monde arabe et  qui pourraient provoquer à terme le choc de civilisation (thèse défendue par Samuel Huntington), si ces mouvements extrémistes religieux venaient à  se substituer aux oligarchies soutenues actuellement par les pays développés.

Pour se faire une idée des embûches que l’Egypte devra surmonter pour imposer une réelle démocratie, il est essentiel de rappeler quelles sont les conditions des femmes de nos jours en Egypte.

La place de la femme égyptienne, au sein de toutes les dynasties qui ont régné, a toujours été celle d’une procréatrice, donnant naissance à des demi-dieux pour les besoins pharaoniques de leur époux.

Sans réelle place dans la société égyptienne, elle n’avait pour mission que de donner naissance à la descendance directe du Pharaon. S’il lui était impossible d’honorer ce rôle, il était transmis à une autre femme, de la famille royale, choisie par l’époux. Des millénaires ont passé, mais le fardeau d’une telle démesure n’a-t-il pas laissé quelques traces dans la conscience collective d’un pays à la lourde et flamboyante histoire ?

En tout état de cause, la condition humaine et le respect de ses droits n’est pas encore la priorité dans l’esprit des gouvernements successifs jusqu’ à  la chute de Moubarak. Un peu comme si les élus naviguaient encore entre ciel et terre et qu’ils considéraient les êtres humains de haut et sans trop de compassion. Des sortes d’esclaves tenus au silence et au service du pouvoir en place, fut-il divin ou pas !

La pratique barbare de l’excision, plus connue sous le terme de Mutilation Génitale Féminine est une réalité aberrante et barbare. L’Egypte compte parmi les pays où cette tradition fait le plus de victimes au monde. Le nombre de femmes circoncises est alarmant.

Il faut savoir également que le pays s’est réislamisé, et les égyptiens sont plus nombreux qu’il y a trente ans, à observer le jeûne du Ramadan et les filles à porter le voile. Pour  que les femmes  puissent se soustraire à ces pratiques archaïques,  il faudrait que le pays se démocratise et ce n’est pas  gagné d’avance, tant les résistances des islamistes seront grandes pour accepter une réelle émancipation de la femme musulmane.

Bien que la confrérie soit traversée par des courants divers (« libéraux » ou tendance salafiste) rien ne dit que cela ne sera pas la tendance radicale qui prendra le dessus pour imposer sa ligne politique dure et intransigeante.

Si des élections libres étaient organisées en Egypte Les frères musulmans feraient entre  30 et 40% des voix ce qui augure mal d’une ouverture du pays à une véritable démocratie à l’occidentale.

Ce qui sortira de cette révolution surprenante et complexe, personne ne peut y répondre, mais elle  pourrait déboucher sur  une  autre dictature oh combien plus dévastatrice, l’arrivée au pouvoir des islamistes et l’instauration de la Charia avec tous ses préceptes et ses pratiques ancestrales. Nul ne le sait,  mais, nul ne peut prétendre que le danger n’existe pas en Egypte.

La seule inconnue reste l’armée, soutenue financièrement par les Etats Unis et garante du traité de paix signé en 1979 avec Israël.  Comment va-t-elle gérer cette transition ? Ira –t–elle jusqu’au bout du processus de démocratisation du Pays ?

La chute de Moubarak, bien qu’elle soit légitime pour le peuple égyptien, ne lui ouvre pas pour autant les portes de la liberté et de la démocratie.

Le pays est à reconstruire et  les incertitudes demeurent sur l’issue de cette révolution pour le moment pacifique.

En effet  la situation économique et sociale de l’Egypte est très difficile, elle est sortie de la misère pour rentrer dans la pauvreté.

Le revenu mensuel par famille va de 300 livres égyptiennes , à 3 000 livres (1), à 30.000 livres, à 300.000 livres, à 3.000.000 livres et à 30.000.000 par mois. Il y a des gens qui touchent 300 livres par mois et qui doivent vivre avec ça! Ce décalage entre une population excessivement riche et une autre excessivement pauvre, n’avait pas déclenché   de révolte  jusqu’à ces derniers jours, parce que le peuple Egyptien semblait  résigné par nature, excepté pour une toute petite minorité d’intellectuels de gauche ou alors d’extrémistes islamistes qui vont vouloir  récupérer l’insatisfaction générale au profit de leur slogan et de leur idéologie.

Les prochains mois seront déterminants et pourraient encore nous révéler des surprises.

Toute révolution ne mène pas forcément à la libération d’un peuple, elle peut lui être confisquée, sans qu’il puisse en comprendre la portée et les conséquences pour son avenir.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog :

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/




L'armée égyptienne lâche Moubarak, pour le meilleur, ou pour le pire ?

Les militaires viennent de destituer Hosni Moubarak  pour reprendre le contrôle d’une  situation qui devenait dangereuse  pour  la sécurité intérieure et la stabilité du pays, après  les manifestations  historiques  de tout un peuple révolté, après 30 ans d’un pouvoir sans partage, ce, avec l’appui des pays occidentaux  , qui ont toujours considéré  cette région  du Monde, comme étant stratégique pour leurs intérêts vitaux.
La presse occidentale et les réactions des grandes puissances, après la démission de Moubarak, accompagnent la révolution des masses égyptiennes avec  espoir et inquiétude, sans savoir ce qu’il va se passer dans cette période de transition incertaine et des  plus périlleuse.
Nous avons vu manifester  côte à côte, des laïcs, des chrétiens, des musulmans, et la jeunesse de la bourgeoisie cairote, dont les aspirations  sont de facto antagonistes et  pourraient conduire dans les mois qui viennent à des réveils douloureux  pour le peuple égyptien.
Ces forces opposées se sont unies  pour renverser un régime corrompu incarné  par un despote Hosni Moubarak, qui s’est enrichi  au détriment de ses citoyens.  La fortune de Moubarak s’élèverait  à 70 milliards de dollars US, selon des experts du Moyen Orient.
La misère, l’effondrement du pouvoir d’achat,  la paupérisation de la classe moyenne, la confiscation des libertés, la torture,  l’emprisonnement des opposants ont été les raisons essentielles de la révolte de ce peuple.
Néanmoins, Il ne faudrait pas oublier que la religion principale en Egypte est l’islam.
L’aspiration des égyptiens à l’instauration d’une véritable démocratie ne se fera pas sans problème car pour moi l’islam n’est pas compatible avec la démocratie et nous voyons lors des manifestations l’emprise des religieux. Regardez les images des manifestants à genoux lors des prières pour vous en persuader.
Pour s’en convaincre, il suffit de s’en remettre aux réactions des mouvements extrémistes de cette région explosive :
Les Frères musulmans de Jordanie: « Le départ de Moubarak est intervenu grâce à la volonté du grand peuple égyptien et est le résultat de l’injustice et de la corruption ». « Ce départ doit être une leçon pour beaucoup de régimes arabes qui suivent les mêmes méthodes contre leurs peuples » (Déclaration à l’AFP du porte-parole de la confrérie, Jamil Abou Bakr).
Le Hezbollah libanais: « Le Hezbollah félicite le grand peuple d’Egypte pour cette victoire historique et honorable, résultat direct de leur révolution pionnière ». « C’est l’unité du peuple pendant cette révolution, femmes et hommes, enfants et adultes, qui a marqué le triomphe du sang sur l’épée ». « Le Hezbollah est empli de fierté devant les réalisations de la révolution égyptienne ». Le mouvement a annoncé qu’il organisait « des célébrations populaires massives pour marquer la victoire du peuple égyptien » et appelé les Libanais à se rassembler sur une rue principale de la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah. (Communiqué)
Le Qatar a déclaré « respecter la volonté et le choix du peuple égyptien ». « Le transfert du pouvoir au conseil suprême des forces armées est un pas positif important sur la voie de la réalisation des aspirations du peuple égyptien ».  « Le Qatar exprime son respect pour la volonté du peuple égyptien et ses choix ». (Communiqué du palais de l’émir)
L’Iran : « Ce que la grande nation égyptienne a obtenu, par sa volonté, malgré la résistance (…) des responsables qui dépendaient des grandes puissances, est une grande victoire ». « Nous espérons qu’en continuant sur ce chemin, toutes les demandes historiques des Egyptiens seront réalisées », (déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, à la chaîne de télévision iranienne arabophone Al-Alam).
Contrairement aux réactions des Occidentaux  qui demandent une transition pacifique et l’organisation d’élections libres et transparentes , il est à craindre que  ces élections  soient l’occasion pour les frères musulmans, principale force d’opposition au régime actuel, de s’installer durablement dans le paysage politique et d’instaurer un régime islamique, comme en Iran.
Les frères musulmans n’ont jamais abandonné leur dessein d’imposer dans leur pays un islam rigoriste, bien qu’ils aient changé depuis quelques temps leur image pour ne pas effrayer les égyptiens et prendre le pouvoir sans trop de violence.
En novembre 2007, les frères musulmans avaient décrété  tout de même que les coptes et les femmes n’étaient pas assez qualifiés pour être Président de la République.
Le mouvement des frères musulmans est une organisation panislamique, qui a des ramifications dans la plupart des pays à majorité musulmane, ainsi que dans de nombreux pays à minorité musulmane (l’UOIF en France par exemple). Ils sont présents  en Algérie, en Arabie Saoudite, en  Irak,  en  Jordanie, en Palestine, en Syrie.
La crédulité des occidentaux est déconcertante et nous prouve, qu’ils n’ont pas conscience des événements  qui se produisent dans le Monde arabe et  qui pourraient provoquer à terme le choc de civilisation (thèse défendue par Samuel Huntington), si ces mouvements extrémistes religieux venaient à  se substituer aux oligarchies soutenues actuellement par les pays développés.
Pour se faire une idée des embûches que l’Egypte devra surmonter pour imposer une réelle démocratie, il est essentiel de rappeler quelles sont les conditions des femmes de nos jours en Egypte.
La place de la femme égyptienne, au sein de toutes les dynasties qui ont régné, a toujours été celle d’une procréatrice, donnant naissance à des demi-dieux pour les besoins pharaoniques de leur époux.
Sans réelle place dans la société égyptienne, elle n’avait pour mission que de donner naissance à la descendance directe du Pharaon. S’il lui était impossible d’honorer ce rôle, il était transmis à une autre femme, de la famille royale, choisie par l’époux. Des millénaires ont passé, mais le fardeau d’une telle démesure n’a-t-il pas laissé quelques traces dans la conscience collective d’un pays à la lourde et flamboyante histoire ?
En tout état de cause, la condition humaine et le respect de ses droits n’est pas encore la priorité dans l’esprit des gouvernements successifs jusqu’ à  la chute de Moubarak. Un peu comme si les élus naviguaient encore entre ciel et terre et qu’ils considéraient les êtres humains de haut et sans trop de compassion. Des sortes d’esclaves tenus au silence et au service du pouvoir en place, fut-il divin ou pas !
La pratique barbare de l’excision, plus connue sous le terme de Mutilation Génitale Féminine est une réalité aberrante et barbare. L’Egypte compte parmi les pays où cette tradition fait le plus de victimes au monde. Le nombre de femmes circoncises est alarmant.
Il faut savoir également que le pays s’est réislamisé, et les égyptiens sont plus nombreux qu’il y a trente ans, à observer le jeûne du Ramadan et les filles à porter le voile. Pour  que les femmes  puissent se soustraire à ces pratiques archaïques,  il faudrait que le pays se démocratise et ce n’est pas  gagné d’avance, tant les résistances des islamistes seront grandes pour accepter une réelle émancipation de la femme musulmane.
Bien que la confrérie soit traversée par des courants divers (« libéraux » ou tendance salafiste) rien ne dit que cela ne sera pas la tendance radicale qui prendra le dessus pour imposer sa ligne politique dure et intransigeante.
Si des élections libres étaient organisées en Egypte Les frères musulmans feraient entre  30 et 40% des voix ce qui augure mal d’une ouverture du pays à une véritable démocratie à l’occidentale.
Ce qui sortira de cette révolution surprenante et complexe, personne ne peut y répondre, mais elle  pourrait déboucher sur  une  autre dictature oh combien plus dévastatrice, l’arrivée au pouvoir des islamistes et l’instauration de la Charia avec tous ses préceptes et ses pratiques ancestrales. Nul ne le sait,  mais, nul ne peut prétendre que le danger n’existe pas en Egypte.
La seule inconnue reste l’armée, soutenue financièrement par les Etats Unis et garante du traité de paix signé en 1979 avec Israël.  Comment va-t-elle gérer cette transition ? Ira –t–elle jusqu’au bout du processus de démocratisation du Pays ?
La chute de Moubarak, bien qu’elle soit légitime pour le peuple égyptien, ne lui ouvre pas pour autant les portes de la liberté et de la démocratie.
Le pays est à reconstruire et  les incertitudes demeurent sur l’issue de cette révolution pour le moment pacifique.
En effet  la situation économique et sociale de l’Egypte est très difficile, elle est sortie de la misère pour rentrer dans la pauvreté.
Le revenu mensuel par famille va de 300 livres égyptiennes , à 3 000 livres (1), à 30.000 livres, à 300.000 livres, à 3.000.000 livres et à 30.000.000 par mois. Il y a des gens qui touchent 300 livres par mois et qui doivent vivre avec ça! Ce décalage entre une population excessivement riche et une autre excessivement pauvre, n’avait pas déclenché   de révolte  jusqu’à ces derniers jours, parce que le peuple Egyptien semblait  résigné par nature, excepté pour une toute petite minorité d’intellectuels de gauche ou alors d’extrémistes islamistes qui vont vouloir  récupérer l’insatisfaction générale au profit de leur slogan et de leur idéologie.
Les prochains mois seront déterminants et pourraient encore nous révéler des surprises.
Toute révolution ne mène pas forcément à la libération d’un peuple, elle peut lui être confisquée, sans qu’il puisse en comprendre la portée et les conséquences pour son avenir.
Fabrice LETAILLEUR
Voir son blog :
http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/