Tahar Ben Jelloun, en voulant exonérer l’islam, tu nous mens et te discrédites …

Publié le 1 octobre 2014 - par - 1 869 vues
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Tahar Ben Jelloun, tu sévis régulièrement pour exonérer l’islam de toute responsabilité dans les exactions barbares islamistes. A l’image de tous ces prosélytes, imams ou autres, qui défilent dans tous les canaux médiatiques, pour claironner l’islam, religion d’amour, de tolérance, etc.

L’assassinat du Français Hervé Gourdel, dans la pure tradition mahométane, est l’occasion de l’émergence d’un dégoût et surtout d’une colère exprimée enfin par certains Français, qui ne sont plus décidés à endosser le rôle du gentil mouton. Même l’envoyé du Monde dans le village où officiait ce guide de montagne n’a pu que rapporter les propos d’exaspération entendus : « Oui, ils se disent tous d’accord pour que les frappes aériennes de la coalition redoublent. Mais certains vont au-delà, et laissent percer une amertume et une défiance à l’égard d’immigrés musulmans, accusés de saboter la France de l’intérieur tout en en profitant. »

Tahar, percevant la montée de cette exaspération, tu as donc pris ta plus belle plume offerte régulièrement par le Point pour nous refaire le coup du « l’islamisme, ce n’est pas l’islam ». Et là pour le coup, Tahar, tu ne perds pas de temps. Ton service compassion est réduit à son strict minimum, pour ne pas dire au vide. La première phrase de ton texte évoque la victime comme « un innocent » et … c’est tout. Rien pas d’émotion, pas de sentiment exprimé.

Directement tu attaques bille en tête ta seule préoccupation : sauvegarder la réputation de l’islam. Tu vois, Tahar, c’est très maladroit de ta part. Car tu dégages l’impression que tu réagis en croyant musulman et non en citoyen français inquiet des attaques contre son pays ; pourtant, même si on sait que l’écrasante majorité des victimes de l’islamisme sont habituellement des musulmans, Hervé Gourdel a été assassiné parce que Français et infidèle. Et les Français ne s’y trompent pas, se sentant visés par cette barbarie.

Tu nous confirmes cette impression dans ton entretien avec Jean-Jacques Bourdin. Tu le débutes en récidivant que « ce qui arrive fait terriblement mal au monde musulman », et accessoirement à l’Europe et aux démocraties. Ta hiérarchisation, islam d’abord – France ensuite, n’a d’équivalent que chez quelques nostalgiques de l’Ancien Régime qui privilégient le christianisme à la République. Pas très républicain cela. Et c’est d’une impudence de mauvais aloi, alors que les parents et les amis d’Hervé Gourdel sont toujours plongés dans la souffrance.

chez Bourdin

chez Bourdin

Comme tu l’as vu, on va se tutoyer Tahar, et en fait s’adresser plutôt directement à toi, ce sera plus pratique. Autant se dire les choses en face. Après tout, on est plusieurs à avoir lu certains de tes livres et tu es sans doute un humaniste, mais pas mal paumé par le conditionnement que tu as subi pour faire de toi un bon croyant musulman. Tu es resté le « fils digne » à ton papa qui t’avait solennellement convoqué : « Mes fils, vous êtes nés dans l’islam, vous devez obéissance à vos parents et à Dieu. […] À vous d’être des fils dignes » (1).

Alors on va s’adresser à ta part humaniste et rationnelle. On a beau être islamophobe, on est des démocrates, Tahar, contrairement à ce que les préjugés mal intentionnés répandent. C’est justement pour défendre la démocratie qu’on est rentré dans le militantisme anti-islam. On est des amoureux des débats, débats sans concessions certes, mais des débats où on se dit tout. On n’a pas le couteau entre les dents pour se faire des musulmans. Cela, c’est le fait des islamistes.

Or se dire les choses en face. C’est ce qui manque dans ce pays. Et quand les gens sont dans l’incapacité de dire ce qu’ils ressentent vraiment, cela finit toujours par exploser. On a tous vu, et toi aussi, ce que cela peut donner dans des pays musulmans. Et un des premiers griefs des anti-islam, terme plus approprié qu’islamophobe, c’est justement que la libre critique à l’égard de l’islam est entravée, ce qui contrevient à la libre expression si chère au Français. Le Français, « naturellement » gueulard, perçoit bien alors qu’on veut altérer celle-ci. Tahar, es-tu prêt à dialoguer avec un anti-islam, comme tu le ferais avec tout opposant politique ?

En tout cas, Tahar, tu vas être obligé de lire ici plusieurs vérités. Et si tu ne les lis pas maintenant, tu finiras tôt ou tard par les entendre, parce qu’on est des millions à les partager, même si bien peu pour le moment osent les exprimer à haute voix dans l’espace public.

Pour commencer, Tahar, il va falloir arrêter avec ce recours usé à la dénonciation des amalgames. Cela ne marche plus. Tout le monde sait effectivement que ces djihadistes ne sont pas musulmans, mais que ce sont des bouddhistes, des chrétiens ou des athées. Tu ne ris pas ?

Oui, tu ne peux rire, car au fond, tu sais que ce sont des musulmans. Dans ton livre catéchiste, « L’islam expliqué aux enfants », tu rappelles que respecter les 5 piliers de l’islam (profession de foi, 5 prières quotidiennes, aumône, jeûne du ramadan, pèlerinage à La Mecque) fait de toi un musulman.

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De plus tu nous rappelles dans ton livre, comme l’avait fait ton père, que l’on naît musulman. Terrible essentialisme et terrible déterminisme, auxquels le dogme coranique interdit toute échappatoire, l’apostasie étant punie de mort. Où est ta part humaniste dans cette façon de penser ? « On ne naît pas homme, on le devient. » Que fais-tu de cette maxime qui sert de ligne de conduite pour tout humaniste qui se respecte ? Pourtant à force de nous ressasser que le coran est difficile à comprendre, et que les islamistes ne le comprennent pas, ce qui n’est pas étonnant tellement ce bouquin est bourré de contradictions et de paradoxes indénouables, il devrait s’imposer « on ne naît pas musulman, on le devient ».

Il serait bon également Tahar de ne pas confondre un espace à vocation publique, comme un studio de radio-tv, avec une mosquée. En effet évoquer Mahomet comme « LE prophète », The, l’unique, est un manque manifeste de politesse. En France, tu évites d’imposer à autrui tes lubies religieuses. Tout croyant chrétien évoquant Jésus aura la courtoisie de ne pas nous imposer l’expression « le » Fils de Dieu. Eh oui, Tahar, c’est cela aussi la République, c’est ne pas nous marteler une propagande religieuse.

Tahar, tu n’as pas pu t’empêcher de recourir à l’habituelle victimisation des musulmans. Eh oui, dis-tu à Bourdin, l’origine de cette poussée d’islamisme a pour origine l’intervention américaine en Irak, en 2003. C’est sûr qu’elle n’a rien arrangé. Mais soyons sérieux, Tahar. Ce fondamentalisme est inhérent à l’islam. Constamment et régulièrement tout au long de l’histoire de l’aire musulmane, il y eut ces poussées de fièvre. D’où viennent les mouvements al-Mourabit, almohades et wahabbite, d’après toi ? Et on ne parlera pas des autres. Et plus récemment, la guerre civile en Algérie, dans les années 90, opposant les islamistes au FLN, ça doit être aussi la faute aux méchants Français colonialistes, c’est ça hein !

Traiter comme tu le fais ces djihadistes de « trafiquants », d’ « assassins », de « gangsters », de « voyous », n’exonérera pas pour autant l’islam de sa dangerosité. Oublierais-tu, Tahar, qu’une grande partie des SA et des SS, endossaient également l’emploi de ces qualificatifs. Pour autant, personne n’aurait eu l’idée d’affirmer, qu’ils agissaient indépendamment d’une doctrine totalitaire qui leur permit de justifier l’indéfendable. Toute exaction commise a besoin d’être alléguée, même par le plus odieux des criminels. Et là, les islamistes peuvent alléguer du coran, contrairement à ce que tu dis. Toute relégation sociale n’aboutit pas à l’épanchement de pulsions sadiques, sauf à valoir d’un blanc-seing accordé par une idéologie mortifère.

Cette façon de détourner notre attention ne marche donc pas, Tahar. Tu nous rappelles que l’Europe est menacée, puisque l’Etat islamique a l’intention d’envoyer des djihadistes porter la terreur à leur retour en Europe. En fait, rien de nouveau. C’était déjà le dessein de Mahomet, interrompu dans ses préparatifs, par sa mort en 632. En 629, il avait envoyé une troupe de combattants musulmans à Mu’tah, en territoire byzantin. En 630, Mahomet, dirige une force de plus de 30 000 hommes au nord de Tabuk. Le travail sera achevé après sa mort. En 640, la conquête de la Mésopotamie byzantine est achevée par les musulmans.

Alors, Tahar, quand tu écris qu’il n’y a « nulle trace de cette barbarie ni dans les textes ni dans l’esprit de l’islam », tu te discrédites aux yeux de ceux qui ont lu des biographies de Mahomet. C’est sûr que face au pauvre Bourdin, qui ne prend pas le temps de s’instruire des réalités historiques de l’islam, c’est plus facile. Mais comme on te le disait, ce sera de moins en moins facile, les gens s’informant de plus en plus des paroles et des actes du GO, gentil organisateur de l’islam, Mahomet.

Pour ton bien, fais attention Tahar, évite aussi les lapsus. Quand tu dis que les djihadistes sont partis en Irak et en Syrie « pour de bonnes et de mauvaises raisons ». Tu as corrigé, certes, mais cela ne fait pas bon effet. Voyons Tahar, parler de bonnes raisons !?! On espère que tu ne pensais pas à ces désirs de conquête de Mahomet.

« Le monde arabe s’enfonce dans une décadence et une régression dont on ne voit pas la fin ». Eh oui. Pourtant, il n’y a aucune fatalité à cela, Tahar. Au début du XX° siècle, un homme avait fait un grand travail d’introspection pour déterminer les raisons de la décadence de l’empire ottoman. Il s’appelait Mustafa Kemal Atatürk. Il avait eu l’honnêteté et surtout le courage de reconnaitre en l’islam, « cette théologie absurde d’un bédouin immoral ». La naissance de la Turquie et la sortie du califat, qui suivirent, ont permis à ce pays d’échapper à tous les tourments qui ont meurtri les pays arabes enfoncés toujours autant dans leurs stériles bondieuseries (2).

Alors, interroge-toi, Tahar, au lieu de défendre tes bondieuseries.

Jean Pavée

(1) Tahar BEN JELLOUN « L’islam expliqué aux enfants » © éditions du Seuil, 2002
(2) En espérant que la régression actuelle menée par Erdogan et ses islamistes ne sera pas funeste pour la Turquie.

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