Tandis que les Tunisiens rejettent la charia chez eux, elle s’étend en France

Publié le 28 octobre 2014 - par - 2 558 vues
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Bien que menacés d’attaques terroristes islamistes durant le scrutin électoral qui aura nécessité pas moins de 80 000 policiers pour assurer leur sécurité, les Tunisiens de Tunisie ont enfin repris leurs esprits en rejetant majoritairement un parti représentant l’obscurantisme de la charia qu’ils ont subi durant ces trois dernières années.

Pendant ce temps en France ceux qui en appellent à un islamisme aux bienfaits très largement fantasmés, inconscients de la chance qu’ils ont de ne pas le subir contrairement à leurs frères restés au pays, font grise mine.

Tweet-Nidaa-Tounes

Cependant, même à l’étranger les différentes diasporas ont voté en faveur de Nidaa Tounès, le parti laïque proche des idées du « combattant suprême » Habib Bourguiba, l’homme qui en 1956 avait interdit la polygamie alors que les autres membres de la Ligue Arabe y étaient favorables, et qui a rehaussé le statut des femmes dans la société tunisienne, supprimant en prime les tribunaux de la charia.

Le taux de participation tourne autour des 61,8% et 29% pour l’étranger, 42% dans la circonscription de la France du nord qui va de « Clermont-Ferrand à Dunkerque et jusqu’à la frontière allemande », et 25% pour la France du sud. Nidaa Tounes a remporté plus de 80 sièges contre 67 sièges pour le parti islamiste Ennahda.

Ennahda a été très largement sanctionné pour son incapacité à relancer l’économie, avec une dette intérieure et extérieure, un fort déficit des entreprises publiques, un chômage élevé dans certaines régions, mais aussi pour ses accointances avec les islamistes. Les joies du tout islam ont vécu. On se souviendra des assassinats par les islamistes des opposants Chokri Belaid et Mohamec Brahmi notamment.

Le site Kapitalis rappelle l’influence toxique et hypocrite des Européens et des Américains dans le soutien des frères islamistes désignés comme porteurs de modération et de dialogue, les fameux « islamistes modérés », une appellation loufoque dont nous rions encore !  La réalité c’est que ce parti, durant ses trois années de pouvoir, n’a été que l’expression d’un sectarisme religieux répressif.

Représentante de la circonscription de la France nord repérée cet été par le parti Ennahda prônant la charia pour tous, c’est à dire infériorisant la femme par rapport à l’homme, Sayida Ounissi a aussitôt été promue tête de liste. Doctorante en sociologie à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne, Sayida Ounissi a été vice-présidente des Jeunes Musulmans d’Europe, une ONG européenne siégeant au Conseil de l’Europe.

Sayida-Ounissi

Bien que vivant en France depuis l’âge de 5 ans, elle adopte des codes vestimentaires arabes indiquant un manque de gratitude et un refus ostensible d’assimilation à notre pays qui l’a pourtant accueillie avec toute sa famille lorsque cette dernière était menacée. Elle emploi également le « nous » pour parler des citoyens de « son pays » la Tunisie, de « son parti » Ennahda, un parti dont chacun s’accorde à dire qu’il est très largement financé par le Qatar. A aucun moment elle ne parle de la France comme étant son pays. On appréciera au passage qu’un commentateur de la vidéo compare les femmes occidentales « à des sales trainées ».

Voilée donc, et étiquetée « femme et fille issue d’une famille islamiste » par un site spécialiste de l’Afrique du Nord, cette jeune femme ne trouve pas aberrant de se revendiquer comme « féministe » au sein d’un parti qui avait quand même déclaré rien de moins que « la polygamie est l’un des principes fondamentaux du programme à venir du mouvement Ennahdha. Nous défendons ce droit et cette liberté préservée en Islam. Nous sommes déterminés à introduire ce droit à la constitution tunisienne ».

En 2009 un journaliste tunisien présent à un séminaire sur les droits des femmes tunisiennes avait exprimé le fait que de nombreux Tunisiens « sont désormais obsédés par [la polygamie] pour des raisons bestiales et instinctives. Mais ils n’oseront jamais l’avouer en public ». Un lecteur – parmi de très nombreux autres tout aussi croquignolets – avait jugé utile de revenir aux fondamentaux islamiques, à savoir que « cela ne fait pas partie de notre foi, d’interdire quelque chose qui est autorisé par Dieu Tout-Puissant, qui est la polygamie. Le code de la charia islamique transcende les lois humaines et celles des gouvernants. La polygamie a été instituée par Dieu Tout-Puissant pour régler les gros problèmes et en même temps réaliser des profits individuels et collectifs. Ces problèmes, ils sont l’âge avancé de la femme, sa stérilité, son manque de beauté ou une énergie sexuelle élevée du mari, ce qui rend une femme insuffisante à un homme ; un autre problème survient quand l’homme épouse une femme qu’il n’aime pas et veut en épouser une autre qu’il aime. Dans ce cas, conserver la première épouse est préférable à en divorcer. Concernant les bénéfices de la polygamie, ils sont nombreux, dont l’augmentation du taux de natalité des musulmans, la paix de l’esprit pour l’homme, la création de liens familiaux qui renforcent la cohésion et l’unité de la société ».

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Voilà donc ce que revendique celle qui se déclare la porte-parole des Tunisiens de France par le biais d’un parti fondamentaliste qui entend pratiquer un prosélytisme « intensif » dans notre pays, en faisant croire que la charia serait compatible avec la démocratie.

Sayida Ounissi rejette les acquis égalitaires de la femme tunisienne largement octroyés par Bourguiba au prétexte que ceux-ci n’auraient pas été gagnés par les femmes elles-mêmes mais accordés gracieusement. Selon elle, il conviendrait donc de réduire à néant ces acquis pour repartir du début, c’est à dire de l’infériorité primitive de la femme afin que ce soit celle-ci qui décroche ses propres acquis, à savoir donc… le voile et la charia ! Le serpent d’Eve se mord la queue très fort !

« Maintenant, si je suis élue, ce sera un mandat pour cinq ans et je serai bien là, en France, à représenter dignement mes compatriotes, sur le territoire français » affirmait ces jours-ci Mme Ounissi. Une affirmation qui semble manifestement n’interpeler aucun membre du gouvernement, dont certains sont eux-mêmes amis de l’émir du Qatar, le principal financier d’Ennahda.

On lui saura tout de même gré de reconnaître que les musulmans en France peuvent très facilement pratiquer leur foi (et même mieux que dans certains pays arabes, dit-elle !), grâce au coup de pouce zélé de nos pouvoir publics, quitte à faire mentir les prieurs revenants du 11e arrondissement et de Montfermeil. « Les musulmans ont le droit de s’organiser, contrairement à certains pays arabes. Il y a un nombre de mosquées suffisant, nombre qui est en outre établi en partenariat avec les services municipaux ».

Une fois encore, on constate la dichotomie flagrante entre les exilés nantis bénéficiant d’avantages qu’ils n’auraient jamais eus dans leur pays d’origine mais qui se permettent pourtant de réclamer une situation néfaste et dangereuse pour leurs compatriotes restés au pays qui, eux, n’aspirent qu’à s’en débarrasser pour l’avoir subie concrètement au quotidien. Partant, on est en droit de s’interroger sur la présence de ces islamistes sur notre sol et sur la nécessité peut-être de les renvoyer manu militari chez eux.

Caroline Alamachère

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