Tartufferie : les enfants de Pap Ndiaye scolarisés dans un établissement privé élitiste

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Dans la famille Faites-ce-que-je-dis-mais-pas-ce-que-je-fais, je voudrais Pap Ndiaye. Peu après sa nomination, fin mai, Paris Match révélait que les deux enfants du nouveau ministre de l’Education nationale étaient scolarisés dans la très prestigieuse École alsacienne, dans le 6e arrondissement de Paris. Un établissement privé sous contrat réputé pour son élitisme revendiqué.

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Dans un entretien accordé au Parisien, ce samedi 25 juin, Pap Ndiaye assume avec une aisance qui laisse songeur ce choix pour le moins paradoxal. « Privé et élitiste », certes, affirme le ministre, mais également « sous contrat », et donc remplissant « une mission de service public ». Ben voyons…

Pap Ndiaye précise que ses enfants étaient auparavant scolarisés en « REP+ ». Les acronymes pullulent au ministère : celui-ci désigne les réseaux d’éducation prioritaire renforcée.

« les REP+ concernent les quartiers ou les secteurs isolés connaissant les plus grandes concentrations de difficultés sociales ayant des incidences fortes sur la réussite scolaire » lit-on dans la présentation qu’en font les services de l’Education nationale. On imagine sans peine la « clientèle » qui fréquente ces « réseaux » : un environnement qui n’était manifestement pas du goût de M. Ndiaye, lequel a finalement fait le choix, pour ses deux enfants, d’un cadre davantage propice à l’apprentissage des savoirs fondamentaux.

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« Il y a des moments qui, dans le développement de l’enfant, peuvent être compliqués », avoue benoîtement le ministre au Parisien. Il évoque « le choix de parents » dont les enfants ne bénéficiaient plus « des conditions [nécessaires] à une scolarité sereine et heureuse ». Autrement dit : Aux enfants du bas peuple l’Educ’Nat’ et son bordel généralisé ; à ceux de l’élite les établissements BCBG à l’atmosphère soft et sérieuse, propice à de solides études. Pap Ndiaye a manifestement lu Bourdieu et médité sa théorie de la reproduction des élites.

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Juan Branco définit l’Ecole alsacienne comme le lieu de l’« entre soi » grand-bourgeois : « Sise au sein du sixième arrondissement de Paris, l’École alsacienne est dirigée par un aimable homme de droite, Pierre de Panafieu. Pendant rive-gauche de Franklin – où enseigna Brigitte Macron –, Sainte-Dominique et l’école bilingue, l’Alsacienne est un lieu de reproduction et de propulsion des héritiers de l’intelligentsia culturelle de Paris, auxquels s’ajoutent au fil des promotions quelques supplétifs provenant des espaces politiques, économiques et diplomatiques de notre pays. Sous contrat avec l’État, l’école a le contrôle absolu sur les processus de sélection de ses élèves et de son corps professoral, et n’est soumise à aucun quota, qu’il soit géographique ou économique. Ainsi l’on peut s’y reproduire et se socialiser sans crainte de contamination. ». 

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Pap Ndiaye a fait le bon choix pour ses enfants. Mais un choix évidemment hors de portée des classes populaires. « Mais pour être ministre de l‘Education nationale, je n’en suis pas moins père de famille, soucieux de la réussite sociale de sa progéniture ! » aurait-il pu ajouter dans l’interview qu’il a accordée au Parisien. Une formule que n’aurait pas reniée ce bon monsieur Tartuffe dans la pièce éponyme de Molière : « Ah ! Mais pour être dévot, je n’en suis pas moins homme ! »

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni 

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7 Commentaires

  1. Sur la base de ce fait, on peut donc se poser de sérieuses questions sur la fonction du wokisme: en particulier, il semble être un moyen non seulement de nivellement radical, voire pire (la volonté d’abolir la différence des sexes, avec sa conséquence, l’abolition de la reproduction de l’espèce), mais d’occultation de la différence des classes et des castes.

  2. L’Ecole Alsacienne, privée, élitiste et laïque, est bien connue pour être le refuge des enfants de la nomenklatura des politiciens de la gauche bien-pensante, celle qui chante les louanges de l’école publique, de la carte scolaire et de la diversité tout en préservant ses propres enfants de la réalité du naufrage de l’EN…

  3. tout comme un ancien ministre de l’éducation nationale chevènement (autrefois socialiste aujourd’hui macroniste) l’école alsacienne de paris , repaire de tous les bourgeois friqués qui ne veulent pas que leur progéniture soit mêlée au bas populo

  4. Perso, je vois ce type comme un os que micronescu a jeté dans le jardin (de l’Elysée) pour que tous les chiens de droite se jettent dessus. Et pendant qu’ils rongent l’os, ils ne pensent pas au reste et à toutes les misères qui les attendent… Pour preuve ; toutes les chaînes de désinformation en continu ne parlent que de lui, de même que les canards subventionné, (à commencer par la pravda immonde)

    Il est sphériquement nul et je ne pense pas qu’il fasse partie du prochain gouvernement, ou alors jusqu’au moment ou omicronescu aura créé sa « majorité frauduleuse » après le mercato des députains de LR et des gauchiasses.

  5. Pap Ndiaye, bouffon prétentieux donneur de leçons

    Traduction de Pap Ndiaye grand bourgeois américanoïde : « L’école publique c’est de la merde, je vais continuer à la foutre en l’air. Et mes enfants sont dans le privé friqué. Je ne veux pas qu’ils se mélangent avec les pauvres, faut pas déconner ».
    Le foutage de gueule serein. Mes gosses ne vont quand même pas aller à l’école avec les racailles incultes fils de gilets jaunes

    • Il est bon de constater qu’avec une ancienne prof à la présidence le niveau scolaire baisse de façon constante pour laisser place de plus en plus à un niveau record qui touchera le fond du fond avec des gamins ne sachant ni lire ni écrire pour leur entrée en 6e, mais sachant employer la violence sur leurs enseignants ainsi que sur les élèves de l’école ! On peut dire qu’avec Macron c’est toujours pire et jamais mieux !

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