Taubira, 3 mois de boulot et déjà épuisée : vite, la retraite à 60 ans !

Cela a été l’événement de ce dernier jour du mois d’août. En visite à l’Ecole Nationale de Magistrature de Bordeaux, notre Garde des Sceaux a été victime d’un malaise, à l’issue de son intervention, qui a duré 40 minutes. Certains commentateurs  expliquent que durant ce discours, elle paraissait ailleurs, absente, et cherchait fréquemment ses notes. Etait-elle sous l’influence de substances aujourd’hui illicites, mais bientôt dépénalisées, ou bien dans un état dépressif, conséquence du surmenage des trois mois de travail intensif entrecoupés par quinze jours de vacances ?

Le directeur de l’Ecole, Xavier Ronsin, a en effet expliqué : « La ministre a fait un léger malaise, elle est épuisée, elle est dans mon bureau ». La malheureuse a donc été conduite à l’hôpital de Bordeaux, où elle a été gardée en observation toute la nuit, pour sortir ce matin.

Le fait que Christiane Taubira soit épuisée au bout de seulement trois mois de travail, dont quinze jours de vacances devrait susciter quelque inquiétude de la part de ses amis et proches. Ne serait-elle pas partie trop vite, telle un sprinteur de 100 mètres oubliant qu’il devait courir un marathon ? Pourra-t-elle récupérer un jour ?

Il faut reconnaître que, en trois mois, elle en a dit, des choses, et elle en a mis des chantiers en branle, notre Christiane nationale.

Elle a commencé par vouloir mettre fin aux tribunaux correctionnels pour les mineurs multi-récidivistes, dans une France où justement des mineurs multi-récidivistes psychopathes menacent au quotidien la sécurité de tous. Une déclaration sans doute fort fatigante…

Elle a continué en expliquant que les centres fermés pour les mineurs devaient, eux aussi, fermer… C’est sans doute pour cela qu’elle n’a pas eu un mot quand un mineur, surpris en train de cambrioler le domicile de Jacques Myard, a été arrêté, et remis en liberté par des juges ! Un silence sans doute épuisant…

Elle a persévéré en expliquant que la prison n’était pas la solution, que le « tout carcéral » ne marchait pas, et donc que non seulement il ne fallait pas construire de nouvelles places de prison, mais qu’il fallait faire sortir un maximum de détenus… Une position sans doute exténuante…

Il est vrai que sa première visite dans une prison, pour voir un match de basket entre détenus et prisonniers, avait illustré sa ligne politique, puisqu’un détenu, anticipant sa remise en liberté prochaine par la nouvelle Garde des Sceaux, avait sauté le mur, et s’était évadé. Une aventure sans doute crevante…

Il est vrai également qu’elle avait de grands projets pour les malheureux prisonniers. Elle avait déjà fait baisser leur tarif d’abonnement à Canal Plus de 20 euros par mois à 8 euros par mois, et envisageait, à la prison d’Argentan, de faire construire un manège avec des chevaux, pour que les prisonniers vivent mieux l’extrême violence que leur imposait la société en les privant de liberté. Un remue-méninges sans doute éreintant…

Elle s’était également émue que la justice coloniale qui continuait à sévir en Nouvelle-Calédonie faisait que 93 % des détenus dans les geôles françaises étaient d’origine kanake. Elle avait donc demandé immédiatement l’ouverture d’une enquête. Une décision sans doute éprouvante…

Sans doute s’apprêtait-elle, dans la foulée, elle qui avait jugé que les lois contre le voile à l’école et contre la burqa dans la rue étaient racistes, à ouvrir une enquête pour comprendre pourquoi, dans les prisons de l’Hexagone, la majorité des prisonniers étaient musulmans. Sans doute à cause de la police raciste et des contrôles au facies. Un constat malgré tout traumatisant…

Bien évidemment, dans la plus pure tradition anglo-saxonne, notre Christiane voulait mettre en place la justice réparatrice, avec ses scènes émouvantes où les parents d’un enfant assassiné pleurent dans les bras de l’assassin, qui pleure aussi. Toutes les souffrances se valent, c’est bien connu, et dans tous les meurtres, il y a deux victimes, le meurtrier et l’assassin. Un projet qui l’a sans doute durement secouée…

Il est vrai que toutes ces mesures, concrétisées ou en cours de réalisation, se mettaient en place quand, parallèlement, de véritables scènes de guerilla urbaine se déroulaient à Amiens, Mulhouse, Nanterre, et qu’à Marseille, régulièrement, des Vladimir tuent d’autres Vladimir… D’autre part, depuis trois mois, la multiplication d’agressions, en meute, contre des policiers, par ailleurs tirés parfois à balles réelles, rendaient encore plus étranges, voire déconnectées du quotidien, les propositions de la nouvelle Garde des Sceaux. Celle-ci, pourtant apologiste du discours de l’excuse, n’aura pas un mot quand William et Monique, probables descendants de méchants esclavagistes, seront condamnés à 4 ans et 2 ans de prison pour un délit certes répréhensible, mais bien éloigné de la violence que des multi-récidivistes imposent, dans le quotidien, à tous les Marie-Neige Sardin de France et de Navarre. Trop épuisée par les soucis que lui donnent les délinquants pour se soucier des victimes, notre ministre de la Justice ?

On comprend mieux, quand on se remémore le formidable palmarès de Christiane Taubira en trois mois, dont quinze jours de congés payés en Guyane, qu’elle soit dans un tel état d’épuisement. Certes, le député UMP Lionnel Luca a émis une hypothèses intéressante, et finalement assez positive : « Le malaise de Christiane Taubira est survenu à l’énoncé de toutes les mesures en faveur de la délinquance : en fait c’est une prise de conscience ! ».

Dans un autre registre, Canteloup avait fait rire la France entière en imitant la Garde des Sceaux, notamment en évoquant une rencontre entre Christiane et Xavier Dupont-Ligonnes, assassin présumé de ses quatre enfants…

Mais aujourd’hui, en dehors des rires qu’elle suscite, Christiane Taubira est devenue, après ce malaise, un cas social qui devrait interpeller l’ensemble du gouvernement. Hollande et Ayrault ont-il le droit de laisser une femme aussi courageuse se tuer au travail ? Etre de gauche, c’est être gentil et généreux, et n’est-ce pas avoir une fibre sociale plus développée que celle des méchants de droite ?

Cette femme a déjà fait beaucoup pour la France. Elle a donné à notre pays, outre une loi sur l’esclavage qui explique que seuls les Français ont commis ce crime contre l’Humanité, quatre beaux enfants. Depuis trois mois, dans sa volonté de bien faire, et de protéger les malheureuses victimes de la société française, raciste et coloniale, elle s’est épuisée à la tâche, et est partie bien trop vite, tel un Usain Bolts courant un marathon en sprintant dès le départ.

Née en février 1952, elle a donc plus de soixante ans. Or, François Hollande a fait campagne pour la retraite à 60 ans, en disant tout bas que cela ne serait possible que dans des conditions bien précises. Il faut donc, pour sauver Christiane Taubira, lui accorder la retraite qu’elle a bien méritée.

A-t-elle assez d’années de cotisations ? Rassurons les inquiets, en général, les élus du peuple bénéficient d’une retraite autrement plus confortable que celle de leurs électeurs. Une femme qui a été député de la Guyane de 1993 à 2012, conseillère régionale de la Guyane depuis 2010, député européen de 1994 à 2000, et ministre depuis mai 2012 ne devrait pas avoir trop de problèmes à boucler ses fins de mois…

Donc Normal 1er doit être clair : pour Taubira, la retraite c’est maintenant !

Lucette Jeanpierre

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