Taubira finit la destruction de notre justice, entamée depuis 40 ans par le Syndicat de la Magistrature et ses complices

Les commentaires de Caroline Alamachère relatifs à l’émission des paroles et des actes où nous avons assisté aux réactions de Madame Taubira face à une mère de victime sont fondés. En réalité ils soulignent la persistance d’une réalité intangible depuis des décennies. Depuis 1968, sous l’influence de nouveaux maîtres à penser du calibre de Michel Foucault et de bien d’autres démolisseurs du pénal, il est devenu urgent de présenter les actes de violences de toute nature comme la conséquence logique et « compréhensible » de l’existence d’un « ordre social injuste ».

Cette vision très particulière de la justice s’exprime clairement dans les formules chocs du syndicat de la magistrature qui n’a pas hésité à écrire en 1978 dans un petit livre intitulé » des juges croquent la justice »(fm Maspéro) la formule suivante :

Justice + police + contrôle social + informatique = danger pour les libertés.

Cette formule, reconnaissons-le, peut être exacte quand il s’agit d’un régime nazi ou communiste dont on connait les méthodes pour « ramener à la raison » les humanistes. En revanche elle devient particulièrement infâme quand elle s’adresse à des magistrats et des policiers qui s’efforcent de faire face dans un régime démocratique, à toutes les formes de la criminalité et de la délinquance.

Depuis plus de quarante ans nous assistons à une démolition progressive des outils répressifs et à une explosion concomitante de la criminalité farouchement niée par les désinformateurs de service comme le sociologue escamoteur Laurent Mucchielli mais confirmée par toutes les études sérieuses émanant par exemple des associations de défense de l’Enfance et des mouvements féministes.

Voici un extrait du livre intitulé « l’impératif pénal » du magistrat Alain Legoux opposant déterminé à la justice socialiste:

Au dos de ce livre on peut lire:

« La sécurité n’est pas seulement une affaire de force publique; c’est aussi l’expression des valeurs auxquelles on croit. Plus une société est libérale, moins les règles y sont nombreuses, mais plus elles doivent être protégées. En socialisme, la multitude des interdictions écrase la hiérarchie des valeurs, la faute est collectivisée et la sanction frappe moralement la société autant que le criminel.

Alors s’ouvrent les portes de la délinquance : « l’entonnoir de la criminalité fait que, par des échappatoires légales, 3% des actes de délinquance aboutissent à la prison. »

Ce texte remonte à 1986 et est toujours d’actualité, sauf que la situation a empiré. Il n’y a que le taux de sanctions qui n’a pas changé. Les mouvements féministes dénoncent un taux de 3% de condamnations pénales pour les viols et les associations de défense des enfants également.

A ce scandale, d’autres s’ajoutent, à savoir le matraquage des humanistes qui dans les institutions cherchent à défendre le droit.

Des magistrats et des policiers se plaignent de ne pas pouvoir mener leurs enquêtes à fond et des mères voulant défendre leurs enfants se plaignent d’être persécutées par la justice.

En général, l’omerta est très répandue pour ces sujets. Toutefois quelques « résistants » osent donner la parole aux victimes.

C’est le cas de la revue la Vie qui a publié ce manifeste du collectif des mères en 2005.

Manifeste contre les agressions sexuelles incestueuses(11 Juillet 2005)

Quiconque se tait et ferme les yeux est coupable de complicité et de non-assistance à personne en danger.

Au nom d’une conception de la famille que nous refusons parce qu’elle maintient le secret sur les agressions sexuelles incestueuses, femmes devenues mères, nous témoignons de l’injustice que nous vivons conjointement avec nos enfants.

La gravité des dénis de justice en France concernant les enfants victimes de sévices sexuels incestueux a été dénoncée lors de la commission des droits de l’homme qui s’est tenue à Genève en 2003.

Rapporteur des Nations Unies, M. Juan Miguel Petit indique au sujet de la France que: « de nombreuses personnes ayant une responsabilité dans la protection des droits de l’Enfant, en particulier dans le système judiciaire, continuent de nier l’existence et l’ampleur du phénomène ».

Investigations bâclées voire viciées, évaluations et expertises menées par des « spécialistes » inexpérimentés voire compromis, camouflage voire disparition des dossiers et des signalements judiciaires, refus de prendre en considération la parole des enfants victimes d’agressions sexuelles incestueuses voire dénaturation des faits; refus délibérés de diligenter des enquêtes policières entraînant des jugements contraires à toute éthique.

Nos enfants victimes d’agressions sexuelles incestueuses, dont la parole est bafouée, sont sacrifiés et portent en eux le poids écrasant d’une souffrance toujours tue, jamais reconnue tandis que les pères agresseurs sexuels incestueux non condamnés perpétuent leurs crimes en toute impunité.

En qualité de représentantes légales, nous sommes niées dans notre fonction maternelle et protectrice, accusées d’allégations mensongères et de manipulations, convoquées sans cesse devant les tribunaux correctionnels, privées abusivement de l’autorité parentale pour nous empêcher de nous constituer partie civile, condamnées voire emprisonnées abusivement avec des peines de prison ferme ou de sursis avec mise à l’épreuve, menacées voire privées de nos enfants placés voire remis à leurs pères agresseurs sexuels incestueux. »

Ceux qui s’intéressent à ce drame qui perdure peuvent trouver la suite de ce manifeste sur internet. Il n’est pas évident qu’il y reste en ligne longtemps. Des textes relatifs à des dénis de justice flagrants ont déjà été « nettoyés ».

Il est plus facile de faire taire les défenseurs des droits citoyens que de mettre en place une vraie justice protectrice.

L’avenir dira si la cooptation citoyenne parviendra à imposer cette révolution judiciaire que d’innombrables citoyens victimes de l’injustice attendent.

Hervé Jean

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