Taxis vs Uber : Cazeneuve, on est encore en France ou à Bagdad ?

Publié le 26 juin 2015 - par - 3 599 vues
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Dans la France apaisée d’Hollande, on jette des cocktails Molotov dans les mairies, on tabasse des professeurs handicapés et on pourchasse les écoliers dans leur classe avec un couteau pointé sur leur cœur mais on reste libre grâce à une justice clémente envers les déséquilibrés et autres racailles.

Dans cette France apaisée, on assiste à une guerre ouverte entre d’un côté des chauffeurs de taxis pratiquant des tarifs prohibitifs et usant de violence pour faire valoir leurs droits et leur légitimité, et de l’autre une société américaine non homologuée, née d’une pénurie de taxis alors que son fondateur se trouvait en rade à Paris, toujours en attente d’un règlement judiciaire l’autorisant ou non à exercer, et mettant à mal la profession en cassant ses prix puisque ne cotisant pas, ne payant aucun impôt et plaçant en situation de précarité des employés sans couverture sociale…

Des opérations escargot ont été menées aujourd’hui dans toute la France aux lieux névralgiques. A Paris, l’accès à la gare du Nord a été bloqué, tout comme le périphérique où des pavés ont été jetés sur des véhicules qui roulaient, et à la Porte Maillot où il ne faisait pas bon se trouver, plusieurs véhicules ont été retournés et incendiés, des pneus crevés, le quartier transformé en zone de chaos devant des CRS en petit nombre et manifestement dépassés.

Deux journalistes de LCI ont été prises à partie par des taxis et molestées alors qu’elles se trouvaient sur place.

Le Figaro a noté la présence, aux dires des forces de l’ordre, d’une « centaine de jeunes des quartiers » qui « se seraient infiltrés dans le mouvement des taxis ».

 

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Même chose aux alentours des aéroports, comme à Roissy notamment où le véhicule Uber dans lequel se trouvait la veuve du chanteur Kurt Cobain a été attaqué. Courtney Love, ne mâchant pas ses mots et faisant carrément la comparaison avec Bagdad, puis réclamant qu’Hollande y ramène ses fesses, avant de compléter plus tard ses propos : « comment est-il possible que sur cette planète des gens soient autorisés à commettre de tels actes ? La première voiture a été détruite avec les quatre pneus crevés et des coups de bâtons. Ces types essaient d’ouvrir les portières et les flics ne font rien ? Ce sont des talibans français ? Faut-il une réforme civile en France ? ».

Bref, après les émeutes des banlieues, les vols sur les cadavres de Brétigny, les bandes de voleurs des pays de l’Est faisant signer des fausses pétitions et le détroussage des touristes chinois, notre image à l’étranger vient une fois encore d’en prendre un sacré coup.

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Quelque légitimité que les taxis puissent revendiquer, l’atteinte aux biens d’autrui reste passible de la loi, et en tout état de cause ils n’ont pas à se substituer à la voie judiciaire ni à faire acte de violence sur des biens meubles, des individus, des policiers. C’est inacceptable dans un pays de droits.

Des commentateurs ont promis de ne plus les utiliser, appelant à leur boycott en raison de leur comportement, de leur manque de courtoisie légendaire mais aussi de leurs tarifs prohibitifs, au grand dam de Karim Asnoun, le secrétaire général de la CGT Taxis qui a par ailleurs affirmé qu’il « ne condamne aucune violence contre les chauffeurs Uber », et d’Abdel Ghalfi le secrétaire général de la CFDT Taxi, jugant que « la base attend de nous des messages forts, on est obligé de passer par cette étape de la radicalité ».

 

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La violence étant payante dans ce pays, on ne s’étonnera donc pas que les millions de manifestants pacifistes contre le mariage pour tous n’aient pas été entendus alors qu’une petite poignée de taxis enragés vient d’obtenir de Cazeneuve un décret interdisant à la société Uber d’exercer, alors même que la Cour d’Appel de Paris en date du 31 mars 2015 avait jugé qu’il n’y avait pas lieu de suspendre celle-ci. On voit mal dans ce cas en vertu de quoi et à quel titre Cazeneuve pourrait se substituer à une décision de Justice en interdisant son activité.

Par ailleurs, on pourra trouver curieuse l’excuse de la clandestinité pour faire interdire l’entreprise Uber venant d’un membre du gouvernement qui, il y a quelques jours seulement, saluaient officiellement des clandestins illégaux en leur promettant 10 500 places d’hébergement, moyennant la coquette somme de 70 millions prélevés sur les impôts des contribuables, afin de satisfaire les besoins de gens entrés illégalement sur notre sol.

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Selon que vous serez illégalement « migrant » ou illégalement employé, les décrets de Cazeneuve vous ouvriront des droits… ou pas.

Caroline Alamachère

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