Tel un vulgaire Guéant, Le Nouvel Observateur ose parler de « grandes civilistions » !

Publié le 28 mai 2012 - par - 1 367 vues
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Prenant le métro ce matin, je vois de grandes affiches. Elles annoncent un numéro spécial du Nouvel Observateur. Le titre m’a fait sursauter, il annonce un numéro de référence consacré… aux « grandes civilisations ».

 

Il y aurait de grandes civilisations ? Les civilisations ne se vaudraient-elles pas toutes ?

Je me suis dit, pauvre François Hollande. On n’est jamais trahi que par les siens. Lui est sa suite de courtisans, qui vont par monts et par vaux nous bailler que toutes les civilisations se valent, qu’aucune n’est ni supérieure, ni inférieure, ni meilleure ou plus mauvaise qu’une civilisation passée ou qu’une voisine, qu’il n’y a donc aucune raison de défendre ce qui s’est politiquement construit depuis l’élection des États-généraux de 1335 – contrairement à ce que pensait Jules Ferry et la majorité des Républicains intransigeants- comment vont-ils réagir à cette odieuse provocation « raciste » de l’hebdomadaire ami ?

Raciste, me direz-vous, pourquoi raciste ?

Parce que dire qu’il y a de « grandes civilisations », c’est aussi dire qu’il en existerait de petites, plus nombreuses que les « grandes » et moins bonnes. Et si l’on accepte de dire qu’il existe de petites civilisations, c’est que l’on soutient certainement que la substance humaine qui compose ces « petites civilisations », par opposition aux « grandes », est inférieure à celle des grandes.

J’entends d’ici la rédaction du Nouvel Observateur

Elle va jurer sur Bouddha, Jésus, Mahomet, Marx, Lévy Strauss et même sur la tête du ministre Taubira, -cette malheureuse persécutée de la méchante blogosphère « d’extrême droite »-, qu’elle n’est pas raciste. Elle va rajouter qu’elle adore la « diversité » et que chacun de ses collaborateurs ne rêve que d’une seule chose : échanger sa chambre de bonne de 90 à 100 mètres carrés du Faubourg St Germain ou de la montagne Sainte Geneviève contre une HLM à la barre Ravel ou contre un F3 dans un immeuble des bosquets.

Attention, la rédaction du « Nouvel obs. », Vous êtes sur une mauvaise pente

Faites gaffe, Mesdames et Messieurs du nouvel observateur : le MRAAMPP (Mouvement Radicalement Actif pour l’Amélioration Morale du Prolétariat devenu Populiste) va sévir. Prenez garde, sa sévérité, bienveillante, mais ferme, va vous avoir à l’œil.

Il a l’oreille du Ministre de la normalisation des cerveaux embrumés par les préjugés discriminants, le MRAAMPP. Alors attention les gars !

Parler de « grandes civilisations »…non mais c’est devenu du n’importe quoi « raciste », le vénérable hebdomadaire de Jean Daniel.

 

Qu’est-ce qui peut nous arriver ? me demanderez-vous 

 

Pas grand chose, sinon entrer dans la catégorie lourdement blâmable des ci-devant « nouveau réac ». Petit exemple : le tout récent dialogue pré-inquisitorial entre Laurent Joffrin et Élisabeth Lévy.

On va commencer par vous clouer le bec, quand vous viendrez sur un plateau de télévision, si l’on vous y invite encore ou si vous avez un contrat de travail en cours de validité.

Ensuite, on vous dégradera

On rompra successivement vos contrats de travail. Vous irez pointer à Pôle emploi.

Pour commencer, ou on vous fera, comme on vient de faire à Zemmour. Puis, si ça ne suffit pas, on vous retirera votre carte de presse, ou on vous réduira à devoir la boucler et dire, côté cour, ce que vous ne pensez pas et, côté jardin, à recourir au système du « samizdat », comme dans la Russie brejnévienne.

On refusera de vous accorder la moindre interview, si vous avez encore la précieuse carte qui vous permet de travailler. On a déjà vu ça pendant la campagne électorale.

 

Mais peut-être croyez-vous que j’exagère ?

Peut-être vous dîtes-vous que je suis injuste et que les hollandistes sont de parfaits et loyaux gentlemen.

 

Dire qu’il y a de « grandes civilisations », ça va pas la tête, Vous voulez stigmatiser de futurs électeurs?

 

Vous pensiez, vous aussi, que c’est pourtant une évidence.

Vous disiez que l’Égypte des Pharaons, blancs berbères ou noirs d’Axoum, c’était quand même autre chose que celle des Mamelouks et des Janissaires, qui laissaient s’enfoncer sous les sables du désert les traces qui sont le patrimoine de l’humanité toute entière.

Vous vous disiez aussi : qu’on peut bien penser du mal de la faiblesse grave et lourde de conséquences qu’eu Napoléon pour Joséphine qu’il aimait et qui l’incitera à rétablir l’esclavage dans les Antilles et à la Réunion.

Mais vous ne suiviez pas les divagations du Docteur Ribbes, qui croira dur comme fer voir que le Consulat puis l’empire républicain endossaient ainsi l’uniforme SS et se livraient à une orgie génocidaire digne d’Auschwitz avant Auschwitz.

Vous persistiez. Plus grave, vous estimiez que c’est quand même grâce à l’expédition scientifique que Bonaparte organisera, -en même temps que l’opération militaire qu’il mènera contre les Britanniques, via la campagne d’Égypte-, si Champollion trouvera la pierre de Rosette et que les hiéroglyphes seront déchiffrés, nous livrant beaucoup de la grande, très grande civilisation berbère et noire nilotique qui fit l’antique Égypte.

 

Vous aviez tort sur toute la ligne

 

Qu’avait-on besoin de connaître l’intimité de l’ancienne Égypte ? A quoi bon se préoccuper de la succession de ses dynasties ?

D’ailleurs le printemps arabe a répondu par des actes à cette question. Il nous a montré l’inutilité du travail de Champollion et celui des centaines d’égyptologues venus du monde entier, pour tout découvrir de la grande civilisation des ancêtres des Coptes.

 

D’ailleurs, en vérité, cette volonté de connaître ce qu’était l’ancienne Égypte  Et sa grande civilisation,  N’était-ce pas un autre moyen de la domination impérialiste ?  N’était-ce pas un outil islamophobe,  Dévalorisant l’apport immense de la conquête islamique ?

La « révolution arabe » en Égypte a parlé. Elle a décidé. Elle a agi : elle a mis le feu au musée du Caire et fait partir en fumée des milliers de documents antiques uniques.

La terre a-t-elle arrêté de tourner pour cela? Voyez bien, que rien n’est supérieur à rien ! Ah mais !!!

Vous croyiez naïvement aussi, que la civilisation athénienne et que son grand orateur Périclès, qui ont inventé la démocratie politique, c’était mieux, que c’était même réellement supérieur au despotisme asiatique qui faisait avancer les navires de guerre en fouettant les flots.

Ben non, les gars, ce n’était pas mieux. Ce n’était pas supérieur aux régimes des tyrannies et à ceux des satrapies despotiques.

 

Tout se vaut, vous avez compris ? Parce que si vous n’avez pas compris, on a des moyens de vous faire comprendre…

Vous croyiez aussi que la transformation des groupements tribaux hébraïques, en nation juive organisée, -produisant des normes et un message moral universel dont toute l’humanité s’est emparé, plus ou moins partiellement, de manière plus ou moins déformée, via le christianisme et l’islam-, c’était mieux et supérieur aux anciennes relations claniques et patriarcales et aux différents cultes cananéens de Moloch et des « Baal » qui exigeaient impérativement des pères le sacrifice de leur fils. Eh bien non, vous vous trompiez encore.

 

Sacrifier ou ne pas sacrifier son fils, ça se vaut, na ! Comment ? Vous insistez, vous vous obstinez dans l’erreur ?

 

Vous osiez prétendre que les douze tribus d’hébreux, -un amalgame bancal de blancs sémites originaires de la Syrie et de l’Irak actuels et d’Africains noirs nilotiques- ont produit une culture universelle à laquelle puise toute l’humanité, et que c’est quand même mieux que la « culture » du cavalier des steppes mongoles Timour Leng, qui laissera, pour souvenir impérissable, de s’être constitué un vaste et éphémère empire-assis sur des montagnes de têtes de décapités- dont sortira la terrible conquête islamique de l’Inde qui coûtera la vie à quatre-vingt millions d’Indiens.

 

Vous aviez tort, et si le MRAMPP réussit à vous mettre un magistrat sur le dos,  Vous risquez de le sentir passer.

 

Ce midi, sur « la voix est libre » (FR3), le représentant du « front de gauche » (le faux nez du stalinisme en France) est monté au créneau. Attention, pas touche. Il a grogné, pour défendre becs et ongles le ministre qu’on ne doit critiquer d’aucune manière, sous aucun prétexte, parce que si on n’est pas d’accord avec lui (ou avec elle en la circonstance), c’est qu’on est un « affreux raciste », un horrible partisan de la « stigmatisation » et un méchant sexiste, jaloux qu’une femme, Guyanaise et noire de surcroît, soit devenue ministre d’État.

La discussion y portait sur le fait qu’on n’enverra plus en prison des délinquants qui ne sont encore « que des enfants ». J’aurais aimé que la ministre et son admirateur du « FG » nous disent précisément comment aborder le problème du groupe « d’enfants » qui a foncé sur un barrage de police, fauché des policiers et sérieusement blessé sept d’entre eux.

Solution nouvelle, terriblement innovante, tenant compte que c’était des « enfants » : On leur fera copier dix fois : « je ne dois pas foncer sur un barrage de police. Si je veux ne pas me faire choper après avoir pris sans son autorisation un véhicule appartenant à un voisin, j’en descends rapidement et je pique un long sprint. C’est pour cela que, pour me mettre à l’abri des contrôles de police et entretenir ma forme physique, je fais chaque jour vingt minutes de marche rapide et vingt minutes de course. Comme ça, je fais faire des économies à la sécurité sociale…»

Alain Rubin

PS. Ce matin, sur France culture, on dénoncera la vraiment méchante extrême droite. Elle ose encore critiquer le si extraordinaire ministre Taubira. On donnera un nom à cette méchante mouvance : « les nouveaux réactionnaires ».

Je ne sais pas si j’étais visé, mais je veux répondre aux courtisans inconditionnels des déclinaisons du hollandisme : si c’est être un « nouveau réactionnaire » que de constater et dire que la loi Taubira charcute l’Histoire au sujet de la traite négrière, alors, je suis un « nouveau réac ». J’assume.

De ce point de vue, je suis un « nouveau réac », avec Galilée contraint à se dire à lui-même, après les menaces des bûchers de l’inquisition : « et pourtant elle tourne ». Et pourtant, la traite négrière transatlantique ne fut qu’un bout d’une vaste tragédie humaine qui avait commencé presque sept siècles plus tôt et continuera longtemps après l’abolition de l’esclavage au Brésil. Elle continuait au Maroc au début du 20ème siècle. Elle continuait au Soudan… Au Soudan, elle se poursuivait toujours en 1999. Elle dépeuplera entièrement le territoire des Africains animistes Dinkas.

Pas de problème, face à la langue de bois de la médiacratie, je suis un « nouveau réac », avec Maimonide, Copernic, Newton, Le Verrier, Einstein, Frydman et l’Abbé Lemaître, avec Morgan, avec Freud, avec Engels et avec tous ceux qui ne considéraient pas que la qualité de député vous émancipe de toute critique, vous donnant le mot de la fin en matière de recherche historique ou de justice.

Je disais à des amis, que sous son air bonace, le hollandisme n’a pas fini de nous surprendre. L’éviction de Zemmour n’est qu’un début…

Pour ce qui me concerne, confronté à l’injure totalitaire refusant d’examiner les arguments, se contentant d’épithètes visant à disqualifier, sans autre forme de procès, je me sens comme le Juif bolchevik Yakir, le chef de l’armée rouge en Ukraine.

Courageux combattant de la guerre civile (1918-1921), proche de Toukhatchevski, Staline le fera fusiller Yakir en 1937.

Non content de l’envoyer devant le canon du mauser d’un tueur du Guépéou, le maître à penser et à argumenter de nos censeurs de France-Culture leur montrera : que la mort physique de l’homme et de la femme qui gênent ne suffit pas. Il faut aussi les discréditer, puis faire comme s’ils n’avaient jamais existé.

Yakir, et des dizaines de milliers d’officiers de l’armée rouge deviendront pour cela, du jour au lendemain : « des espions nazis ».

On n’a pas oublié les conséquences de ces sanglantes mascarades, le 21 juin 1941 et dans les mois qui suivront. L’armée rouge s’effondrera, comme un château de carte, livrant le pays aux ravages et aux massacres de masse. Les calomnies et les assassinats staliniens coûteront donc la vie à vint-sept millions de citoyens de l’URSS.

En 1938, c’est tout le comité central du parti communiste polonais que Staline fera fusiller, en l’ayant fait qualifier de repaire « d’espions nazis ». On voit quelle source intellectuelle inspire nos critiques, où ils vont puiser leur façon de débattre et de déconsidérer ceux qui ont l’heur de déplaire, parce qu’ils ne partagent pas un choix du nouveau maître de l’Élysée ou d’un(e) de ses obligé(e)s…

 

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