Témoignage d’une provinciale découvrant Barbès le vendredi midi

Publié le 17 mai 2010 - par
Share

Ce dernier week-end d’avril, je venais du fond de ma Provence, faire une randonnée culturelle à Paris.
Vendredi 23, je me rendis à Barbès.

– 13 heures, rue des Poissonniers, des tapis roulés attendent sur l’emplacement d’un parking pour handicapés. Tout au long de la rue, un nombre conséquent de femmes maghrébines d’un certain âge, assises sur des pots ou des cartons, font la mendicité.

J’aurai l’explication souriante d’un Algérien avec qui j’ai bavardé : « Elles ont le RMI, toutes les aides, mais comme les musulmans aiment bien donner le jour de la prière, elles en profitent. »

– 13 h 30. Il n’est plus possible de circuler rue Polonceau; je dois me frayer un chemin en slalomant au milieu des hommes qui me toisent avec hostilité.

– 14 heures. C’est plein à craquer. Les rues Polonceau et Poissonniers, autour de la mosquée, sont entièrement occupées. Des retardataires sans tapis arrivent avec des cartons, essayant de se glisser ici et là.
Deux agents en uniforme – identifié ASP Police de la circulation et épaulette de la Préfecture – semblent faire de la figuration pour on ne sait quelle représentation. Je demande à l’un d’eux : « Quel est votre rôle ici ? »; il me répond, gêné : « Ils ont l’autorisation (d’occuper la rue), accordée par le Commissaire de Police; on essaie de les contenir dans le périmètre; ils ne doivent pas s’installer en dehors des barrières et laisser les trottoirs libres ».

Comme ils sont toujours plus nombreux à arriver, les barrières sont reculées, et les trottoirs couverts de chaussures ne permettent plus le passage à quiconque. Il est à craindre, et à prévoir, que dans très peu de temps, le boulevard Barbès sera également envahi.

J’ai évoqué avec mon voisin algérien le fait d’occuper ainsi l’espace public, privant tous les autres usagesrs, notamment les riverains, de circuler librement dans leur quartier. Il me dit : « Il n’y a pas assez de place, on n’a qu’à construire des mosquées. » J’ai noté un véhicule 4 x4 immatriculé 92 à l’intérieur du périmètre « réglementé » qui ne semblait pas gêné; c’est pourtant loin du XVIIIe parisien.

Poursuivant son argumentaire, l’algérien me dit : « Il fallait pas nous faire venir. Je suis ici depuis 1965; on était 500.000, maintenant nous sommes plus de 5 millions (?); mes enfants sont français, j’en ai un ingénieur, un autre ne prison, ma fille (…), c’est comme ça. Ce qui nous fait mal, c’est tous les sans-papiers qui travaillent au noir, et prennent notre place. Le vêtement des femmes (burqa) ça dérange, je comprends pas. Mais ils pourront rien faire. »

Le discours est bien huilé. Le lecteur de Riposte Laïque qui disait que si les fondamentalistes obtenaient satisfaction, les modérés suivraient, a raison. Il est lucide; je partage son point de vue.

Un homme, près de moi, prend son téléphone et prend des photos de la scène. Je sors mon appareil et l’imite. Aussitôt, un jeune musulman m’interpelle :

– « Madame, qu’est-ce que vous faites ? Vous faites des photos ? Vous n’avez pas le droit ! »

– « Comment je n’ai pas le droit ? Je visite Paris, la rue est un espace de liberté, j’y fais les photos que je veux! ».
– « Non, vous n’avez pas le droit; vous devez demander l’autorisation »

– « L’autorisation à qui ? »

– « Au grand mufti ».

– « Je n’ai pas d’autorisation à demander; je suis libre dans mon pays ».

Un musulman plus âgé intervient en langue arabe et dissuade le jeune de poursuivre davantage. L’incident serait mal venu. Ils ne sont pas si légitimes que cela à squatter les rues de la République.

Je n’insiste pas et m’éloigne. Ma religion est faite : je n’ai pas assisté à une prière, mais à un sit-in politique destiné à faire pression sur les autorités, pour obtenir plus de mosquées et d’autres « accommodements ».

Autre remarque, en me promenant dans le quartier, aux environs du square Léon, j’ai remarqué plusieurs immeubles en cours de rénovation ou reconstruction, comprenant 4 à 5 étages en angle de rue, prévus pour 4 à 6 logements sociaux plus commerces en rez-de-chaussée.
J’ai été très intriguée par la surface conséquente affectée seulement à 4 ou 6 unités d’habitation, quand le volume visuel m’a semblé pouvoir contenir plus que ce qui est annoncé. A quels types de familles sont-ils destinés ? Il serait peut-être intéressant d’aller voir ce qui se prépare.

Peut-on imaginer, en extrapolant, qu’il s’agira d’y installer des familles musulmanes aux nombreux enfants (peut-être polygames) dans l’environnement immédiat de leur mosquée ? Matérialisant encore plus « l’enclave communautariste » dans laquelle l’influence islamique deviendra la règle au déni des lois de la République ?
Le cloisonnement des populations, c’est sûr, ne favorise ni l’intégration ni l’assimilation.

En conclusion provisoire, et avec beaucoup d’inquiétude, je terminerai par une citation empruntée à l’excellente exposition TURNER (Galeries Nationales du Grand Palais) :  » Les Carthaginois, rendus veules par leurs anxieux désirs de paix, consentirent à livrer leurs armes et leurs enfants ».

Accessoirement, j’ai compté onze voitures et trois scooters de la Police nationale aux abords du Grand Palais. Etrange : ici, tout est paisible; il n’y a aucun risque de trouble à l’ordre public. Il est vrai que nous sommes à deux pas de l’Elysée.

Madeleine Chipon

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.