Terrorisme musulman : les médias préfèrent accuser la France que l’islam

Publié le 16 octobre 2012 - par - 3 866 vues

Pour s’interroger sur les raisons amenant un nombre croissant de jeunes musulmans de France à se radicaliser, la bande annonce de l’émission Mots Croisés d’Yves Calvi, ce lundi 8 octobre, proclame que « la France fabrique du terrorisme ».

Et boum encore la France responsable ! Il est bien connu que les différentes institutions françaises, les opinions reflétant les valeurs républicaines ne font que distiller les vertus coraniques et la nécessité d’installer la charia dans ce beau pays.

Redevenons sérieux. Comme dans l’émission un peu plus tard, à aucun moment l’arrière fond culturel ou coranique n’est évoqué dans la bande-annonce. « La France fabrique du terrorisme » : tel est le thème du débat. Le minimum de sagesse requis exigerait qu’on se pose tout au moins la question « l’islam fabrique-t-il du terrorisme ? » Mais non, pas la moindre once d’un début de questionnement ne sera effectuée.

Pourtant, il est évident qu’au premier chef, l’islam est bien le premier responsable de toutes les dérives violentes constatées dans les différents pays musulmans et là où vivent un grand nombre de musulmans. Elles sont toutes perpétrées à partir de versets coraniques, et on a beau jeu ensuite d’en disculper ces derniers sous couvert d’une mauvaise interprétation. Quand autant de personnes se trompent, dont des gens avec un fort potentiel intellectuel tels des scientifiques, des ingénieurs ou des médecins, c’est que le texte de référence est défaillant.

Mais on a compris, il ne faut surtout pas stigmatiser l’islam, car ce serait manquer de respect aux musulmans et entacher leur « honneur ». Alors haro sur les Français ! C’est beaucoup plus tendance de stigmatiser la France et les Français, sous-entendu dans la bouche des stigmatiseurs, les Français d’origine européenne marqués par le péché originel du racisme et de la rancidité.

Cependant, une fois passée l’exaspération d’avaler une fois de plus la couleuvre de la culpabilité permanente et omniprésente de la France et de sa société vis-à-vis d’une façon de penser islamique qui leur est étrangère, en y réfléchissant, les Français ont bien leur part de responsabilité dans ce qui leur arrive. Acceptons justement cette stigmatisation, car c’est là la grandeur de la civilisation occidentale que de savoir recevoir les critiques pour mieux rebondir ensuite dans la voie du progrès. Là où beaucoup ne perçoivent que stigmatisation, d’autres ne voient que critique. (1)

Oui, si l’islam est bien évidemment la grande inspiratrice de cette fabrique de terroristes, la France y contribue d’une certaine façon. La France contribue tout d’abord à cette fabrique du terrorisme en laissant le champ médiatique à tous ces bien-pensants qui dispensent les musulmans de toute remise en cause, en laissant entendre justement que les propos négatifs émis  envers l’islam ne sont pas des avis critiques réfléchis mais une pure volonté de stigmatiser.

La France contribue à cette fabrique par son incapacité à proposer une alternative culturelle aux immigrés et Français de culture musulmane. Tout est fait au contraire pour les isoler dans leur religion présentée comme étant d’amour, de tolérance et de paix, devise quotidiennement démentie par les faits, mais pourtant sans arrêt ressassée par les médias. A l’inverse, la moindre occasion de présenter les valeurs républicaines comme utopiques et hypocrites car contredites par des horreurs historiques commises, contredites par l’existence persistante d’inégalités sociales, de promotion sociale en panne, n’est pas manquée. A ce jeu-là, il ne faut pas s’étonner si la république ne paraît plus attractive, et si de nombreux jeunes préfèrent s’identifier à une oumma fantasmée.

La France contribue à cette fabrique du terrorisme car nos différents gouvernants n’ont pas compris que nous sommes engagés dans un combat idéologique et culturel, à l’image de celui qui sévissait pendant la guerre froide. Mais à cette époque pas si lointaine, les acteurs politiques attachés à la démocratie libérale n’avaient pas des pudeurs de rosières pour dénoncer les aspects jugés négatifs du communisme. Il est vrai qu’ils n’encouraient pas la flétrissure d’être dénoncés comme communistophobes. (2)

La France contribue à cette fabrique du terrorisme par son incapacité à opposer des arguments contre le dogme coranique. Elle en est d’autant moins capable qu’elle ne se décide même pas à ne fut-ce que lancer un débat sur le caractère non démocratique de l’idéologie mahométane. La raison invoquée est d’épargner aux musulmans une stigmatisation. Imagine-t-on les anticléricaux du XIX° siècle se dispenser de leur combat anticlérical, qui a abouti à la loi de 1905, afin de ne pas stigmatiser les cléricaux.

On préfère ainsi laisser pourrir une situation source de potentiels problèmes ultérieurs plutôt que de les affronter maintenant. A l’aune de ce qu’ont fait nos ancêtres,  et si nous comparons avec le manque de conviction actuel des Français, ces derniers méritent-ils encore la loi de 1905 ?

La France contribue à cette fabrique du terrorisme car elle laisse se développer, quand elle ne l’encourage pas, un communautarisme qui s’éloigne de l’universalisme rassembleur de l’assimilation antérieurement pratiquée par la République. (3) Au lieu de rassembler, la France d’aujourd’hui organise un communautarisme ségrégatif dans les esprits, en attendant sans doute une ségrégation spatiale future.

La France contribue à cette fabrique du terrorisme, car la République devenue faible, les esprits fragiles du terrorisme, à la recherche d’un minimum d’autorité et de valeurs qui les rassurent par la fermeté de conviction de ceux qui les portent, se réfugient dans l’islam, valeur virile comme le dirait Malek Chebel. (4)

La France contribue ainsi à cette fabrique du terrorisme en n’assistant pas ses commis enseignants qui ne se font pas respecter par des vauriens qui pourraient pourtant valoir beaucoup s’ils étaient plus sévèrement encadrés. (5)

La France contribue à cette fabrique du terrorisme lorsque les élèves sont soumis à une évocation de l’histoire qui ne se réduit quasiment qu’à ses pages sombres, et que sont gommés de nombreux aspects positifs. Comment espérer ainsi gagner l’estime des jeunes Français dont l’origine est extra-européenne ? (6)

La France contribue à cette fabrique du terrorisme en nommant des juges qui répugnent à incarcérer des multirécidivistes ou qui préfèrent endosser le rôle d’une assistante sociale à l’image de cette Isabelle Rome, juge consternante lors de l’émission Mots croisés. La France contribue à cette fabrique du terrorisme par son administration pénitentiaire, qui au nom de la paix dans les prisons laisse se développer le recrutement d’islamistes.

La France contribue à cette fabrique du terrorisme en ne réoccupant pas les territoires perdus de la république. Elle les désinvestit déjà d’un point de vue culturel, abandonnant à leur sort de quasi dhimmi tous les « Gaulois » démunis financièrement et culturellement qui n’ont pas les moyens de quitter leur cité et qui se retrouvent comme en « dar al islam » (terre d’islam). (7)

La France contribue à cette fabrique du terrorisme, car au lieu de faire l’éloge du mérite et d’en montrer les vertus, l’évolution politique et sociale de ces trente dernières années a abouti à promouvoir sur le devant de la scène, non le personnage méritant, mais celui que l’on met en scène comme une victime. (8)

A cette lourde accusation, beaucoup rétorqueront qu’il est abusif de faire ces reproches collectifs à la masse des Français, et donc à la France. Pourtant qui reconduit régulièrement à la barre de la France les équipes de dirigeants dont les décisions de ces dernières décennies ont conduit à la situation actuelle ? Ce sont bien la très grande majorité des Français. Qui souffrent d’une paralysie de l’esprit, car embués de toutes sortes d’appréhensions émotives à l’idée d’être soupçonnés de racisme, dès lors qu’il faut s’interroger sur l’islam ou les conséquences de l’immigration, si ce ne sont la plupart des Français ! (9)

Autant il est injuste d’accuser les Français de l’époque et la France de l’esclavage et du régime de Vichy, événements qui ont été l’initiative d’une poignée de Français sans recours à un processus électoral, et dans des conditions où la masse des Français n’était pas en mesure de donner son avis et de s’y opposer, autant nous avons été pleinement les acteurs de ce qui s’est passé ces trois dernières décennies. Et nous serons les acteurs de ce qui va se passer demain. (10)

Reste notre cas. Nous, lecteurs de Riposte Laïque et acteurs de la riposte laïque et de la résistance républicaine. Evidemment notre degré d’implication dans la fabrique de terroristes est bien moindre. Mais est-elle nulle ? Avant de réagir comme nous le faisons aujourd’hui, avons-nous été lucides suffisamment vite ? Nous activons-nous maintenant avec suffisamment d’énergie et de promptitude ? Utilisons-nous les bonnes méthodes et les bons arguments pour convaincre les réfractaires à nos idées ?

Rien n’est moins certain en observant le nombre important de ceux qui nous rejoignent en nous disant qu’il faut se réveiller, et qui disparaissent assez vite de notre horizon, prétextant, parfois à juste titre, de lourdes charges de travail et des responsabilités familiales, ou même pour les plus honnêtes, la peur d’avoir des ennuis. Notre argumentation n’est-elle pas aussi à perfectionner, car plus que de se plaindre des autres qui ne nous suivent pas, le plus décisif sera de réfléchir à de meilleures démarches afin de mieux convaincre.

“Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.” (Albert Einstein)

Jean Pavée

 

 

Remarques complémentaires

(1) Ce qui fait une des différences entre la civilisation islamique et la civilisation occidentale, c’est que la très grande majorité des musulmans se ferment comme des huîtres à l’écoute de toute critique ou remise en cause d’aspects de leur civilisation. La partielle reconsidération de ces aspects critiqués n’est le fait que d’une infime minorité d’intellectuels comme Abdennour Bidar, Abdelwahab Meddeb en France, ou le Tunisien Yadh Ben Achour et le cinéaste égyptien Yousry Nasrallah en terre d’islam, qui avant d’imputer les difficultés des pays musulmans à des acteurs externes, demandent aux musulmans d’en déterminer d’abord leur implication.

A l’inverse, l’immense majorité des Occidentaux, face aux accusations portées à l’encontre de leurs valeurs, ne pourront se dispenser d’en débattre, même à leur corps défendant, car la contradiction est inhérente à la vertu démocratique. Et au-delà de la désagréable sensation d’être critiqué, celle-ci a l’immense avantage d’obliger à une remise en cause.

(2) Au pire ils étaient assimilés à des anticommunistes primaires, ce qui dans la  bouche de leurs accusateurs signifiaient qu’ils étaient bornés et peu réfléchis. Cela avait le mérite de ne pas les anesthésier comme le sont aujourd’hui tous ceux qui ont peur d’être traités d’islamophobes ou de racistes. Ainsi le débat n‘était pas clos avant de commencer.

Egalement, la critique portait aussi bien sur les différentes pratiques réalisées dans les pays communistes que sur la théorie marxiste. L’idéologie communiste était combattue. Les communistes censés y adhérer n’étaient pas épargnés par les critiques afférentes. Personne n’aurait rétorqué que tous les communistes ne prenaient pas au pied de la lettre le texte de base, sous le prétexte que le communisme hongrois après 1956 était moins orthodoxe qu’en URSS, et que donc le communisme pouvait être vécu de façon plus ou moins souple selon les pays. Personne pour cette raison n’aurait ainsi renoncé à une critique du dogme marxiste.

Pourtant, avec l’islam aujourd’hui, sous le prétexte que l’islam influence plus ou moins la politique des pays musulmans, qu’il peut parfois être vécu de façon adoucie, on étouffe toute critique du coran, texte de base islamique, en affirmant que les musulmans ne l’appliquent pas tous à la lettre, distinguant ainsi un islam radical, intitulé médiatiquement islamisme, un « méchant » islam dénaturé, cible de toutes les critiques, d’un islam donnant en apparence une image plus modérée, le « bon » islam épargné par les critiques des bien-pensants. Ce qui est un non-sens méthodologique : c’est comme si on avait distingué autrefois un communisme intégriste d’un communisme à visage humain qui n’a jamais duré que le printemps utopique de Dubcek.

(3) Car la République ne se contente plus d’accéder à la plupart des revendications demandées par des minorités culturelles, qui auraient pu encore être légitimées par des situations d’infériorité sociale, mais elle encourage la reconnaissance de spécificités culturelles, contribuant à séparer les citoyens français en fonction d‘origines culturelles différentes.

(4) La République a abdiqué tout langage de fermeté, ne laissant plus celle-ci qu’à certains services de police et du contre-espionnage. Elle dénie à tous ces chargés de mission le recours à la fermeté, laissant sanctionnés tous ceux qui y recourraient comme ce maire traîné devant un tribunal pour avoir giflé un adolescent insolent en train de détériorer du matériel communal.

(5) Certains enseignants s’avèrent aussi incapables de mettre fin au harcèlement entrepris dans un collège par des gamins de culture musulmane contre une gamine accusée d’être une fille facile, harcèlement qui aboutit à la tentative de suicide de la malheureuse. Comment après cela, ces enfants du collège peuvent-ils se sentir défendus par la république surtout après que la responsable municipale dénie les vraies causes du harcèlement.   https://ripostelaique.com/defenestration-de-myriam-14-ans-lattitude-degueulasse-de-la-maire-de-venissieux.html

La France contribue à cette fabrique du terrorisme lorsque des enseignants, lors des séances d’éducation civique, plutôt que d’enseigner les bases de la citoyenneté, préfèrent privilégier une réflexion sur le système pénitentiaire ou l’homoparentalité, réflexions somme toute intéressantes et honorables, mais pas prioritaires lorsqu’on peut constater par ailleurs les lacunes des connaissances des élèves concernant la citoyenneté et les rouages des administrations étatique et territoriales. Le ministère de l’Education nationale faillit lorsqu’il ne se donne pas les moyens de garantir à tous les petits Français la connaissance de la Marseillaise.

(6) Quand la repentance, qui en soi n’est pas que négative, n’est envisagée que dans l’unique sens d’une systématique culpabilité française quasiment essentialisée, comment s’étonner ensuite que les descendants d’Antillais, comme Jérémie Louis Sydney, ne connaissent pas un désamour de la France, quand on sait que souvent des musulmans les raillent en les accusant d’avoir la religion des bourreaux de leurs ancêtres. Alors que cela pourrait être facilement désamorcé si on expliquait à tous les élèves que tous les peuples auraient besoin de recourir à la repentance, en l’illustrant avec le cas de l’esclavage, pratique partagée par tous les peuples à un moment ou un autre de leur histoire, par les Arabes, comme par les rois africains.

(7) Soumis à la menace de délinquants, ces Français abandonnés sont à la foi soumis à un isolement culturel, à la loi du silence, et au mépris de socialistes tendance Terra nova. C’est alors à leurs enfants, très minoritaires, de s’intégrer pour faire comme les copains. Ce n’est pas pour rien que les trois personnages centraux du réseau qui vient d’être démantelé sont des convertis.

(8) Fini le temps des héros, les piédestaux sont réservés maintenant aux victimes. Et les maigres rétributions pécuniaires suivent cette logique. Le travail salarial est donc à peine plus récompensé que l’assistanat. Cet état d’esprit ne concourt pas à ce que les gens non favorisés culturellement aient le désir de se hisser au sommet de la société, à partir du moment où on leur colle d’autorité une étiquette de victime. Il ne faudra alors pas s’étonner s’ils méprisent la République incapable de les pousser à se hisser, leur offrant le cadeau empoisonné d’un assistanat plus frustrant qu’autre chose, car sans exigence d’insertion en retour.

(9) Même si beaucoup est entrepris pour restreindre le champ de leur liberté d’expression ou les manipuler, les Français restent encore suffisamment libres pour remédier à cette situation actuelle inquiétante. Ils disposent du suffrage universel. A ce titre, ils seront pleinement responsables de ce qui leur arrivera, comme ils sont responsables de ce qui leur est déjà arrivé.

(10) Durant l’esclavage, le suffrage universel n’était pas de mise (ou manipulé par la dictature bonapartiste), et la masse des Français souffrait socialement. D’ailleurs l’instauration du suffrage universel en 1848 par la République coïncide avec l’abolition de l’esclavage. Le régime de Vichy a été fondé dans le désarroi national de la débâcle de mai-juin 1940, sans que les Français aient été consultés, et ensuite la terreur et la propagande nazie et vichyssoise ne permettaient pas au Français moyen de s’y opposer.

Le cas de la colonisation est quelque peu différent. Si son extension s’est effectuée avec les décisions de Ferry, dans un cadre bien démocratique, la majorité des Français d’alors n’avait pas l’outil culturel et critique permettant d’avoir un regard objectif de la situation, les préjugés de supériorité raciale de l’époque, communs à toutes les civilisations, l’emportaient sur toute analyse rationnelle de la situation. Faut-il rappeler que la création de l’école obligatoire, gratuite et laïque venait juste d’être décidée. Les conditions ne sont plus du tout les mêmes actuellement ; le niveau moyen d’instruction de la population française a considérablement augmenté, et l’analyse objective de la situation est donc possible. Il faut simplement mobiliser de l’énergie et du courage, ce dont manquent beaucoup de nos contemporains. Et personne ne pourra justifier qu’il ne savait pas.

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi