Thaïlande : les barbus à l’assaut du pays du sourire

Publié le 19 mai 2013 - par - 7 944 vues
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Selon la firme britannique « Aon » spécialisée dans la gestion des risques et de l’assurance contre le terrorisme, le top 10 des pays à risque de terrorisme (comprenez islamiste) sont, dans l’ordre, l’Afghanistan, l’Inde, l’Irak, le Nigeria, le Pakistan, la Russie, la Somalie, la Syrie, la Thaïlande et Yémen.

Tous ces pays sont musulmans ou ont une forte population islamique (donc potentiellement islamiste) à l’exception de la Thaïlande. Diable, mais que vient faire dans cette liste lugubre  le pays de Siam, réputé pour être le pays du sourire? La Thaïlande est même classée avant le Yémen, l’un des pays les plus instables et, islamiquement parlant, l’un des plus agités au monde.

La Thaïlande, qui a une communauté musulmane d’à peine 5% de la population totale, soit quelques 3,5 millions d’âmes, se retrouve ainsi dans un groupe de pays où les musulmans sont de 3 à 60 fois plus nombreux (10 millions de musulmans en Somalie et près de 180 millions en Inde et au Pakistan).

En fait, le problème n’est pas dans le nombre. Un proverbe marocain dit : « Un poisson pourri suffit à empester tout un panier ».

Aucun pays au monde  ne peut se prévaloir d’être à l’abri du terrorisme islamique. La menace vient de l’existence même de l’islam. Au lieu de le mettre en quarantaine, beaucoup de pays lui ont ouvert les portes.

La Norvège, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, l’Angleterre et bien d’autres pays qui ont voulu se montrer hospitaliers et généreux en accueillant de malheureux musulmans accablés par la misère et la guerre, s’en mordent aujourd’hui les doigts. Ces musulmans sont devenus, en de nombreux endroits, dans les cités et les villes, les maîtres des lieux et dictent leurs lois aux autorités et aux populations autochtones. Les attentats islamistes sont devenus tellement récurrents de par le monde qu’on ne dit même plus attentat islamiste, on dit juste « attentat ». L’épithète « islamiste », qui s’impose de lui-même, est éludé pour des raisons d’accommodement électoral…

Dans ce classement mondial du risque terroriste 2013, la firme britannique, qui ne cite pourtant pas les USA où les attentats et les tentatives d’attentat sont fort courants, attribue  à la Thaïlande un risque de 4 sur une échelle de 5, ce qui correspond à un niveau « élevé ».

La Thaïlande fait face à des attaques quotidiennes menées par des islamistes dans le Sud du pays. Cantonnés tout particulièrement dans 3 provinces (Pattani, Narathiwat et Yala qui faisaient partie d’un sultanat malais jusqu’au début du XXe siècle, avant d’être rattachées à la Thaïlande dans le cadre d’un traité avec les Anglais en 1909), les musulmans, sunnites dans leur grande majorité, se sont lancés début 2004 dans une violente confrontation avec le pouvoir en place en s’en prenant à tout ce qui en est représentatif, y compris les enseignants et les moines bouddhistes.

Ce qu’il est convenu d’appeler « l’insurrection islamique » avait débuté le 4 janvier par des attaques contre 19 écoles et un dépôt militaire où plusieurs soldats avaient été tués. Depuis, on recense plus de 5.500 morts, dont 500 l’an dernier.

Comme partout ailleurs, les musulmans opèrent par bombes, voitures piégées et embuscades. Comme en Algérie dans les années 90, comme en France avec Merah tout récemment, ils n’épargnent ni les femmes, ni les enfants.

Ainsi, le 1er mai dernier, quatre hommes en uniforme des forces de sécurité thaïlandaises ont ouvert le feu sur un groupe de villageois devant une épicerie dans la province de Pattani faisant six morts. Deux des assaillants se sont ensuite dirigés vers les victimes et ont tiré sur chacun d’eux à bout portant dans la tête. L’une des victimes à être exécutée de cette façon était un enfant de deux ans. Plus de 100 douilles de fusils M16, HK33 et AK-47 ont été trouvées sur les lieux.

L’association Human Right Watch a d’ailleurs fermement dénoncé « la brutalité monstrueuse des insurgés quand ils ont tiré sur un jeune enfant de deux ans à bout portant avec des fusils d’assaut ».

Le lendemain de cette tuerie, des tracts islamistes, distribués dans les mosquées, les  marchés et les salons de thé locaux, revendiquaient fièrement ce massacre. « Les six cadavres dans Pattani sont une leçon pour les Siamois [Thaïs] pour leur rappeler que nous allons tous les tuer,  clame le texte. Les enfants et les femmes ne seront pas épargnés. Nous allons tout faire pour que les Siamois acceptent nos revendications. »

Mais la Thaïlande n’est pas menacée par ses seuls musulmans locaux. Elle semble être aussi dans le collimateur d’Al Qaeda.

En février dernier, les services de sécurité thaïlandais avaient fait avorter une opération terroriste contre le consulat américain à Chiang Mai, dans le nord du pays. La police avait alors fait circuler une liste de 15 personnes suspectées de séjourner à Chiang Mai pour mener cette opération. Parmi les 15, trois étaient des Algériens. Il y avait également deux Afghans,  deux Syriens et deux Yéménites. Les six autres provenaient de l’Erythrée, de l’Ethiopie, de la Jordanie de la Palestine, de la Somalie et du Soudan.

Pauvre Thaïlande ! Les islamistes lui en veulent. Parce que c’est le pays du sourire et que le rire et le sourire ne sont très appréciés dans l’islam…

Le pays du sourire, du sexe et du soleil pourrait n’être bientôt que le pays d’un seul « S » : la Sunna !

Et que vive le tourisme dans le royaume de Siam !

Messin Issa

Ancien journaliste marocain

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