The Square : quand Cannes donne sa palme à un vrai film de droite

Publié le 30 octobre 2017 - par - 19 commentaires - 3 058 vues
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Cette année, à la surprise générale, The Square, réalisé par le Suédois Ruben Östlund (2017), a reçu la palme d’or cannoise. Les journaleux auraient tellement préféré que ce soit 120 battements par minute, de Robin Campillo, hymne à la “gaytitude” face au sida. Mais les vomissements des critiques de Libération, Télérama ou des Inrockuptibles sur le film étant plutôt un bon signe, je suis donc allé le voir.

En remettant sa récompense à The Square, le président du jury, Pedro Almodovar, a parlé d’un film qui osait parler de la dictature du politiquement correct. Il aurait pu ajouter une œuvre qui ne craint pas de s’en prendre aux vaches sacrées de l’intelligentsia.

The Square est à regarder au moment où, sur la façade de Beaubourg, un type sans doute à l’image de Christian (Claes Bang), le personnage principal du film, a autorisé la pose de la sculpture “enculator », pardon “domestikator », (un homme sodomisant un chien) sur la façade du musée parisien. Après le vagin de la reine à Versailles et un plug anal place Vendôme, en pleine folie de “balancetonporc”, voilà qui est jouissif.

The Square raconte quelques jours de la vie de Christian, intellectuel bobo au physique de dragouilleur james bondesque. Il roule en Tesla, est divorcé, couche facilement, s’occupe de ces deux gamines avec la mollesse des parents suédois modernes.

Christian représentante cette bobosphère occidentale qui nous fait la morale mais qui a bien du mal à mettre sa vie quotidienne en accord avec ses principes politiquement corrects. Il déplore l’hypocrisie de la bourgeoisie mais en est un membre pleinement actif (dans tous les sens du terme), regrette l’inconsistance des valeurs de sa société (notamment en ce qui concerne le sort des migrants que tout le monde plaint mais personne ne cherche à aider) mais en profite quand il le peut.

Christian est conservateur du musée d’art moderne de Stockholm, musée judicieusement situé pour les besoins du film dans le palais royal suédois.

Il est assisté d’un homme et d’une femme visiblement issus de l’immigration et d’une incompétence souriante.

Les premières minutes de The Square nous montrent la destruction d’une statue équestre pour la remplacer par un carré lumineux au centre duquel, sur une plaque de cuivre, on lit: «Le Square est un sanctuaire où règnent confiance et altruisme. Dedans, nous sommes tous égaux en droits et en devoirs.»

Christian commande une campagne de communication ayant pour mission de faire le “buzz” sur cette installation. Un cabinet dirigé par un vieux beau qui trimballe son bébé dans un couffin au nom de l’égalité des sexes et comme preuve qu’il baise avec une jeunette est responsable de cette boîte de com’. Deux jeunes crétins prétentieux sous ses ordres diffusent sur YouTube un film de quelques secondes qui se concluent par l’explosion d’une gamine blonde de sept ou huit ans visiblement dans la misère.

Le “buzz” est réussi. Même s’il semble outré, le public clique sur le petit film : 300 000 vues en une poignée d’heures.

En parallèle à cette histoire, Christian, au cours d’une scène aux allures de performance, croit, dans l’indifférence générale des passants, venir en aide à une jeune femme en détresse pourchassée par une brute. Tout fier de son pseudo courage, il constate quelques minutes plus tard que c’était pour lui voler son portefeuille et son portable.

Les moyens qu’il met en branle pour les récupérer sont un peu ridicules et surtout l’occasion de décortiquer les réactions d’un bobo qui se heurte à la réalité.

Chaque plan de The Square est une œuvre d’art moderne, notamment celles des poubelles où, comme Boltanski avait étalé des fripes au Grand Palais, il éventre les sacs de conteneurs à ordures de son immeuble et étale les immondices pour retrouver un numéro de téléphone.

Quand Christian perd ses gamines insupportables dans une galerie commerciale, il demande à un mendiant certainement d’origine étrangère de lui garder ses sacs d’achats faits dans des boutiques de luxe pendant qu’il part à la recherche de sa progéniture.

A sa réponse à une question d’une journaliste américaine lui demandant des explications sur un texte particulièrement abscons mis en ligne sur le site du musée, on saisit à la fois la vacuité du personnage et celle de l’art contemporain qui n’a rien inventé depuis Marcel Duchamp et son urinoir signé. Sans discours, cet art se résume à des constructions ridicules comme celle de chaises en équilibre instable et bruyant

ou celle de ces tas de gravier qu’un “technicien de surface” du musée détériore en les balayant. Christian refuse d’appeler l’assurance et explique qu’il suffit d’aller récupérer les graviers dans leur sac poubelle et de les remettre sur les tas.

Plus tard, quand après avoir copulé avec la journaliste américaine, Christian refuse de lui confier son préservatif usagé sans fournir de raison valable, Östlund nous montre, dans cette longue scène, toute la méfiance que la société occidentale a créé dans les relations humaines. Christian a peur de ce que pourrait faire l’Américaine de son sperme : sans doute craint-il une accusation de viol.

Les critiques de la pensée mainstream trouvent les scènes du film interminables à l’exemple de celle du happening au milieu du dîner des donateurs. Dans cette scène, un artiste imite un chimpanzé au milieu des convives qui baissent la tête. Peur, lâcheté, soumission à la violence de l’art contemporain. Un invité pris à partie par l’homme-singe s’enfuit. Puis l’artiste s’attaque à une jeune femme, la tire sur le sol par les cheveux. Personne ne bronche. Mais quand il fait mine de la violer, un spectateur âgé vient la défendre. Et c’est la curée, le retour aux instincts de protection de la femme blanche. La policée société suédoise tente de tuer l’homme sauvage à coups de poing et de pied.

Les critiques font semblant de ne pas saisir que c’est grâce à la durée de telles séquences que Ruben Östlund nous fait comprendre, en nous mettant mal à l’aise, la stupidité maladive et profonde de l’art contemporain et celle de nos sociétés occidentales pathétiques et désœuvrées.

The Square est un vrai film de droite.

Il ne nous permet aucune illusion sur la nature humaine formatée par le politiquement correct et la bien-pensance contemporaine. Est-ce pour cette raison que nous n’étions que sept dans la salle ?

Marcus Graven

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Notifiez de
Jeepy

The square a quelques passages vraiment tres bons qui egratignent l.AC. Par contre, il presente qq longueurs de sequences interminables ou inutiles qui nuisent au film en general. J,ai apprecié, sur tout pour sa critique de ce milieu de bobos friqués, et de cet AC imbuvable et vide de sens, mais tellement glorifié par nos gouvernants corrompus.

Fradth

Je pense que les gens qui ne sont pas familiers de « l’Art » avec un grand A, la personne normale juge qu’une oeuvre doit être sortie de l’esprit d’un homme inspiré, qui a travaillé, et maîtrisé quelque chose qui n’est pas forcément à la portée de tous. C’est peut être pour ça qu’on admire un tableau de la Renaissance quand bien même l’artiste ne peut pas retranscrire la réalité aussi fidèlement qu’un appareil photo, ou une sculpture en bronze ou en marbre sculptée avec art pour représenter la réalité ou le fantasme. Un simple sac à main, fait avec savoir-faire et décoré peut être une forme d’art. Tandis que des tas de gravier ou un type qui se prend pour un singe ne suscitent qu’un mépris justifié car il n’y a rien derrière. De l’esbrouffe et de la vacuité intellectuelle.

dufaitrez

Amateur d’Art, je ne peux que me réjouir de ce film.
L’Art est mort !
« Créations et installations » l’ont remplacé ! Les incultes friqués s’en sont emparés.
De Profondis ! Je retourne voir la Piéta et Monet !

victoire de Tourtour

Et l’ont surtout déshumanisé. L’Art ne représente plus le vivant, et surtout pas l’être humain :il empile des chaises ou des tas de graviers, expose un sapin géant – un plug anal – ou une trompe énorme -le vagin de la Reine -.La vie ferait-elle peur aux « créateurs  » et « installateurs » d’Art ?

eléa

Je me demande comment un si bon article peut susciter des commentaires aussi décourageants. Les gens sont vraiment difficiles. Il y a de quoi vous dégoûter d’écrire. Merci à ceux qui persistent à le faire quand même avec autant de talent.
Quant au film, s’il défend des valeurs de droite, pourquoi pas? La défense de valeurs de droite peut passer par toutes les formes d’expression. Un film n’est pas nécessairement un roman, ce peut être l’équivalent d’un essai philosophique, d’un manifeste politique, etc. L’article me donne envie d’aller voir THE SQUARE, car moi aussi j’ai des comptes à régler avec l' »art contemporain » car il dilapide l’argent de nos impôts et il occupe abusivement notre espace pour empoisonner notre atmosphère!

Fomalo

Dommageable confusion entre  » l’art moderne » et l’art contemporain (ou même l’art « abstrait » bien en chute actuellement ….. Cela dit , et comme je n’ai de comptes à régler avec aucun art (sinon à m’y mettre derechef dans la pratique, que ce soit plastique, musical ou n’importe quel art libéral), j’irai aussi voir ce film, manifeste de notre société, comme l’est l’Art, en tous temps.

Parlervrai

Je ne vais pas voir ces prétendues oeuvres, ce n’est pas pour aller voir un film qui en montre, fut-ce pour les ridiculiser.

Kader Oussel

Je me fous pas mal de savoir si c’est un film de droite ou de gauche. En général, lorsque je vais au cinéma (ce qui ne m’ai pas arrivé depuis quelque temps), c’est que j’espère voir un « bon » film, pas le film d’un parti politique, fût-il le mien.
Prendre comme sujet l’art contemporain est une gageure pour faire un bon film, c’est certain.

Bertran

Comment? Des bobos-gauchos-collabos mediatico- journaleux qui récompensent un « vrai film de droite »? Mais le monde de RL va s’effondrer!

Haggar Dunor

Je n’apprécie que la peinture figurative et particulièrement celle des maîtres italiens de la Renaissance et des peintres « pompiers » du XIXème siècle… C’est grave, Docteur ?
Quant à l’Art Moderne, j’ai toujours considéré que c’était de la merde destinée aux gogos (et aux bobos) snobs et friqués ! Ça a eu pour effet de réduire considérablement le cercle de mes fréquentations…

Spipou

Il y a aussi des merveilles dans l’art contemporain, tout de même !

Pas beaucoup certes, mais il y en a. Nicolas de Staël, par exemple…

patphil

les incoyables à l’époque le la post révolution française ont frappé mais un temps assez court; aujourd’hui il me semble que ça dure, ça dure, ça dure

Maria Leibovici

J’ai toujours trouvé ce pseudo art moderne insupportable, mais, à ma grande surprise, ma fille handicapée mentale, QI 60, le trouve à son goût. Elle a même proclamé devant le public ébahi que c’est elle qui a fait un certain tableau abstrait.

gillic

Le cinéma est mort depuis longtemps, paix à son âme !!!!

reuri

C’est bien la gauche morale qui a donné une récompense à cette merde molle de michael moore . Que le cinéma bien pensant crève la gueule ouverte est la meilleure chose qui peut arriver.
Je préfère John Wayne et Eric Zemmour plutôt que les merdes de cannes et le tafiolesque yan barthes.

Zorglub

Je fuis comme la peste les palmes d’or de Cannes sur que ce sont des navets de haute volée.Le cinema est fait pour distraire avant tout , le livre porte a reflexion, pas les images , donnez moi un bon film d’aventure et j’aurai passé un bon moment. Si vous me forcez à voir un film ou il faut se torturer l’esprit pour comprendre ce qu’a voulu dire l’auteur merci je passe.

Spipou

J’avais déjà lu quelques lignes sur ce film. Rien que pour le cynisme sur l’art contemporain, ça me donne envie de le voir !

robert

Film chiant dans un autre genre. Les mises en abime de l’abime sont chiantes.

Martial Gaulard

Incroyable qu’un film de cet accabit ait remporté la Palme d’Or à Cannes. Rien que parce que ça emmerde les gauchos bas du plafond, je trouve ça positif et jouissif.