Théâtre de Rotterdam : accommodements vers une société d'apartheid

Le 27 février 09, Salaheddine un humoriste d’origine marocaine se produit pour la première fois au théâtre de Rotterdam le Zuidplein, le thème de son show porte sur l’opposition à l’intégration. Il demande à la mairie de Rotterdam que les cinq premiers rangs du balcon soient réservés aux femmes musulmanes. Exigence accordée par la municipalité dont le maire est, depuis février, Monsieur Ahmed Aboutaleb, de nationalité marocaine. Le conseil municipal satisfait cette demande car : « le principe de séparation des sexes ne lui pose pas de problème»
Le motif invoqué, est, comme d’habitude, de permettre aux femmes très pieuses de pouvoir sortir de chez elles et ainsi de s’émanciper.
L’affaire a cependant fait du bruit et, interpelé au parlement, le ministre de l’intégration, Eberhard van Der Laan, a jugé inacceptable cette autorisation et contraire à l’égalité de traitement. Le théâtre est financé par la ville et l’état.

On a là, des petits pas vers la charia… Vers la séparation des sexes. On peut difficilement envisager qu’une telle demande émane de nos humoristes d’origine ou de confession musulmane en France, mais tout de même la démarche de la Maire de Lille dans les piscines ne relève-elle pas du même esprit ? Permettre l’émancipation des femmes ne passe pas par les places réservées ici ou là ou par des créneaux horaires spéciaux afin de les mettre bien à part, dans notre société, pour raison (d’infériorité) religieuse. En Amérique autrefois, on pouvait lire : « interdit aux gens de couleur ». Aujourd’hui en Europe on s’achemine vers les mentions : « réservé aux femmes musulmanes » ou « interdit aux hommes » ou « interdit aux non musulmans » et on entre dans la même logique de ce qu’il conviendra bien d’appeler un jour Apartheid. La ségrégation sexuelle a remplacé la ségrégation pour raison de couleur, mais l’idéologie est la même.
L’intelligence des femmes de Rotterdam, formant les ¾ du public, qui ont refusé d’occuper ces rangs, a été la meilleure réponse. Soyons reconnaissants à nos humoristes musulmans de n’avoir jamais glissé sur ce terrain là.
Chantal Crabère

image_pdf
0
0