Théologie et intégration

Publié le 19 octobre 2009 - par
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Nous avons tendance à considérer l’islam comme une religion non réformable. Certains le pensent très fort. C’est leur droit de libre penseur que de condamner tous les dogmes.

Mais c’est un constat désespérant. Si la « réislamisation » des populations françaises d’origine maghrébine, turque, bosniaque, etc. continue et même s’amplifie, les seules solutions seront les ghettos à l’anglaise (ou pire, genre films « banlieue 13.»)

En effet, comment concilier intégration (qui déteste ce mot ?) avec prières collectives à heures fixes, régime alimentaire stricte, jeûne obligatoire, séparation du pur et de l’impur, vêtements spécifiques (adaptés à la prière et voile intégral pour les femmes), fêtes religieuses musulmanes, mariages forcés et virginité obligatoire, « achat » de plusieurs femmes, donc célibat de nombreux hommes pauvres, enfermement des filles et des épouses, …? Bref, habiter, étudier, travailler, acheter, manger,… dans le même quartier qui ne sera plus qu’une enclave dans la République : le communautarisme à son apogée !
Les ghettos, d’abord résultats de l’exclusion économique, ont donc changé de nature : C’est un état revendiqué par des groupes, religieux ou autres, qui font tout pour éloigner les « souchiens » (et la police) de leur chasse gardée, y compris des écoles.

Au fait, français « de souche » : Quelle souche ? Gauloise ? Gaélique ? Romaine ? Vandale ? Gothique ? Franque ? Corse ? Polonaise ? Italienne ? Espagnole ? Même judéo-gréco-hongroise pour certain ? Jusqu’à présent, toutes ces populations ont su et pu s’intégrer à un ensemble resté cohérent, géré démocratiquement depuis 200 ans par les lois de la République, laïcité en tête.

Or, communautaristes ou pas, sauf clandestinité, nous avons à faire à des français, un point c’est tout. Ce sont les fascistes qui parlent de « retour au pays. » Franchement, si les différences ne s’affichaient pas de plus en plus, je suis persuadé qu’après tout ce brassage les distinctions ne seraient pas évidentes.

Un peu de théologie

Alors, la religion musulmane est-elle si spécifique que ça ? Il y a 500 ans, où en étaient les religions chrétiennes et juives ? Tout aussi dogmatiques, elles avaient des exigences quotidiennes aussi contraignantes que l’islam aujourd’hui. Combien de rues de la juiverie dans nos villes ?

La différence réside dans le caractère des textes sacrés. Le Coran n’a pas été inspiré mais révélé à Mahomet (Muhammad pour les puristes) qui l’a fait réciter inlassablement à ses disciples. Il a été transcrit relativement rapidement. C’est donc, pour les musulmans, un texte intangible. Il n’en est pas de même pour les deux autres religions « du livre ». Le Talmud et la Bible, plus particulièrement le nouveau testament, sont des œuvres tardives rédigées par « ouïe dire ».

Par ailleurs, le Coran, comme la Bible, est d’un abord difficile (sans parler des probables erreurs de traduction, comme « vierges » et « raisins verts ».) Comme St Paul et les pères de l’église l’ont fait pour l’évangile (ces derniers avec force « manipulations » de texte), le monde musulman s’est doté d’une charte de vie quotidienne beaucoup plus concrète. C’est la Charia. Elle est la compilation assez confuse du travail de 4 écoles théologico-judiciaires du 3e au 9e siècle de l’Hégire (IXe au XVe.) Elle est établie à partir du Coran, certes, mais essentiellement de la Sunna, une énumération innombrable de « dits » et de décisions du prophète, recueillis et transcrits a postériori (contre le désir du prophète, d’ailleurs) et de façon beaucoup moins rigoureuse que le Coran. De plus, Mahomet était aussi un chef de clan, et ses « dits » sont très marqués par le contexte de l’époque. Lui-même prévenait qu’il avait été choisi par Dieu, certes, mais qu’il n’en restait pas moins un homme et que ses paroles n’étaient pas toutes sacrées (Mahmoud Hussein, « Al-Sîra », p. 19.)

C’est aussi une nuance de taille avec la chrétienté où Jésus était pour les uns (orthodoxes monophysites), l’incarnation de Dieu, pour les autres (catholiques et protestants), le fils éternel de Dieu. Pas question de prétendre qu’il n’était qu’un homme, sauf à se faire griller, comme Michel Servet par Calvin.

Comme le dit M. Bencheikh, l’ex mufti de la mosquée de Marseille, même à l’époque de la compilation de la Sunna, les sages musulmans étaient loin d’être tous d’accord, sans parler des chiites qui refusent la Sunna pour des raisons dynastiques, entre autres. D’autant plus que les recueils de « dits » sont nombreux, variés et même contradictoires. Ces textes, pas si sacrés que ça, devraient être amendables, même si les intégristes les considèrent comme canoniques.

Encore ne faudrait-il pas attendre 500 ans !

C’est à nous donc de faire pression pour que cette charia ne soit plus respectée à la lettre par des fous de Dieu qui veulent l’imposer aussi aux populations d’origine musulmane égarées en occident.

C’est bien ce qui s’est passé pour les deux autres religions. Sauf en Israël, vous connaissez beaucoup de juifs qui respectent les 101 commandements mosaïques ? Vous connaissez beaucoup de catholiques qui respectent encore le carême, n’utilisent aucune autre méthode contraceptive que l’abstinence, arrivent vierges au mariage, vont à messe et vêpres, sans parler du poisson le vendredi ? Vous voyez beaucoup de soutanes et de cornettes dans les rues ?

Avec un minimum de raison, on peut en France pratiquer sa religion sans choquer personne. Il suffit de respecter les lois républicaines.

Daniel Cabuzel

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