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Thierry Breton, la tête à claques bruxelloise, giflé par Merkel et Poutine

S’il reste encore des inconditionnels de l’UE, de sa bureaucratie si rationnelle, de sa proximité avec les peuples, de son efficacité légendaire que la crise vaccinale vient de démontrer avec éclat, je les invite à visionner l’interview de Thierry Breton, dimanche soir au JT de TF1. Devant une Anne-Claire Coudray estomaquée, le commissaire à l’industrie s’est fendu d’une démonstration d’autosatisfaction hallucinante. La politique vaccinale de l’UE ? Un succès indubitable, que seuls des grincheux congénitaux ou des populistes peuvent contester. Oyez bonne gens, les vaccins arrivent en quantités industrielles dès avril. Et le 14 juillet, la France en liesse pourra festoyer, sous les flonflons et les feux d’artifice, la fin de la pandémie. Oui, vous avez bien entendu, le 14 juillet, ce sera la fête, c’est Breton qui l’affirme. Mais soyez sûr que si cela ne se passe pas comme prévu, une fois de plus le même Breton viendra vous expliquer que l’UE aura tout réussi, comme d’habitude, mais que des imprévus, ou l’incompétence des États aura retardé le plan génial sorti des neurones de nos élites européennes. Ou peut-être même ne dira-t-il plus rien : a-t-on vraiment des comptes à rendre, et à qui, quand on est commissaire européen ? Même Anne-Claire Coudray faillit s’étrangler devant autant de suffisance, d’autosatisfaction, de présomption hautaine. Au milieu des ruines de la France en détresse, s’il en est un qui garde le sourire, c’est bien Thierry Breton. Il faut dire qu’elle est belle, la vie d’un commissaire européen, Covid ou pas : les mêmes privilèges que des ministres ou chefs d’État, tout en restant bien à l’abri du peuple, ce qui en ces temps de grand mécontentement n’est pas un mince avantage.

Mais il y eut encore mieux : alors que la pénurie de vaccin est la marque du fiasco de Bruxelles, Thierry Breton a déclaré qu’il n’y avait aucunement besoin du vaccin Sputnik… L’Union européenne, dans un élan de bonté, viendra même se porter au secours de la Russie : mais comment donc monsieur Breton peut-il ignorer qu’à Moscou, bars, commerces, restaurants et boîtes de nuit sont ouverts ? Comment peut-on encore prendre la Russie de si haut, quand on patauge depuis un an dans la semoule, quand on échoue lamentablement dans tout ce qu’on entreprend ? Oui, mais voilà, l’UE n’a de compte à rendre à personne, et surtout pas aux peuples. Et ses commissaires peuvent continuer à se pavaner comme des petits marquis à talons rouges, au milieu des ruines de leur politique : personne ne pourra les chasser de là où ils sont…

La réponse des gens sérieux ne s’est pas faite attendre. Poutine s’est dit abasourdi par les propos de Breton, et interpelle directement les peuples européens : « Vos dirigeants s’occupent-ils de vous, ou des intérêts des grands laboratoires ? » Voilà une bonne question, comme une bonne claque que tant d’entre nous auraient bien voulu administrer à Breton. Puis, vint le tour de Merkel : l’UE doit traiter avec Moscou pour importer le Sputnik 2. Et si elle ne le fait pas, l’Allemagne, elle, passera outre Bruxelles et ses eurocrates dégénérés, et négociera directement avec Poutine… Une deuxième claque pour Breton, ça fait du bien, vous ne trouvez pas ?

Olivier Piacentini