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Tixier-Vignancour candidat en 1965 : une leçon pour 2017

Tixier-VignancourDans une allocution télévisée de 10 minutes, le célèbre avocat a immortalisé ce que devrait être le niveau du débat contradictoire entre les prétendants à la tête de l’Etat français. Selon lui, il y a deux manières de parler politique : l’une à la hauteur de l’Etat, des doctrines et des partis, l’autre, à la hauteur de l’individu, de l’homme, de la femme et de leur bonheur.

 

Ils seront légion, les candidats à l’Elysée et au Parlement à rivaliser de charme (s) pour tenter de convaincre les abstentionnistes, les patriotes, les déçus de la droite, les déçus et les ravis de la gauche. Et comme le camembert de répartition du marché public n’est pas extensible, il leur faudra appliquer le principe des vases communicants. Ou du siphon, si vous préférez. 

 

L’enjeu est de taille pour se placer dans le fromage institutionnel, car comme on le sait, les rats ne viennent jamais dans le gruyère pour les trous. Mais, cette fois ci, plus que jamais, les électeurs devront passer au peigne fin les variantes des clauses du contrat social républicain et laïc, promises ou cachées par chaque parti. 

 

Plus que jamais, il s’agira pour la politique de collaboration avec l’ennemi de faire oublier la question de vie ou de mort de l’identité française… et des Français.

 

La tâche des politicards, vieilles peaux et chevaux de retour compris, et sa machine publique à désinformer ne devrait cependant pas trop peiner à administrer encore quelques piqûres de padamalgame© pourvu que le rescapé du coma, Chevènement, soit bien sage et poli avec la Fondation pour l’islam « de » France qui lui est promise. Promise, mais pas acquise, car des critiques ont fusé pour contester le choix d’un non-musulman  http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-lettre-ouverte-a-chevenement-a-propos-de-l-islam-de-france-18-08-2016-2062088_1886.php 

 

La tâche des commentateurs et des experts subventionnés de tous poils devrait aussi se satisfaire des erzats de la droite et ses dérivés décomplexée, républicaine, qui ne recule plus. Et surtout se satisfaire de l’absence de la droite extrême, celle expurgée par le staff Marino-Philippot. 

 

Certes on trouve encore par-ci, par-là, quelques poncifs crépitements sporadiques, tels :  http://www.fn69.fr/2016/07/le-peuple-de-france-ne-se-soumettra-pas-la-france-aimez-la-ou-quittez-la/ ou plus poétique : http://carnetsdesperances.fr/2016/08/17/derriere-le-burkini/

 

Mais voilà qui risque d’être notoirement insuffisant lorsque, comme on dit en langage de Forces de Vente : il faudra taper dans le dur.

 

Il n’y a donc plus guère que Valls et Calvar pour croire ou tenter de faire accroire qu’une extrême droite existe encore, nauséabonde, comme il se doit, et prête à faire le coup de force. Mais si Valls, n’étonne plus personne par ses crises d’hystérie publiques, peut-on douter que le patron de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure est, soit très mal renseigné, soit très bien renseigné? http://ripostelaique.com/audition-calvar-surtout-darmes-lhonnete-citoyen.html 

 

En tout cas, les deux hommes ne se bousculent évidemment pas au portillon pour neutraliser une extrême gauche dans la rue, ramassis de casseurs utiles au vivre-ensemble.

 

Reste qu’à huit mois des élections, la fange politicienne en est à ses primaires, entre deux attentats d’une fragile meute de loups solitaires islamistes. Dans ces marécages, c’est officiel, Cécile Duflot EELV vient  aussi de plonger (en burkini ou en bikini, on va le savoir). 

 

Une chose est certaine, de ces égoûts sortira vraisemblablement le mot d’ordre de la concorde « Islamo-collabos, immigrationnistes et mondialistes de tous les partis, Unissez-vous! ». 

 

L’appel à l’intelligence de l’électeur, le crédo de Tixier-Vignancour

 

Après avoir expliqué qu’en 18 mois de campagne électorale, il n’avait eu droit qu’à une seule minute de télévision, l’homme du Rassemblement National, partisan d’un Etat fort et d’une Europe des patries, dénoncera la censure qui – déjà – régnait  sur les moyens d’information. A l’époque, le Général de Gaulle avait d’ailleurs fait savoir qu’il se réservait le monopole de la parole publique! 

 

Du déjà vu et entendu donc sur la méthode qui a fait ses preuves et qui perdure jusqu’à nos jours, notamment sur les chaînes TV et les radios. Du service public, notamment. Les consortium des média privés mais subventionnés, n’ayant généralement rien à leur envier. Heureusement, les plus toutes nouvelles technologies de l’information permettent désormais une diffusion de contenus, sans trop de brouillages. Il suffit de choisir ses sources.

 

Le bref discours de J.L Tixier-Vignancour (1907-1989)  est un véritable régal d’élocution, d’éloquence bien sûr, et de civisme https://youtu.be/mHQCoISR7EE

 

Qu’il dénonce la vraie misère (pas celle des prétendus migrants d’aujourd’hui), ou la pression fiscale et ses véritables injustices, il accuse « la Majesté des Pouvoirs Publics et leur suprême indifférence ». 

 

Le ton de sa voix caractéristique est vrai, sans concession et identique à celles des plaidoiries de ses plus grandes affaires https://youtu.be/Y_eHs7aVdx4

 

Un fait de l’époque l’a profondément marqué. Il est étrangement en lien avec notre époque. En 1962, un jeune Pied-Noir est condamné à mort pour avoir défendu sa province : « comme un Breton, un Provençal ou un Béarnais aurait défendu la sienne si elle avait été attaquée ». 

L’exécution capitale a eu lieu sans que Me Tixier-Vignancour ait pu même présenter sa requête en droit de grâce. Le Garde des Sceaux et le Président de la République d’alors ne s’appelaient ni Taubira, ni Hollande. 

 

550 000, c’est le nombre d’électeurs rencontrés ou contactés par ce candidat en pleine forme qui déclarait : « Je ne suis pas fatigué parce que j’appartiens à une race (le mot était encore usité) solide et ferme ».

 

En toute honnêteté intellectuelle, celle du candidat interagissant  avec celle de l’électeur à convaincre, J.L Tixier-Vignancour jouait franco : « Moi j’avais pensé au  meilleur moyen de vous informer profondément – en vous intéressant -. J’avais pensé projeter quelques séquences d’un film que j’ai fait . Il y a deux acteurs, de Gaulle et moi. Ce film composé d’actualités commentées par moi a inquiété le pouvoir… Parce que comme vous le savez, de Gaulle a dit tout, et puis le contraire de tout. Alors quand on juxtapose les actualités cinématographiques au cours du septennat, on en obtient des effets extraordinaires. Vous pourrez voir ce film dans des petites séances de projection privée. Pas ici c’est défendu! »  Avec l’intonation, vous passerez un instant délicieux et ce n’est pas tout :

 

« J’avais pensé également, faire une table ronde, mais une vraie table ronde, et j’aurais invité le journaliste du Figaro, celui de l’Humanité, celui de l’Aurore, celui de deux grands journaux de province et même celui de La Nation. Oui celui-là vous me direz que vous ne connaissez pas, c’est le journal de l’UNR, vous allez me dire que personne ne le lit, nous en sommes d’accord. Eh bien ça aussi c’est défendu! »

 

« Alors j’ai pensé que le dialogue était ce qui informe le mieux sur le caractère contradictoire d’un débat, c’est pourquoi j’ai invité de Gaulle à un débat avec moi… En attendant, écrivez-moi, faites moi part de vos suggestions et de vos critiques de façon que je puisse vous informer encore plus concrètement… parce ce peuple a besoin d’être informé sur la nature de ce régime que je combats et sur les solutions d’avenir que je préconise». 

 

« Aucun programme ne sera pris au sérieux si les moyens de le réaliser ne sont pas présentés en même temps qu’on l’énonce… ». A méditer, 51 ans après.  

 

Et aussi :

 

interviewé par Claude Darget https://youtu.be/NsfQM0hVwP0

 

https://youtu.be/cYOxltUEghI

 

https://youtu.be/C1Z59wkE-Yk

 

 

Jacques Chassaing