Tolérer l'intolérable, tolérer l'intolérance ?

Avant-hier je suis allé faire des courses dans un hypermarché d’un quartier de Lyon où je mets rarement les pieds. J’ai été surpris d’y croiser plusieurs couples musulmans, pas tous arabes, qui m’ont donné l’impression de vivre à une autre époque et en un autre lieu. Un certain nombre de femmes, non seulement voilées, portaient la burka, avec les gants et surtout la grille devant le regard.
Pour la plupart, les hommes qui les accompagnaient n’étaient pas des barbus portant djellabas et babouches. Simplement vêtus à l’européenne, ils laissaient à leur femme le soin d’exhiber les signes extérieurs de leur religion, ou plutôt, selon moi, les signes extérieurs de leur soumission à des règles prétendument issues de leur religion. J’ai repensé à Tarik Ramadan, le beau parleur, défenseur de la plus rétrograde interprétation de l’Islam qui sous des dehors civilisés défend une conception médiévale de sa religion.
Me sont revenus en tête les débats sur la tolérance. Doit-on, au non de la tolérance, tout accepter y compris l’intolérance, ? Doit-on renoncer à tout ce qui fait l’acquis de centaines d’années de progrès sous le maigre prétexte du fameux respect de la différence ? Doit-on se plier, sur le territoire de la République, à des pratiques issues d’un revival moyenâgeux souvent plus exacerbées en France que dans les pays dont elles sont originaires ? Ces femmes musulmanes doivent-elles être considérées comme des femmes « à part », qui ne doivent pas bénéficier des mêmes droits et devoirs que toutes les autres femmes ?

Alors que la violence faite aux femmes est justement poursuivie, doit-on accepter sous prétexte de tolérance, que certaines d’entre elles subissent la tyrannie machiste de leurs maris, plus jaloux de leur exclusivité sur le corps de leur épouse que de respect de la religion ?
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. D’une mentalité rétrograde qui donne à l’homme tout pouvoir sur sa femme. Et la religion n’a pas grand chose à voir là dedans si ce n’est pour justifier l’injustifiable.
Pour comprendre l’état d’esclave dans lequel sont confinées les femmes chez ces musulmans-là, il faut savoir qu’il existe un mouvement de femmes islamistes féministes qui considère que le voile et la burka sont un progrès pour elles : grâce à ces vêtements, elles peuvent enfin sortir de chez elles.
Il faudrait un jour en finir avec la tyrannie de la pensée qui a trop longtemps obscurci le raisonnement des « gens de gauche », dont je suis, et qui leur imposait de fermer les yeux sur les horreurs de ce genre sous peine de passer pour un horrible facho raciste. Eh quoi, essayez, si vous êtes une femme, de vous promener en Arabie Saoudite avec une robe qui laisse voir vos mollets… et si on vous dit quelque chose tentez de rétorquer qu’en France les femmes à burka envahissent les rayons des hypermarchés… Ce que l’on vous oblige à tolérer ici, on vous le refusera là-bas. Le progrès n’est pas exportable tel quel, alors que la régression semble avoir toutes portes ouvertes.
Et surtout, ne voyez pas dans ce billet une diatribe antimusulmans. Il faut que la religion musulmane soit forte pour résister à l’islamisme qui n’est qu’une vision dévoyée de l’Islam. Ces gens ne sont pas plus musulmans que n’étaient chrétiens les tortionnaires de l’Inquisition. L’islamisme est une vision politique du monde, comme l’étaient l’Inquisition ou les croisades, ce qui ne lui donne pas pour autant justification à croître et à multiplier, dans les pays arabes comme ailleurs..
Jean-François Mineau

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