Toujours aux cotés de Fanny Truchelut

La République a une réelle vertu : elle permet le débat contradictoire et verbal ; dans le respect, mais sans concession. Ce sont ces débats et combats qui nous permettent d’avancer vers des horizons plus humanistes et plus ouverts.
Pour la deuxième fois, à côté de mes amis et sympathisants de Riposte Laïque, j’ai été heureux de soutenir Mme Truchelut. Le déroulement de ce procès en appel a montré que nous avons réussi à relever plusieurs défis :
– Nous sommes revenus aux faits. Il a été démontré que ce procès n’est pas celui d’une nationaliste intégriste obtuse contre une malheureuse famille musulmane, française et maghrébine, mais qu’il s’agit bien d’un difficile vivre-ensemble, franco-français et franco-maghrébin, où l’islam pose toujours problème.
Comme il a été démontré par les différentes parties qui se sont succédé à la barre, il s’agit d’un procès que la voilée Horia Demiati intente à Yvette Truchelut. Cette dernière a une allergie viscérale au voile. Elle l’assume, ne la cache pas et ne la considère pas comme une sorte de maladie honteuse !
Devant le tribunal, Fanny a encore une fois expliqué qu’elle a été choquée de voir arriver dans son gîte deux voilées complètement enveloppées, ne laissant apparaître que leurs faces. Il a été bien acté par le tribunal que Fanny avait bel et bien réservé son gîte à Horia ainsi qu’à sa famille. Le nouvel avocat de Fanny n’ayant pas de veste politique encombrante sous sa robe, il a pu sereinement démontrer que Mme Truchelut a tout de même bien fait visiter les appartements privés à la famille. Ce qui nous éloigne d’un refus catégorique de louer son gîte à une famille musulmane. Elle n’a fait que demander à Horia et à sa maman, d’ôter leurs voiles dans les parties communes de ce gîte.
Cette précision est de taille. Fanny a dû, encore une fois, le rappeler. Mme Demiati dément, tout en admettant qu’ôter le voile dans les appartements privés du gîte n’avait pas de sens, puisque c’est ce qu’elles faisaient, elle et sa mère. Me Chabert, avocat de Fanny, a aussi rappelé que les appartements privés avaient un accès indépendant des parties communes. Dépositions des plaignants à l’appui, il a aussi montré qu’ayant refusé la proposition de Fanny, c’est bien Mme Demiati qui a immédiatement demandé la restitution des arrhes.
– Débarrassée des casaques politiciennes parasites, cette affaire prend enfin son sens premier. C’est le procureur général qui a eu l’intelligence de nous le rappeler : tout en expliquant que Fanny n’avait pas le droit de demander aux deux musulmanes d’ôter leurs voiles, il a tout de même rappelé que nous ne sommes pas face à un « système de discrimination organisée ». N’étant pas tombée dans un tel système, Fanny ne mérite pas, aux yeux du procureur, qu’on lui inflige une amende. Quant à l’éventuelle condamnation pénale, il l’a laissée « à l’appréciation de la cour ». La défense ayant démontré que le délit n’était nullement caractérisé, il est à souhaiter que la relaxe demandée par la défense soit suivie par la cour. Mais rien n’est acquis avant le 8 octobre prochain.
– Cette affaire passera, la vraie question restera. Le voile islamique vous choque-t-il ou pas ? Et, si oui, que faire pour en débarrasser nos concitoyennes musulmanes ainsi que les musulmanes venues d’ailleurs ? C’est bien à ces questions de société que Fanny nous invite à répondre. En notre âme et conscience, nous lui devons une réponse franche et pratique. Une réponse républicaine, féministe et humaniste.
Il me semble qu’à Riposte Laïque nous y avons répondu de la plus belle manière. Non au voile islamique, séparatiste et ségrégationniste. Nous l’avons répété et nous le répéterons haut et fort ! Nous soutenons et nous soutiendrons les Fanny qui, sans détours, disent aussi non au port du voile. Honte aux organisations telles la LDH, le MRAP et à la LICRA qui ont choisi de défendre une discrimination mille fois avérée contre une prétendue autre discrimination.
Leur commerce de la honte n’est nullement profitable ; ni pour elles ni pour la société française. Tout compte soldé, elles verront qu’elles ont défendu la « libre » soumission à une injonction que l’islam prescrit aux femmes pour qu’elles aient honte de leurs corps. Ce n’est pas du tout honorable ni profitable à cette belle France, majoritairement humaniste et républicaine qui, sans disctinction aucune, rejette viscéralement toutes les discriminations. Fanny a eu le courage de l’exprimer clairement et de s’assumer. Il lui importait peu que cette discrimination soit d’origine religieuse.
Le port du voile, qu’il obéisse aux injonctions de saint Paul, de la bible ou du coran, n’a pas à s’imposer à nos filles et à nos femmes en France et en Europe. Y en a marre de la discrimination des femmes et de leur soumission de par le monde et puis basta ! Les droits de l’homme, c’est pour toute l’humanité et ils ne sont pas réservés à une certaine catégorie de populations.
Le « mal-vivre-ensemble » d’aujourd’hui, bel et bien franco-français et hexagonal, où l’islam pose problème ne date pas de la génération Mitterrand ni de la première affaire du voile que Jospin ne voulait pas affronter : c’est depuis des siècles que cela dure. Faut-il rappeler qu’en 1905 déjà, la France ignorait superbement l’islam et n’exigeait nullement qu’il ne fasse plus la loi (charia) pour les musulmanes et leur progéniture ? C’est comme si la devise républicaine avait toujours été, « qu’ils se démerdent avec LEUR religion ! ». Or depuis longtemps, l’islam est une religion française et européenne. Il faut absolument se décider à le renvoyer à son Moyen-âge et à son Vatican. Dans une enclave au centre de la Mecque et de Médine, par exemple !
Il est grand temps pour nous de sortir d’un schéma mental très classique : celui des pauvres martyrs venus d’Orient qui se battent contre la puissante Rome. Après les avoir colonisés, elle ne veut pas les reconnaître comme citoyens à part entière. C’est ce schéma de pensée socio-politique qu’explicitent les « Indigènes de la République » et que certains « bienveillants » et organisations, soi-disant progressistes, ont intériorisé sans en être conscients. En nous présentant, nous les Français, comme responsables du mal que nous faisons (et que nous confessons volontiers), ces « bienveillants » et ces organisations cachent en réalité leur jeu qui entretient et perpétue une prétention illusoire : celle d’être toujours « responsables du monde ! ».
Pascal Hilout,
initiateur du nouvel islam

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