Toulouse, Montauban : l’incroyable ambiguïté du discours de Nicolas Sarkozy

Publié le 26 mars 2012 - par - 626 vues
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Ce jeudi, suite à la mort du terroriste Mohamed Merah, le Président de la République a prononcé une courte allocution officielle, dont on peut consulter des comptes-rendus sur des sites généralistes comme celui-ci:

http://www.lepoint.fr/societe/sarkozy-il-n-etait-pas-concevable-d-exposer-des-vies-22-03-2012-1444026_23.php

Ce discours officiel fut d’une redoutable, d’une terrible ambiguïté.

Tout d’abord, le Président de la république, reprenant le vocabulaire habituel et ultra-lassant de la bien-pensance, a martelé le désormais connu : « pas d’amalgame ». Le problème c’est que « pas d’amalgame » est une expression qui, toute seule, ne veut absolument rien dire. S’il s’agit de ne point considérer toutes les personnes issues d’une culture arabo-musulmane comme des terroristes en puissance, d’accord, la phrase est juste : « pas d’amalgame » OK. S’il s’agit par contre de méconnaître les LIENS (un lien est une sorte d’amalgame, pas vrai ?) très forts entre la violence politico-religieuse islamique, le terrorisme, le financement du terrorisme par la délinquance ou la criminalité (Mohamed Merah, on le sait, s’autofinançait et il n’est probablement pas le seul), et l’aggravation de ces phénomènes en raison directe de l’immigration de masse incontrôlée, sans compter bien entendu le laxisme ambiant, alors là, dans ce cas, la phrase « pas d’amalgame » est nulle et non avenue, et terriblement dangereuse.

Ensuite, le Président a fait savoir qu’il allait sanctionner pénalement les gens qui surfent sur des sites extrémistes ou incitant à la haine. Le problème c’est que « extrémistes » ou « incitant à la haine » sont des qualificatifs couramment employés par la bien-pensance (y compris de droite) pour décrire des organisations et des sites comme Riposte Laïque ou Résistance Républicaine, ou encore Fdesouche, ou même le Front National ou le Bloc Identitaire, etc. Du coup, les lois ou dispositions anti-terroristes que le Président a déclaré vouloir mettre en œuvre pourraient fort bien ne viser au final que des patriotes, et laisser benoitement de côté de nouveaux Mohamed Merah prompts à commettre de nouveaux forfaits, en continuant, vis à vis de ces nouveaux Merah potentiels, dans le laxisme habituel. Et on accuserait encore les patriotes – comme le fait la bien-pensance depuis le début de cette affaire ; la bien-pensance aurait encore beau jeu d’affirmer que tel ou tel terroriste musulman doit sa violence aux stigmatisations dont il a été victime dans sa jeunesse, stigmatisations commises par les affreux blancs céfrancs racistes (comme chacun sait).

Bref, le discours du Président, sans autres précisions, est d’une terrible ambiguïté.

Pour donner des gages d’absence d’amalgames envers la communauté musulmane, les dispositions anti-terroristes du Président pourraient se solder, dans les jours qui suivent, par une répression sans précédent contre les méchants patriotes qui n’aiment pas l’islam. Au nom du « pas d’amalgame », l’islam pourrait se retrouver une fois de plus le grand gagnant des dispositions visant à anéantir le terrorisme. D’ailleurs, on sait que que « terroriste » fut un qualificatif accolé par les régimes totalitaires à tous les dissidents et résistants. Rappelons que, sous Vichy, le terme infamant de « terroristes » désignait ceux de la Résistance Intérieure Française et, en aucun cas, ceux qui, pourtant, terrorisaient les populations (en l’occurrence les miliciens et les nazis).

Martine Chapouton

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