Tournemire (Ligue de l’Enseignement) et Eyschen (Libre Pensée) à Montélimar : pas touche à l’islam !

Publié le 5 octobre 2009 - par
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Les orateurs étaient successivement Pierre Tournemire (Ligue de l’enseignement), un dirigeant national du Grand orient de France et Christian Eychem de la fédération nationale de la libre pensée.

Bien entendu, on connait le refrain de Tournemire qui conclut sur la laïcité ouverte (il ne prononce plus le nom !) en arguant de la présence de l’Islam qui change la donne (il est vrai que tout son exposé, plus ou moins historique, n’a porté que sur les religions chrétiennes.) Comment affirmer que « la République ne privilégie aucune religion », quand on sait que la loi de 1905, elle, affirme « la république ne reconnait ni ne subventionne aucune religion… » ?

L’intervenant du GOF (au style peu convainquant, dommage) a bien développé la problématique de la laïcité et on a bien compris qu’il parlait au présent des offensives anti-laïques de l’Islam, mais toujours en termes feutrés ou par allusions. Le fait d’insister sur la préservation de l’intégrité physique et morale de l’individu, et non pas du droit à la différence des communautés, comme l’avait fait son prédécesseur, est déjà beaucoup.

Quant à Eychen, toujours égal à lui-même, il a donné dans l’excès dans tous les domaines et a conclu contre toute loi interdisant la Burka en France, avec des arguments tout à fait farfelus et contradictoires. Ce langage de tribun d’un autre temps semble encore séduire les salles : plus que dommage.

C’est un comble de tenir une conférence débat sur la laïcité sans parler de l’Islam, fut-il fondamentaliste ou pas. Comment parler de l’offensive créationniste en ne citant que les évangéliques d’Amérique ?
Conclusion : encore une réunion d’idiots utiles. Dommage, une urgence ne m’a pas permis d’intervenir dans la discussion. J’aurais placé quelques autocollants !

Une remarque : les uns et les autres se sont chamaillés sur les termes « sphères » et « espaces » publics et privés. Il faudrait comprendre une fois pour toute que, pour un philosophe, une sphère (sociale) a pour centre l’individu et comprend tous les autres individus impliqués dans les relations qu’il a avec eux, privées pour l’une, publiques pour l’autre. On comprend que la sphère publique comprend tous les citoyens, avec des relations régies par les lois républicaines. Affirmer comme Eychem que les deux types de sphères ne peuvent pas avoir d’intersection est ridicule ! Et, avec cette définition, une sphère n’a rien à voir avec un espace ! La loi de 1905, par excellence, définit la liberté de culte à l’intérieur même de l’espace public. Celle de 1901, la liberté associative (par essence relevant de la sphère privée) et son exercice dans l’espace public. La sphère privée, elle, ne peut pas être réglementée, sauf à porter atteinte à la liberté de conscience.

Daniel Cabuzel

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