Tous les invités de Taddéi voulaient en finir avec la laïcité française, sauf Eric Zemmour

Je ne sais pas ce qu’il en est de vous, mais moi, souvent, j’ai l’impression de prêcher dans le désert…

Vendredi 5 avril 2013, au cours de la seule émission de société acceptable du paysage audiovisuel français, Ce soir ou jamais, j’ai senti poindre un découragement face au déni de réalité que manifestaient la plupart des invités de Frédéric Taddeï. Leur incitation à la dislocation de notre éthique nationale héritée de siècles d’évolution, et sans laquelle il n’est, à mon sens, pas de société viable, m’effrayait.

Le fil conducteur des débats (dont certains se sont résumés à une éructation militante) était : « Vers une République laïque, exemplaire, transparente et morale ? » Evidemment, il a été question de l’affaire Cahuzac, ce providentiel alibi de la gauche, et particulièrement de Christiane Taubira, qui se propose de renforcer le pouvoir  de la justice, celle-là même qui adoube l’immigration et condamne ses victimes au chagrin silencieux.

Or donc, nous avions pour débattre deux hérauts d’E.E.L.V. et du Parti socialiste, les sénatrices Esther Benbassa et Laurence Rossignol ; un libertaire pas encore redescendu de son nuage soixante-huitard, le philosophe Ruwen Ogien ; un essayiste ultralibéral motivé par la seule morale financière, Mathieu Laine ; une sociologue partisane, Nacira Guénif et un autre, un peu moins, Jean-Pierre Le Goff. Taddeï, auquel un obscur chroniqueur (le journaliste Patrick Cohen) reprochait quelques jours plus tôt d’inviter des « infréquentables » sur son plateau, avait tout de même fait venir Eric Zemmour, suivant sa saine habitude de recevoir des personnalités aux vues divergentes, voire incompatibles. Ce qui est la marque du vrai journalisme.

Avec la question de la laïcité, la machine s’est soudain emballée. Mais ce qui est intéressant, au-delà de la foire d’empoigne à laquelle on a assisté, ce sont les propos qui ont essaimé au cours du débat. Propos qui illustraient, à la quasi perfection, le cratère béant séparant désormais le peuple des élites. Ainsi, Laurence Rossignol, sénatrice P.S. de l’Oise, invitée à s’exprimer autour du scandale « voilé » de la crèche Baby-Loup, enfonça la première le clou en déclarant : « J’ai vu plus de prières de rue autour du Sénat en ce moment, de la part des intégristes catholiques et de Civitas[1], que j’ai vu d’atteintes à la laïcité par des musulmans. » Authentique !

Esther Benbassa et Nacira Guénif (que je n’ose appeler la taupe de l’islam pour m’éviter un procès avec dommages et intérêts à la clé qui m’obligeraient à aller grossir les rangs des indigents) éructaient contre Eric Zemmour, toujours aussi lucide sur la situation au bord du gouffre de notre pays. Zemmour, dont on ne saurait nier la connaissance de l’histoire de France, déclarait avec raison que la laïcité de 1905 ne pouvait être calquée telle quelle dans notre société. Selon lui, il fallait la contextualiser, c’est-à-dire intégrer les nouveaux écueils religieux de notre époque, dont l’islam est le principal.

Madame Guénif, au contraire, proclamait péremptoirement qu’il fallait cesser « d’invoquer l’histoire révolue » ; une histoire dont elle n’a cure et qu’elle nie. Nacira Guénif, ou la partie émergée de l’iceberg ! Selon elle, beaucoup de Français regrettaient  le climat de racisme et de xénophobie ambiant : elle était dans le vrai. Sauf qu’elle et moi nous ne parlons pas du même racisme, comme BEAUCOUP de FRANÇAIS au visage pâle qui subissent l’ire fanatique de l’islam.

Mais le sommet de la mauvaise foi était atteint par Esther Benbassa, historienne du…judaïsme ! En effet, selon cette sénatrice d’E.E.L.V., il n’y a pas d’antisémitisme musulman en France, comme les Juifs ne sont pas menacés dans les banlieues. Je ne m’abaisserai pas à commenter pareille aberration, convaincu à présent qu’il existe bel et bien des Juifs honteux.

Voilà où en est la France : une bergerie où tous les moutons doivent brouter en silence. Et quand l’un d’eux crie « Au loup ! », il est tondu, trempé dans le goudron et viré du troupeau, ou pire…

Charles Demassieux


[1] Civitas, pour qui j’ai le plus grand mépris et dont ses sectateurs  ne comprennent rien à la foi, se servant de celle-ci comme d’un étendard guerrier.

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