Tout savoir sur le voile, le nikab, la burka, le tchador, le hijab…

Publié le 20 octobre 2019 - par - 17 commentaires - 2 552 vues

Porter un voile – sujet anodin qui n’aurait jamais dû causer un problème, puisque les femmes en tout temps s’en sont affublées. Elles l’ont porté comme une parure, un ornement, compact ou transparent, moucheté ou en treillis couvrant tête et visage. Avec le temps, il fut remplacé par le chapeau… Les femmes ne devaient en aucun cas sortir de leurs demeures sans couvre-chef…

Associer aujourd’hui les femmes voilées à l’Islam serait donc une erreur, puisque les origines de cette pratique ne viennent pas de l’Orient, mais bien de l’Occident.

L’historienne Maria Giuseppina Muzzarelli, qui vient de publier une « Histoire du voile », nous révèle : En fait ce sujet est ignoré de beaucoup de gens : « Ce défaut de connaissance peut jouer un rôle dans les réactions mêlées de surprise et d’hostilité à l’égard des musulmanes voilées. Il en découle une situation paradoxale : d’une part on n’a pas conscience de notre longue histoire du voile, de l’autre on assimile le voile musulman à la couverture qui avait été imposée aux femmes par saint Paul en signe de modestie et d’obéissance. Dans la réalité, cette équation n’est pas clairement établie, et de toute façon elle ne figure pas dans le Coran ».

Le port du voile remonte en effet à la plus haute Antiquité et remplit plusieurs fonctions. Chez les Assyriens, les prostituées, les esclaves et les femmes non mariées n’avaient pas le droit de s’en couvrir. Dans l’Ancien Testament, il marque le passage au statut d’épouse. De même que chez les Grecs : « Le voile se portait en public pour des raisons de pudeur et de modestie, et les femmes non voilées se désignaient comme sexuellement disponibles », analyse l’historienne. Même son de cloche à Rome : avant de sortir de chez elles, les femmes s’enveloppaient de la « rica », un voile de qualité courante différent de celui que portaient les vestales, prêtresses consacrées à la divinité Hestia. Lors de leurs noces, les Romaines portaient un « flammeum », un rectangle de tissu rouge – le verbe latin nubere, dont dérive l’adjectif « nubile », signifie d’ailleurs « se couvrir d’un tissu couleur flamme ».

Avec l’essor du christianisme, les pères de l’Église s’étaient penchés sur la question. Les écrits les plus connus sont ceux de Paul de Tarse ou Saint Paul qui rappelle au Ier siècle dans la lettre aux Corinthiens que : “Le chef de tout homme est le Christ, le chef de toute femme est l’homme et le chef du Christ est Dieu.” Toute femme qui prie et prophétise la tête non voilée déshonore sa tête : elle est comme rasée.

 (…) L’homme ne doit pas se couvrir la tête, parce qu’il est l’image de la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme. En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme de l’homme ; et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. C’est pourquoi la femme doit, à cause des anges, avoir sur la tête un signe de sujétion. Le voile a ainsi fait son entrée dans le monothéisme, immédiatement interprété comme un élément distinctif du genre féminin et symbole de soumission des femmes à l’homme », écrit Maria Giuseppina Muzzarelli.

« Saint Paul et Tertullien ont systématisé une pratique ancienne en y impliquant l’infériorité de la femme et l’incapacité masculine de résister à la tentation ».

Les préceptes de Paul font des émules. Le théologien Tertullien rédige un traité intitulé « Du voile chez les vierges » (IIIe siècle) dans lequel il préconise que le port du voile ne soit plus réservé aux femmes mariées : « S’exposer revient à se prostituer », affirme-t-il. Le voile repose alors sur l’idée que la femme représente un danger non seulement pour elle-même mais pour toute l’humanité. Alors que dans le monde antique il symbolisait surtout la condition d’épouse, il acquiert une portée plus large avec l’arrivée du christianisme : entre le IVe et le VIIe siècle, le voile devient ainsi le symbole de la femme chrétienne.

Au Moyen Âge, sa signification évolue. Dans les villes, chez les femmes issues des grandes familles marchandes et de l’aristocratie, il se fait plus transparent, se double de couvre-chefs élégants, de chignons compliqués et de filets finement brodés. Il n’est plus seulement symbole de leur assujettissement aux hommes, mais aussi de la richesse et du pouvoir de leur famille. « L’usage de se couvrir avait conduit à l’adoption de formes exubérantes, fantaisistes et exagérées au point de focaliser les regards et de provoquer la stupeur », note Maria Giuseppina Muzzarelli.

Évidemment, ces coiffes sophistiquées et voyantes ne plaisent pas à tout le monde. Notamment aux membres du clergé et à de nombreux théologiens. Durant la seconde moitié du XIIIe siècle, avec le développement des ordres monastiques, les prêcheurs se penchent avec attention sur la tête des femmes. Le franciscain Bernardin de Sienne prêche : « Il me semble voir dans vos cheveux tant de vanité que j’en éprouve de l’horreur : il y a des têtes à créneaux, à donjons, à tours qu’on trimballe à l’extérieur. J’en vois avec des créneaux où se dressent les enseignes du diable, et celles-ci ont des arbalètes capables de percuter n’importe qui ».

Dans la plupart des villes italiennes, on légifère avec attention sur ces dispositifs capillaires. Il faut veiller à ce que les soies et les ornements arborés ne témoignent pas d’une trop grande richesse, ce qui serait inconvenant. Dans les archives de la ville de Pérouse, par exemple, on trouve la trace de 336 procès concernant des couvre-chefs féminins. La plupart des femmes condamnées se voient contraintes à payer une amende soit à l’État, soit à l’Église. Des dérogations sont toutefois accordées. Comme à Bologne, où les femmes de chevaliers sont autorisées à porter un « coazzone », une structure constituée de rubans d’or et d’une coiffe en résille portés sur l’arrière de la tête, le tout tenu par un cordon qui ceint le front. La mode parvient donc à se frayer un chemin entre les prédicateurs outrés et les législateurs tatillons.

L’iconographie de la Renaissance rend d’ailleurs compte de ces ornements. Les femmes de la noblesse, tout comme les saintes, sont revêtues de coiffes délicates et recherchées. Représenter des femmes sanctifiées par l’Église vêtues d’étoffes à la mode était un moyen, pour les peintres, de les rendre plus proches de ceux qui observaient ces tableaux tout en permettant de mettre en valeur leur grandeur et leur vertu. De plus, les artistes appréciaient ces extravagances, qui constituaient autant de défis techniques.

Selon certains historiens, le port du voile en Occident a perduré jusqu’au tournant du XXe siècle. Ce n’est pas tout à fait le point de vue de Maria Giuseppina Muzzarelli. Pour l’historienne, quelque chose se joue dans les villes italiennes à partir du XIIIe siècle : « C’est dans les cités-États que s’ébauchèrent l’évolution des façons de se couvrir et la lente crise du voile, du moins dans les couches les plus élevées socialement et culturellement alors que la tradition se perpétuait ailleurs ». Tout au long de son histoire, le voile a rempli plusieurs fonctions, qui ont parfois de la peine à coïncider. S’il cache, marque la réserve et la soumission, il attire également le regard, embellit et active un jeu de séduction. Il indique aussi une forme de résilience, explique Maria Giuseppina Muzzarelli, car « il permet la réinterprétation d’une coutume contraignante en pratique agréable ».

Dès la fin du XIXe siècle, le foulard a pris le pas sur le voile. Il est tombé de la tête des femmes pour se porter sur leurs épaules. Le nouveau Code de droit canonique promulgué en 1983 par Jean-Paul II est venu entériner une certaine pratique : se couvrir la tête, même dans les églises, n’est plus requis. « Nous avons perdu le voile, nous nous en sommes libérées ou, pour mieux dire, il est tombé en désuétude. En prenant la relève, le foulard a, d’une certaine façon, accompagné son trépas. Mais ce foulard, actuellement, on ne le voit plus autour du cou des nostalgiques : il est désormais solidement campé sur la tête des musulmanes », conclut l’historienne.

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Mais alors pourquoi les Européens, les Occidentaux en général voient mal ou refusent le voile musulman, exigeant son abolition ? C’est très simple : si par le passé le voile était un ornement qui possédait la hardiesse de suivre une mode, un air du temps, une vague, le voile musulman demeure compact et imperméable. Si les juifs ont trouvé bon de remplacer leur foulard par une perruque ou par un chapeau, souvent très élégant, le voile musulman s’obstine à conserver sa figure, son aspect. Les musulmanes du Maroc ont de tout temps porté un voile qui couvre les traits de leur visage, hormis les yeux, lesquels se cachent souvent derrière des lunettes solaires.

Le nikab

La burka – femmes fantômes

Des femmes iraniennes en tchador dans une procession funéraire, en janvier 2015 à Téhéran. ATTA KENARE / AFP

Le jilbab saoudien, entre hidjab et niqab

Le hijab est plus supportable et généralement admis plus ou moins en l’Occident.

En somme il ne s’agit plus de décence, de modestie, de pudeur, mais bien de la soumission totale de la femme aux exigences de l’islam – excessivement manipulé par ses adeptes masculins.

Il existe évidemment beaucoup de raisons derrière le refus de cet habit par les Occidentaux – dont l’impossibilité d’identifier la personne qui s’en affuble.

Quant au hidjab, généralement accompagné d’une robe longue et noire, son rejet provient principalement du changement de l’effigie du pays hébergeur.

Les Européens, en majorité, y voient les signes d’une décadence, le recul à une époque révolue, mais aussi, l’imposition d’un code vestimentaire qui ne leur convient pas – là où la femme est réduite à l’asservissement total, à sa perte de liberté et d’image – durement acquise par les Européennes..

En outre, c’est surtout la perte d’identité de l’Europe et son islamisation rampante.

Thérèse Zrihen-Dvir

http://theresedvir.com/ (Copier coller sur google chrome)

https://theresezrihendvir.wordpress.com/

 

 

 

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Notifiez de
Claire

(Suite) Quant à l’évocation du voile dans l’ancien testament comme passage au statut d’épouse, à part celle de Genèse 24/65 où Rebecca met un voile en voyant arriver de loin son futur mari, la plupart des versets concernent la prostitution. Quelques exemples: dans l’histoire de Tamar guettant Judas (Gén.24/65) de l’adultère qui épie le crépuscule et met un voile sur sa figure (Job.24/15) des fausse prophétesses pratiquant des divinations mettant des voiles sur la tête des gens pour leur voler leur âme (Ezéquiel 13/18) Ou la menace à Babylone, fille des Chaldéens considérée comme une vierge perdant son voile pour n’avoir pas eu de compassion pour Israël (Es.47/2) Bref: quelques autres références de l’ Ancien Testament cité par l’historienne…

Claire

L’auteur oublie de préciser pour quelles raisons l’apôtre insiste ainsi sur la question des cheveux des femmes de l’époque. A Corinthe : port où la prostitution était courante, les prostituées coupaient leurs cheveux. Cette jeune assemblée de nouvelles converties avait conservé des moeurs qui ne pouvaient se maintenir dans une communauté. Les anciennes prostituées furent invitées à perdre leur ancienne identification pour se couvrir de pudeur.. D’ailleurs au verset 14-15 de ce fameux chapitre 11 Paul ajoutera : “La nature elle-même ne vous enseigne t’elle pas que c’est une honte pour l’homme de porter de longs cheveux, mais que c’est une gloire pour la femme d’en porter.EN EFFET LA CHEVELURE lui a été donnée en EN GUISE DE VOILE !”

HELLENE

Eh bien, il faut croire que cette historienne n’a pas lu le coran car le voile y est bel et bien prescrit, comme l’attestent les sourates 24 et 33, de même que certains hadiths.

CoucouduQuébec

Le voile islamique tient plus de l’étendard politique que d’un simple vêtement.

POLYEUCTE

Je préfère en rester à la Danse des 7 voiles !
Mais oseront-elles ?

incongru

Ah St Paul! s’il n’avait pas été là pour brider les femmes…
Pas plus qu’un Méditerranéen de l’époque, mais grâce à qui nous ne sommes pas baptisés au sécateur (pour les hommes)
Il y a de cela….1900 ou 1950 ans, sans doute???
Comme le dit avec beaucoup de mots l’article, NOUS avons évolué!!!
Faut savoir si certaines veulent revenir à ce bon temps là, s’arrêter comme les Emichs, etc, mais la question à poser à toutes les bobos qui trouvent normal l’accompagnement scolaire : “et si VOTRE enfant….”

clercophage

La loi de 1905 n’est qu’une première version bien trop timorée .
Étant donné que toutes les religions constituent des nuisances ravageuses à éradiquer par tous les moyens , il faudrait d’abord interdire tous les symboles religieux ostentatoires OU PAS :
Soutanes, cornettes, kipas, voiles en tous genres, papillotes juives, croix, croissants, mains de fatmas, médailles miraculeuses , uniformes de clergyman, gandouras etc…etc…
Tout ça ne doit être toléré que dans l’espace strictement privé .

Pierre Bleven

On peut faire toute la sémantique ou l’historique que l’on veut : quand on voit une femme voilée dans la rue on se dit instantanément : tiens une musulmane. Tout est dit. On ne voit pas la femme, on ne voit pas l’être humain on voit le représentant d’une religion. Et c’est bien fait et porté pour ça. Le voile n’est pas un accessoire. Le voile n’est pas une décoration.Il est la manifestation d’une religion et il en est même l’expression la plus radicale qui soit. le voile c’est un élément de la charia. Le voile c’est l’approbation d’une idéologie qui met la femme en dessous de tout à la limite de l’esclave.. Et donc on peut faire toutes les comparaisons que l’on veut avec la Chrétienté on n’est pas du tout au même niveau ni sur la même implication.

Vova

@Pierre Bleven : vous avez raison , le voile est un marquage territorial ,plus on voit des voiles dans un quartier et des barbus en djellaba , plus les non-musulmans ne se sentent plus en sécurité et désertent les lieux où ils ont toujours vécu . c ‘ est ainsi que se créent les territoires perdus pour la république !! Certains aveugles appellent ça “vivre ensemble” , quelle déchéance !

Anne Lauwaert

Nous avons rejeté chapeau, gants, sacoche, bas nylon et haut talons, si élégants, encore de règle quand j’étais jeune, surtout pour des raisons pratiques : essayez de courir et sauter dans le tram habillée « à l’ancienne » et refaites-le en blouson, jeans et baskettes… Par contre avec l’intensité solaire des derniers étés, sortir sans chapeau est suicidaire. Vous répondrez « on n’a jamais vu courir une bâchée … » c’est un autre aspect… Les cheveux longs et les « coiffures » ont aussi été interdits et remplacés par des bonnets dans les fabriques pour raisons d’hygiène et sécurité (engrenages). Cf. Isadora Duncan. Le vêtement est question de bon sens. L’uniforme proclame une appartenance= école, club, armée, parti politique, religion… L’horreur du voile musulman = l’horreur de l’islam

Jean HAMMEL

Étonnant article et troublant même par contre je suis étonnée que vous n’evoquiez pas le voile des religieuses ???

la libellule

En effet, le voile des religieuses a été omis par l’auteur… Pourtant c’est un voile qui s’apparente au code vestimentaire islamique.

Parler vrai

Absolument pas !
Il s’agit d’un uniforme portée par des prétresses, pas par les fidèles !

Soazig NEDELEC

..quelle ignorance..
Le voile des religieuse n’a rien à voir avec le voile islamique..ce n’est pas un étendard politique..
Je n’ai jamais vu une religieuse poser une bombe, porter un fusil..assassiner comme en Algérie ou sous leurs voiles elles portaient des bombes et des fusils..
Le voile des religieuse ne s’apparente absolument pas au voile islamique, c’est une insulte à leur égard..
D’autre part, les religieuses ne sont pas des “prétresses”..ces derniers commentaires sont une honte..

Flupke

Très intéresant. Merci. On en voit de plus en plus, comme un marqueur de l’invasion musulmane.

Clotilde Prouvot

La première femme grillagée que j’ai vue, c’était à Paris, dans un magasin de tissus, et elle était accompagnée de gardes du corps.
C ‘est ce fameux grillage en cuir qui ne permet pas de voir le regard de celle qui est à l’intérieur.
Une prison.
Depuis, d ‘autres femmes revêtues de longs tissus tombant jusqu’à terre, avec des pantalons cachant bien les chevilles, ces femmes portant sans cesse la main au front, au -dessus des oreilles afin de s ‘assurer que pas un cheveux ne dépasse.
Comme elles sont à plaindre.

mamilou

Que les soumises musulmanes s’en parent, on trouve cela normal c’est leur djihad à elles, leurs mâles l’exigent sinon pan pan vous savez où et même pire, mais que les libertines gôchistes dont l’appétit sexuel dépasse de loin leur intelligence le défendent, est pour le moins dommage pour elles et pour nous. Peut être croient-elles seulement soutenir les musulmans afin qu’ils votent pour leur parti et que bien sûr, juré, craché, ceux-ci n’ont nullement l’intention d’appliquer la charia en France ? En tous les cas, Les frères musulmans en particuliers doivent bien rire d’elles et comptent bien le leur faire payer en premier car comme leurs alliés les nazis, ils n’apprécient pas les traîtres.

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