Toutes les religions sont de fichues et criminelles âneries

À Sophie Durand

Un rédacteur de RL m’écrivait récemment (à titre privé) que RL était laïque mais pas anti-religieux. Certes sur le principe, je veux bien l’admettre. RL est, comme son nom l’indique, « laïque », mais les laïques ne sont pas faits d’un bloc et sont un conglomérat qui comprend des chrétiens, sans doute aussi des juifs, peut-être quelques rares musulmans et une majorité d’athées parmi lesquels des anti-religieux convaincus. Tous ces laïques sont d’accord sur l’idée que la paix sociale ne peut durer que si la religion reste une affaire strictement privée. Côtoyer des juifs, des chrétiens, des musulmans ne me gêne en aucune manière si leurs convictions religieuses restent –tout comme leur sexe– cachées aux regards du tout venant. S’ils se permettent de sortir leurs croyances, alors moi aussi je suis autorisé à leur dire ma conviction que les religions sont toutes de fichues et criminelles âneries.

Je ne me sentirais pas autorisé à citer Sade pour dire mon aversion à l’encontre des croyances si à longueur de colonnes je ne lisais dans RL des plaidoyers ridicules pro-bible ou pro-torah. Ridicules en effet ces citations, chacune destinée à prouver que sa référence biblique lave plus blanc que blanc alors que, faut-il le rappeler ici, dieu n’est qu’une très vague hypothèse!

Sophie Durand se ridiculise en affirmant péremptoire: « Dans RL du 16 juillet un lecteur, Michel, écrit : « l’Amour de Jésus peut être tempéré par cet extrait de Matthieu » et cite Matthieu 10 ,34 -39  « je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive,  je suis venu séparer… » Son interprétation  est fausse, et on ne peut pas laisser passer cela.  D’ailleurs on ne lit pas les Évangiles de manière littérale. La signification de ce passage n’est absolument pas dans un amour moindre de la part du Christ, (contresens et absurdité)  c’est simplement une image, une pédagogie. » Ah oui? Que Sophie Durand aille en un autre lieu pour couper ce genre de cheveu en quatre parce que RL n’est pas le lieu pour ça.

Elle faisait précéder sa leçon de catéchisme par ceci: « Mais une petite explication et un peu de sociologie des religions ne sont pas inutiles en ces temps où certains voudraient supprimer la laïcité. » sans se rendre compte que c’est elle qui écrabouille de ses gros sabots le pacte social pacifique qu’est la laïcité.

Plus loin, sans rire elle écrit: « Comparer Mahomet et Jésus est absurde, Mahomet n’est pas dieu mais est traité comme une idole par les musulmans, tandis que Jésus pour les chrétiens est Dieu mais absolument pas une idole en ce sens qu’il se veut proche de l’homme, qu’il veut libre et non pas soumis, et que le chrétien a une relation « d’homme à homme » avec le Christ. Je dirais même que  Jésus est l’antithèse absolue de Mahomet dans sa vie, ses actions et sa doctrine. » En effet c’est absurde, car les historiens semblent d’accord pour dire que Mahomet a existé alors que Jésus c’est plus que bien moins certain! D’ailleurs, Sophie Durand qui fait référence au Traité d’Athéologie de Michel Onfray, se garde bien de dire que Onfray Michel explique combien l’existence de monsieur Christ Jésus est bien moins que très peu probable…

Passer directement, comme le fait Sophie Durand de la fable biblique ou coranique à l’affirmation de faits historiques est un tour de passe-passe usé jusqu’à la corde qui ne convaincra que les convaincus d’avance. La bible est un livre d’histoireS pas un livre d’Histoire. Être obligé de le rappeler une fois encore dans les colonnes de RL commence à être un peu pénible.

Les religions ont marqué l’histoire humaine c’est une évidence, le reconnaître comme une réalité historique est une chose, nous polluer l’atmosphère avec ça en est une autre. Si la religion catholique tient tant à affirmer haut et fort sa marque sur l’histoire de France, alors qu’elle prenne le « bâton merdeux » à pleines mains et qu’elle nous explique par le menu son aversion éternelle des juifs qui l’a conduite par exemple à nourrir ainsi le premier article du Code Noir de Colbert en ces termes sans aucune ambiguïté:

« Voulons que l’édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nosdites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. »

Quant à la différence entre Raison et raison, n’insistons pas, lire (ici) et (). Lorsqu’une grenouille de bénitier comme Sophie Durand nous parle de raison, il ne s’agit évidemment pas de la Raison telle qu’elle fut explorée de tout temps en tant que concept philosophique mais de la raison telle qu’elle est traitée comme un caillou dans la chaussure par les religieux de tous poils.

GILLINOUI

(et pas « GUILLINOUI »)

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