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Transphobie, glottophobie : les Français n’ont-ils pas d’autres soucis ?


Ce vendredi 20 novembre, le calendrier officiel du mondialisme nous appelait à célebrer la journée consacrée à la transphobie, comprendre la phobie des transsexuels, qu’il faut désormais appeler transgenres pour être conforme à la novlangue de la bien-pensance. Slate y alla d’un larmoyant article sur les malheurs, brimades, insultes que ces personnes rencontrent, et l’esprit bienveillant que je suis ne peut que le déplorer. Mais pas au point d’en faire un sujet de préoccupation majeur, un cheval de bataille, une cause si essentielle pour un certain nombre de médias et de politiques. L’insulte et l’injure sont punies par notre législation, qui protège les transsexuels comme les autres, en quoi y aurait-il besoin de créer une cause aggravante à une infraction parce que la victime aurait changé de sexe ? Pour mémoire, le nombre de transsexuels en France est évalué à 15 000…

L’article de l’inénarrable journal Slate ne manque d’ailleurs pas de sel, vu de l’autre bord du spectre politique : on y parle d’un transsexuel dénommé Burck Angel , militant de la cause depuis trente ans, lui même devenu désormais la cible de ses congénères et d’une partie de la nébuleuse LGBT, parce qu’il refuse de nier la binarité des sexes. Le voila à présent traité de transphobe, arroseur arrosé, ce qui illustre parfaitement la dérive totalitaire de ces groupuscules. Comme l’avait démontrée également la gêne des médias et de la bobosphère, lors de l’agression d’un trans par une meute de supporters algériens, drapeaux en main, à la sortie du métro l’année dernière : le progressisme est bien bourré de contradictions en tous genres. et pour les étouffer, rien de tel que de prononcer des fatwas sur les fachos, les réacs et autres, et aller les traquer jusque dans leurs rangs.

Une autre affaire de discrimination tente de se hisser en une de l’actualité : la glottophobie, portée par le député LREM de l’Hérault, Christophe Euzet. En ces temps de confinement, de privation de liberté, de tension nationale et internationale, de grande inquiétude pour l’avenir, lui n’a rien d’autre à faire de son temps et de ses indemnités parlementaires que de nous infliger une nouvelle interdiction, celle de se moquer des accents régionaux et autres. Étant moi-même parfois persiflé gentiment pour la pointe d’accent corse qu’il me reste, je ne me suis jamais senti offusqué des boutades que l’on peut m’envoyer, et ne me sens victime de rien, pas même des blagues corses que mes amis me ressortent à l’occasion. Mais il est vrai que, marié à une Béninoise, il m’arrive souvent de lui répondre en imitant son accent : de victime, me voici coupable d’un nouveau crime, et j’offre ainsi au bobo-progressisme une nouvelle occasion de me renvoyer devant son tribunal d’inquisition… Un tribunal auquel Mélenchon serait bien inspiré de ne pas siéger, cette fois-ci, lui qui fut pris la « langue » dans le sac, il y a deux ans, en se moquant publiquement de l’accent toulousain d’une journaliste de Sud Radio… Comme quoi, même les puristes peuvent parfois se révéler bien faibles dans la vie.

Comme l’a si bien dit Jean Lassalle, tout cela, c’est du vent, ça n’intéresse pas les Français, qui dans leur immense majorité ne se réveillent pas le matin avec une migraine provoquée par cette fichue transphobie, ou cette ignoble glottophobie qui devraient à ce point les tourmenter le jour durant… Tout ça, c’est de l’écume, des polémiques envoyées par l’élite pour détourner du vrai scandale, la mise à mort du peuple français, de sa culture, de son économie, de son art de vivre au nom de la préservation de sa santé… Et là, ce ne sont pas quelques milliers de personnes qui sont directement concernées, mais l’ensemble des Français, qu’ils aient l’accent chti, pied-noir ou marseillais, qu’ils préfèrent les hommes, les femmes, les deux, ou aucun… Tous se retrouvent dans le même désarroi, et dans la même bétaillère que l’on conduit directement à l’abattoir, et c’est cela qui devrait tous nous rassembler, pas les querelles de Clochemerle du village progressiste…

Olivier Piacentini