Triple assassinat d’Istres : le drame pouvait-il être évité ?

Publié le 29 avril 2013 - par - 1 209 vues
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Chaque jour nous apporte de nouvelles précisions sur le tueur d’Istres qui a assassiné froidement trois personnes au hasard et qui en a blessé une quatrième.

Entre autres informations, on apprend que ce jeune homme de 19 ans n’est certainement pas un islamiste (sa revendication d’Al Qaïda tenant plutôt de la mythomanie), et que contrairement à ce qu’on dit en premier les journalistes, il n’était pas suivi pour troubles psychiatriques.

Mais l’information la plus intéressante est que Karl Rose était passionné par les armes et qu’il a été condamné en août 2012 pour possession d’une arme prohibée.

Le procureur-adjoint d’Aix-en-Provence précise à RMC : « Les cinq mois d’emprisonnement qu’il se devait d’effectuer étaient en cours de mise à exécution sous forme de bracelet électronique après qu’il ait été vérifié qu’il présentait bien les conditions pour bénéficier de cette alternative à l’incarcération ».

Que signifie ce laïus alambiqué ? Si on comprend bien, l’assassin n’était donc pas encore muni d’un bracelet électronique au moment de son forfait, et il vivait en grande liberté, le suivi judiciaire se contentant d’un pointage au commissariat toutes les deux semaines.

Cette liberté lui a permis d’acheter une Kalachnikov démilitarisée sur internet, puis de la réactiver avec un mode d’emploi qu’il a également trouvé en ligne.

Dès lors, le ministre de l’Intérieur est un peu mal fondé en accusant, à propos de cette histoire, la libre circulation des armes. Il fallait surtout empêcher Karl Rose de se procurer une arme de guerre, en le mettant à l’ombre pour quelques années, puis en assurant un véritable suivi à sa sortie de prison.

Cette affaire rappelle d’ailleurs l’hypocrisie d’Obama à propos de la récente tuerie américaine. Tout ce nouveau discours sur l’interdiction des armes ne tend qu’à une chose : priver les honnêtes gens de tout moyen de se défendre, alors même que racailles et psychopathes continueront à se procurer toutes les armes qu’ils voudront, avec la complicité des institutions étatiques. On peut nous taxer de conspirationnisme… Alors comment expliquer l’incarcération d’un René Galinier et son contrôle judiciaire sévère, lorsqu’on compare avec l’affaire Karl Rose ?

L’assassin d’Istres a-t-il bénéficié de la clémence de « juges rouges » idéologisés, type Syndicat de la magistrature ? On peut se poser la question quand on voit qu’il n’a pas été mis hors d’état de nuire.

La triste leçon qu’il faut tirer de cette affaire, c’est qu’il faut lutter contre le trafic d’armes non seulement en amont (en coupant les filières, ce qui n’est pas évident), mais aussi en dissuadant la demande par des peines exemplaires d’enfermement.

Evidemment, la garde des Sceaux et le Syndicat de la magistrature vous expliqueront que les prisons sont surchargées, qu’il n’y a plus de place et donc que la promiscuité carcérale est l’école du crime. Mais alors, qu’on en construise, des places de prison !

Cette politique du laxisme est inadmissible et on en droit de se demander si elle n’est pas partiellement responsable dans la mort de trois personnes à Istres.

Roger Heurtebise

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