Drame de l’autodéfense à Marseille : pour PBLV, c’est la faute aux fachos

 

Un quartier dans  le Nord de Marseille. Peut-être Saint Antoine. Un quartier connu pour craindre un peu.

Une trocante ou plutôt un Easy Cash ou un Cash Converter, c’est-à-dire une de ces boutiques où l’on amène sa vieille chaîne Hi fi que l’on vous paye – ou pas – en liquide.

La boutique a déjà été victime de braquages et les employés traumatisés. L’un d’eux garde même une arme dans le tiroir-caisse, au cas où.

Nous sommes lundi 13 mars, un jour qui s’annonce comme les autres.

Le fils de l’un des employés, nous l’appellerons Kevin,  vient rendre visite à son père,  et avant de partir pour le  lycée, se rend aux toilettes du magasin. Juste à ce moment-là, un individu portant un masque de carnaval, entre, brandit une arme, et demande la caisse. L’employé,  apeuré, lui dit de rester calme, ouvre le tiroir-caisse et lui remet la somme qu’il contient. A ce moment précis, le fils revient. Le braqueur surpris se tourne vers lui et  pointe vers lui son arme. Le père affolé crie à son fils de se cacher : Planque-toi Kevin, planque-toi. Tétanisé, le fils reste sur place, l’agresseur tient toujours son armé pointée sur  lui, le bras tendu. Le père se saisit du revolver caché dans le tiroir et tire. Le braqueur tombe et meurt presque sur le coup.

La police arrive sur les lieux de la scène. Le commerçant profondément choqué, s’explique. Il menaçait mon fils de son arme.

La Police montre d’emblée une attitude hostile envers l’employé, et par un curieux glissement sémantique, minimise l’agression. C’était un jouet, lui rétorque l’officier de police, d’un ton accusateur.  Curieux de la part d’un policier. La loi ne fait pas de différence entre une arme factice et une réelle, tant elles sont semblables.  La victime n’était qu’un gosse, continue le policier.  Entendez, 17, 18 ans. Vous l’avez tué d’une balle en plein cœur, assène-t-il enfin. Il est vrai que vous lui avez explosé la rate aurait moins ému les télespectateurs.

Le commerçant s’effondre en pleurs. Son fils est à côté du cadavre et découvre qu’il s’agit  de son pote. Oui, le gosse était son pote. Noir. Oui, le pote était Noir, sans jeu de mots.  Le tableau s’assombrit encore pour l’employé.

PBLV ne lésine devant aucun moyen. PBLV ose tout, c’est à ça qu’on la reconnaît.

Fin de l’Acte I, changement de décor:

L’employé en garde à vue dans les locaux de la Police reçoit la visite de l’avocat commis d’office, qui lui explique que son geste relève tout à fait de la légitime défense et qu’il n’a agi que pour protéger son fils.  L’employé, effondré, reste emmuré dans sa culpabilité. Il est à craindre que le télespectateur  lui aussi soit insensible aux propos de l’avocat,  lequel est connu pour être une sombre  crapule du milieu marseillais. Ses propos sont  donc immédiatement entachés de suspicion  et totalement inaudibles.

Les habitués  auront reconnu l’épisode du lundi 13 mars de l’indétrônable feuilleton Plus belle la vie, PBLV pour les fans.

PBLV a des principes, PBLV a des valeurs et le fait savoir au moyen des ficelles les plus grosses et de la malhonnêteté la plus éhontée.

Dans PBLV,  qui a déjà traité plusieurs fois du sujet à sa manière bien à elle, l’autodéfense ne saurait avoir droit de cité. Du tout. En aucun cas, en aucune circonstance. C’est non négociable.

C’est ainsi que  très vite, le braquage à main armée est minimisé, voire rendu inoffensif, une simple bêtise de gamin.

Mais ce n’est pas tout. Second Acte du drame:

Les réseaux sociaux, s’emparent de l’affaire. Les commentaires se déchaînent :

C’était un fiché S ?

Encore le crime d’une racaille !

Bravo, tu es un héro (orthographe réaliste choisie à dessein par les scénaristes).

Cela fleure bon l’extrême-droite. D’ailleurs, les pseudos ne laissent pas place au doute. Pensez, l’un d’eux signe Patriote, un autre Charlemagne, indices rédhibitoires  d’un fascisme décomplexé.  La preuve, les intègres journalistes de la presse locale réagissent aux twitts hyperviolents, et se mettent en tête de faire un article pour contre-attaquer. Très vite, du braquage, le sujet est dévié  aux soutiens fascisants du commerçant.

Pour PBLV,  seuls des fachos d’extrême-droite peuvent soutenir un commerçant qui se défend, et n’hésitent pas à répandre leur haine dans les réseaux sociaux où il se déchaînent sans retenue dans l’ombre propice de l’anonymat.

Les twitts éclipsent le braquage et deviennent le véritable problème de société.

Familière de ce procédé qui est devenu sa marque de fabrique, PBLV, traite en apparence des problèmes de notre société et de ses faits divers, rendant sa version des faits d’autant plus crédible qu’elle multiplie les effets de réel, comme celui de passer plus ou moins à l’heure d’un JT, d’être synchrone avec la date calendaire, de se dérouler dans des lieux réels. En réalité, le feuilleton, par glissements plus ou moins habiles, transmet des messages extrêmement biaisés pour ne pas dire de la propagande.

Et ça marche. Il suffit de lire la réaction de spectateurs sur les forums et  ces mêmes réseaux sociaux que la série dénonce pour voir comment elle réussit à susciter l’adhésion.

Florence Labbé

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7 Commentaires

  1. Il me semble qu’un homme menacé par une arme en plastique ne pouvant savoir qu’elle est factice,doit être considéré comme menacé exactement comme si il s’agissait d’une vraie arme;
    Il ne reste donc plus qu’a se présenter AU TRIBUNAL avec une arme en PLASTIQUE ET BRAQUER LE JUGE……
    Bon d’accord c’est pas gagnant /gagnant,mais au moins le juge recevra au moins un choc.
    De toute façon si l’état et la  » justice  » ne veulent pas qu’on les considère comme des  » pourris  » ,ils devraient revoir leur positions.

  2. Si je vous dit que je n’ai jamais regardé en tout plus de 10 minutes de cette daube multiculcul depuis son apparition sur la chaine du service public financée par le contribuable français…

  3. Autre hypothèse de travail, elle beaucoup plus réaliste :

    tous les blancs vont s’identifier à l’employé, s’armer et inaugurer le safari dans les quartiers nord pour chasser les colored cambrioleur et cambrioleurs parce que colored.

    quant aux policiers, fatigués d’être inculpés à toute heure pour avoir fait leur boulot contre l’avis de leur hiérarchie, ils concluront au suicide généralisée et à la pandémie de mort subite ; avec des trous dans la nuque.

    Il nous restera à remercier PBLV pour l’exercice le plus stupide et contre productif de propagande, un truc à faire vomir à Goebbels.son goûter, savoir : un nègre en chemise.

  4. Drame de l’autodéfense : en croyant tirer sur son fils il tue un cambrioleur!

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