Cathos, cela ne s’appelle plus de l’hospitalité, mais de la bêtise


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Le père Boulad, dans sa récente homélie, prenait comme exemple le cas d’un personnage frappant à la porte d’une famille, demandait à manger, puis à coucher, puis à rester, puis à faire venir sa propre famille. Le père Boulad dit :  Non, stop, ça suffit !  :

 « Si le Seigneur nous a donné un cœur pour aimer, il nous a donné une tête pour penser », expliquait-il. « La priorité est à ma famille, est à mes enfants, est à ma femme. (…) Si je continue à lui dire on va tous déménager, on va laisser la place, alors je suis un imbécile. (…) Ca ne s’appelle plus de l’hospitalité, ça s’appelle de la bêtise ».

 Je n’ai jamais oublié cette anecdote tant racontée dans la famille, que 46 ans plus tard, elle me tient toujours autant à cœur.

1970, un soir d’été, au standard téléphonique de la Poste, dans une petite ville du nord de la France.

Une standardiste de permanence, bien qu’un peu curieuse, s’émeut des réponses négatives répétées de différents hôtels à une famille en quête désespérée d’un hébergement pour la nuit. La saison estivale bat son plein et tout est complet, partout ! C’est qu’elle voudrait bien s’arrêter se reposer – elle a roulé toute la journée – avant de regagner ses peinates, plus au nord, à la frontière belge. Rien, pas même la moindre petite chambre où parents et enfants pourraient se serrer ! Ne reste plus qu’à garer la voiture sur un bas-côté et vaille que vaille, tenter de dormir un peu. Notre standardiste réfléchit. Il y a bien une maison qui a de la place pour l’accueillir, cette famille. C’est la sienne, ou plus exactement, celle où elle vit avec sa mère et sa sœur. Et de prendre le problème à bras le corps : notre standardiste, une curieuse au grand coeur, va leur envoyer cette famille ! Alors, elle se présente en prenant soin de fournir toutes les précisons destinées à rassurer : elle donne les prénoms de sa maman et de sa sœur, toutes seules pour la nuit ; elle dit que tous les 4 n’ont rien à craindre,qu’en apprenant qu’ils viennent de sa part, elle sait qu’ils trouveront là de quoi dormir. Surprise et d’abord un peu inquiète, la famille Van der H, que l’idée de dormir dans la voiture sur la route effraie un peu, finit par se laisser tenter.

 21h, dans la maison. Mère et fille sont déjà couchées. Il faut dire qu’en plus de ne pas y avoir le téléphone, il n’y a pas de télé non plus. En outre, à la campagne, quand on a un grand jardin potager dont il faut s’occuper, on est habitué à se coucher et à se lever tôt. C’est comme ça. Coup de sonnette à la porte d’entrée verrouillée plutôt deux fois qu’une. « Qui qu’c’est qui peut bin v’nir don’, à c’t heure- chi ? », se demandent, stupéfaites, G. et M.

 Et les deux femmes d’écouter le père, derrière la porte, expliquer que c’est C. qui les envoie, de raconter tout depuis le début et de finir par : « Et le chien s’appelle B ! « . Alors là, si, en plus, ils connaissent le nom du chien ! On ouvre la porte, on se serre chaleureusement la main, on embrasse les p’tiots, on va vite chercher des draps qui fleurent bon la lavande, on sert tout le reste de la soupe, et le lendemain matin, c’est six personnes en conversation à bâtons rompus, devant un petit déjeuner où trône une cafetière sans cesse remplie, que la standardiste découvre, après sa nuit mouvementée !

La famille a-t-elle réclamé davantage que cette charité ? S’est-elle plaint des matelas trop mous, trop durs, des moustiques, de la nourriture pas à son goût ? Ces deux familles, pendant de très nombreuses années – jusqu’à ce que la mort les sépare – se sont rendu régulièrement visite, fortes d’une amitié qui avait si peu banalement commencé.

Mais la morale de cette histoire est ailleurs. Qui, en ces temps de tromperie et de violences inouïes, serait à même d’agir comme en l’ancien temps ? C’est cela, le plus terrible de nos jours, d’être empêché ou considérablement freiné à ouvrir sa maison à son prochain parce que la confiance entre citoyens est rompue. Parce qu’au vu des macabres faits d’actualité, la confiance est rendue quasi impossible. Parce que la confiance entre élites et citoyens est définitivement perdue. Parce que, le plus grave, elle nous confronte, cette élite, à une religion politique qui veut notre peau tandis qu’eux se savent (ou se croient) à l’abri. Parce qu’elle nous force à subir une situation pour laquelle jamais, jamais, elle ne nous a demandé notre avis.

 En 1970, ce ne sont ni la propagande du « vivre ensemble » ni la culpabilité martelée à longueur des journaux et émissions de radio et de télévision qui motivait l’hospitalité aux étrangers. C’était le seul et unique sentiment de charité. La charité qui vient du coeur, d’un coeur chrétien ou pas, d’ailleurs.

Car, à ce propos, que disait Matthieu 10.16 ?

 Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes.

 Et,10.22 :

 Soyez rusés comme des serpents et purs comme des colombes.

 Nous serions ainsi écartelés entre ressembler au serpent intelligent et à la colombe de paix ? Pas tout à fait. Le message de Matthieu signifie qu’à systématiquement laisser aller et sans aucun discernement ses bons sentiments revient à se comporter comme des imbéciles. Ce que rappelle le père Boulad.

 Ma grand-mère si accueillante, un peu fâchée avec le bon Dieu mais pas trop non plus, disait, plus terre-à-terre : « Trop bon, trop con ! »

Lucette Jeanpierre

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7 Commentaires

  1. Deux articles coup sur coup et tout aussi bon, bravo madame Jeanpierre pour vos talents d’écrivain et de conteuse. L’histoire est belle, mais c’était en 1970, dix ans plus tard, nous avions le père Mitterrand, Touche pas à, SOS racisme et la marche des beurs, ensuite ce fut le commencement de notre descente aux portes de l’Enfer. Et aujourd’hui, dans la maison, Mère et fille passeraient un sale quart d’heure!

  2. En commençant l’histoire je croyais qu’elle allait montrer comment les bons sentiments de la standardiste causeraient le malheur de sa famille, qu’elle venait à l’appui des mots du père Boulad. Eh bien non, l’histoire finit très bien. Mais elle prouve que les Français ont bon cœur. Le gouvernement et les autorités ecclésiastiques exploitent sans décence notre bon cœur pour organiser notre remplacement. Evitons leur piège grossier : pas de place pour les envahisseurs, islam go home ! Bravo Lucette pour vos talents de conteuse et vos positions claires.

    • Je reviens de Bretagne
      savez-vous que l’on voit des affiches publicitaires géantes montrant le pape françois
      qui dit j’aime quand on me donne !

      ils ferment les yeux quand on leur explique ce qui se passe dans nos grandes villes
      un seul principe les 3 B Boire Baiser Bouffer

  3. Très belle anecdote familiale ! Tout l’ancien temps !

  4. Vous êtes du Nord Lucette ?
    l’ expression trop bon ,trop con est assez populaire dans le nord

  5. Lucette, vous faites la démonstration magistrale que tout fout le camp !
    Nos élus toujours bien inspirés, ont alimenté la violence par des lois de vivre ensemble qui exaspèrent les français parce qu’elles protègent les envahisseurs, lesquels en profitent avec une arrogance insupportable. Ce qui n’était pas la haine l’est devenu. Ce qui n’était pas la violence l’est devenu. Ce qui n’était pas la confrontation l’est devenu. Ce qui n’était pas rapport de force l’est devenu. A cause de nos lois anti racistes. Tout cela, qui n’étaient que guéguerres, est désormais quantifiable sur notre territoire.
    Les Lois antiracistes interdisent aujourd’hui, définitivement, de partager le paquet de pois chiches que je partageais dans mon enfance avec un arabe ou un juif, dés lors que l’on sort d’un tribunal qui n’aura jamais réglé le problème aussi bien que si la Loi n’existait pas. A vouloir jouer aux apprentis sorciers , on récolte la tempête !

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