Trotskistes d’Allah et chiens de garde du capital

Publié le 21 août 2014 - par - 1 501 vues
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besancentvoiléeLe 21 août 1940, Léon Trotski se fit fracasser le crâne d’un coup de pic à glace asséné par un tueur de Staline, Ramon Mercader.

Le fondateur de la Quatrième Internationale, adepte de la Révolution permanente, militait contre le Grand Capital, mais aussi contre la révolution trahie par ce qu’il appelait la bureaucratie stalinienne. Ses militants, partout dans le monde, se réclamaient de la célèbre formule de Marx, sur « la religion opium du peuple ».

Pourtant, soixante-quatorze ans plus tard, des persifleurs appellent ses héritiers français, « les trotskistes d’Allah ». Comment en est-on arrivé là ?

De tout temps, les marxistes, enfermés dans leur seule vision de rapports sociaux, ont vu dans les musulmans des enfants de colonisés, pauvres et exploités, qu’il convenait de défendre, sans vouloir s’attarder sur la réalité du projet politique porté par le Coran.

Ce fut un trotskiste anglais, Chris Harman, qui traduisit au mieux cette ligne. Dans un article écrit en 1994, «Le Prophète et le Prolétariat », il prédisait, pour justifier le soutien des siens à toutes les revendications communautaristes des adeptes de l’islam, que forcément, sous le poids des contradictions sociales, les musulmans se détourneraient d’Allah, et se tourneraient vers Marx.

A noter qu’il faut une vision sacrément colonialiste pour penser que des musulmans peuvent renoncer à 14 siècles d’abrutissement coranique aussi facilement.

Comment cette ligne se traduisit-elle en France ?

En 1989, Lionel Jospin, ancien trotskiste, refusa d’interdire le voile islamique à l’école, suite à la provocation de trois jeunes filles, à Creil. Lors de cette affaire, tous les enfant de Léon, à l’exception d’Arlette Laguiller, hurleront au racisme contre les laïques et les féministes, affirmant, dans l’esprit de Chris Harman, que forcément « le jean se substituerait au voile ».

En 2003, le Parti des Travailleurs (aujourd’hui POI) pourtant connu pour son anticléricalisme s’opposera de toutes ses forces à la loi contre les signes religieux à l’école. Ses responsables, dirigeants de la Libre Pensée, persisteront sur la loi contre la burqa, en 2009, l’estimant liberticide, et la comparant à l’interdiction de la minijupe par les colonels grecs.

Les trotskistes de la LCR, devenu NPA, iront encore plus loin. Ils présenteront, en 2007, aux élections régionales, une candidate voilée, Ilham Moussaïd. En toute cohérence, ils iront au bout de leur logique, lors des dernières manifestations interdites de Barbès et de la place de la République, se retrouvant aux côtés des supporters du Hamas, véritables fascistes qui ne cachent guère leur volonté d’éradiquer Israël, d’exterminer tous les Juifs et d’imposer un Etat religieux où règnera la charia.

Massivement présents dans les lieux d’influence, les trotskistes, ce jour, ne paraissent plus beaucoup déranger le pouvoir, et encore moins le grand capital. Ils mènent un combat impitoyable contre le FN, qui ose remettre en cause l’immigration, l’Union européenne, la mondialisation et l’islamisation de notre pays. Bien évidemment, les disciples de Léon ont décrété que c’était raciste et fasciste.

Cela tombe bien, les défenseurs du Nouvel ordre mondial, qui veulent en finir avec les Etats-nations, l’identité des peuples et nos principes laïques, sont ravis de pouvoir compter sur de tels idiots utiles. Ceux-ci,  en défendant l’internationalisme prolétarien, la libre immigration et l’islam (donc le Grand Remplacement), tout en agressant le seul parti qui s’oppose à ces projets, remplissent parfaitement la mission qui leur est assignée.

Les voilà donc devenus trotskistes d’Allah et chiens de garde du capital.

Il n’est pas certain que Léon Trotski envisageait ainsi l’évolution de ses disciples…

Pierre Cassen

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