Trump et Kim jouent à cash cash

Nul personnalité ne peut, à l’heure actuelle, apporter autant de suspens à l’actualité internationale que Donald Trump. Son mandat est proche de sa campagne électorale : il tient en haleine le monde d’abord parce qu’il possède la force économique et militaire pour faire du bien ou du mal. Il souffle le chaud et le froid à sa guise et ce ne sont pas des pantins câlineurs qui le feront changer d’avis.

Son dernier jeu vidéo à la mode est sa partie de cache cache avec Kim Jong Un : un jour, on se voit, le lendemain on ne se voit plus. Un peu du «  je t’aime et moi non plus ».

L’enjeu est beaucoup plus sérieux pour Trump que pour Kim. C’est pour le président des Etats-Unis une question de prestige et d’orgueil après ses propos inflammatoires sur le programme nucléaire de la Corée du Nord. «  Fire and fury » avait-il promis, le poing levé et la bouche hargneuse. Il avait juré de détruire comme jamais avant un pays, ne laissant qu’une terre brûlée.

Puis retournement de veste et une rencontre était alors prévue à Singapour à la mi-juin. Brutal changement, la réunion est annulée et maintenant retardée.

Pour Kim, le but de ce rendez-vous diplomatique au plus haut niveau avec la nation la plus puissante au monde, était de défendre les intérêts de son pays. Il avait remporté la première manche dans son combat avec l’Amérique en ne cédant pas à la terreur annoncée et en poursuivant jusqu’à des résultats probants dans ses recherches atomiques. Assuré d’avoir son arsenal, il pouvait comme un grand, affronter le titan Trump presqu’à égalité de forces.

L’essentiel pour Kim est de préserver cet avantage que n’avaient pas l’Irak, la Lybie ou d’autres petites nations manipulées et vaincues par la puissance américaine. Le dictateur nord-coréen se rend compte qu’il ne peut détruire les Etats-Unis mais que sa population peut souffrir énormément de pertes et que son économie serait en ruines en cas d’attaque nucléaire. Il pourrait aussi emporter avec lui la partie du sud de la péninsule avec des millions de morts et un bilan catastrophique pour la région.

Ce qui sauve et protège Kim du courroux de Trump, ce sont ces quelques missiles et bombes qui une fois lancés, sur Séoul dévasteraient la métropole.

L’agenda des discussions prévues apparaissait comme assez avancé et clair : pour Kim, désactiver son programme mais pas le résultat des recherches, c’est à dire les bombes elles-mêmes qu’il conserverait pour assurer la tranquillité de son pays et de la région.

Trump avait presque cédé sur ce point mais en réfléchissant plus avant, Trump s’était aperçu de son erreur diplomatique d’où la rupture du dialogue. Il aurait ainsi paru comme le maillon faible de ces négociations car ne pouvant obtenir toute reddition de Kim.

« Wait and see » devint alors sa doctrine du moment, donner du temps au temps comme nous le disait Mitterand et le demande Macron. Mieux préparer les dossiers, avoir l’air d’exiger sans faire perdre la face à Kim. De la subtilité dans les messages : pas de rupture mais un délai.

Dans toutes les circonstances présentes ou futures, Kim ne lâchera pas sa proie pour du vent, son avenir de protection pour une promesse de ne pas intervenir car il ne fait pas confiance aux Américains. Surtout que le Secrétaire d’Etat de Trump, Mike Pompeo, déclare que «  le désarmement doit être permanent, vérifiable et irréversible », ce qui indique qu’en plus des recherches, l’arsenal lui-même doit être totalement démantelé, ce qui supprimerait cette arme de dissuasion qu’est la bombe nucléaire. Si les Nord Coréens lâchent un pouce de terrain, les Américains exigeront un mile, dit un membre de la délégation, trahissant un peu l’intention de Washington. Mais Kim se rappelle que Gaddafi avait cédé à la pression américaine et enterré son programme. Huit ans plus tard, il était mort.

L’Histoire montre que la neutralité de l’Amérique dans les conflits antérieurs est aléatoire : elle se joue sur la situation du moment et si c’est l’intérêt des Etats-Unis d’intervenir par la force, ils le feront. Nous l’avons vu dans les deux guerres mondiales où le peuple américain en général était opposé à une participation mais il a suivi la décision du président. On l’a aussi observé avec le Vietnam, l’Irak. Rien n’empêchera les Etats-Unis de faire preuve de puissance si, à Washington, on a peur pour la paix.

Sagement les deux parties vont se surveiller et dans les coulisses, les représentants des eux pays continueront à discuter d’éventuelles solutions pour éviter le fiasco prévu il y a six mois.

Trump sait très bien lancer des tirades effrayantes mais aussi qu’il y a un vaste no man’s land entre son pays et la Corée du Nord qu’il faut explorer. Et celui de compensations financières, d’aides substantielles, de cash apporté à l’économie de Pyongyang et à ses 25 millions de citoyens. Une souplesse dans les rapports nord sud sera apportée et la frontière deviendra plus perméable à la grande satisfaction des Coréens.

Mais si le plan réussit, beaucoup d’Américains pensent que Trump mériterait le Prix Nobel de la Paix !!!

En dernière minute, Trump vient de déclarer que la réunion de juin aura bien lieu. La récréation continue !

André Girod

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9 Commentaires

  1. A couperet: votre vie est elle si triste que vous ne n’ayez rien d’autre à faire que de blâmer Israel?

  2. (Deux lettres d’exil, ce jour ? on progresse !)
    Avoir la bombe protège. Kim le sait. Mais Obama a laissé faire…
    Trop tard ! Trump doit gérer…
    Même chose avec l’Iran, Trump doit gérer un accord Obama de 2015.
    Il aura l’Iran par une renégociation, la Corée par la Faim, voire une Révolution…

  3. A vous lire, malgré le qualificatif de « dictateur », Kim « protège son pays » et est donc le gentil contre le méchant impérialiste américain. Kim ne protège pas du tout son pays qui crève la dalle, en l’occurrence, il protège sa dictature atroce. Trump, contrairement à ses prédécesseurs ne se contente pas de faire de la diplomatie passive, béni-oui-oui, il essaie d’appliquer sa méthode de négociation, alternant les pressions – vu le danger que représente Kim et sa folie héritée de son père, le dictateur paranoïaque – et les amabilités, en vue d’un objectif commun de paix et de prospérité, laquelle manque désespérément à son peuple. Vous avez omis un détail expliquant le chaud et le froid des échanges : les émissaires de Kim ont boycotté la réunion préparatoire avant la tenue du sommet.

  4. Toujours cette obsession faites vous soigner mon vieux votre délire s’aggrave vous allez en crever

  5. Trumpdéçoit , il montre les muscles face au dernier avatar d’un communisme qui va sortir tranquillement de la scène mais continue la même politique vis-à-vis de l’Arabie Saoudite qui finance l’islamisation, le djihadisme.
    Kim Jong Un ne finance pas d’actes anti-occidentaux, ni d’attentats , il essaie seulement de se maintenir au pouvoir avec son régime mieux que Saddam Hussein et Khadafi.
    A moins que craignant l’empeachment Trump donne des gages à mi mandat avant d’avoir les mains plus libres.

  6. Votre analyse est puérile et vide de toute information. Vous semblez ignorer ce qu’est une négociation et vous ignorez également les acteurs extérieurs du problème coréen que sont la Chine d’abord, qui utilise la Corée du Nord comme laboratoire atomique officieux, les acheteurs potentiel de la technologie de Kim, à savoir en premier lieu l’Iran, etc.
    Et par dessus tout, vous sous-estimez Donald Trump, influencés que vous êtes sans doute par les articles négatifs répétés des médias gauchistes.

  7. J’ai quand même plus l’impression que c’est Kim qui joue avec Trump

    • le couperet de satan – Le retour,
      Les juifs sont votre obssession, ne seriez vous pas vous même satan comme vous le précisez dans votre pseudo, allez bruler en enfer, c’est la qu’est votre place.

    • A couperet de Satan: il ne vous reste donc plus qu’à Immigrer en Corée du Nord et y rester pour de bon.

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