Tunisie : J’en connais qui vont regretter le régime de Ben Ali

Publié le 26 octobre 2011 - par - 1 517 vues
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Désireux de favoriser l’émancipation de la femmes musulmane en Tunisie, j’y ai passé tous mes étés, de 2002 à 2009, dans le cadre de parrainage d’étudiantes tunisiennes en maîtrise de sciences économiques (tous les livres de cours de sciences éco et de comptabilité sont rédigés en français).

J’étais d’autant plus heureux de ce choix qu’à cette époque dans le domaine économique, la Tunisie de Ben Ali avait le vent en poupe.

Mais vous aurez remarqué qu’en ces temps de presse bobocrate, toujours la bouche en cul de poule dans ses commentaires pour tout ce qui nous vient des soi-disant « révolutions arabes », aucun journaliste n’a eu le courage et surtout l’honnêteté intellectuelle, de rappeler qu’au Forum de Davos (2007-2008), le rapport annuel avait classé la Tunisie première au niveau des pays arabes et africains, devant même l’Afrique du Sud, s’agissant de la qualité et de la vigueur du développement économique.

Voici en quels termes élogieux, la presse d’alors vantait le régime de Ben Ali :

« Le modèle de développement tunisien ne cesse de susciter la considération des institutions internationales à l’instar du Forum économique de Davos, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) lesquelles ne manquent pas une occasion sans saluer la justesse des choix stratégiques pris par la Tunisie, au cours de ces deux dernières décennies.

La Tunisie occupe une place de choix, parmi les pays émergents les plus dynamiques, comme l’attestent les indicateurs et rapports des institutions et experts internationaux.

Le plus récent rapport du Forum de Davos sur le développement et la compétitivité dans le monde arabe exercice 2007 classe la Tunisie à la première place des pays arabes de son groupe-celui des pays émergents- et à la troisième place de ce même groupe après la Malaisie et le Chili.

Ce classement est une composante d’un classement plus élargi englobant 128 pays et répartissant les pays concernés en trois groupes : le premier comprend les pays au stade de développement le plus avancé dont le nombre s’élève à 40 pays. Le deuxième groupe comprend les pays émergents dont la Tunisie tandis que le troisième groupe est composé des pays à niveau de développement faible.

Au niveau du monde arabe, la Tunisie devance avec ce classement tous les pays arabes de son groupe comme le sultanat d’Oman (6ème), la Jordanie (7ème), la Libye (8ème), l’Algérie (9ème). Elle précède également les pays arabes inscrits dans le groupe des pays à niveau de développement faible : Égypte (10ème), Maroc (11ème), Syrie (12ème) et Mauritanie (13ème).

Le rapport de Davos explique les résultats positifs obtenus par la Tunisie par la qualité de son enseignement, le bon rendement de ses institutions publiques et gouvernementales, sa stabilité et son ouverture sur le progrès et la modernité.

Ce classement vient enrichir les bons scores que d’autres rapports du Forum de Davos ont accordés à la Tunisie qui, rappelons le, a été classée première à l’échelle arabe et africain dans les domaines des technologies de l’information et de la communication (TIC) et du tourisme, outre, les notations obtenues, notamment la dernière notation du risque souverain accordée par l’agence japonaise R&I. Cette agence a amélioré le risque souverain de la Tunisie pour ses émissions obligataires en monnaies étrangères de BBB+ à A- avec une perspective « stable ». »

J’ai gardé le meilleur pour la fin…..car depuis toujours Dominique Strauss-Kahn, notre ex-directeur du FMI « the best economist in the world » !!, entretenait d’excellentes relations avec le clan Ben Ali et la dictature tunisienne.

En 2008, il fut même décoré par Ben Ali de la plus haute distinction tunisienne, l’occasion pour DSK de vanter « l’exemple tunisien » et de dresser un portrait plein de complaisance du régime tunisien à l’occasion d’une visite à Tunis :« Je ne voulais pas repartir sans rencontrer le président Ben Ali. La politique économique (de la Tunisie) est saine et je pense que c’est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays qui sont émergents », avait déclaré le directeur du FMI une fois sa breloque reçue des mains du dictateur.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=xEA9X6j7b_U

Ironie de l’histoire, Ben Ali avait alors remis à DSK une colombe d’or comme cadeau entre « grands de ce monde »…… on connaît aujourd’hui la suite que l’histoire à réserver à ces deux satrapes de la politique.

HUINENG

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