Tunisie revoilée, Femen emprisonnées

La Tunisie Nouvelle est arrivée. Cru rance. C’est comme l’huile d’une antique jarre qui refait surface. L’air libre a fini par la gâter, à tout jamais !

Le 12 juin 2013, la justice de la nouvelle Tunisie, que l’on espérait courageuse, a honteusement condamné trois militantes Femen pour « atteinte aux bonnes mœurs et à la pudeur » : les Françaises Pauline Hillier et Marguerite Stern ainsi que l’Allemande Josephine Markmann. Elles avaient manifesté à Tunis, seins nus, pour soutenir leur camarade tunisienne, Amina Sboui. Cette dernière avait eu le tort de rappeler aux Tunisiens que la révolution signifiait, aujourd’hui, que son corps lui appartenait et qu’il n’était plus l’honneur ni de sa famille, ni de son clan, ni de la Tunisie, ni de la oumma, de la communauté islamique. Mais, comme l’a bien expliqué René Marchand, en Afrique du Nord, la révolution est comprise d’abord comme une involution, c’est le retour au Moyen-âge, à l’âge d’or des ancêtres où les femmes étaient à leur « bonne » place : le gynécée.

L’enjeu est donc très bien représenté par la Liberté aux seins nus ! Guide-t-elle le peuple tunisien ou cautionne-t-il finalement, à travers les urnes, le retour au voilement des femmes pour mieux les niquer ? Niquer : du mot arabe nikah qui veut dire épouser les femmes par deux, par trois, par quatre… et autant que vos moyens financiers vous permettent, si bien évidemment vous êtes riche et puissant. Quant à l’âge du « niquage », bien des musulmans voudraient revenir à la bonne vieille tradition de Mahomet : à neuf ans, la fille est bonne pour le lit, même si vous en avez cinquante trois ! C’est à cet âge qu’il avait défloré Aïcha, la fillette de neuf ans.

Dans une précédente riposte, publiée le 8 avril 2013, j’avais donné un conseil d’ami aux Femen : « Pour rester cohérentes, les Femen et Amina doivent rompre avec Caroline Fourest ». Mais je me vois obligé d’attester que Caroline n’est pas têtue et qu’elle se trouve des fois, là où justement on ne l’attend pas.

Je la cite à partir de ce qu’elle a publié le 13 juin sur sa page Facebook :

« C’est en Tunisie que les esprits libres doivent pouvoir s’exprimer au lendemain d’une révolution menée au nom de la liberté. Quant à ceux qui pensent que ce n’est pas le moment de provoquer ou de tester la démocratie tunisienne, ils pensaient déjà qu’il fallait pas provoquer les intégristes au lendemain de la révolution en parlant de laïcité. Les combats perdus sont ceux qu’on n’ose pas mener. C’est justement parce que la Tunisie est à la croisée des chemins que ces tests ont un sens, et qu’ils doivent nous révolter. »

En effet, il n’est jamais trop tôt ni trop tard de souhaiter et de défendre la liberté individuelle pour tous les peuples d’ici et d’ailleurs.

Mais le problème avec notre amie Caroline Fourest, c’est qu’en France, le voile islamique ne la gêne pas. Elle a eu même l’outrecuidance de le ranger dans le tiroir de « la liberté religeuse », alors que le voile islamique est à tout jamais liberticide, misogyne et ségrégationniste : quelle que soit sa couleur, sa taille ou la façon de le porter, le voile islamique lui rappellera que celles qui le portent n’épouseront que des musulmans ou des convertis bien circoncis.

Pascal Hilout

 

 

 

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