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Ukraine : un colonel pilote de l’armée de l’Air qui parle vrai

Je ne connais pas personnellement cet officier, mais je partage à 100 % son analyse. Un article que nos généraux des plateaux TV seraient bien avisés de lire. Ils sauraient enfin de quoi ils parlent.

Il n’est pas courant de lire un article argumenté et cohérent dans cette presse écrite ou télévisée totalement soumise au narratif de Washington. Le colonel Régis Chamagne, pilote retraité de l’armée de l’Air, nous livre son excellente analyse, à 180° des boniments farfelus que nous rabâchent nos médias et nos « experts militaires », depuis maintenant huit mois.

https://reseauinternational.net/dernier-acte-derniere-scene/

C’est donc un plaisir de lire un article de vérité écrit par un officier de l’armée de l’Air, qui partage notre avis sur cette guerre. Un article qui me conforte dans mon idée qu’une majorité de militaires sont du côté russe dans cette guerre qui est celle de l’Amérique mais pas la nôtre.

Nous ne dirons jamais assez chez RL, combien nos généraux et hauts gradés des plateaux TV se sont fourvoyés, en débitant jour après jour leurs niaiseries et leurs délires otaniens. Pas un seul n’a eu le bon sens et la lucidité d’envisager une défaite de l’Ukraine, pas un seul n’a eu la méfiance et la sagesse d’évaluer au préalable la véritable puissance de l’armée russe, pas un seul n’a analysé les raisons objectives et historiques de cette offensive lancée par Poutine, pas un seul n’en a mesuré les enjeux pour la Russie.

Mais tous ont décrété en choeur que Poutine était un fou et un criminel de guerre. Un peu léger pour se lancer dans cette guerre par procuration ! Et je crois que le prix à payer par les Occidentaux va être à la hauteur de leur stupidité et de leur aveuglement. Ils ont foncé en dépit du bon sens.

Bien au contraire, dès les premières semaines de l’offensive, on entendait nos fins stratèges nous affirmer que l’armée russe en était restée à sa doctrine soviétique moyenâgeuse, cumulant toutes les tares, mal commandée, mal équipée, peu motivée et en passe de manquer de munitions. Bref, la victoire de Kiev était inéluctable, Poutine ne pouvant gagner cette guerre face à la puissance écrasante de l’Otan, trop heureuse de rentrer dans la danse pour en découdre avec l’ours russe, ennemi de toujours depuis 1945. Mais sans s’engager sur le terrain pour autant, la chair à canon ukrainienne faisant très bien l’affaire.

Même aujourd’hui, à la veille d’une offensive décisive, j’entends encore parler de déroute et de débandade russe !

Pourtant, huit mois après le début de l’offensive, c’est toujours l’armée russe qui occupe 20 % du territoire ukrainien et pas l’inverse. Dans ce laps de temps, l’Ukraine a perdu environ 20 000 soldats par mois, tués, blessés, déserteurs ou prisonniers. C’est cher payé pour des promesses occidentales de victoire qui ne se sont jamais réalisées.

Quand Poutine va présenter l’addition définitive, pourboire inclus, avec une Ukraine exsangue et une Europe ruinée, je me demande ce que Zelensky et les va-t-en-guerre occidentaux vont pouvoir dire à leurs peuples pour leur expliquer les causes de la cuisante défaite. Des centaines de milliers de morts pour rien, des dizaines de milliards partis en fumée, des sanctions qui se sont retournées contre l’Europe, des faillites en cascade, avec une crise économique, énergétique, financière et sociale sans précédent. De quoi désintégrer l’Otan et l’UE si nos leaders avaient un soupçon de bon sens.

Car il n’y a aucune illusion à avoir. Poutine va gagner cette guerre, dépecer l’Ukraine et prendre le lead du Nouvel Ordre Mondial qui se met en place. Ceux qui croient que Poutine va quitter le pouvoir en 2024 sur une défaite humiliante sont de doux rêveurs.

Beau bilan pour l’Occident ! Il est vrai que depuis 1945 l’Amérique cumule les fiascos. Mais celui-ci sera particulièrement retentissant pour l’équilibre du monde au cours les prochaines décennies !

Régis Chamagne nous rappelle qu’au delà des objectifs de sécurité pour le Donbass, Poutine mène une guerre existentielle face à un Occident dominateur qui veut sa perte. Une guerre de civilisation et c’est bien un  Nouvel Ordre Mondial qui va donc émerger de cette guerre. Ce qui veut dire que Poutine ne reculera jamais et que 80 % des citoyens russes le suivent, parfaitement conscients des enjeux.

Les Occidentaux, quant à eux, n’ont pas encore pris la mesure des bouleversements qui s’annoncent, avec un choc politique, militaire, économique et culturel, dont la magnitude sera proche de 9 sur l’échelle de Richter. Un choc frontal entre le Bloc Atlantico-Occidental (BAO) et la Russie, nous dit Régis Chamagne.

Stratégie de Poutine sur trois fronts : militaire, économique et culturel.

Sur le plan militaire, j’ai déjà écrit que Poutine n’avait pas besoin du nucléaire pour gagner cette guerre. C’est ce que nous rappelle également l’auteur. Ses armes conventionnelles de dernière génération, que l’Otan ne possède pas, comme les missiles hypersoniques et les drones sous-marins indétectables, lui assurent la suprématie avec des frappes conventionnelles imparables. Un missile hypersonique est vite arrivé et un tsunami sur une ville côtière est du domaine du possible.

Les Occidentaux, qui voient que Poutine ne lâchera pas et que la Russie n’a encore donné que 20 % de ses moyens, commencent à agiter le chiffon rouge du nucléaire. Mais je ne crois pas au grand suicide collectif. Aussi timbrés que soient les faucons du Pentagone, ils savent très bien que Poutine possède 6 200 têtes nucléaires et ne bluffe jamais. Comme le dit Régis Chamagne :

« Il suffirait d’une bordée de missiles hypersoniques pour pulvériser le Pentagone et le centre de commandement de l’Otan, même sans charge militaire, c’est-à-dire sans explosif à l’intérieur. La simple énergie cinétique de ces missiles serait suffisante [l’énergie cinétique est proportionnelle à la masse et au carré de la vitesse. Ainsi un missile Kinzhal qui est trois fois plus lourd et douze fois plus rapide qu’un Tomawak possède une énergie cinétique 432 fois supérieure. »

Du point de vue économique, nous avons souvent évoqué l’effet boomerang des sanctions économiques, ainsi que  le discours éminemment ridicule de Bruno Le Maire, qui prétendait détruire l’économie russe, ignorant que la Russie possède 20 % des richesses minières planétaires et que ce pays peut vivre en autarcie totale pendant deux ou trois ans. La France et l’Europe quant à elles sortiront laminées de cette guerre qui ne nous concerne pas, mais que nous menons en tant que vassaux serviles des Etats-Unis. Inutile de dire que les véritables problèmes n’ont pas commencé : faillites, pénuries, inflation, hausse des taux, plans sociaux, émeutes… 2023 sera une année terrible.

Quant au plan culturel, Régis Chamagne attend le GRAND DEBRIEFING (j’aime beaucoup) après trente années de lavage de cerveau politiquement correct, de régime woke à tous les menus et de délires LGBT qui envahissent même l’école.

Poutine, qui vient de légiférer pour interdire la propagande LGBT et rejette en bloc cet Occident décadent, qui détruit la famille et renie toutes ses valeurs conservatrices et ses traditions séculaires, va s’appuyer sur 80 % de l’humanité pour bâtir l’ordre mondial de demain, loin de l’hégémonie occidentale devenue insupportable à une majorité de peuples.

Enfin, le dernier acte se précise

« Le général Hiver arrive, et ce général est russe », nous dit l’auteur. En effet, Napoléon et Hitler en ont fait la triste expérience.

Comme écrit dans un précédent article, c’est la Novorossia qui va émerger de cette opération spéciale, une terre russe de Kharkov à la Transnistrie. L’offensive majeure se prépare. 

« Les manœuvres préparatoires à l’offensive décisive ont lieu : mobilisation, entraînement et déploiement de 300 000 réservistes, bombardements stratégiques sur les arrières (système électrique, centres opérationnels et logistiques militaires, nœuds de communication…), nomination d’un nouveau commandant de théâtre, le général Sergueï Sourovikine qui a fait ses preuves en Syrie. »

Ajoutons que l’armée ukrainienne a perdu ses meilleures unités, envoyées au massacre dans des opérations quasi-suicidaires. Biden fait peu de cas de la chair à canon ukrainienne. Là aussi, il y aura des comptes à rendre…

Cette offensive sera massive, sur tous les fronts, avec des moyens gigantesques et sans doute des matériels nouveaux.

Voilà plus de 20 ans que Poutine reconstruit son armée, la plus moderne du moment, et je ne vois pas comment l’Otan pourrait renverser la donne, sauf à risquer une escalade incontrôlable. L’Ukraine vaut-elle une troisième guerre mondiale ?

Je cite : « Un monde s’effondre, un autre naît »

« Carroll Quigley, s’appuyant sur d’importantes archives et grâce à un travail de bénédictin, explique comment les élites anglo-saxonnes ont élaboré, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, un plan de bataille afin de permettre à l’Empire britannique associé aux États-Unis d’asseoir une hégémonie complète sur le monde. Cette volonté de puissance et de domination a été l’œuvre d’une poignée d’hommes liés intimement à la haute finance de la City et de Wall Street. »

Mais tout cela touche à sa fin. La dictature du roi dollar, les 800 milliards du budget Défense américain pour dominer le monde, les expéditions coloniales tous azimuts (20 ans pour l’Afghanistan), les menaces, le chantage, les pressions sur l’Europe, les écoutes sur les alliés et les coups de poignard dans le dos (contrat sous-marins australiens), tout cela va disparaître. Ce sera long mais le mouvement sera irréversible.

De nouvelles relations internationales vont se développer

L’élargissement de l’OCS et des BRICS a commencé. Les pays demandeurs font la queue pour s’y intégrer, comprenant que le centre du monde n’est plus en Amérique. On imagine l’aura que Moscou va retirer de cette victoire sur l’Otan, auprès de six milliards de Terriens. Pour un « fou », c’est pas mal joué !

Lisez le lien ci-dessus, Régis Chamagne explique très bien cette fin du monde occidental.

Pour la France, l’une des rares nations millénaires, le salut passera par un retour à la vision gaulliste de notre pays.

Souveraineté totale, indépendance militaire, énergétique, économique. Une France sans ennemi mais capable d’assurer seule sa défense et sa sécurité. Une France du mérite et des valeurs traditionnelles, où la famille redevient la cellule de base de la nation.

Nous devons reprendre notre destin en main, car l’Otan nous a amené la guerre en Europe et l’UE nous a ruinés.

Des alliés et des partenaires qui nous trahissent ou rêvent de nous écraser, nous pouvons nous en passer.

Jacques Guillemain