Ce qu’on ne voit pas sur les images de Maxime Lépante

Publié le 21 juin 2010 - par
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Je veux faire un reproche à Maxime Lépante, dont on voit partout les images. Certes, il nous montre bien ceux des musulmans, nombreux, qui veulent revenir au Moyen Age en bloquant les rues, alignés les fesses en l’air, dans une République laïque du troisième millénaire. Certes, on ne peut lui reprocher de ne pas montrer les autres musulmans, beaucoup plus nombreux qui sont restés chez eux, parmi lesquels, probablement, sont en majorité ceux qui sont navrés de l’état d’arriération de leurs coreligionnaires venus de partout à la Goutte d’Or pour la démonstration politico-religieuse hebdomadaire. Mais pourquoi Maxime nous laisse-t-il croire qu’il n’y a là que des musulmans ?

Certes, on ne les voit pas vraiment mais on les devine très bien. Tout au fond, là-bas, à plat ventre devant les autres, il y a le préfet du dix-huitième arrondissement. Et Daniel Vaillant et Bertrand Delanoé. Il y a Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux et François Fillon et Nicolas Sarkozy. Il y a Martine Aubry et Jean-Luc Mélanchon, Olivier Besancenot et Marie Georges Buffet. Et Daniel Cohn-Bendit et Mouloud Aounit et Dominique Sopo. Et même Daniel Mermet et Robert Ménard et Caroline Fourest… Je ne peux pas les nommer tous, on ne les compte plus. Rien que les journalistes de France Inter qui tiennent à être présents, ça fait vraiment du monde !

Et pourquoi Maxime ne fait-il pas un plan serré sur cet autre, le grand, resté debout celui-là, tout là-bas, encore plus loin, tenant la main du petit Guy Môquet, et qui pleure en désignant tous les pleutres allongés là devant l’obscurantisme méprisant, grandissant, envahissant ? En les désignant, même, un par un, et en prononçant leur nom à chacun. Maxime ne nous donne pas le son mais on peut très bien les retrouver, ces noms, en suivant le mouvement des lèvres du général, livide, écoeuré, abattu, qui doit s’appuyer contre le mur pour ne pas tomber – qui aurait cru ça de lui, 70 ans plus tard ? – On peut lentement reconstituer, sur ses lèvres : Déat, Doriot, Henriot, Brasillach, Drieu La Rochelle, Céline…

Car il y a là aussi, à la dérive en ce 18 juin 2010, soumis, l’esprit plus bas que terre, se vautrant dans la défaite de la pensée, bien des gens des lettres et des arts, et de l’enseignement et de tout le milieu intellectuel possible et imaginable de la société du nom sens et de l’aveuglement qui, dans leur immense lâcheté, se prennent pour de courageux penseurs, pour d’exemplaires moralistes, pour de fins sociologues, pour des analystes futés puisque les médias du présent, de l’ancienne presse sur papier et de la télévision et d’Internet, leur répètent chaque jour que c’est ça qu’ils sont.

Non. Qui se répètent chaque jour, omniprésents, que c’est ça qu’ils sont. Forcément convaincus qu’ils ont raison puisqu’ils s’invitent sans fin entre gens convaincus qu’ils ont raison, se félicitant et s’admirant mutuellement devant les micros et les caméras, en rond et faisant grand tapage et se serrant bien l’un contre l’autre pour ne pas entendre et ne pas voir, derrière eux, le petit peuple en colère dont ils ont décidé, une fois pour toutes, qu’il était l’extrême droite raciste, haineuse, infâme, nauséabonde.

Et plus loin encore, sur les images de Maxime Lépante on voit Khadafi, plié en quatre et se tenant le ventre, qui se bidonne franchement, lui, de ce qu’il vient de se prouver une fois de plus. Il sait en effet que dorénavant, même quand on leur annonce en langage clair le but exact de l’islamisation de l’Europe, les européens – pas le petit peuple mais ceux qui comptent, ceux des pouvoirs politiques, économiques et médiatiques – trouvent ça très bien.

Je n’irai pas saucissonner à la Goutte d’Or avec des républicains résistants du petit peuple qui ne compte pas. Le préfet m’a dit que je devrai rester chez moi. Soit, mais je vais essayer de publier quelque chose sur Agoravox à propos de ce curieux 18 juin. Celui de la couardise politique, du déshonneur de la Gauche et de la débâcle journalistique.

De la lâcheté française qui se croit majoritaire et qui, heureusement, ne l’est pas.

Pierre Régnier

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