Un curieux Å“cuménisme autour des « Sans papiers » : mise au point

Des amis m’ont écrit, pour me signaler, suite à mon article « Un curieux oecuméniste autour des Sans papiers » (Riposte Laïque, n° 2) que je manquais de cœur et que je ne signalais pas la grande détresse de beaucoup de ces personnes.

Oui, la situation des Sans papiers est tragique et leur grande détresse m’afflige. C’est une situation inacceptable humainement.
Chacun connaît des cas individuels. On connaît tous un visage, un regard, une histoire, un prénom… Et c’est la référence à des gens que l’on connaît qui fait qu’on entre dans la spirale compassionnelle sur laquelle jouent les réseaux autour des Sans papiers.

Ce qui n’est pas acceptable politiquement, c’est que les deux réseaux décrits dans l’article précédent (le chrétien et l’islamo-gauchiste) instrumentalisent le malheur de tous ces pauvres gens immigrés en utilisant la compassion pour faire accepter leurs visées politiques:
► à savoir la libre circulation de la force de travail à l’échelle planétaire pour faire sauter les Etats-Nations et en particulier l’Etat-Nation français et sa République laïque et sociale,
► mais aussi le partage de la misère en refusant de s’en prendre à ceux qui la causent, à savoir le capitalisme mondialisé…

Chacun des deux réseaux (il y en a peut-être d’autres) agit pour des raisons qui lui sont spécifiques, mais qui produisent conjointement de la synergie globale anti-Etat-Nation et anti-République laïque, pro-communautariste…

Oui, mon article mériterait effectivement d’être précisé pour faire apparaître que ma position n’est pas sans coeur, mais qu’elle est au contraire la seule qui a du coeur parce qu’elle vise à empêcher la régression des quelques acquis du salariat ici et pose la nécessité du développement partout et pas seulement où l’a décidée une poignée de capitalistes mondiaux (la bourgeoisie mondiale cosmopolite) qui pille le monde, sur-exploite la force de travail et qui a besoin pour cela de chloroformer la conscience du salariat et des couches moyennes français en faisant massivement de la publicité à l’attitude compassionnelle chrétienne ou au mondialisme anti-Etat-Nation laïque de l’islamo-gauchisme.

Je le répète, la détresse des Sans papiers n’est pas acceptable. Il faut les traiter humainement. Ce qui n’implique pas que l’on accepte la régularisation de tous les travailleurs potentiels de la planète qui se présentent et peuvent se présenter en France (plus d’un milliard de Chinois, plus d’un milliard d’Indiens, des millions d’Africains, de Sud-Américains, d’Européens de l’Est, etc.).

Il devient urgent de poser clairement la question du développement en France, en Europe et dans les pays sous-développés, ce qui remet évidemment en cause la logique totalement égoïste des propriétaires des Firmes multinationales ou transnationales de production industrielle, du commerce et de la finance.
Oui, la défense de la République laïque en France, et ailleurs si d’autres peuples le souhaitent, nécessite d’embrasser toutes ces considérations qui peuvent sembler, à première vue, ne pas en faire partie.

Pierre Baracca

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